
PARLONS-EN. Depuis janvier 2019, les analystes savaient que tout ce qui se boutiquait dans l’ombre de Genève, puis de Nairobi et enfin de Kingataki finirait mal et nous y sommes.
Le premier cycle se produit en novembre 2018 à Genève où se tenait la réunion de 7 opposants politiques congolais pour l’élection d’un candidat unique à la présidentielle et qui consacrait la nomination de Fayulu, Vital Kamerhe et Felix Tshisekedi, deux des signataires du même document, font défection et se retirent du processus.
Une semaine plus tard, plus précisément le 23 novembre 2018 se produira le second cycle à Nairobi lorsque Kamerhe et Tshisekedi, les deux dissidents politiques de Genève se réunissent à Nairobi et pondent un accord politique qui consacrera un pouvoir bicéphale et à rotation. Dans leur communiqué final, ils déclarent : “ vous devez savoir que nous allons gouverner ensemble, et tous au même niveau sans qu’il y ait un qui essaie de mater l’autre”. Bref on fait face à un quinquennat dirigé au modèle du schéma Poutine- Mednevev, avec Felix Tshisekedi comme président et Vital Kamerhe comme Premier Ministre et le second quinquennat avec Kamerhe comme président et son partenaire à la primature.
A peine sont-ils rentrés à Kinshasa que s’ouvre le troisième cycle caractérisé par des tractations secrètes entre les signataires de l’Accord de Nairobi et le FCC de Kabila. Un nouveau pacte à l’africaine négocié en secret va se solder par un hold-up électoral portant à la présidence un candidat qui n’avait pas obtenu le suffrage universel des urnes.
Le quatrième cycle sera marqué par des hauts et des bas, des coups bas à répétition au sein même de l’Accord de Kingataki jusqu’à ce que les premières fissures se fassent jour, de nouvelles alliances naissent et aboutissent à la neutralisation et à l’exil de Joseph Kabila puis à la chute de Kamerhe aujourd’hui.
Dans cette démission de Vital Kamerhe qui défraie la chronique, il importe de lire trois messages:
– Le triumvirat congolais né en 2018 portant à la tête de l’état, par voie des accords secrets et de fraude électorale, un régime régi par trois politiciens signe SON ACTE DE DÉCÈS aujourd’hui. Comme jadis il y a trois ans, je vous l’avais prédit dans une étude comparative avec le triumvirat ( César, Pompée et Crassus), un seul avait survécu politiquement. Et le survivant en avait profité pour imposer son régime autoritaire jusqu’aux ides de Mars 44 où son sort sera scellé.
– En ce qui regarde le triumvirat du Congo, le riche Crassus ( Kabila) et le caméléon Pompée( Kamerhe) sont certes déchus mais encore en vie et la comparaison s’arrête là. Et cette nouvelle donne nous ouvre à beaucoup d’inconnues. Et l’enjeu majeur de ces luttes fratricides c’est la conquête du pouvoir en 2028. Chacun veut éliminer l’autre de la course. Par tous les moyens, y compris la mort politique voire physique.
– Concrètement on est arrivé au point critique de la crise congolaise où seules les armes risquent d’avoir le dernier mot. Dans un tel contexte de trahisons, de méfiance et de suspicion mutuelles, il devient quasi difficile de mettre ces trois anciens alliés autour d’une table. Les conditions sont réunies pour une guerre civile par laquelle pourra s’imposer le plus fort en troupes militaires et le plus trempé en des alliances stratégiques.