Les perturbations du transport maritime alourdissent les coûts logistiques

Des difficultés opérationnelles et économiques croissantes frappent le commerce des marchandises pris au plus haut niveau

Le transport maritime fait face à une flambée des coûts et à des tensions de capacité, dans un contexte de perturbations du commerce mondial, en particulier dans la région du Golfe et dans d’autres points de congestion.

Des difficultés opérationnelles et économiques croissantes frappent le commerce des marchandises, ont alerté des dirigeants de grands groupes industriels et de compagnies de transport maritime d’échelle mondiale lors d’une récente rencontre avec la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.

Bien que les chaînes d’approvisionnement mondiales aient démontré une certaine résilience, les efforts déployés pour identifier et exploiter d’autres voies maritimes malgré les perturbations font grimper les coûts pour les transporteurs, ont constaté les professionnels du secteur. Ce qui, en définitive, impacte les consommateurs.

En dépit des efforts d’adaptation et d’innovation, le resserrement des contraintes de capacité sur l’ensemble des réseaux de transport engendre de sérieuses difficultés, ont poursuivi les représentants du secteur, expliquant que la saturation de certains itinéraires terrestres et ports alternatifs rend le transfert de marchandises hors des voies maritimes particulièrement contraignant et entraîne une hausse des coûts.

Autre préoccupation relevée par les participants à cette réunion : les goulets d’étranglement opérationnels, notamment les retards douaniers liés à la logistique multimodale et au recours à des corridors alternatifs.

La hausse des coûts du fret maritime pourrait peser sur le Maroc

A l’instar de nombreux pays, cette flambée des coûts et des tensions de capacité pourrait avoir un impact sur le Maroc dont près de 90% des échanges commerciaux extérieurs transitent par voie maritime.

Elle pourrait se traduire par une hausse des coûts d’importation, un renchérissement des produits importés, l’allongement des délais logistiques et surtout un affaiblissement de la compétitivité des exportations marocaines, ce qui provoquerait une pression sur la balance des paiements.

Qu’à cela ne tienne, la configuration actuelle du commerce mondial des marchandises présenterait aussi des opportunités pour le Maroc en renforçant le rôle stratégique de ses infrastructures portuaires.

Revenant sur les contraintes, conjuguées à la hausse des coûts et à l’incertitude des itinéraires, les participants à la réunion ont également insisté sur l’importance d’investir dans l’amélioration des infrastructures portuaires et logistiques à l’échelle mondiale afin de garantir des flux commerciaux efficaces et prévisibles, ont estimé les représentants du secteur. Ils ont en outre insisté sur l’importance du respect des normes et accords multilatéraux, notamment du principe fondamental de la liberté de navigation.

Mettant l’accent sur le rôle crucial du transport maritime, qui représente plus de 80% du commerce mondial en volume, la DG de l’OMC a, pour sa part, appelé au renforcement de la coopération entre les gouvernements et le secteur privé.

S’agissant des retards douaniers, Ngozi Okonjo-Iweala a souligné l’importance de la pleine mise en œuvre de l’Accord de l’OMC sur la fluidité des échanges et d’autres mesures de facilitation. Parmi celles-ci figurent la numérisation des procédures douanières, le partage rapide d’informations et la modération dans le recours aux restrictions commerciales afin de soutenir la résilience et la stabilité des chaînes d’approvisionnement.

Alain Bouithy

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *