Albert LOBOKO un des tout premiers précurseurs de la Rumba congolaise en 1935

Musicien ingénieux et conseiller artistique avisé et expérimenté , Albert Loboko a eu parmi ses premiers sociétaires Paul Kamba dont il a eu une estime particulière. Ce dernier ne pouvait que prendre en exemple son savoir faire, au point d’avoir une carrière exceptionnelle de guitariste-chanteur avec son groupe Victoria Brazza de 1941 à 1950. Albert Loboko, musicien, précurseur de la Rumba et footballeur Né à Mossaka, le 5 Août 1915, Albert Loboko a consacré ses meilleurs moments de loisir à la musique d’orchestre, en jouant de la guitare, du piano et du banjo, ses instruments de prédilection. Aussi est-il une figure historique de notre musique, bien avant Paul Kamba, Antoine Kolosoy « Wendo », Henri Bowane, Adou Elenga, Bernard Massamba « Lebel », Emmanuel Damongo Dadet, Antoine Kasongo, etc… En 1917, Albert Loboko, venu tout droit de Mossaka, débarque à Brazzaville. De bonnes études à l’école Jeanne d’Arc entre 1921 et 1928 le conduisent, en 1934, au CFCO (Chemin de fer Congo-Océan) pour y servir comme cadre supérieur. L’inspiration musicale d’Albert Loboko prend sa source dans sa foi catholique, notamment en 1928, lorsqu’il commence à fréquenter la« Maison Patronale »(Centre culturel catholique, situé à l’époque, sur la rue Mbaka, à côté de NEVES). Il est aidé par Raymond Nguema, un de ses aînés de l’Ecole Jeanne d’Arc devenu séminariste. Celui-ci lui fait découvrir la qualité expressive du contour rythmique de la guitare. Il accomplit de solides progrès et en devient le plus brillant élève. Il excelle désormais dans les mélodies, en s’inspirant des meilleurs auteurs de son temps, grâce à la « Geneviève », le nom de la guitare de marque Paul Beuscher que lui avait offerte Raymond Nguema, et surtout l’occasion belle d’explorer les primeurs de la danse dite « Rumba ». Son expression était déjà arrivée au Congo à travers les coopérants français d’origine afro-antillaise. Groupe « Bonne Espérance » (1935) En 1935, nait le groupe musical « Bonne Espérance » qu’Albert Loboko porte sur les fonts baptismaux, avecRaymond Nguema, Joseph Botokwa et Bernardin Yoka (tous fonctionnaires de l’Etat colonial français). C’est pour Loboko l’occasion de découvrir le banjo. L’orchestre se produit chez « Mamadou Moro », et au « Cercle Culturel Catholique ». C’est la consécration pour son chef Loboko. En 1935, Paul Kamba intègre le groupe « Bonne Espérance », de retour de Mindouli où il exerçait à la fonction publique. Il apporte son talent, en suscitant un langage neuf et expressif dans ce qui constituait, à cette époque-là, l’un des premiers groupes avec instruments à cordes et à clavier. Un grand mérite pour Loboko qui expérimentait déjà le rythme de la Rumba. En 1938, lorsque le musicien afro-antillais Jean Réal crée à Brazzaville avec des musiciens congolais le groupe« Congo Rumba », c’est la vraie ratification du rythme de base de la rumba congolaise qui était partie du Royaume du Kongo au XVIe siècle, emportée par les esclaves « Kongo » à Cuba sous l’appellation « Kumba » (danse du nombril), avant de s’appeler « Rumba » selon l’alphabet phonétique espagnol. 1939 – On peut aussi citer Bernard Massamba Lebel qui avec son groupe « Jazz Bohême » s’était lancé lui aussi dans l’épreuve du nouveau rythme. Enfin, signalons que se sont également des vedettes de grands talents, comme Wendo et son Victoria Kin en 1943, Adou Elenga, Avambole et autres, les Angolais de San Salvador qui engendreront ce style avec beaucoup de ferveur, au point où Léopoldville constituera avec la naissance de l’industrie musicale à la fin des années 40, le point de rayonnement de la Rumba congolaise. 1939- Hélas! l’affectation d’Albert Loboko à Pointe-Noire provoque la dissolution de « Bonne Espérance », peu après l’éclatement de la Seconde guerre mondiale en 1939. L’impossibilité pour Albert Loboko de poursuivre l’activité musicale à Pointe-Noire, laisse une porte grandement ouverte à Paul Kamba de se révéler de façon indiscutable comme le meilleur de tous. Le Groupe « Victoria Brazza » (1941) – Initiation de la Rumba Un an après la fin du groupe« Bonne Espérance », la création de « Victoria Brazza » par Paul Kamba va avoir lieu à Poto-Poto Brazzaville en Août 1941. C’est un groupe d’un genre particulier, Paul Kamba se positionne comme le précurseur de la musique congolaise moderne. C’est lui qui authentiquement initiera la Rumba dans tous ses contours en 1942. Son objectif, faire découvrir divers rythmes à un large public, notamment aux jeunes musiciens afin de susciter des vocations. Désormais seul maître à bord, il va connaître un immense succès tout à fait remarquable à Brazzaville et à Kinshasa, avec des musiciens talentueux comme : Jacques Elenga Eboma, Philippe Moukouami, Jean Oddet « Ekwaka », Henri Pali « Beaudoin », Paul Monguele, Paul Wonga, Auguste Boukaka, Moïse Dinga, François Likindou, François Lokwa et Joseph Bakale. Les fonctions sportives d’Albert Loboko Musicien certes, mais auparavant footballeur, Albert Loboko « Nyoka » a joué notamment dans l’équipe nationale à l’occasion de l’inauguration du stade de Poto-Poto (Grande école de Poto-Poto) le 14 Juillet 1929, Aux côtés, de Casimir Bocwala, Joachim Balimba, Bernard Mambeke-Boucher, « Roi de la plaine », Jean Bwanga, Félix Mombo, Jean-Bernard Foundoux (père de Foundoux « Mulele »), Bernard Baruti, François Mobilo, Albert Moberou, Pierre Mompepe et Joseph Hounounou. Détaché du CFCO en 1958, Albert Loboko est devenu de nombreuses années durant, Maire-Adjoint de l’arrondissement 01 Mvumvu, à Pointe-Noire. Avant d’être admis à la retraite en 1971, il revient à Brazzaville où il meurt le 5 Mai 1985. Clément Ossinondé
Ange Linaud Ndjendo : C’était une voix admirable

Musicien compositeur, le congolais Ange Linaud NDJENDO n’est plus de ce monde depuis le 05 Novembre 1999 à Brazzaville, à l’âge de 50 ans. Ainsi disparaissait celui qui était considéré comme l’un des plus féconds compositeurs congolais de musique à partir des années 70. Il est allé si loin dans la création personnelle qu’il était sur la voie d’une certaine assimilation de la rumba, lorsqu’il n’oblique pas avec élégance dans la composition en français. Le plus souvent, on se borne à mettre cette assimilation au compte d’une sorte de curiosité possessive dont l’auteur de la chanson : « C’est toi que je préfère », en 1966, du reste, convint un jour, lorsqu’il déclara : « Tout ce qui me fascine, tout ce que j’aime, c’est une musique qui observe la règle des trois unités (de Tempo, de Climat et de Genre) ». Avide d’accueillir le moins de contrastes possibles, son art constitue un divertissement d’excellente qualité apprécié comme tel par le public. Né à Mimbelly, département de la Likouala-Congo. Ange Linaud fait ses études à Brazzaville. Il est engagé par la société SAVA pour travailler au super marché « Le Presto », comme boucher. Aux côtés de l’illustrissime entraîneur des Diables-Noirs, Aimé Brun. C’est en autodidacte qu’il vient à la chanson jusqu’au jour où, en 1964, Alphonse Marie Toucas, producteur de musique à Radio Congo le découvre dans une de ses émissions de promotion. Il fait ensuite partie du groupe musical qu’il avait en charge de monter, pour le compte de l’Hôtel du Beach. Son premier engagement important lui est offert par le bassiste Daniel Loubelo « De la Lune ». Pour ensuite se faire de la place dans l’orchestre Tembo, qui fait sa première sortie le 17 Avril 1965, chez Super-Jazz. Deux ans plus tard, il passe dans l’orchestre Cercul Jazz. Mais, c’est surtout dans l’orchestre Super Boboto, né le 27 Avril 1968, qu’Ange Linaud (chef d’orchestre) commence vraiment à se faire connaître du large public de mélomanes, hors du Congo. Depuis, on a pu l’entendre en duo avec Michel Mienandi «Michou» auprès de qui il a fait l’une des expériences les plus fructueuses de sa jeune carrière de musicien. En Septembre 1972, Edouard Ganga « Edo », Théophile Bitsikou « Théo » et Mpassy « Mermans » demandent, en effet, à Ange Linaud de faire partie de l’orchestre « Les Nzoys ». Au sein de ce groupe composé des transfuges de l’orchestre Bantou, Ange Linaud exploitera de nouvelles possibilités sonores qui donnent à la rumba un nouveau souffle. Mais « Les Nzoys » ne font pas long feu. Aussi, aborde-t-il sa nouvelle passion avec rigueur : la carrière solo. Pour le reste, pas d’allergie particulière : tout ce qui est intéressant capte son attention, sans distinction de styles. Aussi s’est-il produit au sein de plusieurs groupes avec des musiciens avec lesquels il s’est senti bien à l’aise, notamment : – Freddy Kebano, avec qui, il a abattu un travail extraordinaire. – En 1973, à Tunis, au 1er Festival Panafricain de la jeunesse en compagnie de Sinza Kotoko. – En 1975, avec l’Orchestre National, dans l’album « Vision ». – En 1977, au Festival Culturel Panafricain de Lagos, avec L’Orchestre National du Congo. – 1977, il prend la direction de l’UMC (Union des musiciens Congolais), – En 1978, participation au 11ème Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants à la Havane (Cuba), avec Les Bantous de la capitale. – Lauriat du concours « Découvertes » 85 » de R.F.I., il obtient le Prix de la meilleure chanson grâce à sa composition « Mwana ya Mimbelly » en 1985 à Brazzaville – En 1988, au Festival de musique de Pyongyang (Corée du Nord) – En 1996 et 1999 : participation en solo à la première et deuxième Edition du FESPAM (Festival Panafricain de Musique). – 1996 – décoré de la médaille du mérite congolais (Président Pascal Lissouba) – En juin 1999, au Méga Concert sur la paix et à la Fête de la Musique, en compagnie de l’orchestre « Les Messagers de la Paix» Musicien sensible, Ange Linaud est, tour à tour, tendre et rêveur. Il évoque soit le paysage de son MIMBELLY natal, soit des impressions souvent dans la forme classique, dont le Slow est son genre de prédilection. Clément Ossinondé
Sens et enjeux de l’action culturelle et artistique de la Compagnie ISSIMA

La Compagnie ISSIMA est une structure de « Promotion culturelle et artistique » qui à son siège à Pointe-Noire – Congo. Elle est dirigée par Germaine OLOLO. L’action culturelle, désormais appréhendée comme un instrument de cohésion sociale et de développement, est devenue un champ pluriel des actions de politiques locales, c’est notamment ce dont témoigne la multiplication des projets artistiques et culturels de territoire qu’expérimente la Compagnie ISSIMA. Ces derniers, en faisant appel à la participation des citoyens, invitent à repenser les rapports entre les habitants, les artistes et les acteurs publics et privés. Au cours des dernières années, sous l’impulsion de Germaine OLOLO, directrice de la Compagnie ISSIMA, la Culture, de nouvelles esthétiques bénéficient d’un soutien public. Une approche différente des relations des populations avec l’art et la culture est proposée : la démocratie culturelle devient une stratégie pour répondre aux enjeux de cohésion sociale. C’est ainsi que depuis plusieurs années, l’action culturelle de ISSIMA est régulièrement associée aux interventions urbaines et aux activités sociales, éducatives, menées notamment dans le cadre de ses objectifs ci-après : La création artistique (Théâtre et chants) * La promotion et la diffusion des œuvres culturelles et artistiques (Festival) * L’encadrement et l’initiation à la pratique artistique * L’organisation événementielle (événements culturels) * La formation des artistes à travers des ateliers et séminaires de formation *La réalisation audiovisuelle (Documentaire)… Evaluation de l’action 2018 En 2018, n’ayant pas reçu de soutient pour la réalisation de la programmation prévisionnelle, ISSIMA s’est limité sur le volet intellectuel et a réalisé : 1 – Le Concours inter scolaire de conte avec les élèves de 13 à 16 ans. Cette activité est précédée d’un encadrement des élèves par des conteurs professionnels sur une durée de 3 mois avant la compétition. 2 – Le Forum International des Femmes Leaders qui n’a connu que la participation nationale, faute de soutien. Six Femmes de différents secteurs socio professionnels ont communiqué sur leurs apports dans la lutte pour l’auto suffisance alimentaire. Les prévisions 2019 De nouvelles initiatives artistiques et culturelles émergent et témoignent d’un renouvellement des formes d’intervention. Mais la plus grande activité de ISSIMA est le » Festival International d’Expression Féminine » FIEF » en sigle. Sept éditions déjà réalisées. La 8ème est en cours de préparation et se tiendra du 11 au 15 Septembre 2019. L’organisation du « FIEF » s’inscrit dans la programmation et la qualité artistique attendue et qui constitue une exigence des principaux acteurs. Une occasion d’expérimentation de nouvelles façons de faire qui du côté des artistes permet, la co-construction qui bouscule les cadres artistiques, voire la valeur de l’œuvre. Entre autres axes d’intervention ISSIMA qui seront privilégiés tout au long de l’exercice 2019 : Création et Diffusion de Spectacles; Organisation et Gestion d’Evénements Culturels; Sensibilisation auprès des entreprises; Réalisation des annonces et spots publicitaires; Animation culturelle en famille… Clément Ossinondé Pratique (E-mail) : issimacompagnie@gmail.com
Une voiture « made in Cameroun » fabriquée à partir de pièces récupérées

Le zoom de la chaîne France 24 sur un véhicule particulier « made in Cameroun » et entièrement fabriqué à partir de pièces récupérées. Appréciez le génie camerounais dans le reportage suivant
Le règne du duo mémorable Jhimmy na Mwanga

En 1947, Zacharie Elenga dit Jhimmy (né en 1932 à Brazzaville de père Michel Elenga congolais de Brazzaville et de mère centrafricaine), excellent clerc, sténo dactylo aux établissements Israël, à Léopoldville, fait la connaissance de celui qui allait jouer un rôle capital dans sa carrière musicale : l’Angolais Paul Mwanga. Ils habitent dans la rue Isoke (Commune de Kinshasa). Jhimmy opte pour la guitare rythmique. Il s’extériorise dans l’Odéon Kinois d’Antoine Kasongo. Paul Mwanga, attiré par la chanson, compose depuis 1944, dans le groupe Pastoria Kin, des œuvres dans la tradition congolaise. Les deux consacrent désormais des recherches de subtilité sonores dans le domaine de l’harmonie et du timbre. Jhimmy modèlera sa sensibilité sur celle de son ami au point d’en arriver à une magnifique entente musicale. Ainsi s’explique l’apport considérable de Paul Mwanga et Zacharie Elenga « Jhimmy » en 1949, dans la création, par les frères belges (d’origine juive) Moussa Benatar, des éditions musicales « Kina» devenues « Opika » en 1950. L’un des premiers enregistrements de la firme « Kina », qui a rendu Paul Mwanga célèbre, porte le titre de « Iyaya naboi monoko ya mboka » qui fut longtemps classé dans la catégorie des chefs-d’œuvre. En 1950, pour avoir le meilleur engagement et la meilleure place aux éditions Opika, Paul Mwanga et Jhimmy unissent leurs talents autour d’un solide duo qui porte ainsi l’appellation « Groupe Jhimmy na Mwanga » lequel a conquis ses galons de grande vedette et est parvenu à imposer sa personnalité. Jhimmy constituera particulièrement le plus grand évènement de l’année 1950, car le guitariste « hawaïen » (jouant d’un instrument accordé à la manière des Iles Hawaï avec un fort vibrato) est un virtuose. Musicien élégant, fin et spirituel, il introduit le « fox-trot » dans la danse congolaise qui ne connaissait alors que la rumba, la biguine, le High live et la polka piké. Les disques de Jhimmy et Mwanga, dont le succès a fait le tour de l’Afrique, ont exercé une influence considérable sur bon nombre de jeunes musiciens de cette époque. On retiendra avec nostalgie les admirables et véritables best sellers de la chanson syncopée, entre autre « Onduruwe » (maboko likolo), « Henriette », « Putulu », « Viva Benatar », etc. Mwanga se contenta de leur fournir un solo chant magnifique, la guitare hawaïenne de Jhimmy leur octroya une conception harmonieuse très originale et avancée de l’époque. Mais, Jhimmy, il faut aussi le noter a créé quelques dizaines de morceaux dans lesquels il sacrifiait totalement le texte à la tyrannie du rythme. Tout comme il a prouvé qu’il était le Premier homme orchestre. Jhimmy s’est servi de sa voix comme instrument à usage multiple, faisant tantôt la basse, tantôt les maracas, tantôt l’accompagnement du soliste. Ses fox-trot étaient dansés dans une atmosphère sinon hystérique, du moins délirante. Les couples se disloquaient tout le temps, chacun réinventant à sa façon et au gré de sa fantaisie les déhanchements les plus audacieux. L’ère Jhimmy, qui désigne particulièrement les années 1950 à 1952, a été aussi marquée par le renforcement du groupe en 1951 par les talentueux rythmiciens Charles Mwanga « Dechaud » et Emmanuel Tshilumba Baloji « Tino Baroza », (tous les deux formés par lui) Albert Kabondo, Albert Taumani, Gobi et Lucie Eyenga. Le règne de Zacharie Elenga était celle d’un monarque absolu. Il a gouverné les deux colonies voisines (belge et française) sous le nom de Jhimmy, qu’il écrivait avec un h, même sur les pochettes de ses disques. Et pour citer Sylvain Mbemba : « A un auditoire habitué aux gammes « naturelles », mélodiques, Jhimmy apportait une nouvelle couleur sonore, chromatique. Ses trouvailles de guitaristes consistaient à prendre en défaut le rythme de respiration des mélomanes aussi bien naturel que forgé par leur culture musicale, ces deux pulsations étant sautées ou redoublées, anticipées ou rattrapées avec retard. D’où ce plaisir esthétique… fait de cettemultitude d’émois et de répits, attentes trompées et récompensées au-delà de l’attente ». En 1953, Le règne sans partage de Jhimmy, le roi incontesté de la guitare « hawaïenne prenait fin. Précisément, après une séparation conflictuelle avec Paul Mwanga due à la perception on ne peu frauduleuse par Jhimmy des droits d’auteur réservés à la chanson « Onduruwe » réclamés par Mwanga, son vrai compositeur. 1954, le guitariste hawaïen met fin à sa carrière musicale à Léopoldville. Il regagne Brazzaville où il renoue avec sa profession de sténo dactylo au cabinet de l’avocat français Me Proucel. En marge de ses activités professionnelles, il anime avec Marie Isidore Diaboua le groupe « Atomic Jazz » qui va révéler un nouveau Jhimmy dans un genre ouvert à la musique du monde. C’est au début des années 90, à l’issu de son admission à la retraire que Jhimmy quitte Brazzaville pour Bangui où il tire peu de temps après sa révérence. Il n’en reste pas moins qu’il figure au gotha des musiciens les plus remarquables et les plus attachants de l’histoire de la musique congolaise moderne. Quant à Paul Mwanga, aussitôt après la séparation avec Jhimmy, (1953) il refait surface aux éditions Ngoma en 1955 avec son nouveau groupe Affeinta Jazz. Une bonne formation qui va perpétuer un certain esprit du rythme kongo bien taillé. Des chansons fraiches, pleines de soleil et de tendresse. Une sorte de relève pour la Polka-Piké. C’est au cours des années 60 que Paul Mwanga arrête de chanter, avant de passer paisiblement sa retraite dans la commune de Ndjili – Kinshasa. Paul Mwanga s’en est allé le samedi 16 juillet 2016 à la clinique chinoise de Ndjili à Kinshasa à l’âge de 84 ans. Il laisse une discographie très remarquable aux éditions Opika et Ngoma. Clément Ossinondé
Aknowan Momokama, une commissaire de police centrafricaine au parcours singulier

La jeune Aknowan Momokama est l’incarnation d’une génération de femmes africaines qui cherchent à s’illustrer dans un domaine considéré comme l’apanage des hommes. Elle illustre, par son parcours singulier, le rôle prépondérant que joue la femme africaine dans l’édification de la société de l’égalité, de la parité et de l’ascension professionnelle qu’elle doit à des compétences avérées. Âgée de 34 ans, cette commissaire de police centrafricaine est venue en formation au Maroc en quête de perfectionnement après avoir exercé pendant dix ans en tant que gardienne de la paix dans les rangs de la police nationale. Elle compte à son actif un long et excellent cursus en droit dans les prestigieuses universités de son pays. Tout récemment, elle décide de passer un examen de promotion au grade de commissaire après qu’elle a réussi peu avant son passage au grade d’officier par ancienneté. Aussitôt après sa promotion, elle a été choisie parmi une dizaine d’officiers pour compléter leur formation au Maroc dans le cadre de la coopération liant la police du Royaume à celle de la république centrafricaine. De l’avis de la jeune commissaire, c’est une chance de pouvoir côtoyer les rangs d’une police moderne, pointilliste et en quête permanente de développement et qui, de surcroît, ne cesse de cumuler les réalisations et les méritas. Selon elle, la police n’est guère un métier d’hommes, d’armes ou de gens impavides, ce n’est non plus pas un métier facile. « C’était entièrement mon choix, je n’ai subi aucune pression, car j’en étais convaincue et ma famille n’a pas tardé à m’apporter le soutien nécessaire », confie-t-elle à la MAP. Elle affirme avoir constaté, dès le début de sa formation, les atouts à mettre à profit en termes d’efficience, d’anticipation et de perfectionnement de ses compétences par le biais de plusieurs cycles de formation à la fois théorique et pratique développée par l’Institut royal de police (IRP). La police marocaine, a-t-elle dit, est à l’origine de nombreuses innovations et succès reconnus à l’échelle africaine et dans le monde entier et que le choix de son pays de former ses cadres au Maroc revient au fait que la police marocaine est sans doute la plus expérimentée d’Afrique. Pour ce qui est du regard porté par la société sur la femme policière, Aknowan estime que l’intégration de la femme passe par son implication dans tous les secteurs, tout en saluant l’apport de la gente féminine marocaine qui compte bien des acquis. « Il ne suffit pas de sortir simplement lauréat d’un Institut de police pour être un bon élément de ce corps, mais d’apprendre au fil de sa carrière un métier qui associe à la fois le sens du service et la capacité physique et psychologique », a-t-elle fait observer. Pour elle, l’IRP est une extraordinaire opportunité pour la formation de jeunes dans des métiers d’avenir et non juste dans celui de la police, dont la fonction consiste à faire respecter la loi, à maintenir l’ordre et à assurer la sécurité publique. Bien plus, a-t-elle relevé, le policier doit être formé dans plusieurs nouvelles spécialités pour accompagner la dynamique et les mutations que connait ce métier. Le Maroc, a estimé Mme Momokama, dispose d’une excellente formation de base qui est perfectionnée au sein de l’IRP dans plusieurs domaines et spécialités, allant de la théorie jusqu’à la psychologie et l’équilibre personnel de l’agent, s’appuyant sur des standards internationaux que le Royaume cherche constamment à intégrer tout en diversifiant les métiers de sa police. Cette commissaire pleine de joie de vivre n’a pas omis de rendre un vibrant hommage aux braves Casques bleus marocains qui sont décédés en Centrafrique alors qu’ils servaient la cause du rétablissement de la paix dans le continent. MAP
Eboma : Un des Premiers musiciens brazzavillois à intégrer les éditions musicales « Opika » en 1952

Quand en 1952 ce jeune venu de Brazzaville, atterrit à Léopoldville (Kinshasa), après avoir été membre du groupe Victoria Brazza jusqu’à la mort de son chef Paul Kamba le 19 mars 1950, ce fut une énorme surprise. Eboma possède un timbre de voix admirable, une technique vocale exceptionnelle et une invention qui avait fait l’admiration des meilleurs instrumentistes de la Maison Opika comme : Isaac Musekiwa, Albert Taumani, Gobi et Charles Mwamba « Dechaud » qui l’on accompagné dans ses chansons à Succès comme « O mboka Faignond », « Dit Ebo », « Lobi samedi », « lingomba ya fière »….etc. Remarquable chanteur solo, l’œuvre d’Eboma a été influencée par les chansons populaires de la tribu « mbochi de Boundji » conçues dans la forme moderne. Ce qui était un exploit à cette époque. Il s’était imposé d’ailleurs comme l’un des tous premiers jeunes brazzavillois qui a su mettre en relief les divers aspects de son talent de compositeur, subtil et constamment original. L’écrivain congolais Sylvain Mbemba lui a attribué le titre de « Bourvil congolais », notamment pour ses intonations semblables au chanteur français Bourvil. Notons qu’Eboma sera rejoint aux éditions Opika par un merveilleux et inoubliable duo-chant brazzavillois qui a fait également parler de lui ; le duo « Tanko etBasile », et le sanziste Maurice Mitolo alias « Depewe ». Mais bien auparavant et en 1950 on peut citer Zacharie Elenga Jhimmy, kinois, mais de père originaire de Brazzaville et de mère centrafricaine. Revenu à Brazzaville en 1970, il est admis comme présentateur à Radio Congo où il donne le meilleur de lui-même en brossant le tableau étonnant de l’anthologie de la musique congolaise. Il meurt en Août 1970 entre les siens notamment l’Union des Musiciens Congolais (UMC) qui lui a rendu un hommage bien mérité. Clément Ossinondé
Mouna Benslimane plus que jamais portée sur des thématiques abstraites

Très jeune, Mouna Benslimane commence à s’intéresser à la peinture, encouragée par ses parents qui mettent à sa disposition des illustrations qui aiguisent sa passion pour l’art pictural. Sous le regard bienveillant de ces derniers, c’est tout naturellement que la jeune fille décide, quelques années plus tard, de s’orienter vers des études d’arts appliqués -option arts visuels. Question de garder un pied dans sa passion de toujours et de répondre aux souhaits de ses parents qui tiennent à ce qu’elle poursuive ses études supérieures. Des années plus tard, la passionnée de peinture depuis son enfance, devient enseignante au lycée Al Idrissi à Casablanca Anfa où elle dispense depuis près de 20 ans des cours dans ce domaine. « Le fait d’enseigner aux élèves les connaissances artistiques et techniques appliquées me permet de ne pas m’éloigner de la peinture et de m’y investir davantage », confie-t-elle. Qu’à cela ne tienne, Mouna n’imagine pas encore voir accrochées ses œuvres sur les cimaises d’une galerie ou d’un tout autre espace. Non parce qu’elle ne croirait pas en son talent, mais, d’après elle, par timidité: de ce fait, l’artiste n’a pas le cran d’affronter la scène artistique et le regard du grand public.C’est ainsi que des années durant, elle produira plusieurs œuvres à l’abri des regards, abstraction faite des quelques membres de la famille et des proches qui comprennent pendant un temps sa décision avant de l’encourager à sortir du giron familial et des amis. Ainsi, après s’être longtemps investie dans la formation et l’éducation, l’artiste peintre décide-t-elle d’offrir au regard du public ses premiers tableaux lors de nombreuses expositions personnelles qui la mettent en lumière à Casablanca et une exposition collective à Bayonne au Sud de la France. Des œuvres très inspirées, qui reflètent le travail d’une artiste passionnée dont l’originalité réside dans le détail de la nature. « Il n’est pas question ici de paysage.Il peut s’agir d’un tronc d’arbre, d’une feuille morte ou autre objet qui me donnent des perspectives colorées, une palette très nuancée », explique-t-elle. Et de préciser : «Ce qui m’inspire, ce sont les contrastes, les ombres, les lumières, les volumes et l’espace. Tout ce que je vois autour de moi exprime ma vision de peintre». On peut penser, sans risque de se tromper, que la perspective d’une carrière d’artiste peintre à plein temps ne s’est aussi jamais éloignée de cette artiste, qui continue d’explorer de multiples facettes et techniques de cet art. Il faut dire que depuis son enfance, elle n’a jamais cessé de faire des dessins, de la peinture, de reproduire des illustrations et des BD. « J’étais toujours en train d’imaginer des portraits réalistes au point que ma passion pour la peinture est restée intacte. Quand bien même je n’osais l’exprimer à travers mes expositions du fait de mes contacts avec le public», concède-t-elle. Surprise en pleine préparation d’une prochaine exposition, Mouna explique qu’«il s’agit d’une exposition d’œuvres abstraites exprimant une tendance, des volumes et un espace avec des textures nouvelles ». Au sujet de l’orientation progressive de sa peinture vers une expression abstraite, elle explique : « J’ai touché à tous les courants depuis la Renaissance jusqu’à l’Art moderne. J’ai reproduit des tableaux et fait de l’autoportrait, avant de réaliser que je ne devrais pas m’arrêter à ce stade-là». C’est ainsi que Mouna décide de se libérer des carcans académiques pour laisser sa création s’épanouir. « Il me fallait envisager de créer une nouvelle dimension, un nouveau style. In fine, une touche personnelle. Ce que j’exprime plus aisément est dans l’abstrait». Elle a été inspirée par deux grands peintres marocains qu’elle considère comme ses maîtres préférés: Gharbaoui et Cherkaoui. Aujourd’hui après une carrière bien entamée, la jeune artiste veut franchir de nouveaux pas et une nouvelle étape.Tout en assumant clairement le statut d’artiste peintre.En effet, l’exposition en cours de préparation constitue pour elle une occasion de s’affirmer de nouveau dans un cercle qu’elle juge peu fermé. Lauréate de lycée Al Khanssa, Mouna est aussi diplômée de l’IB – Approche d’apprentissage-des arts visuels à Bâle en Suisse et détentrice d’un diplôme de formation professionnelle. Alain Bouithy