Forum d’affaires de la ZLECAF : Les ministres africains se concertent à Marrakech pour défendre les priorités du continent à l’OMC

Réaffirmer l’attachement de l’Afrique à un système commercial multilatéral ouvert, équitable et fondé sur des règles. Tel est l’objectif principal de la réunion de coordination qui a rassemblé, jeudi 11 décembre à Marrakech, 16 ministres et plus de 30 délégations composées de hauts responsables gouvernementaux africains en charge du commerce. S’inscrivant dans la préparation de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), prévue en mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun, cette rencontre a été organisée en marge de la deuxième édition du Forum d’affaires de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Lors de cette rencontre, présidée par le Maroc et modérée par le Mozambique, en sa qualité de coordonnateur du Groupe africain de l’OMC, il s’est agi concrètement de renforcer la coordination entre les pays africains et d’établir une feuille de route commune pour défendre les priorités du continent dans le cadre des négociations commerciales multilatérales, tout en ancrant l’action collective au sein du Groupe africain. Ainsi, les discussions et les interventions se sont basées sur le document consolidé du Groupe africain récemment publié à l’OMC, qui couvre les positions africaines sur les principales thématiques. Afin de garantir un développement inclusif et durable, les participants à cette réunion ont « mis en exergue l’importance de préserver le traitement spécial et différencié (TSD) pour les pays en développement et les pays les moins avancés (PMA) », rapporte la MAP ajoutant qu’ils ont également appelé à dépasser les mesures commerciales restrictives et unilatérales, qui sont perçues comme un obstacle à la reprise économique et à la stabilité des chaînes d’approvisionnement. Autre point abordé : la réforme de l’OMC que les participants ont jugé nécessaire d’orienter vers le développement, le renforcement de la transparence et la préservation de la fonction de règlement des différends. Ils ont également plaidé pour qu’elle repose sur le consensus et implique tous les pays membres. Il est important de noter que les échanges entre les différentes délégations ont fait apparaître une convergence réelle sur plusieurs questions prioritaires pour le continent africain, notamment l’agriculture et la sécurité alimentaire, les subventions à la pêche, le commerce des services, le commerce électronique, fait remarquer la MAP. Enfin, les participants à cette importante réunion ont réaffirmé leur engagement à assurer le succès de la conférence de Yaoundé. Alain Bouithy
Le commerce des services atteint de nouveaux sommets à l‘échelle mondiale

Avec une croissance de 9% sur un an au cours des trois premiers trimestres de 2024 ECONOMIE. « La croissance du commerce des services a atteint de nouveaux sommets au troisième trimestre de 2024 », selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les données recueillies par l’organisation internationale font état d’une hausse des exportations de services de 16% en Asie, de 8% en Europe et de 7% en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et centrale et dans les Caraïbes. D’après l’OMC, qui s’occupe des règles régissant le commerce international entre les pays, « une croissance marquée a également été enregistrée pour les importations dans toutes les régions, reflétant une forte demande pour divers services ». Ces évolutions montrent que « les services constituent le point positif du commerce, avec une croissance de 9% sur un an au cours des trois premiers trimestres de 2024 », a-t-elle noté soulignant le fort contraste avec le commerce des marchandises qui n’a progressé que de 2% au cours de la même période. Dans le détail, « les transports ont connu une hausse de 14 %, du fait de la hausse des tarifs de transport dans un contexte de perturbations persistantes sur les principales routes commerciales », a fait savoir l’organisation rappelant que les prix mondiaux du fret étaient près de quatre fois plus élevés qu’au troisième trimestre de 2023. Selon les données de Freightos, qui exploite une plateforme de réservation et de paiement pour le fret international, ils s’étaient élevés à environ 4.500 dollars américains. Les exportations asiatiques de services de transport ont bondi de 32%, avec des sommets de 47% en Chine et de 40% à Singapour, a poursuivi l’OMC ajoutant que les statistiques mensuelles des principaux négociants asiatiques dans ce domaine suggèrent une croissance soutenue jusqu’à la fin de l’année. Elle en veut pour preuve, les exportations chinoises de transport qui ont grimpé de 50% au cours du dernier trimestre la même année. Ce qui traduit une forte augmentation des expéditions. En ce qui concerne les dépenses des voyageurs internationaux dans les économies étrangères, les chiffres montrent qu’elles ont « augmenté de 10% au troisième trimestre de 2024, et au cours des trois premiers trimestres de 2024, les recettes mondiales des voyages étaient 15% supérieures aux niveaux d’avant la pandémie ». De l’avis de l’OMC, la croissance se stabilise après la poussée post-pandémique, et les programmes d’exemption de visa adoptés tout au long de 2024 par de nombreuses économies ont profité au tourisme international dans le monde entier, a-t-elle constaté rappelant que les arrivées de touristes internationaux avaient presque atteint leurs niveaux de 2019 au terme de l’année écoulée, suggérant ainsi une reprise complète du secteur, comme l’avait relevé l’ONU Tourisme. S’agissant des voyages en 2024, le constat est qu’ils ont également été stimulés par le Championnat d’Europe de football de l’UEFA en Allemagne et les Jeux olympiques en France. L’organisation relève ainsi une augmentation de 7% des exportations de voyages de l’Europe par rapport à une base déjà élevée en 2023. Elle fait aussi remarquer que de nombreuses économies africaines ont enregistré une croissance à deux chiffres, à l’instar de la Namibie (+32%), du Maroc (+19%) et de la Tanzanie (+18%). Il est tout important de noter que les autres services commerciaux, représentant environ 60% du commerce total des services, ont augmenté en moyenne de 8% au cours du même trimestre. Alors que les exportations de cette catégorie ont augmenté de 9% dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, et de 7% aux Etats-Unis, les économies d’Amérique du Sud et centrale et des Caraïbes ont pour leur part enregistré des taux de croissance à deux chiffres, très élevés. C’est notamment le cas du Chili (+32%), de l’Argentine (+26%) et du Pérou (+17%). A rappeler également que les services livrables numériquement, tels que les services informatiques, financiers, commerciaux et d’assurance, ont été les principaux moteurs de la croissance. D’après l’OMC, les services informatiques sont restés sur une tendance haussière entre janvier et septembre 2024, avec des exportations cumulées en hausse de 13% à l’échelle mondiale. « Une croissance rapide des exportations de services informatiques a été enregistrée à la fois dans les économies développées et en développement, avec notamment une forte augmentation de 77% en Indonésie et une forte croissance de 37% à Maurice et de 18% aux Etats-Unis », a-t-elle observé. Concernant les exportations de services informatiques de l’Union européenne, l’OMC estime qu’elles ont augmenté de 15% sur un an au cours des neuf premiers mois de 2024, ou de 10% si l’on exclut le plus grand exportateur de l’UE, l’Irlande. Alain Bouithy
OMC: la Directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala reconduit dans ses fonctions pour un second mandat

Le 29 novembre, le Conseil général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a décidé par consensus de reconduire Dre Ngozi Okonjo-Iweala dans ses fonctions de Directrice générale pour un deuxième mandat de quatre ans, qui commencera le 1er septembre 2025. Cette décision témoigne d’une large reconnaissance de son leadership exceptionnel et de sa vision stratégique pour l’avenir de l’OMC, a indiqué dans un communiqué l’organisation qui s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Le processus de renouvellement, lancé le 8 octobre 2024, a été supervisé par l’Ambassadeur Petter Ølberg de Norvège, Président du Conseil général. Aucune candidature supplémentaire n’ayant été soumise avant la date limite du 8 novembre, le Dr Okonjo-Iweala s’est présenté comme seul candidat, souligne la même source précisant que le processus a été mené de manière totalement ouverte et transparente, dans le respect des « Procédures de nomination des directeurs généraux » de l’OMC (WT/L/509). Lors d’une réunion extraordinaire du Conseil général les 28 et 29 novembre 2024, Mme Okonjo-Iweala a exposé sa vision prospective de l’OMC. Après sa présentation et une séance de questions-réponses avec les membres, le Conseil a officiellement approuvé sa reconduction par consensus. L’ambassadeur Ølberg a salué ses réalisations en déclarant : « Le Conseil général félicite Mme Ngozi Okonjo-Iweala pour son leadership exceptionnel au cours de son premier mandat. Face à d’importants défis économiques mondiaux, elle a renforcé la capacité de l’OMC à soutenir ses membres et à établir un programme d’avenir pour l’organisation. Son leadership a été déterminant pour obtenir des résultats significatifs à des moments charnières, notamment les 12e et 13e Conférences ministérielles (MC12 et MC13), où des étapes majeures ont été franchies. » Il a poursuivi : « Pour l’avenir, le Conseil soutient pleinement l’engagement de Mme Okonjo-Iweala de veiller à ce que l’OMC reste réactive, inclusive et axée sur les résultats. Son leadership sera essentiel à mesure que l’organisation continue de promouvoir une économie résiliente, fondée sur des règles et axée sur les résultats. système commercial mondial équitable. Le 28 novembre, la Directrice générale a fait une déclaration au Conseil général exposant ses réflexions et sa vision de l’OMC pour les quatre prochaines années. Pour rappel, Mme Ngozi Okonjo-Iweala a pris ses fonctions de Directrice générale le 1er mars 2021, devenant ainsi la première femme et la première Africaine à diriger l’OMC. Son premier mandat s’achève le 31 août 2025. Sa reconduction met en évidence le ferme soutien apporté à ses efforts visant à renforcer la pertinence et la capacité de l’OMC à relever les défis changeants du commerce mondial. Avec CP
Modeste regain de dynamisme attendu pour le commerce mondial des marchandises au premier trimestre

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) voit des signes annonçant une modeste augmentation du commerce mondial des marchandises au premier trimestre 2024. Après avoir enregistré des résultats médiocres en 2023, « le commerce mondial des marchandises pourrait commencer à afficher une augmentation modeste au premier trimestre de 2024 », a indiqué l’organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce international entre les pays. L’analyse du dernier Baromètre du commerce des marchandises de l’OMC, un indicateur qui fournit des renseignements en temps réel sur l’évolution du commerce des marchandises par rapport aux tendances récentes, indique que le niveau actuel de celui-ci (100,6) est supérieur à l’indice trimestriel du volume du commerce, a-t-elle fait savoir. Bien qu’à peine plus élevé que la valeur de référence de 100 pour les deux indices, l’OMC estime que « cela laisse penser que la reprise du commerce des marchandises devrait se poursuivre progressivement dans les premiers mois de 2024 ». L’organisation prévient toutefois que les conflits régionaux et les tensions géopolitiques pourraient facilement compromettre d’éventuels gains. A propos du Baromètre du commerce des marchandises, il est à rappeler qu’une valeur supérieure à 100 indique que le volume des échanges se situe au-dessus de la tendance, tandis qu’une valeur inférieure à 100 indique que le commerce des marchandises est tombé, ou tombera prochainement, en dessous de la tendance, comme le souligne l’organisation dans une note publiée récemment. D’après la même source, au troisième trimestre 2023, le volume du commerce des marchandises était en recul de 0,4%, par rapport au trimestre précédent, et de 2,5% par rapport à la même période de 2022. L’OMC explique cette nette baisse en glissement annuel principalement par la croissance relativement forte enregistrée au cours des trois premiers trimestres de 2022. Il est important de noter qu’entre janvier et octobre 2023, le commerce des marchandises a généralement stagné et qu’en volume, il n’a presque pas varié au troisième trimestre par rapport au début de l’année et sa progression n’a été que de 3,2% sur deux ans. Il est évident que « ces évolutions sont plus négatives que les dernières prévisions publiées par l’OMC le 5 octobre 2023, qui anticipaient une croissance du commerce des marchandises de 0,8% en 2023 », a ainsi fait remarquer l’organisation. Dans sa note, l’OMC note également que les indices qui composent le baromètre sont essentiellement neutres: les indicateurs relatifs aux commandes à l’exportation (101,7) et au fret aérien (102,3) s’établissent légèrement au-dessus de la tendance et les mesures du transport par conteneurs (98,6) et du commerce des matières premières (99,1) restent légèrement inférieures à la tendance. En dépit du récent fléchissement, l’indice de la production et des ventes d’automobiles (106,3) reste de son côté bien supérieur à la tendance ; tandis que la reprise apparemment marquée du commerce des composants électroniques affichée par le baromètre précédent a été révisée (95,6). Qu’à cela ne tienne, l’organisation affirme qu’« une accélération du commerce des marchandises est attendue en 2024 car sa reprise intervient après une croissance inférieure à la moyenne en 2023 » sans toutefois ignorer que l’incertitude reste élevée en raison de la persistance des risques de détérioration. Alain Bouithy
Forte expansion des chaînes de valeur mondiales

Les chaînes de valeur mondiales (CVM) restent un élément central de la mondialisation, affirme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un nouveau rapport soulignant une forte expansion. En dépit des pressions croissantes, « les chaînes de valeur mondiales ont continué de croître en 2022 », selon l’institution internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Une évolution confortée par « la part croissante des intrants étrangers dans les exportations et l’augmentation des taux de participation des économies à l’échelle mondiale », note le rapport qui fait le point sur les tendances des CVM avec de nouvelles données s’étendant jusqu’en 2022. D’après le document, rendu public jeudi 16 novembre, « cela est de bonne augure pour la diffusion des avantages du commerce à un plus grand nombre d’entreprises, de travailleurs et d’économies en développement ». Précisons qu’il s’agit d’une publication conjointe de la Banque asiatique de développement (BAD), de l’Institut des économies en développement -Organisation japonaise du commerce extérieur (IDE-JETRO), du Research Institut des chaînes de valeur mondiales de l’Université de commerce international et d’économie (UIBE) de Pékin et de l’OMC. Dans leur rapport, intitulé « GVC Development Report 2023: Resilient and Sustainable GVCs in Turbulent Times », les auteurs font toutefois part de leur crainte quant aux risques croissants d’une dépendance vis-à-vis d’un petit nombre d’économies pour certains produits et mettent en lumière la vulnérabilité des CVM face à la montée des tensions commerciales et des crises mondiales. En effet, « les récentes perturbations liées à la pandémie ont révélé des vulnérabilités de longue date dans les CVM, en particulier celles associées à une concentration excessive et à une dépendance excessive à l’égard d’une seule économie ou d’une seule région pour l’approvisionnement en produits essentiels », comme le relèvent dans l’avant-propos les présidents de la BAD (Masatsugu Asakawa), de l’IDE-JETRO (Kyoji Fukao), de l’UIBE (Zhongxiu Zhao) et la directrice générale de l’OMC (Ngozi Okonjo-Iweala). Une circonstance exacerbée par les récentes tensions géopolitiques, constatent ces derniers déclarant cependant que « la structure actuelle des CVM est complexe et a apporté des avantages significatifs aux entreprises et aux consommateurs du monde entier ». Quoi qu’il en soit, ils estiment que la résilience et la durabilité ne peuvent être atteintes sans inclusivité et que « pour garantir que les CVM soutiennent un développement inclusif, les obstacles à l’intégration doivent continuer à être abaissés et des mesures doivent être mises en place pour empêcher les entreprises d’exploiter leur pouvoir de marché aux dépens des petits fournisseurs ». Selon le rapport, les intrants étrangers représentaient 28% des exportations mondiales de marchandises l’année dernière et les taux de participation aux CVM de presque toutes les économies étaient plus élevés en 2022 par rapport à leurs niveaux d’avant – pandémie en 2018. Le document, qui examine la manière dont les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et la pandémie de Covid-19 ont affecté les CVM, révèle que la valeur des exportations et la part des produits potentiellement goulots d’étranglement – des produits exportés par très peu d’économies – ont plus que doublé depuis 2000. Elles sont passées de 9 % à 19 % du commerce total, permettant ainsi de contribuer à la vulnérabilité des CVM. Toujours selon le rapport, les sources d’intrants étrangers ont été considérablement concentrées et les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ont entraîné une augmentation du nombre d’étapes dans les CVM entre 2018 et 2020. Dans tous les cas, la publication affirme que les CVM peuvent avoir des conséquences positives pour les entreprises des économies en développement en améliorant la productivité et en atténuant les contraintes, et peuvent se traduire par des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Les auteurs recommandent que les politiques visant à les rendre plus inclusives se concentrent sur la facilitation de l’entrée dans les CVM et sur l’augmentation des retombées positives sur l’économie nationale. Alain Bouithy
L’activité manufacturière ralentit à l’échelle mondiale

Dans un contexte de ralentissement amorcé au quatrième trimestre de 2022, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a décidé de revoir à la baisse ses projections pour la croissance du commerce mondial des marchandises en 2023. Compte tenu du ralentissement mondial de l’activité manufacturière, « le volume du commerce mondial des marchandises devrait augmenter de 0,8% cette année, soit moins de la moitié de l’augmentation de 1,7% prévue en avril », a estimé l’institution dans la version mise à jour de ses « Perspectives et statistiques du commerce mondial ». Pour la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, « le ralentissement projeté du commerce pour 2023 est préoccupant, en raison des conséquences négatives pour le niveau de vie des populations du monde entier ». Elle estime que « la fragmentation économique mondiale ne ferait qu’aggraver ces difficultés, et c’est pourquoi les membres doivent saisir l’occasion de renforcer le cadre commercial mondial en évitant le protectionnisme et en promouvant une économie mondiale plus résiliente et plus inclusive », a-t-elle déclaré. L’organisation internationale, qui définit les règles régissant les échanges mondiaux, affirme toutefois que « la croissance de 3,3% projetée pour 2024 reste quasiment inchangée par rapport à l’estimation précédente ». D’après les nouvelles projections de l’OMC contenues dans son nouveau rapport « Perspectives et statistiques du commerce mondial », le PIB réel mondial devrait augmenter aux taux de change du marché de 2,6% en 2023 et de 2,5% en 2024. Ledit rapport nous apprend également que le commerce mondial et la production ont brusquement ralenti au quatrième trimestre de 2022, en raison des effets d’une inflation persistante et d’une politique monétaire plus stricte ressentis aux Etats-Unis, dans l’Union européenne et ailleurs, « tandis que les difficultés du marché immobilier en Chine empêchaient une reprise plus forte après la COVID-19 ». Ces problématiques auxquelles s’ajoutent les conséquences de la guerre en Ukraine ont assombri les perspectives commerciales, a constaté l’institution chargée de régler les conflits commerciaux entre Etats membres craignant que le ralentissement soit de vaste portée et touche un grand nombre de pays et un large éventail de marchandises. Quoi qu’il en soit, « la croissance du commerce devrait reprendre l’année prochaine, tandis que la croissance du PIB devrait rester lente mais stable », a-telle affirmé. Selon les nouvelles prévisions de l’OMC, les secteurs les plus sensibles aux cycles économiques devraient se stabiliser et rebondir grâce à une inflation modérée et à des taux d’intérêt en baisse. L’organisation prévient toutefois que les quelques signes de fragmentation des chaînes d’approvisionnement que l’on perçoit pourraient menacer les perspectives relativement positives pour 2024. Pour preuve, « la part des biens intermédiaires dans le commerce mondial, un indicateur de l’activité des chaînes d’approvisionnement, est tombée à 48,5% au premier semestre de 2023, contre 51% en moyenne au cours des trois années précédentes ». L’autre exemple concerne la part des partenaires bilatéraux asiatiques dans le commerce des parties et accessoires des États-Unis, un sous-ensemble clé des intrants intermédiaires, qui est tombée à 38% au premier semestre de 2023, contre 43% à la même période en 2022. Face au ralentissement attendu du commerce et à la fragmentation économique mondiale, il y a fort à parier que « l’économie mondiale, en particulier pour ce qui est des pays pauvres, aura du mal à se remettre sans un système commercial multilatéral qui soit stable, ouvert, prévisible, fondé sur des règles et équitable », a prévenu Ngozi Okonjo-Iweala. « Nous repérons effectivement dans les données certains signes de fragmentation des échanges liés aux tensions géopolitiques », a fait savoir l’économiste en chef de l’OMC, Ralph Ossa, estimant fort heureusement qu’il n’y a pas encore de démondialisation plus large. « Les données semblent indiquer que les marchandises continuent d’être produites sur des chaînes d’approvisionnement complexes, mais que l’expansion de ces chaînes a stagné, du moins à court terme », a-t-il noté assurant que la croissance positive des exportations et des importations devrait reprendre en 2024, tout en appelant à « rester vigilants ». A noter que, si les prévisions ne portent pas sur le commerce mondial des services commerciaux, l’OMC fait toutefois remarquer que « les données préliminaires montrent que la croissance du secteur pourrait être plus modérée après la forte reprise des transports et des voyages l’année dernière ». Alain Bouithy
La croissance mondiale devrait rester faible en 2023

Perspectives. « L’économie mondiale s’est montrée plus résiliente que prévu au premier semestre de 2023 », a annoncé l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport intermédiaire sur ses perspectives économiques. Dans ce document, rendu public mardi 19, l’organisation internationale d’études économiques prévoit cependant que « les perspectives de croissance restent moroses ». En 2024, compte tenu de la matérialisation progressive des effets des politiques monétaires et de la reprise plus faible que prévu enregistrée en Chine, estime l’OCDE, « la croissance mondiale devrait être inférieure à celle observée en 2023 ». « L’inflation globale diminue, mais l’inflation sous-jacente demeure persistante, alimentée par le secteur des services et par la situation encore relativement tendue des marchés du travail », souligne également l’organisation dans son rapport constatant que les risques restent orientés de manière prédominante à la baisse. Pour l’OCDE, « l’inflation pourrait de nouveau s’avérer plus persistante qu’anticipé, dans la mesure où les marchés de l’énergie et des produits alimentaires pourraient encore subir des perturbations. Un ralentissement plus marqué de l’activité en Chine freinerait davantage la croissance partout dans le monde. La dette publique reste élevée dans de nombreux pays ». Ainsi, selon les perspectives économiques intermédiaires – septembre 2023, la croissance économique mondiale devrait ressortir autour de 3% au titre de cette année, avant de refluer à 2,7% l’année prochaine. Dans ses explications, l’organisation internationale estime qu’«une part disproportionnée de la croissance mondiale en 2023-24 devrait rester imputable à l’Asie, malgré la reprise plus faible que prévu observée en Chine ». Poursuivant son analyse, l’institution fait remarquer que l’inflation globale a continué de reculer dans de nombreux pays, sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie et des produits alimentaires au premier semestre de 2023. Elle note cependant que « l’inflation sous-jacente (c’est-à-dire hors composantes les plus volatiles, à savoir l’alimentation et l’énergie) n’a pas sensiblement reflué ».Pour les analystes de l’OCDE, elle reste donc nettement supérieure aux objectifs fixés par les banques centrales. Dans ce cas, « l’un des principaux risques est que l’inflation s’avère de nouveau plus persistante qu’anticipé, ce qui obligerait les banques centrales à relever encore les taux d’intérêt ou à les maintenir à un niveau élevé pendant une période plus longue », souligne l’organisation. Abordant la question des effets des politiques monétaires qui se font sentir progressivement dans les économies, l’OCDE note que « sur fond de hausse rapide des taux directeurs, les taux d’intérêt des nouveaux prêts aux entreprises et des nouveaux prêts hypothécaires ont augmenté ». Aussi, bien qu’elle soit douloureuse pour les ménages et les entreprises, elle estime que «la hausse des coûts d’emprunt, qui vise à freiner la demande, constitue un canal classique de transmission des effets de la politique monétaire». A la question de que peuvent faire les pouvoirs publics, l’OCDE recommande que les politiques monétaires restent restrictives, appelle les autorités budgétaires à se préparer aux futures tensions sur les dépenses et les invite à assouplir les restrictions aux échanges qui stimuleraient la productivité et la croissance. Alain Bouithy
Le commerce mondial reste résilient

ECONOMIE. «Le commerce mondial est resté résilient et a affiché de meilleurs résultats que ceux annoncés dans les prévisions pessimistes pour 2022», a annoncé l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pour preuve, «les économies fortement éprouvées par la guerre en Ukraine ont trouvé d’autres sources d’approvisionnement », a indiqué dans une nouvelle note d’information l’institution qui définit les règles régissant les échanges mondiaux. Malgré les ravages qui ont été constatés un an après la guerre en Ukraine, les flux commerciaux sont restés ouverts, a fait remarquer l’économiste en chef Ralph Ossa. D’après lui, « nous n’avons pas vu les pires prédictions prévues au début de la guerre. La forte hausse des prix des denrées alimentaires et les pénuries d’approvisionnement ne se sont pas matérialisées grâce à l’ouverture du système commercial multilatéral et à la coopération à laquelle les gouvernements se sont engagés dans le cadre de l’OMC, a-t-il déclaré. Dans sa note intitulée «Un an de guerre en Ukraine: Evaluation de l’impact sur le commerce mondial et le développement», l’organisation internationale indique que la croissance du commerce en 2022 a été supérieure à ses prévisions commerciales de 3%, publiées en avril, et nettement supérieure à ses estimations pour des scénarios plus pessimistes pour l’année. Selon la même source, « la stabilité du commerce mondial s’est également manifestée dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, confirmée par la croissance de 4% en glissement annuel du commerce des biens intermédiaires au deuxième trimestre de 2022». L’OMC, qui encourage le développement du commerce international et règle les conflits commerciaux entre Etats membres, a en plus constaté que le commerce des produits fortement touchés par la guerre et le commerce des pays les plus exposés ont remarquablement bien résisté. Pour preuve, «les partenaires commerciaux ont trouvé des sources alternatives pour combler les lacunes de la plupart des produits touchés par le conflit, tels que le blé, le maïs, les produits du tournesol, les engrais, les carburants et le palladium – un minéral de terre rare utilisé dans les convertisseurs catalytiques des voitures», a-t-elle fait savoir. L’OMC a, par ailleurs, relevé que les prix des produits fortement affectés par la guerre ont augmenté moins que prévu au début de la guerre. Parmi les produits les plus touchés par la guerre, les prix ont augmenté entre 4,4% (palladium) et 24,2% (maïs), a-t-elle précisé dans un communiqué. L’organisation fait observer aussi que les augmentations de prix, fussent-elles substantielles, sont nettement inférieures aux prédictions les plus sombres. Mais en cas de restrictions en cascade des exportations de denrées alimentaires, elle annonce que des simulations effectuées par le personnel de son Secrétariat «ont mis en évidence que les prix du blé auraient pu augmenter jusqu’à 85% dans certaines régions à faible revenu, alors que l’augmentation réelle a été de 17%». Autre constat relevé dans sa note : les exportations ukrainiennes se sont effondrées de 30% en 2022 en termes de valeur tandis que les exportations de céréales ont diminué de 14,9%, obligeant ces économies à ajuster leurs modes d’approvisionnement. Du côté de la Russie, il ressort que les exportations ont augmenté de 15,6% en valeur en raison d’une hausse des prix, notamment des carburants, des engrais et des céréales. L’OMC estime toutefois que le volume des exportations russes pourrait avoir légèrement diminué, selon les estimations ; alors que les flux commerciaux sont en forte baisse pour les biens industriels (véhicules à moteur, produits pharmaceutiques, avions, etc.) A noter que les nouvelles simulations de l’Organisation mondiale du commerce, en ce qui concerne les perspectives à plus long terme, «démontrent qu’il importe de renforcer le système commercial multilatéral et que les pays les moins avancés sont susceptibles d’être les plus durement touchés si la coopération internationale venait à cesser», a-t-elle prévenu. Pour l’économiste Ralph Ossa, la résilience du commerce mondial «sera finalement mieux servie en favorisant des marchés internationaux plus profonds et plus diversifiés, ancrés dans des règles commerciales ouvertes et prévisibles». Alain Bouithy