
L’exposition « Visages et arts du pays Alima-Nkeni » a officiellement été ouverte, le 13 février 2020, à l’Institut français du Congo (IFC) de Brazzaville où une centaine d’objets d’art et d’artisanat retraçant l’histoire du Congo et le parcours de l’explorateur franco-italien, Pierre Savorgnan de Brazza alimentent le décor.
Ce vernissage dure du 13 février au 5 mars 2020. L’exposition permettra au public brazzavillois de découvrir des œuvres d’art sélectionnées exposées par Daniel Isaac Itoua et le grand-maître Kem Oboura. Elle fait découvrir également les cultures peu connues des peuples Gangoulou, Mbôsi, Moye, Tegué (Téké-Alima) et Atswa.
Pour Daniel Isaac Itoua, les animaux présentés sont porteurs du pouvoir. Ils ont présenté des effigies de visages des peuples du pays de la Nkeni et de l’Alima, parce que les gens ne savent pas que l’histoire moderne du Congo commence par les berges de l’Alima.
Selon lui, Pierre Savorgnan de Brazza est arrivé pour la première fois au Congo par l’Alima et c’est lui qui a donné le nom Alima à cette rivière que les autochtones appelaient Ncunia.
«On a toujours parlé des Bafourou alors que les Bafourou, c’est Avourou, que ça soit les Tegué, les Mbôsi, ils disent Avourou qui veut dire étranger. Nous sommes venus pour restaurer cette histoire et nous voulons que l’architecture moderne à l’occidental s’intéresse aussi à l’architecture vernaculaire».
Il a également indiqué que Pierre Savorgnan de Brazza et ses compagnons avaient fondé un village sur l’Alima. C’était un village d’ouvrier qui coupait le bois qui en partait pour servir à la construction de Brazzaville. Pour lui, toutes les premières maisons de Brazzaville naissante sont parties de l’Alima ou de la Nkeni, notamment des villages Ntsé et de Mbaya.
«Le palmier, c’est notre ancêtre. Faisons la différence avec les chrétiens où les peuples de la méditerranée. Eux là-bas, c’est le vin. Chez nous, c’est le palmier. C’est notre arbre de l’immortalité, c’est notre ancêtre. Le sang divin, c’est le vin de palme qu’on asperge sur le sol quand on se retrouve : les Mbochis, le Ngangoulous, bref tous les Bantous. Les vrais noms des Noirs d’Afrique, c’est Ndinga », a dit Daniel Isaac Itoua ajoutant que tous les Bantous faisaient partie de la civilisation du palmier.
Les objets exposés
L’Institut français du Congo expose entre autres, le chien, l’éléphant, le palmier, la queue du buffle. Daniel Isaac Itoua, parlant du buffle, explique que cet animal est le leader. C’est un animal qui ne fuit pas quand il pleut. Quand il y a la mort, il ne pleure pas. Il n’accepte pas non plus qu’un autre vienne prendre son pouvoir.
Prenant la parole, le grand maître Kem Oboura a expliqué que tout ce qui est exposé a un lien avec le pouvoir, à l’instar de la queue de l’éléphant ou du buffle. Il est important pour les notables.
Florent Sogni Zaou