
TRIBUNE. Dernièrement, le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Isidore Mvouba avait révélé les manquements dans la communication gouvernementale sur la pandémie du COVID19. Il avait affirmé que le pouvoir avait perdu la bataille de l’opinion et cela est vérifiable aujourd’hui.
Le colonel Didace Yobi, directeur de la Sécurité publique vient d’outrepasser ses prérogatives en annulant le circulaire du ministre du Commerce autorisant l’ouverture des supermarchés, boutiques d’alimentation, boulangeries et pâtisseries.
Le DSP est sous les ordres du DGPN dont le supérieur hiérarchique est le ministère de l’intérieur. Ne peut qu’annuler un circulaire d’un ministre, le premier ministre ou le président de la République qui sont ses supérieurs hiérarchiques.
La loi sur l’état d’urgence sanitaire n’a pas réglée tous les détails relatifs au fonctionnement du pays dans cette période : les heures et jours d’ouverture des supermarchés, boutiques d’alimentation, boulangeries et pâtisseries, les modalités de délivrance des laisser-passer, etc…
Nous assistons très bien à la déliquescence de l’état : le gouvernement a produit un projet de loi peu détaillé et peu outillé conformément à la constitution pour permettre facilement son application, l’Assemblée nationale et le Sénat qui n’ont pas joué pleinement leur rôle de contrôler l’action de l’exécutif et la loi.
Cette dissonance est la résultante d’une incohérence dans le fonctionnement des institutions de la République. Le rôle de la Direction de la sécurité publique est d’assurer la protection des personnes et des biens, de prêter assistance et de veiller à la tranquillité et au maintien de l’ordre public.
La DSP est au service de la population, elle doit lutter contre la criminalité, les violences urbaines avec une part forte dévolue à l’investigation judiciaire. Elle doit mener des actions préventives et répressives essentielles dans la lutte contre l’insécurité routière, lutter contre les trafics de stupéfiants, encadrer des grands événements, assurer la sécurité des déplacements de personnalités, protéger les lieux sensibles. La prévention et la dissuasion de la délinquance par une présence active et visible sur la voie publique.
Depuis le confinement et la mise en place du couvre feu, les actes délictueux se sont multipliés : cambriolages, dégradations de biens publics, etc… la direction de la sécurité publique a failli dans sa mission principale d’assurer la protection des personnes et des biens. La police n’a pas encore mis la main sur ces malfaiteurs et les enquêtes traînent.
Face à ce capharnaüm, les pouvoirs publics ont du mal à se coordonner car la devise de cette jungle nous on dit long: » Ebonga, ebonga té, toujours meilleur ».
Evrard NANGHO (Président national du Modec)
Pagesafrik est un site d’information indépendant consacré à l’actualité du Congo (Brazzaville et Kinshsa) et de l’Afrique en général.



