
Derrière une conjoncture jugée stable
La conjoncture industrielle au deuxième trimestre 2026 reste globalement stable au deuxième trimestre 2026, selon Bank Al-Maghrib qui souligne toutefois une fragilité persistante de l’activité industrielle et un emploi qui reste sous pression dans plusieurs branches.
En effet, selon les résultats de l’édition trimestrielle de l’enquête de conjoncture relatifs au deuxième trimestre de 2026, 71% des industriels qualifient de « normal » le climat des affaires et 19% de «défavorable».
L’enquête révèle également des conditions de production caractérisées par un approvisionnement en matières premières jugé « normal » par 79% des entreprises et « difficile » par 19%. Pour les entreprises sondées, les principaux freins limitant le développement de la production sont l’insuffisance de la demande, les coûts élevés des intrants et l’accentuation de la concurrence, en particulier celle du secteur informel.
Outre ces limites, l’enquête révèle que cette relative stabilité a été peu créatrice d’emplois :77% des entreprises ont enregistré une stagnation de leurs effectifs et 17% une baisse.
Alors que des coûts unitaires de production ont stagné selon 49% des entreprises et augmenté selon 37%, la fragilité de l’emploi est observée dans la branche « chimie et parachimie », où 34% des entreprises déclarent une baisse de leurs effectifs, ainsi que dans le textile et cuir, avec une proportion de 22%.
Selon l’enquête synthétisés sous forme de soldes d’opinion, pour troisième trimestre de 2026, les entreprises s’attendent globalement à une baisse des effectifs particulièrement dans la « chimie et parachimie » et le « textile et cuir ». À l’inverse, elles anticipent une hausse dans la « mécanique et métallurgie » et une stagnation dans l’«agroalimentaire ».
Par ailleurs, la pression sur les coûts unitaires de production reste importante : 49% des entreprises font état d’une stagnation des coups unitaires de production et 37% d’une hausse. La part des entreprises faisant état d’une hausse s’élève à 61%dans l’« agroalimentaire », à 51% dans le « textile etcuir » et à 29% dans la « chimie et parachimie ». A l’inverse, 58% des industriels de la « mécanique et métallurgie » indiquent une stagnation des coûts et41% une baisse.
S’agissant de la trésorerie, elle aurait été jugée «normale» par 85% des entreprises et«difficile » par 13% d’entre elles. Ces proportions ressortent respectivement à 90% et 10% dans la«mécanique et métallurgie » et dans le « textile et cuir », à 89% et 10% dans la « chimie et parachimie» et à 72% et 22% dans l’« agroalimentaire ».
Concernant l’accès au financement bancaire, les entreprises l’ont jugé « normal » dans toutes les branches d’activité, à l’exception du « textile et cuir » et de la« mécanique et métallurgie », où il aurait été jugé «facile».
Selon BAM, le coût du crédit aurait stagné selon 83% des entreprises et augmenté selon 17%. Ces parts se situent respectivement à89% et 11% dans la « mécanique et métallurgie » et à 67% et 33% dans la « chimie et parachimie ». En revanche, les entreprises de l’«agroalimentaire » et du « textile et cuir » déclarent une stagnation du coût du crédit.
Enfin, les dépenses d’investissement auraient augmenté selon les industriels et ce, dans toutes les branches hormis le « textile et cuir » où elles auraient plutôt reculé. « Ces dépenses auraient été financées à hauteur de70% par des fonds propres et de 30% par crédit », précise Bank Al-Maghrib.
Pour les trois prochains mois, les industriels anticipent une hausse des dépenses d’investissement dans l’ensemble des branches à l’exception du « textile et cuir » où ils s’attendent à une stagnation.
Alain Bouithy
Fondateur et actuel administrateur du site Pagesafrik.



