
OPINION. Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a affirmé que « le Congo est à l’heure de l’accélération ». À travers cet entretien, le chef du gouvernement expose les priorités de l’exécutif : transformation économique, modernisation de la gouvernance, consolidation de la stabilité nationale et amélioration des conditions de vie des populations. Le discours se veut résolument orienté vers les résultats et la poursuite des réformes.
Mais une interrogation fondamentale demeure : de quelle accélération parle-t-on réellement ?
En physique, l’accélération ne se résume pas à une simple augmentation de la vitesse. Elle correspond à la variation de la vitesse dans le temps et dépend d’un vecteur caractérisé par sa direction, son sens, son intensité et son point d’application. Un changement de direction ou un sens contraire peut ralentir, voire inverser la dynamique. Autrement dit, une accélération peut être positive comme négative.
Cette analogie s’applique parfaitement à l’action publique. Annoncer une accélération ne suffit pas ; encore faut-il démontrer que les politiques engagées produisent effectivement des résultats mesurables dans un délai raisonnable.
Le Premier ministre évoque une gestion plus rigoureuse des finances publiques, une administration plus performante ainsi que le développement de secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’industrie, les infrastructures et le numérique. Ces orientations sont pertinentes et répondent aux exigences d’une diversification économique longtemps attendue.
Cependant, un discours stratégique ne remplace pas une planification stratégique.
Les Congolais restent en attente d’un véritable chronogramme des réformes : quelles seront les priorités ? Quels objectifs seront atteints à court, moyen et long terme ? Quels indicateurs permettront d’évaluer les progrès réalisés ? Quels mécanismes de redevabilité seront mis en place pour mesurer les performances gouvernementales ?
Car dans toute politique publique, le temps constitue la variable décisive. Une réforme dont les effets ne sont pas programmés ni évalués risque de demeurer une simple déclaration d’intention.
La question mérite donc d’être posée avec responsabilité :
Le gouvernement Makosso III disposera-t-il, dans les cinq prochaines années, des capacités politiques, administratives, financières et techniques nécessaires pour mettre pleinement en œuvre le projet de société du Président de la République ?
Sur le plan social, le Premier ministre réaffirme son engagement en faveur des populations vulnérables, de l’emploi des jeunes, de l’amélioration des systèmes éducatif et sanitaire ainsi que du renforcement de la protection sociale. Là encore, ces ambitions répondent aux attentes de la population.
Mais l’urgence sociale impose désormais de passer du registre des engagements à celui des résultats. Le pouvoir d’achat des ménages, le chômage des jeunes, l’accès aux soins, la qualité de l’éducation, les infrastructures de base et la réduction des inégalités constituent aujourd’hui les véritables indicateurs sur lesquels les citoyens jugeront l’action gouvernementale.
L’entretien insiste également sur la gouvernance, la paix et la cohésion nationale comme conditions essentielles d’un développement durable et de l’attractivité économique du Congo. Cette approche est pertinente, car aucun investissement durable ne peut prospérer sans stabilité institutionnelle, sans sécurité juridique et sans confiance entre l’État, les citoyens et les partenaires économiques.
En définitive, cette interview présente davantage une vision politique qu’une véritable feuille de route opérationnelle. Les orientations existent, les ambitions sont affichées, mais les modalités concrètes de leur mise en œuvre restent insuffisamment précisées.
Le Congo n’a plus seulement besoin d’un discours sur l’accélération ; il a besoin d’une accélération visible, mesurable et ressentie par les populations.
Le temps politique n’est plus celui des promesses, mais celui de l’évaluation des politiques publiques. Les citoyens attendent des emplois, des infrastructures, une administration performante, des services publics efficaces et une amélioration tangible de leurs conditions de vie.
L’accélération ne se proclame pas. Elle se démontre par des résultats. Et c’est sur ces résultats que les Congolais jugeront, demain, l’action du gouvernement.
« En politique, les promesses séduisent ; les résultats convainquent. »
« Un gouvernement ne se mesure pas à la qualité de ses discours, mais à l’impact concret de ses décisions sur la vie des citoyens. »
« Les peuples n’attendent pas des promesses, ils attendent des preuves. »
« La crédibilité d’un dirigeant ne repose pas sur ses intentions, mais sur les résultats qu’il produit. »
« Les citoyens n’évaluent pas les gouvernements à leurs déclarations, mais aux changements qu’ils apportent dans leur quotidien. »
Fait à Paris, le 11 juillet 2026
Evrard NANGHO
Le Patriote Engagé
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