Congo/Assemblée nationale : Isidore Mvouba de nouveau à la tête de l’institution

Congo/Assemblée nationale : Isidore Mvouba de nouveau à la tête de l’institution

La rentrée parlementaire de la 15è législature a eu lieu le 16 août 2022. Et comme l’exige la tradition, il y a eu l’élection d’un nouveau bureau de l’Assemblée nationale. Aussi, l’ancien président, le député Isidore Mvouba a été, une fois de plus, remarqué pour son sens de responsabilité au cours du mandat passé. Avant de s’adresser particulièrement à la nouvelle équipe parlementaire, le nouveau président a commencé par remercier le premier Magistrat qui vient de lui renouveler sa confiance en lui demandant de poursuivre l’animation de l’Assemblée nationale. Se fondant sur le message à la nation du président de la République à l’occasion du 62è anniversaire de notre indépendance, le président de l’Assemblée n’a pas eu de la peine à s’adresser à ses collègues parlementaires. Son allocution a fait écho au message du président de la République, allocution à travers laquelle est apparu un regard politique, économique et pédagogique envers les nouveaux députés dans l’exercice de leur fonction, surtout en ce qui concerne le vote des lois. De la politique du pays en ce qui concerne l’histoire de notre Assemblée depuis l’indépendance à nos jours, le président Isidore Mvouba a rappelé les noms des dernières grandes figures qui ont marqué cette grande Institution de la république. Dans son allocution, il s’est adressé implicitement aux nouveaux et nouvelles députés admis dans l’Hémicycle. Celui-ci a agréablement constaté, pour le 15è législature, la présence remarquable et remarquée des jeunes et des femmes. Aussi, a-t-il demandé à la nouvelle génération des députés de s’adapter aux principes de l’Assemblée nationale ; dans son allocution, il a aussi révélé que des séminaires de renforcement de capacité seront organisés à leur intention. Il a, en outre, donné quelques conseils aux députés, particulièrement aux nouveaux venus à l’Hémicycle. Selon son entendement, « un bon député n’est pas celui qui prend la parole à tout bout de champs, parfois, dans le désordre et souvent hors sujet. Le bon député est celui-là même qui intervient en intelligence et en conscience, à l’admiration de ses collègues ». Le travail des députés étant basé en grande partie sur la législation nationale, le président de l’Assemblée leur a rappelé leur mission primaire dans l’exercice de leur fonction. Ils doivent voter des lois en faveur des larges masses populaires et contrôler l’action du gouvernement afin que soient mis en œuvre quelques projets tels l’agriculture, l’agro-industrie dont a parlé aussi le président de la République dans son message à la nation. La quinzième législature, un nouveau challenge pour le président Isidore Mvouba et son équipe qui doivent continuer à contrôler  l’action du gouvernement tout en votant des lois en faveur du bien être du peuple. Noël Kodia-Ramata

Congo. Elections législatives et locales : Isidore Mvouba, l’enfant prodigue de Kindamba a revisité son terroir

Congo. Elections législatives et locales : Isidore Mvouba, l’enfant prodigue de Kindamba a revisité son terroir

POLITIQUE. Ainsi se précisent déjà les tenants et les aboutissants des élections législatives et locales qui se remarquent déjà sous le ciel congolais ces derniers jours. Déjà certains acteurs politiques ont décidé d’aller se ressourcer dans leur terroir. Et le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba,  n’a pas échappé à la règle. Accueilli à Kindamba le 20 juin 2022 avec apothéose  sous un soleil  frais de juin marqué par quelques effets du changement climatique, le fils du terroir a compris qu’il peut compter sur le soutien ferme et manifeste de ses mandants qui le portent sans faille dans leur cœur depuis plusieurs décennies. Aussi, la multitude couleur rouge créée par de l’emblématique drapeau du PCT (Parti Congolais de Travail) a montré à suffisance que ce parti est bien ancré dans Kindamba. Au cours de ce séjour, le député de Kindamba a pensé, une fois de plus, à ses mandants, comme il a l’habitude de le faire quand il le peut. Il a offert un groupe électrogène et une quantité appréciable de gasoil à la ville de Kindamba pour apporter une solution, tant soit peu, à l’éclairage de la ville ainsi qu’à certains problèmes qui demandent du courant électrique au centre hospitalier. Notons que ce centre hospitalier a bénéficié aussi d’un don d’une ambulance ; et ce groupe électrogène devrait aussi servir dans le travail de certains services de la Mairie. À cela il faut ajouter la remise d’une grande appréciable de tables-bancs au monde scolaire pour améliorer les conditions de travail des enfants. Rappelons qu’il y a quelques mois, plus précisément au mois de décembre 2021, la contrée de Ngamanzambala, situé à quelques encablures Kindamba, avait bien passé les fêtes de fin d’année, en recevant une promesse du président de l’Assemblée : l’édification de sa chapelle au grand bonheur de ses chrétiens catholiques dont les conditions de « communiquer avec le Seigneur » laissaient à désirer ; ces conditions qui apparaissent aléatoires, ne sont plus que de tristes souvenirs. Avec ce énième retour au terroir, on peut dire que l’humanisme qui caractérise le Président de l’Assemblée nationale vient de faire, une fois de plus,  ses preuves.. Notons que le président de l’Assemblée nationale, en sa qualité de législateur, a profité de rappeler à ses sœurs de Kindamba, la loi Mouebara, récemment votée à l’Assemblée nationale qui apparait comme salvatrice du monde des femmes congolaises. « On a voté une loi emblématique, la loi Mouebara qui protège la femme » a-t-il déclaré. Dans cette grande mobilisation de la population de Kindamba, on peut affirmer, sans ambages, que la victoire du candidat du PCT brille déjà à l’horizon qui balise le mandat à venir de l’Assemble nationale. Noël Kodia-Ramata

Congo/LIVRE. Le Commandant Marien Ngouabi (1937-1977) Un leader charismatique et un modèle pour l’Afrique, éditions L’Harmattan, Paris, 2022.

Congo/LIVRE. Le Commandant Marien Ngouabi (1937-1977) Un leader charismatique et un modèle pour l’Afrique, éditions L’Harmattan, Paris, 2022.

Voici un livre écrit par Roch Cyriaque Galebayi qui doit être à la portée de la jeunesse africaine en général et congolaise en particulier, surtout la nouvelle génération qui n’a eu l’occasion de « connaître » le président Marien Ngouabi que par l’histoire telle qu’elle est souvent rapportée par les acteurs politiques qui l’ont connu selon leurs intérêts idéologiques. Marien Ngouabi (1938-1977) a traversé l’histoire du Congo politique tel un météore. Et comme le qualifie l’auteur à travers sa biographie, « le Commandant Marien Ngouabi [apparait comme] un leader charismatique et un modèle pour l’Afrique ». Aussi, allons-nous porter essentiellement notre regard sur son charisme et son panafricanisme pour aider la nouvelle génération à découvrir cet homme hors du commun, un homme politique, pas comme les autres. Il sied de dire que quelques révélations post mortem à propos du président Marien Ngouabi, dans ce livre,  rentrent dans le cadre du subjectivisme qui, souvent, caractérise tout historien ou essayiste dans la vision du sujet ou problème qu’il tente à résoudre. Marien Ngouabi : un leader charismatique Comme nous l’avions affirmé, Marien Ngouabi était un homme politique, différent des autres, un homme politique dont le charisme se reflétait à travers ses relations directes avec les « larges masses populaires », comme on aimait souvent définir le peuple. C’est le président  qui pouvait aller n’importe où et n’importe quand à la rencontre des travailleurs, des ouvriers, des élèves et étudiants dans leur lieu d’exercice. Et tout cela pour écouter et surtout laisser parler toutes les couches sociales sans intermédiaire. C’était l’homme politique en avance sur son temps et surtout sur la pensée politique des autres militants de son parti. Aussi, Roch Cyriaque Galebayi le signifie très bien dans une réflexion qu’il nous rapporte à propos du président Marien Ngouabi vis-à-vis des élucubrations d’une jeunesse encore à la recherche de ses repaires fondamentaux. Voici les propos de ce dernier, faisant irruption dans la salle où se tenait le congrès du comité central de l’UJSC (Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise) face à la jeunesse, deux ans avant sa tragique disparition ; c’était un 25 octobre 1975 : « Tout ce que vous faites, c’est zéro. Je sais que vous allez encore prendre des motions et des résolutions comme par le passé. Tout cela ne sert à rien. Je vous parle franchement  en tant que chef de l’Etat. Rien ne marche. Vous devez tout faire pour m’aider à me débarrasser de mon entourage actuel qui ne fait que dormir. L’heure n’est plus aux motions » (p.126). Et ce franc parler va se remarquer presqu’au cours de tous les meetings populaires à lui imposés par certaines secousses sociopolitiques qui vont marquer ses neuf ans à la tête du pays  Et son charisme est de nouveau mis en relief dans le livre quand on peut lire : « À sa mort, un deuil national de plusieurs semaines est décrété. Pendant ce temps, le peuple congolais est appelé à se recueillir sur l’envergure du président Ngouabi, sur l’immensité de son œuvre et sur la profondeur de ses idées » (p.134). Marien Ngouabi : le panafricaniste En neuf ans au pouvoir, Marien Ngouabi a aussi marqué la politique africaine. Relations plus ou moins tendues avec ses voisins comme le Zaïre (actuel République Démocratique du Congo) et le Cabinda, du côté du Kouilou, le président Marien Ngouabi s’était montré pragmatique pour éteindre le feu qui pouvait être allumé entre son pays et ses voisins. Le panafricanisme de Marien Ngouabi est surtout mis en relief à travers la lutte pour l’indépendance de l’Angola contre son ex-colonisateur. Et l’ouvrage de nous rappeler un souvenir on ne peut plus réaliste de son panafricanisme dilué dans ses convictions marxistes qu’il ne pouvait trahir : « Après la guerre de l’Angola contre l’occupant portugais, guerre au cours de laquelle le Congo et la Lybie ont servi de pont aérien pour l’acheminement des armements soviétiques et des troupes cubaines, le colonel Kadhafi tente de persuader le président Marien Ngouabi d’adhérer à l’islam. À cette proposition, il oppose une fin de non recevoir » (p.98). Le charisme et le panafricanisme sont deux particularités morales et humanistes qui ont incarné le président Marien Ngouabi. On peut découvrir aussi dans ce livre un grand nombre d’aspects politiques relatés par son auteur qui caractérisent le trajet socio-politico-militaire du président Marien Ngouabi ; et ce livre apparait comme une mine indéniable pour découvrir et comprendre sa personnalité.  Noël Kodia-Ramata

Elections législatives et locales de juillet 2022: La jeunesse congolaise en mouvement

Elections législatives et locales de juillet 2022: La jeunesse congolaise en mouvement

ACTUALITE. Dans l’exercice de leur fonction politique comme le font certains acteurs politiques, M. Vadim Mvouba, en sa qualité de citoyen de l’arrondissement 2 Bacongo et qui espère être au service de la nation par le truchement de notre Assemblée nationale, n’a pas échappé à la règle. Le vendredi 20 mai 2022, en sa qualité de Premier Secrétaire de la Force Montante Congolaise (FMC) qui nous rappelle l’Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise (UJSC) que nous avons connue avant l’acceptation de la démocratie pluraliste du Congo, a fait un grand et bon geste en faveur du centre médico-social de la présidence de la République. À cet effet, il s’est donné une occasion pour aller offrir à cette institution sanitaire un lot de médicaments, ainsi que quelques équipements de médecine. Aussi, cette aide matérielle va permettre à l’ensemble du personnel du centre médico-social d’être efficace dans l’exercice de leur métier. Aussi, disons-nous que la déontologie des agents de santé doit en principe primer sur leur comportement individuel, plus souvent jugé négativement par quelques patients qui constatent malheureusement qu’une partie de ce genre de dons est souvent dérobée par ces mêmes agents sans vergogne.  Un patient anonyme nous a  confié « qu’on a toujours doté de médicaments la plupart des  centre médicaux, mais les patients sont souvent accueillis par des ordonnances qui les poussent à aller malheureusement « se faire vider les poches » en pharmacie, moyennant bien sûr de fortes sommes d’argent ». Et cela va à l’encontre contre la bonne volonté des citoyens comme M. Vadim Mvouba. Aussi, d’autres donations, en particulier dans le domaine de la santé, vont être réalisées par moult candidats, surtout au moment des campagnes des élections de juillet 2022. Devant l’accueil du personnel qui l’a marqué au sein de cet établissement sanitaire, le Premier Secrétaire de la FMC a rappelé à l’auditoire « que l’esprit bantou qui se fonde sur la solidarité doit être un leitmotiv  dans notre société pour être au service de nos parents qui sont dans le besoin » Et ce geste, parmi tant d’autres déjà réalisés par le candidat Vadim Mvouba, ne serait que la partie cachée de son « iceberg » car d’autres projets au sein de l’arrondissement 2 Bacongo sont en perspective. Noël Kodia-Ramata

Congo : Littérature et politique. Notre « maison commune » le Congo (1) pour une cohésion nationale

Congo : Littérature et politique. Notre « maison commune » le Congo (1) pour une cohésion nationale

LIVRE. Souvent la littérature congolaise nous présente le monde politique par le biais des œuvres de fiction. Peu d’acteurs politiques s’expriment ouvertement à travers des réflexions qui mettent à nu certaines tares du sociopolitique. Avec Notre « maison commune » le Congo, Jean-Pierre Heyko Lékoba (2) tente de nous présenter une réalité sociopolitique de son pays. Pour cela, il s’appuie sur l’évolution politico-sociale, de l’indépendance à la deuxième expérimentation du multipartisme en passant par l’ère du marxisme-léninisme des décennies 70-80. Cette réalité n’est autre que l’ethnocentrisme qu’il essaie de combattre pour que le Congo soit véritablement une nation, une maison commune pour ses enfants. De la proclamation de la République en 1958 à nos jours, les acteurs politiques ont joué et jouent encore un rôle très important pour réaliser le vivre-ensemble qui devrait rassembler toutes les sensibilités socio-ethniques du pays en vue de la consolidation de leur symbiose, facteur de naissance d’une nation. Aussi, dans cette réflexion, combien pertinente, on peut remarquer trois principaux segments historiques dans la relation politique-ethnocentrisme. Politique et ethnocentrisme : avant et après l’indépendance Pour Pierre Heyko Lékoba, le multipartisme des années 90 a fait resurgir les configurations ethnocentristes de la politique d’avant les indépendances. Aussi, nous rappelle-t-il  la fièvre ethnique qui a secoué les Congolais avec quelques incidents regrettables : « Depuis la naissance du Congo à la république, cette impuissance [d’éradiquer l’ethnocentrisme] confortée par des crises identitaires à répétition, domine la vie politique nationale » (p.38). Heureusement, qu’avec leur volonté de vivre en communauté, nos pères de l’indépendance avaient mis l’intérêt du pays commun dans le vivre-ensemble au-dessus de l’ethnocentrisme dont ils portaient encore des gènes en eux. Et cette maturité politique de braver l’ethnocentrisme doit être attribuée à Fulbert Youlou et Jacques Opangault pour avoir éteint à temps l’incendie de février 1959. Et les années qui vont suivre imposeront aux Congolais un vivre-ensemble en divorçant d’avec la première expérience du multipartisme pour expérimenter le parti unique, comme on va le constater après la Révolution des 13, 14 et 15 août 1963. Aussi, pour une vie en communauté interethnique, et pour freiner, tant soit peu, le pouvoir ethnocentriste, les Congolais ont décidé d’affronter quelques pans « égoïstes » de leur tradition, comme le mariage tribal : « Les mixités par le mariage sont un exemple du désir de vie ensemble, par delà les traditions particulières et les origines revendiquées » (p.42). Une longue marche vers la naissance d’une nation sur fond d’ethnocentrisme Avec cette volonté de donner naissance à la nation où le vivre-ensemble serait le leitmotiv des Congolais, on remarque que l’ethnocentrisme devient un drame. Aussi, on constate une réalité regrettable : le présent politique se voit gouverner par le passé, une situation que vivent « les élites successives, bizarrement [qui] sont incapables de s’en libérer, et pour cause, l’identité tribale décide des carrières » (p.59). Pour l’auteur, l’élite africaine en général et congolaise en particulier, devra transcender les enjeux ethno-politiques qui paralysent actuellement le continent. Mais comment peut-on espérer une nation sur la seule base des idées et convictions politiques si des discours ethno-bellicistes continuent à être divulgués par quelques éléments de la classe politique ? Et l’on remarque, excepté quelques aventuriers en politique, qu’il y a des cadres qui, eux, peuvent bien servir le pays autrement : « Et au lieu de se perdre à nouveau dans les aventures politiques sans lendemain, ils investiraient leurs métiers d’origine, y donneraient le meilleur d’eux-mêmes » (p.66). L’ethnocentrisme sur fond de tribalisme combattu par le parti unique des années d’après la Révolution des 13, 14 et 15 août 1963, et surtout au cours des décennies 70-80, s’est curieusement réveillé au début des années 90 avec le retour du multipartisme. Démocratie pluraliste et ethnocentrisme Dans cette réflexion, Jean-Pierre Heyko Lékoba met en valeur la deuxième expérience du multipartisme que le Congo et la plupart  des états africains doivent affronter après le fameux discours de Mitterrand à la Baule. L’ethnocentrisme qui était vécu dans un seul parti avec un seul idéal, celui du vivre-ensemble, se confronte malheureusement à l’ethnicité. Les nouveaux partis politiques sont crées en majorité sur des bases ethnocentristes. Et cette situation provoque un drame national au niveau sociopolitique. Et l’auteur de se poser une question capitale : « Et si on ajoute les intonations ethno-bellicistes qui disent tout le contraire des propos entendus, comment pourrait-on espérer des rassemblements nationaux sur base des idées et convictions politiques ? » (p.62). Mais Jean-Pierre Heyko Lékoba ne désespère pas : les Congolais doivent obligatoirement vivre ensemble car « ils peuvent (…) s’obliger à regarder cette réalité en face et convenir de nouvelles modalités d’une vie ensemble qui fassent éclore une ambition nationale » (p.66). Notre « maison commune » le Congo : une pédagogie politique S’il y a un écrivain qui essaie de conscientiser politiquement les Congolais, c’est aussi Jean-Pierre Heyko Lékoba dont la pédagogie politique se manifeste par  son raisonnement dialectique : sa réflexion avance par une série de questions-réponses à travers laquelle il dévoile son patriotisme dans le vivre-ensemble congolais. Il a confiance à son peuple même si « l’ouverture démocratique [a été] mal engagée dans les années 90 (…) dans la majorité des pays africains [où] elle n’a produit que crises et drames » (p.101). Il n’est pas raisonnable pour lui de laisser l’intrigue ethnocentriste se développer longtemps dans l’espace public. Il fait sienne cette interrogation ci-après de l’écrivain Gabriel Mwènè Okoundji : « Sommes-nous à ce point incapables de récréer nos liens disloqués et distendus par les tumultes de notre histoire ? » (p.80). Mais c’est surtout dans les réalités de son terroir de la Cuvette Ouest que l’auteur réalise son optimisme du vivre-ensemble, imaginant l’ethnocentrisme mourir de sa propre mort dans l’espace et dans le temps. Ci-après une pensée mbéré qui nous est traduite par l’auteur lui-même en français : « Les contingences venus d’ailleurs peuvent déborder les rites et traditions du clan et ralentir sa marche, mais elles ne peuvent ni obstruer son horizon, ni limiter sa détermination à retrouver son chemin, encore moins, réduire sa volonté d’y arriver » (pp.102-103). Une pensée qui pousse à la réflexion sur le vivre-ensemble, sur la cohésion nationale. Notre « maison commune » le Congo, une analyse sociopolitique qui doit interpeler tous les Congolais ;

France. Actualité du livre aux éditions L’Harmattan

France. Actualité du livre aux éditions L’Harmattan

Traité des constitutions et institutions politiques et publiques du Congo- Brazzaville : Des origines à la Vè République (Tome 1) et le cadre juridique actuel (Tome 2) (1), de Wilfrid Mbilampindo, éd. L’Harmattan, Paris, 2022. Voici un travail de bénédictin en deux volumes pour comprendre la recherche en matière de Droit réalisé par un de nos compatriotes de la diaspora. Wilfrid Mbilampindo (2) est un universitaire chercheur que l’on peut considérer, sans ambages,  comme l’un des premiers spécialistes en matière de Droit dans le domaine des Constitutions et Institutions politiques de son pays, domaine qu’avait déjà aussi traité le doyen Alexis Gabou. À travers l’ouvrage de l’auteur qui est un produit de l’université de Montpellier et Avocat au barreau de la même ville, le lecteur découvre une autre page bien fournie de l’histoire sociopolitique du Congo. Analyse du Tome 1 L’auteur nous rappelle que le Congo précolonial a connu des chefferies et des royaumes qui ont été souvent mis en exergue par les historiens. Mais le Congo voit ses valeurs constitutionnelles à partir de 1870 quand il tombe sous le joug de la 3è République française, spécifiquement à travers le traité d’un certain De Brazza avec le roi téké Makoko. À partir de ce moment, le destin du Congo change de trajectoire comme nous le démontrent les recherches de Wilfrid Mbilampindo. Le destin sociopolitiques des Congolais sera sous la maîtrise française des 3è, 4è et 5è républiques jusqu’à la naissance de la République du Congo, dont l’héritage du multipartisme mal maîtrisé va provoquer des incidents ethniques dans cette jeune république en formation. À la première république née en 1958 et qui proclame son indépendance en 1960, s’en suivront la 2è république sous le M.N.R (Mouvement National de la Révolution) consécutive à la révolution des 13, 14 et 15 août 1963, la 3è  avec le PCT marquée par le socialisme scientifique. Avec le PCT (Parti Congolais de Travail), s’organisent les instituions sous son autorité. Il faudra attendre la 4è république avec le retour de la démocratie pluraliste consécutive à la chute du mur de Berlin. Après les séquences transitionnelles de l’acte fondamental du 24 octobre 1997, le Congo rentre dans la 5è République dont l’organisation constitutionnelle et institutionnelle est bien développée dans la dernière partie du tome 1. Du tome 2 Ici, c’est l’organisation des pouvoirs dans la Constitution de 2015 qui est mise en valeur par l’auteur qui développe les tenants et les aboutissants de cette Constitution de 2015. -L’organisation des pouvoirs à partir de la Constitution de 2015 avec un pouvoir quasi tricéphale dan lequel le Président occupe une place prépondérante. -Le parlement bicaméral exerçe le pouvoir législatif. Ici, l’auteur nous spécifie la mission de l’Assemblée nationale et du Sénat comme certaines réalités telles les limites d’ordre matérielle de révision constitutionnelle. -Le pouvoir judiciaire avec ses corollaires tels l’organisation du pouvoir judiciaire, l’indépendance du pouvoir judiciaire. Aussi, à travers le pouvoir judicaire, on peut noter la création du Conseil constitutionnel de 1992 et celle d’une Cour constitutionnelle de 2002 avec des attributions bien définies. À côté de l’organisation des pouvoirs de la Constitution de 2015, on peut noter des institutions de la démocratie participative comme le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental), le CND (Conseil National du Dialogue), le CSLC (Conseil Supérieur de la Liberté et de Communication), le CNDH (Commission Nationale des Droits de l’Homme). Ces institutions participent à la régularisation de la société dans les domaines qui les concernent. Aussi,  des domaines comme celui de la sécurité et autre comme la défense, trouvent une place dans  ce travail résultant de recherches spécifiques d’un spécialiste en matière de droit approprié. Cet ouvrage de Wilfrid Mbilampindo nous ouvre d’autres horizons dans le domaine politique et administratif des constitutions et institutions qui ont accompagné les « décideurs » politiques de l’indépendance à nos jours. C’est un ouvrage riche en enseignements de droit que l’on ne peut décortiquer en quelques pages. Les lecteurs qui vont découvrir ce travail, surtout les étudiants en matière de droit ont devant eux une mine indéniable sur la connaissance du droit constitutionnel du Congo. Aussi, serons-nous attentifs à cette remarque de son préfacier qui stipule : « Wilfrid Mbilampindo a toujours montré un intérêt pour la transmission de la science juridique comme attestent les interventions qu’il a assurées et continue d’assurer en droit constitutionnel de la Vè République, ou en droit administratif général (…) à l’université de Montpellier » Noël Kodia-Ramata Traité des constitutions et institutions politique du Congo- Brazzaville (Tome 1 et 2), éd. L’Harmattan, Paris, 2022  L’auteur est Docteur en Droit public, Avocat au barreau de Montpellier. Ancien membre du Conseil de l’ordre, Chargé d’enseignement à l’université de Montpellier, Conseiller municipal.

POESIE CONGOLAISE. Les morsures obscures (1) : de la poésie à la « proésie »

POESIE CONGOLAISE. Les morsures obscures (1) : de la poésie à la « proésie »

Les morsures obscures est un recueil de poésie, qui, par son style apparait comme la continuité du précédent ouvrage de l’auteur intitulé L’appel du Kilimandjaro. Les morsures obscures, un recueil d’une quarantaine de textes qui se fondent sur l’image de la femme dans plusieurs dimensions,  sur l’homme dans sa situation sociale et sociétale qui parfois est à la recherche d’un ailleurs meilleur ; s’y remarque aussi le poète dans l’antre de la philosophie. Bien sûr que d’autres pistes pourraient être exploitées par la critique car comme l’écrivait Georges Pompidou dans son Anthologie de la poésie française publiée en 1961 chez Hachette, nous citons : « Si l’art des vers me parait difficile et sans doute le premier de tous, c’est parce que le poète prend un risque redoutable : délibérément, il fait profession de prétendre à ce que les autres peuvent n’atteindre que de surcroit ». Et c’est ce risque que prend aussi le critique pour analyser l’œuvre d’un poète en insistant que sur quelques textes qu’il juge pertinents ; certains d’entre eux s’appelant les uns les autres, analyser tous les textes d’un recueil emmène souvent à une tautologie manifeste. Le poète et l’image de la femme Difficile de parcourir une œuvre poétique, et même littéraire, sans percevoir l’image de la femme. Aussi, Les morsures obscures de Julien Makaya Ndzoundou n’échappent pas à cette règle. Et c’est sa mère qu’il met en évidence en lui rappelant, dans un premier temps, sa venue au monde : « Je suis le fruit de tes entrailles Je suis venu au monde à l’aube sans entraves » (p.19) Et cet amour de l’homme pour sa mère qui se consolide avec le temps devient une dette incommensurable pour le poète dans l’âge avancé de leur existence : « Je ne pourrai jamais payer cette dette De tes leçons quotidiennes pour façonner ma tête (…) Chère mère ! Ton voyage vers la vieillesse Te rapproche de nos ancêtres et excite ma tristesse Savoir que tu n’es pas éternelle engendre le stress J’admire tes rides et tes mirifiques tresses » (p.19) Le regard du poète sur la femme se révèle aussi dans son adresse à une grande figure noire, Christiane Taubira, pour chanter la fierté de sa noirceur, comme pour demander aux femmes africaines d’être fières de leur peau que certaines d’entre elles torpillent par un blanchiment regrettable ; et cela se remarque dans le poème « L’hymne de la fierté » où l’auteur clame son africanité et sa fierté d’être noir : « Je suis très beau Grâce à la couleur de ma peau (…) Je vis au sud du Sahara Territoire de la Reine de Saba » (p.21). Contrairement à certains  poèmes de ses autres recueils qui font l’apologie de l’amour lyrique, dans Les morsures obscures, se développe l’obscurité de la femme. Cette dernière devient un porte-malheur de  l’homme. Dans le poème « Douleurs du cœur », elle porte en elle une foultitude d’épithètes, créant une succession de « vers-mot », en majorité négatifs que nous dévoile le poète : « Que vaut la vie d’un homme Devant une femme Terrible Insensible Répréhensible Timide Intrépide Incivile Difficile Impudique Cyclothymique Hystérique Incivique Déplorable Condamnable Blâmable Punissable Critiquable Méprisable Elle ne vaut que Douleurs du cœur » (p.32) Et c’est à travers le poème « Le Judas intemporel » que l’auteur revisite le portrait moral de la femme pour déceler un autre caractère on ne peut plus insupportable de celle-ci : « Elle reste rebelle et préfère les choses à l’envers Elle ne changera pas sa nature, malgré les veillées de prière Elle restera mauvaise tout au long de sa carrière sur terre » (p.33) Et même quand s’annonce l’amour idyllique dans ce recueil, la femme est toujours l’émanation des douleurs de l’homme : « J’ai perdu l’amour Mon amour de toujours Qui me considère aujourd’hui comme un fou Privé de ressources, je ne suis plus à son goût » (p.54). L’homme vu par le poète à travers le social et le sociétal Dans Les morsures obscures, le bonheur de l’homme semble être mis en cause. Et le sous-titre de « les funérailles du bonheur » donné à l’ouvrage apparait comme le signe annonciateur des difficultés de l’homme dans la société. Ce dernier, pour le poète, n’est que poussière de vie comme il le signifie dans le poème éponyme à la page 58 : «  Tout est éphémère Tout est précaire (…) Profite de l’amour dans tous les vestiaires Bon retour dans la termitière Sur cette terre, tu n’es qu’un vacataire ». Et cette idée d’impuissance de l’homme dans la société se poursuit dans le poème « La vanité » qui rappelle à l’homme sa petitesse sociale et sociétale sur cette terre : « Humain ! Cultive l’humilité et la charité Ne convoque pas l’altérité Pour vanter ta supériorité Car vanité des vanités, tout est vanité » (p.59). Cette impuissance de l’homme dans la société le pousse à s’abriter dans le rêve d’un ailleurs meilleur à travers le cri d’angoisse lancé par les jeunes du continent qui préfèrent affronter les dangers de la Méditerrané. Et le poète de nous rappeler ce cri de détresse d’un jeune Africain : « Les gouvernants ont tourné le dos à l’excellence Mon destin est immolé sur l’autel de l’incompétence C’est pour cela que j’irai mourir en Méditerrané Après avoir avalé le Ténéré sous mes pieds » (p.38) Pour les candidats à l’immigration, il n y a aucun espoir, aucun futur dans leur pays. La recherche de cette quiétude loin du pays déclenche chez l’auteur un souvenir des supplices de la guerre qu’a connue son pays. Comment ne pas penser à la recherche d’un ailleurs paisible devant ce sombre tableau de la bêtise humaine. Voici ce que dit le poète : «  Il faut partir ! Partir, pour ne plus voir ces kalachnikovs distribuées à des bambins, pour défendre la tribu, l’ethnie ou le pouvoir, privatisé par une bande d’aventuriers » (p.22). Mais, de la société et de l’histoire de son pays et du continent,  le poète constate qu’il y a eu des hommes qui ont eu une dimension politique au cours de leur vie. Il fait un rêve qui, paradoxalement est en porte-à-faux avec les réalités sociopolitiques du continent. Hélas ! : « Je rêve d’une Afrique où le culte du fric ne

POESIE CONGOLAISE. Splendeur cachée d’Alima Madina, éd. L’Harmattan, Paris, 2013

POESIE CONGOLAISE. Splendeur cachée d’Alima Madina, éd. L’Harmattan, Paris, 2013

L’amour dans tous ses compartiments nous dévoilé par la poétesse Alima Madina qui clame ouvertement sa religion islamique. Une vingtaine de poèmes où se révèle également le penchant de la poétesse pour d’autres sentiments. On y découvre son regard observateur sur la terre de ses ancêtres qu’elle aime de tout son cœur, ainsi que d’autres imaginaires qui surgissent parfois de son inspiration. Alima Madina : la splendeur des amours Dans ce recueil surgit plusieurs fois le mot amour, comme on peut le constater dans quelques vers de certains poèmes : « Je partirai chercher l’amour » (p.4) ; « Pour un brin d’amour : J’ai déliré comme une fée » (p.17) ; « Ce soldat inventait l’amour / En comptant les petits jours » (p.18) ; « Pour que la contorsion de la langue / Ne défrise plus jamais l’amour » (p.23) ; « Voix d’amour pur et profond / Voix du très cher panafricanisme » (p.50).  Mais ce sentiment d’amour multiforme s’exprime implicitement dans d’autres discours comme on peut le constater dans le poème intitulé ‘le pèlerinage d’amour » (p.20) ; l’amour s’avère multidimensionnel dans Splendeur cachée. L’auteure avoue un grand amour pour ses parents ; ainsi l’exprime-t-elle pour un de ses géniteurs quand elle clame dans un rêve à la recherche de l’amour paternel : « Il me faut un jour rechercher L’amour qu’autrefois j’ai trouvé Dans le regard lucide de mon père » (p.14) Mais cet amour envers son père ne peut ne peut valablement avoir un sens sans celui qu’une femme peut manifester pour ses enfants ; d’ailleurs il est rare que les poètes oublient de chanter l’amour maternel, à plus forte raison que les écrivaines résument en elles toutes les dimensions de leur maternité : « Je murmurai parfois : seigneur, À Latif, donne une vie plus gaie Des enfants, une éternelle belle taie » (p.29) Et dans cet amour qui prend naissance dans l’urne famille, Alima Madina n’oublie pas son grand père Tsoh-mouon : « Père de mon père Souris et bénis mon âme La vraie femme de ta vie Celle qui herche toujours La route cachée de l’amour » (p.44) Mais quelque part dans sa poésie, Alima Madina voit son inspiration croiser l’amour idyllique à travers « ce soldat qui invente l’amour derrière les barreaux » : « Pourquoi l’amour embellit-il Souvent drôlement l’objet aimé ? Sa voix enrouée m’attirait Avec force dans ces feux croisés » (p.18) À l’amour des parents qui lui sont chers, et à l’amour-sentiment s’ajout l’image du pays que l’auteur semble bien connaitre. Aussi, se révèle-t-elle comme une fille des Plateaux batékés : « Je ne suis revenue que pour toi J’ai traversé en pleine nuit Mongo-Tandu Laissant au loin mon Ekouori et Pôh » (p.23) Dans sa communion  de poétesse avec la gente féminine, Alima Madina n’oublie pas d’interpeler  ses campagnes du continent pour une prise conscience : « Debout femme d’Afrique. Debout femme de mon pays (…) Ne croise pus les bras, Pile ce miel avec ardeur Sa farine fera le bonheur Des enfants de tous les coins » (p.51) À partir du pays, le regard de la poétesse traverse le présent congolais pour une analepse dans l’histoire du continent en interpelant quelques illustres figures à travers « Les amis de Franklin » : « Matsoua as-tu écouté Francklin ? Ils courent derrière l’ombre de Ben-Barka Tout en motivant Lumumba Traverse ces forêts, toi l’incompris » (p.50). De l’amour à l’horreur dans quelques textes de Splendeur cachée Comme tout être humain, l’idée de la mort n’a pas échappé à Alima Madina, à l’instar de la plupart des créateurs des œuvres de l’esprit. C’est au futur que les poètes vivent en général « la vie de la mort » : « Demain à l’heure du déclin Quand l’aura divine quittera mon être Pour d’autres irrésistibles horizons La terre-mère bondira sur ma dépouille » (p.45) On constate aussi que la poétesse est marquée par la mort des autres : « Je ne suis qu’une sunnite J’ai vu mourir des chiites Des enfants et bien d’autres innocents » (p.36). Et  cette idée de la mort qui hante la poétesse est précédée par une période de tristesse que l’on peut remarquer dans plusieurs textes : « Mon pays m’a ridiculisée (…) Il a éventré toutes les mères J’ai horreur de ma nationalité » (p.38). L’auteure, une femme dans le berceau de l’Islam Dans Splendeur cachée, se découvre paradoxalement une autre splendeur, celle de la religion musulmane qui habite l’auteure. Dans plusieurs poèmes, se dégagent le souffle islamique et sa croyance en Dieu que Madina  n’hésite pas révéler déjà dans l’incipit du premier poème du recueil :  « Oui Dieu m’a donné, merci Il m’a beaucoup donné, m’a-t-on dit » (p.13) Et la religion musulmane que pratique la poétesse est mise en relief par quelques spécificités islamiques : « Le ramadan ne m’écœurait jamais Et je faisais bien mon triste chemin » (p.15). Dans « Les belles mots du Ramadan », on se retrouve dans les réalités de l’Islam à travers cette évocation de la poétesse : « La vie était vraiment belle Lorsque le muezzin faisait l’appel » (p.87). Pour conclure Splendeur cachée, une poésie qui dévoile paradoxalement d’autres splendeurs de l’homme ainsi que son univers social et sociétal. L’auteure essaie de respecter par moment quelques principes élémentaires du classicisme telle la rime dans certains textes. Et son préfacier Mongo-Mboussa  de le constater aussi : « Par-delà son attachement à la rime (…) la poésie de Madima, chaleureuse et douloureuse (…) est condensé de fraternité ». Noël Kodia-Ramata