Congo-Brazza: les masques tombent

Congo-Brazza: les masques tombent

TRIBUNE. Plusieurs partis politiques qui s’étaient pendant longtemps couverts d’un faux masque en se faisant passer, les uns pour des partis du centre, les autres pour des partis de l’opposition,viennent de jeter bas leurs masques. Le Congo-Brazzaville va mal, voire très, très mal. Pour reprendre la belle formule de la rue congolaise : « il est sous terre ». A de très rares exceptions, la classe politique qui devrait servir de levier du redressement national, a malheureusement versé dans la politique du ventre et se compromet chaque jour davantage avec le pouvoir de Brazzaville, le principal responsable de la faillite actuelle du pays. Aujourd’hui, avec l’approche de l’élection présidentielle de 2021, les masques tombent. Ainsi, plusieurs partis politiques qui s’étaient pendant longtemps couverts d’un faux masque en se faisant passer, les uns pour des partis du centre, les autres pour des partis de l’opposition, viennent de jeter bas leurs masques. En effet, des partis qui se donnaient à voir à cor et à cri comme des partis du centre, c’est-à-dire, qui disaient n’appartenir ni à la mouvance présidentielle, ni à l’opposition, avancent désormais à visage découvert et révèlent au grand jour leur vraie appartenance politique. Dans ce cadre, sans porter le moindre gant, la plateforme des partis politiques du centre, dirigée par l’ancien syndicaliste, Jean-Michel Bokamba Yangouma, a annoncé, tambour battant, au sortir d’une réunion avec le secrétariat du bureau politique du PCT, son soutien à la candidature à l’élection présidentielle de 2021, du candidat du pouvoir, le président Denis Sassou Nguesso. Peu de temps avant, au nom de leur tendance respective, d’autres leaders des partis du centre, notamment le député de Ngo et le président du parti : « le Congo en marche » avaient déjà apporté leur soutien au candidat du PCT. Quant au Copar du ministre de l’Enseignement technique et professionnel, Nick Fylla, on sait dans quelles eaux nauséabondes, il nage. Plus aucun doute n’est permis : les partis politiques congolais qui se réclament du centre ne trompent plus personne ; ils sont bel et bien ancrés à la mouvance présidentielle, aux côtés de leur chef de file, le PCT. Comme dit le proverbe : « dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es » ou encore « qui s’assemblent, se ressemblent ». Du côté de l’opposition, les masques sont également tombés. En effet, le chef de l’opposition choisie, monsieur Pascal Tsaty Mabiala a mis lui aussi les pieds dans le plat. Au cours d’une conférence de presse tenue à Brazzaville dans la deuxième quinzaine du mois de janvier 2020, pour tenter de justifier sa proposition très contestée, visant à proroger de deux ans, le mandat du président congolais, le Premier secrétaire de l’UPDS a déclaré : « … je propose la prorogation de deux ans du mandat du président de la République en exercice. Il ne s’agit pas de n’importe qui. Il s’agit du président Denis Sassou Nguesso qui est le porte étendard de la paix, de la démocratie et des libertés en Afrique ». Cette déclaration, pour le moins surprenante et étonnante de la part d’un soi-disant chef de l’opposition a suscité la colère des responsables de la vraie opposition. Ainsi, monsieur Mathias Dzon, président du Collectif des partis de l’opposition congolaise a indiqué que : « la proposition de Tsaty Mabiala est une catastrophe, car, elle équivaut à une prolongation de la crise multidimensionnelle qui traverse actuellement le Congo et donc à une aggravation de la situation sociale tragique des populations congolaises ». De son côté, madame Claudine Munari, présidente du Front de l’opposition congolaise s’est demandée dans quel pays a-t-on vu celui qui est censé être le chef de l’opposition, encenser le pouvoir ? Dans son propre parti, l’UPADS, le Premier secrétaire, Pascal Tsaty Mabiala a été accusé de trahison par plusieurs militants, dont son adjoint, le colonel à la retraite, Emmanuel Boungouandza, deuxième personnalité du parti. D’autres responsables de l’opposition choisie ont à leur tour suivi la voie tracée par Pascal Tsaty Mabiala. C’est le cas de monsieur Paul-Marie Pouelé, président du parti des Républicains et de monsieur Mboussa Ella, président du Comité d’action pour la République (CAR) qui, au cours d’interventions publiques, ont repris à leur compte la funeste proposition de Pascal Tsaty Mabiala. Dans la même veine, des appendices du PCT que l’on nomme par abus de langage, « organisations de la société civile », ont emboîté le pas aux partis du centre. C’est le cas de l’association « L’œil du peuple » qui a annoncé sans surprise sur les antennes de Vox TV, son soutien au candidat du PCT à l’élection présidentielle de 2021. Comme on peut le constater, à l’approche de la prochaine élection présidentielle, le paysage politique congolais s’éclaircit. Les tortues à double carapace se démasquent. Pendant ce temps, le pouvoir de Brazzaville, incapable d’apporter la moindre solution à la crise actuelle et d’appliquer les 48 mesures du programme qu’il a signé avec le FMI, continue de rejeter catégoriquement le dialogue politique national inclusif, seule vraie solution de sortie de crise. Dans le dessein de se maintenir à la barre par la force des armes, la corruption et la tricherie électorale, il prépare actuellement un nouveau monologue dans le cadre du Conseil national du dialogue, à l’instar des monologues de Brazzaville en 2009, d’Ewo en 2011, de Dolisie en 2013, de Sibiti en 2015 et de Ouesso en 2017. Pour sa part, le PCT, miné par des contradictions internes devenues antagonistes, fait de l’élection présidentielle de 2021 la priorité des priorités, au mépris de la grave crise multidimensionnelle qui étrangle le Congo, et espère ainsi, conserver le pouvoir à la faveur d’un nouveau coup de force électoral en 2021, comme ce fut le cas en mars 2016. Du fait du blocage politique actuel du pays par le pouvoir, le Congo est aujourd’hui assis sur un volcan qui menace d’exploser à tout moment. Or, le Congo a besoin d’apaisement. Dans ce contexte général, les forces politiques et sociales saines, qui œuvrent réellement pour une alternance

Sassou va douter de ses troubadours

Sassou va douter de ses troubadours

TRIBUNE. Ce qui est recherché dans ces démonstrations comme à Pointe Noire par les organisateurs n’est pas de faire aimer Sassou. Le but n’est même pas politique. L’idée c’est que quelques milliards soient décaissés du trésor pour ces manifestations afin que les pontes du parti comme des petites mains qui vont les gérer s’en sortent avec chacun quelques dizaines de millions pour leurs propres poches et entretenir une clientèle de parasites qui vivent à leurs dépens. C’est l’unique raison : faire cracher du fric au vieux. Lui faire croire qu’ils sont ses inconditionnels afin d’être proposés à des postes ou en être maintenus, le flatter plus que de raison, lui lécher les pompes pour qu’il arrose ce petit monde dont une des plus géniales entreprises fut la création de Po na ekolo dont c’était l’unique objet. Il se rêvait en vrai ministère de la MOPAP (mobilisation populaire et animation politique) comme du temps du temps du maréchal Sese Seko, dont la rente a fini par faire des jaloux avec la finalité que l’on sait. Sassou en est conscient car c’est un échange de services: il achète des clowns qui donnent l’illusion, il gagne d’être maintenu au pouvoir par cette chaine de griots dont il sait parfaitement que leur conviction n’est pas lui Sassou mais c’est l’argent. L’argent est leur parti politique, c’est leur religion, c’est leur ethnie. S’il ne trouve pas des occasions pour en sortir, il sera lâchél. Sauf que cette fois ci, la faible mobilisation et les moyens forcés utilisés laisseront de l’amertume dans la population. Se faire acclamer de force, est contre-productif tout le monde le sait. Il ne va gagner qu’à se faire insulter, tant par les réseaux sociaux (on ne s’en prive d’ailleurs pas), la population que la presse internationale qui prendra le relais et les chancelleries qui sont déjà en train de se délecter en écrivant leurs rapports qui exposent la bouffonnerie d’un mégalo d’un autre âge. Il va s’interroger sur le détournement évident de ses grâces par des gens qui ne font même plus le job, mais obligent, forcent, brutalisent pour un résultat si médiocre et qui va lui revenir à la gueule comme un boomerang. Hervé Mahicka

Economie : La Centrale électrique du Congo connaît une augmentation de plus de 150 MW.

Economie : La Centrale électrique du Congo connaît une augmentation de plus de 150 MW.

La Centrale électrique du Congo permet à la république du Congo de passer de 314 à 484 mégawatts soit une augmentation de 170 MW. Elle a été mise en service, le 18 février 2020 à Pointe-Noire par le président de la république du Congo, Denis Sassou N’guesso. Localisée à Ngoyo dans le sixième arrondissement de la ville portuaire, la troisième turbine de la Centrale électrique du Congo (CEC) va apporter sa contribution dans l’amélioration de l’offre du pays dans le domaine de l’électricité. Le gouvernement congolais y détient 80% des parts contre 20% de la société ENI. Avec les deux premières turbines, la capacité de production était de 314 MW soit une augmentation de 170 MW.   Cette augmentation de la production permettra de donner une impulsion aux industries et à la réalisation du projet de la zone économique spéciale de Pointe-Noire en attente de construction non loin de la baie de Loango. Elle va aussi contribuer à la diversification de l’économie nationale et au développement de la main d’œuvre locale. Cette structure est un outil industriel majeur pour le développement économique du pays et constitue un maillon essentiel dans la mise en place du boulevard énergétique devant faire du Congo un pôle énergétique stratégique dans la sous-région. Selon Guido Brusco, représentant Afrique de l’ouest et du centre d’ENI, la poursuite de cette aventure de la centrale nécessite la création des conditions favorables au développement de l’industrie gazière et de l’électricité ; la mise en place d’un cadre juridique approprié à l’industrie du gaz ; la restructuration effective de la chaîne de valeur de la production, le transport et la distribution, ainsi que la fiabilisation du réseau de transport existant. Une quatrième turbine envisagée La Centrale Electrique du Congo envisage de se doter d’une quatrième turbine qui permettra de porter sa production à 1000 mégawatts. Pour le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Serge Blaise Zoniaba, l’excèdent de l’énergie pourra être exporté vers les pays voisins avant d’ajouter que le secteur de l’électricité présentait un important potentiel de rentabilité dans le large marché de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale qui est en sous capacité. Le ministre a également annoncé les investissements dans le domaine de l’énergie, notamment en ce qui concerne l’amélioration de la performance des lignes haute tension entre Brazzaville et Pointe-Noire, la construction d’une seconde ligne très haute tension partant de Pointe-Noire et connectant les sites de barrages hydroélectriques identifiés avant d’atteindre Brazzaville et continuer vers la frontière avec le Cameroun et la République centrafricaine sans oublier les projets de construction de la ligne  reliant Pointe-Noire à Cabinda en Angola et de l’oléoduc de transport des produits pétroliers entre Pointe-Noire et Ouesso. Pour certains habitants de la ville, cette turbine va éloigner la ville des tragiques moments de délestage qui perturbent énormément la vie des populations. Florent Sogni Zaou

A TOUT SEIGNEUR…

A TOUT SEIGNEUR…

TRIBUNE. En Afrique CENTRALE, au CONGO, mon pays en particulier, un ministre se prend pour un DEMI-DIEU, si ce n’est pour DIEU himself. Il est presque impossible de l’approcher à cause du protocole. Pendant ses déplacements on peut sentir l’odeur de son parfum à une distance d’au moins 500 mètres. Je compte parmi mes amis d’ENFANCE et CONDISCIPLES une pléthore de ministres, députés, sénateurs et même un PREMIER MINISTRE en activité en AFRIQUE et dans la Caraïbe britannique. Certains figurent sur ma liste d’amis Facebook. Inutile de les identifier, mon but n’est pas de les embarrasser. Ils ne me doivent RIEN et vice-versa. J’ai toujours été AFRICAIN, même dans ma pire période d’aliénation (catéchisme et consort). Mais je le suis devenu d’avantage en séjournant au MALI. Il y a quelque chose de si PARTICULIER chez les MALIENS (en général) que je n’ai JAMAIS pu retrouver chez les AUTRES africains. C’est un peuple dépouillé de toute VANITE, bien qu’il existe en son sein aussi des brebis galeuses. A chacune de ses visites officielles dans l’hexagone, un Chef d’Etat malien passe toujours déjeuner avec ses compatriotes dans un foyer SONACOTRA. Celui de Montreuil, détruit récemment, était le passage incontournable. Wéééé! Je profite du vivant des êtres VALEUREUX pour leur rendre hommage. CHEICK OUMAR SISSOKO est l’un de mes devanciers derrière la caméra. Un homme disponible, passionné et intègre. Nous nous sommes connus au FESPACO il y a plus de deux décennies. En 2007, je devais donner un récital de jazz avec mon quintette au Mémorial MODIBO KEITA, à Bamako, pour commémorer le trentenaire de la disparition du père de l’indépendance, feu MODIBO KEITA. A cause de notre atterrissage très tardif, nous avons été confrontés à un problème d’hébergement cette nuit. Un coup de fil à Monsieur le ministre de la culture, CHEICK OUMAR SISSOKO, et le problème était aussitôt résolu. Réveiller un ministre à 3 heure du matin pour qu’il vous trouve un hôtel au CONGO, CAMEROUN, GABON, R.D.C, GUINEE-EQUATORIALE, ANGOLA, CENTRAFRIQUE, etc relève de l’INIMAGINABLE. Un crime de LESE-MAJESTE qui pourrait vous valoir un séjour dans un CRASSEUX goulag doublé d’un retrait de passeport. En fouillant dans mes archives ce matin, je suis tombé sur cette photo qui m’a inspiré un hommage à un DIGNE fils d’AFRIQUE. Merci Kôrô. NGOMBULU YA SANGUI YA MINA BANTU LASCONY

Moi, Ministre de la Justice, j’en appelerai à la dissolution

Moi,  Ministre  de la Justice,  j’en  appelerai   à  la  dissolution

TRIBUNE. Un panneau, porté par des Congolais, sur lequel il est gravé, en rouge et noir, « République du Congo. Unité Travail Progrès. Association Diaspora du Nord -ADN-  » circule sur les réseaux sociaux. Un vrai scandale, une telle association. Sans précédent, dans l’histoire des formations de la société civile au Congo. Moi, Ministre de la Justice du Congo, j’aurai appelé, d’une part, à la dissolution de ladite association. De l’autre, à l’audition, par une instance habilitée, de son équipe de commandement, pour comprendre le sens réel de la création d’une telle association dont l’identité est fort troublante. Même Ministre de l’Intérieur, ma réaction serait la même. Mais, comme l’autorisation de mise à jour des associations est du ressort du Ministère de l’Intérieur, je me résous à la posture du Ministre de la Justice. Plusieurs motifs soutendent la dissolution de l’Association Diaspora du Nord. D’abord, tel que libellé, il est fou de penser que des congolais, sur le territoire qui leur est reconnu par les Nations Unies, comme leur appartenant, se constituent en diaspora. Se disant, donc, étrangers, sur leurs propres terres. Dans un Congo où l’unité et la cohésion nationales ont du mal à bien se construire, il ne peut être laissé à des citoyens, quelqu’en soit leurs origines géographiques, leurs bords politiques et leurs statuts, la liberté d’aggraver la division. Au cas où la naissance de cette association serait la suite logique de la réunion tenue par Mr Kando, Maire de Pointe Noire, regroupant les ressortissants du Nord Congo et leur exigeant qu’ils soutiennent le Président Sassou Nguesso, l’audition doit s’étendre également à ce Maire. Un Maire qui n’a rien compris et de sa fonction et de ses prérogatives. Le Maire, chef d’une communauté urbaine, n’est pas un partisan. Il rassemble, sans distinction, tous camps loyaux, sans s’enfermer, ni dans des groupes ethniques, ni dans des considérations tribales. Ce que le Maire de Pointe de Noire a manqué de faire en s’adressant uniquement aux Nordistes, excluant de fait, les Sudistes. Une façon de trahir la République, de la mettre en danger et d’apporter de l’eau au moulin de ces égarés ou autres attardés qui, en toute irresponsabilité, prônent la scission du Congo, en Nord et Sud Congo. Mr Kando aurait dû être sanctionné pour tentative de balkanisation du pays. Au-delà de la bêtise et de l’ignorance avérées des initiateurs de l’Association Diaspora du Nord, il conviendrait que le Ministère de l’Intérieur du Congo réexamine les conditions d’établissement d’associations pour épargner aux populations de tels dérapages. Aux Ministères en charge, de l’éducation, de la culture et de la formation du citoyen, il revient, quant à eux, de revigorer l’instruction civique. L’ignorance n’a pas de pudeur. Elle a l’habitude très fréquente de suppléer par la violence et l’audace à ce qui lui fait défaut, naturellement, comme les boiteux suppléent souvent par un pied de bois à ce qui manque à leur pied. Paris le 18 février 2020 Ouabari Mariotti Membre de l’UPADS.

Culture : Une exposition dénommée « Visages et arts du pays Alima-Nkeni » à Brazzaville

Culture : Une exposition dénommée « Visages et arts du pays Alima-Nkeni » à Brazzaville

L’exposition « Visages et arts du pays Alima-Nkeni » a officiellement été ouverte, le 13 février 2020, à l’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville où une centaine d’objets d’art et d’artisanat retraçant l’histoire du Congo et le parcours de l’explorateur franco-italien, Pierre Savorgnan de Brazza alimentent le décor. Ce vernissage dure du 13 février au 5 mars 2020. L’exposition permettra au public brazzavillois de découvrir des œuvres d’art sélectionnées exposées par Daniel Isaac Itoua et le grand-maître Kem Oboura. Elle fait découvrir également les cultures peu connues des peuples Gangoulou, Mbôsi, Moye, Tegué (Téké-Alima) et Atswa. Pour Daniel Isaac Itoua, les animaux présentés sont porteurs du pouvoir. Ils ont présenté des effigies de visages des peuples du pays de la Nkeni et de l’Alima, parce que les gens ne savent pas que l’histoire moderne du Congo commence par les berges de l’Alima. Selon lui, Pierre Savorgnan de Brazza est arrivé pour la première fois au Congo par l’Alima et c’est lui qui a donné le nom Alima à cette rivière que les autochtones appelaient Ncunia. «On a toujours parlé des Bafourou alors que les Bafourou, c’est Avourou, que ça soit les Tegué,  les Mbôsi, ils disent Avourou qui veut dire étranger. Nous sommes venus pour restaurer cette histoire et nous voulons que l’architecture moderne à l’occidental s’intéresse aussi à l’architecture vernaculaire». Il a également indiqué que Pierre Savorgnan de Brazza et ses compagnons avaient fondé un village sur l’Alima. C’était un village d’ouvrier qui coupait le bois qui en partait  pour servir à la construction de Brazzaville. Pour lui, toutes les premières maisons de Brazzaville naissante sont parties de l’Alima ou de la Nkeni, notamment des villages Ntsé et de Mbaya. «Le palmier, c’est notre ancêtre. Faisons la différence avec les chrétiens où les peuples de la méditerranée. Eux là-bas, c’est le vin. Chez nous, c’est le palmier. C’est notre arbre de l’immortalité, c’est notre ancêtre. Le sang divin, c’est le vin de palme qu’on asperge sur le sol quand on se retrouve : les Mbochis, le Ngangoulous, bref tous les Bantous. Les vrais noms des Noirs d’Afrique, c’est Ndinga », a dit Daniel Isaac Itoua ajoutant que tous les Bantous faisaient partie de la civilisation du palmier. Les objets exposés L’Institut français du Congo expose entre autres, le chien, l’éléphant, le palmier, la queue du buffle. Daniel Isaac Itoua, parlant du buffle, explique que cet animal est le leader. C’est un animal qui ne fuit pas quand il pleut. Quand il y a la mort, il ne pleure pas. Il n’accepte pas non plus qu’un autre vienne prendre son pouvoir. Prenant la parole, le grand maître Kem Oboura a expliqué que tout ce qui est exposé a un lien avec le pouvoir, à l’instar de la queue de l’éléphant ou du buffle. Il est important pour les notables.   Florent Sogni Zaou

ACTUALITE LITTERAIRE. ANTHOLOGIE : Dis à la nuit qu’elle cache son visage (1) ou l’autre versant de la poésie en langues congolaises.

ACTUALITE LITTERAIRE.  ANTHOLOGIE : Dis à la nuit qu’elle cache son visage (1) ou l’autre versant de la poésie en langues congolaises.

Une trentaine d’auteurs et une centaine de textes en langues vernaculaires et nationales qui nous font entrer dans les réalités poétiques que les écrivains ont pu tirer de l’urne de nos terroirs. Si les textes en lingala et munukutuba paraissent plus audibles pour 90% des Congolais, ceux qui épousent le terroir profond appellent à aller vers leurs traductions en français pour les saisir comme un tout textuellement poétique. Ici se pose le problème de la traduction qui écorne la quintessence lyrique et naturelle de notre « congolité ». Aussi, se remarque « la nuit qui cache son visage » et que l’on arrive quand même à éclairer par l’intertextualité orale que tissent nos langues à travers notre métissage linguistique. Comme le signifie l’un des auteurs de et ouvrage dans sa préface, « quelques tentations de publication de textes bilingues existent et témoignent d’un réel désir, de la part des auteurs de transmettre des émotions et de réflexions directement dans des langues congolaises, mais ces tentatives demeurent bien marginales ». Cette première tentative s’avère nécessaire. Certains auteurs ont eu le courage d’écrire en une langue orale dont la grammaticalité et les mouvements sémantiques n’ont jamais été enseignés comme l’est le français. Il faut les féliciter pour cet exercice combien louable, surtout que certaines traductions en français sont aléatoires car difficile de trouver l’équivalence psycholinguistique du poème. La traduction de la réalité congolaise en réalité française passerait sans pour autant trahir la poétique initiale de la langue du terroir. Comme on le dit souvent « qui embrasse trop, mal étreint » ; il serait souhaitable pour la suite de ce travail, combien important pour notre dimension culturelle, de se concentrer sur nos deux langues nationales : le lingala et le munukutuba pour toucher un grand nombre de Congolais. N’en déplaise  à certains auteurs qui peuvent penser que nos vernaculaires tels le Lari, le Koyo, le Vili, le Bembé… sont moins importants que le lingala et le munukutuba. Ce n’est qu’une réalité linguistique que nous a imposée à dessein le politique en les programmant dans nos médias nationaux tels la radio et la télévision. En nous révélant cette richesse poétique du terroir à travers Dis à la nuit qu’elle cache son visage, les auteurs cités dans cet ouvrage ne nous rappellent-ils pas la léthargie des chercheurs de l’université Marien Ngouabi où nos deux langues nationales seraient enseignés. Et cela rappelle à certains d’entre nous des figures inoubliables tels les professeurs François Lumwamu, Paul Nzété et Auguste Miabéto, pour citer que ces trois noms. Dis à la nuit qu’elle cache son visage, un ouvrage qui marque notre littérature très orientée vers la langue française. Aussi, une fois de plus nous citons l’écrivaine Liss Kihindou quand elle spécifie dans sa préface : « Certains poèmes ont directement été pensés dans une des langues du Congo, puis traduits en français, d’autres ont d’abord été écrits en français avant d’être traduits dans une des langues du Congo. (…) ». Maintenant que nos langues semblent être valorisées, à nous d’en faire la promotion pour que notre littérature trouve une autre dimension sociale, celle qu’elle a déjà dans la littérature orale comme la chanson. Noël Kodia-Ramata (1) Dis à la nuit qu’elle cache son visage (sous la direction de Liss Kihindou et Frédéric Ganga, éd. L’Harmattan, Paris, 2020, 23€. (2) Liss Kihindou est poétesse, romancière, nouvelliste et critique littéraire. Elle est, avec Marie Louise Abia et Emilie Flore Faignond, l’une des rares Congolaises citée dans le Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises, éd. Paari, 2009 et l’Anthologie analytique des écrivains de la nouvelle génération des écrivains congolais, éd. LC, 2018.Professeure de français et de latin, elle exerce en France. (3) Frédéric Ganga, bien que né en France, n’a pas oublié ses racines congolaises. Fondateur avec son épouse du Festival de Poésie Partagée de La Ciotat (2003-2018). Il y anime un café-poésie deux par mois au bar de la renaissance. Il est aussi membre de la Société des poètes français avec plusieurs recueils à son compte.

Congo. En devoir de reconnaissance patriotique.

Congo. En   devoir  de  reconnaissance patriotique.

TRIBUNE. C’était écrit le 17 février 2019. Mais, j’y tiens, toujours, ce 17 février 2020. Ils sont nombreux, nos compatriotes, dans maints domaines de la vie nationale, du sport à la culture, musique et art, en passant par la magistrature, l’économie, les finances, l’éducation, la politique, qui ont fait la gloire du Congo, au cours des années passées. Certains nous ont quittés. D’autres sont en vie. Quelques uns ont eu droit à la reconnaissance de la patrie. D’autres injustement oubliés, parfois sciemment, pour des raisons inavouées. Peut être faudrait-il que les services du Ministère congolais de la Culture pensent à créer une commission en charge d’identifier, en toute objectivité, ces légendes et hautes personnalités. Non, pour la galerie, mais pour progressivement offrir à la mémoire immortelle des disparus la place qu’elle mérite au sein de la nation. Nous aimerions voir, plus qu’on en trouve aujourd’hui, les rues, les avenues, les places publiques, les structures médicales et scolaires, les salles de réunion, les bibliothèques, les lieux de sport, même les cimetières, porter leurs noms. Pour conscientiser leur immortalité. Dans leurs tombes, doivent s’y retourner les Jean Serge Essou, Massengo Fu Manchu, Bernard Kolelas, Massengo Professeur, Pamelo Mounka, Raphael Boundzeki, Ongania Excellent, Bamana l’Enfant Terrible, Baboutila Fantomas, Amoyen, Nino Malapet, Antoine Moundanda, Gabriel Obongui, Moui Cikasso, Andre Obami Itou, Charles David Ganao, Mermans Ickonga, Maurice Akouala, Simon Pierre Kikounga Ngot, Ambroise Noumazalay, François Itoua, Charles Asmékang, Dr Ossebi Douniam, André Milongo, Samba Germain, Appolinaire Bazinga, le commissaire Nzingoula, les commerçants Antoine Fila, Félix Kanoukounou, Ntié Ntié, Omer Okouéré, Ebina Père, Fourvelle, Bouya Bar, Placide Lenga, Maitre Aloise Moudileno Massengo, Alexis Gabou, Antoine Ndinga Oba, Jean Pierre Thysthere Tchicaya et beaucoup d’autres dont les noms attendent d’être affichés sur les panneaux et les frontons. Ouabari Mariotti Membre de l’UPADS