Alassane Ouattara : le flou autour de la 4e mandature ou le signe de la parabole de la calebasse enseignée par Guillaume Soro

La parabole de la calebasse, enseignée par Guillaume SORO en 2019 avant l’exil, ce lors d’une de ses rencontres de proximité au clair de lune avec un club de jeunes à Ferkessédougou, sa terre natale, a été par lui scénarisée en ces termes : Lorsqu’un vieil homme monte sur une calebasse, deux résultats sont envisageables. Si la calebasse se brise, cela révélera son manque de lucidité et de clairvoyance pour n’avoir pas su à son âge qu’elle se briserait sous son énorme poids. En revanche si la calebasse résiste, cela indiquera que le vieillard ne pèse pas plus qu’une plume de poulet.

Ces deux scénarios conduisent à la seule conclusion que la sagesse que recommande l’âge du vieil homme devrait le pousser à éviter de prendre des risques inutiles. Aussi, devrait-il faire le choix de s’asseoir tranquillement, en toute sagesse.

C’est à la lumière de cette parabole de Guillaume SORO, qui relève simplement de sa culture de l’art oratoire africain, que s’inscrit le climat politique déjà tendu par la question de la candidature d’Alassane OUATTARA à un quatrième mandat à la présidence de la Côte d’Ivoire. Et cela soulève des inquiétudes et des interrogations.

Alors que le pays se prépare pour ces élections de 2025, le Président sortant semble naviguer dans un flou artistique, hésitant à clarifier ses intentions. Cette ambiguïté pourrait bien se transformer en un véritable piège pour lui.

Depuis son accession au pouvoir en 2010, Alassane OUATTARA a été un acteur clé de la politique ivoirienne. Toutefois, son désir de prolonger son mandat soulève des craintes légitimes. En effet, la Constitution ivoirienne, qui a été modifiée en 2016, limite le nombre de mandats présidentiels. Ses opposants ne manquent pas de rappeler que sa candidature pourrait être perçue comme une volonté de s’accrocher au pouvoir, au mépris des principes démocratiques.

Le risque d’une honte historique plane sur sa présidence. Un quatrième mandat serait perçu non seulement comme un défi à la Constitution, mais également comme une provocation pour une population qui aspire à un renouvellement politique. Les souvenirs des tensions post-électorales de 2010-2011, qui ont profondément marqué le pays, demeurent encore frais dans les mémoires. L’option d’une nouvelle candidature pourrait raviver des fantômes que la Côte d’Ivoire peine encore à exorciser.

Par ailleurs, la situation actuelle du pays, marquée par des défis économiques et sociaux, appelle à un leadership renouvelé. Le flou entretenu par OUATTARA sur ses intentions pourrait être interprété comme une absence de vision pour l’avenir de la Côte d’Ivoire. Les ivoiriens, en quête de stabilité et de progrès, pourraient voir dans cette hésitation un manque de courage et de responsabilité.

Les récentes déclarations du président, oscillant entre promesse de retrait et affirmations de bilan positif, n’ont fait qu’accentuer l’incertitude. Ce flou pourrait être une stratégie pour tester le terrain, mais il risque aussi de le décrédibiliser aux yeux de l’opinion publique. Les citoyens ivoiriens sont de plus en plus exigeants et méfiants envers leurs dirigeants, et un manque de transparence pourrait se retourner contre lui.

En définitive, la question n’est pas seulement de savoir si Alassane Ouattara se présentera ou non, mais plutôt comment son choix, quel qu’il soit, sera perçu par une population qui aspire à une gouvernance nouvelle et exemplaire. En maintenant le flou sur sa candidature, le président prend le risque de se retrouver piégé par ses propres ambitions, risquant ainsi de transformer ce qui pourrait être une sortie honorable en un véritable fiasco politique.

Le message de la calebasse, ustensile emblématique en Afrique, semble dire que pour Alassane OUATTARA, la route vers 2025 pourrait être semée d’embûches, et la honte pourrait bien être au rendez-vous s’il ne sait pas gérer la délicate équation de son héritage. Alors, entre ambition d’un 4ème mandat et honte, Alassane OUATTARA devra-t-il s’imprégner des enseignements contenus dans la fameuse parabole de la calebasse enseignée par Guillaume SORO il y a six ans, afin d’en éviter le piège ?

KORÉ Guy Armand (Radio-gps).

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