RD Congo. Trois explications sur les causes de démission de Kamerhe

1. La première cause est à circonscrire dès les manigances ourdies jadis avant son élection à la présidence de l’assemblée Nationale. Le projet de changement de la constitution annoncé tambour battant en temps-là rencontrait en Vital Kamerhe à ce poste, un obstacle majeur pour sa réalisation. Bon an mal an le concerné avait réussi à y accéder au terme d’un vote serré. Mais ses adversaires n’ont pas lâché prise. À la première occasion, ils ont déclenché la motion faisant de son départ du perchoir de l’AN, la condition idéale pour y nommer un autre président plus favorable au projet de changement de la constitution. 2. À ce propos, qu’aucun congolais ne se trompe! L’obstination à changer la constitution est strictement liée au scrutin présidentiel de 2028 avec en vue de nouvelles règles de jeu électoral plus favorables au pouvoir organisateur. En 2028, deux schémas en vue : soit privilégier le schéma de Nairobi (2018) qui a instauré une présidence rotative avec un Kamerhe comme dauphin de Félix Tshisekedi ou alors opérer un forcing pour maintenir l’UDPS au pouvoir. La destitution forcée de Kamerhe semble s’inscrire dans le second volet. Cette rupture permet à l’UDPS d’avoir des coudées franches. 3. Vital Kamerhe lui-même ne se faisait plus d’illusion là-dessus depuis l’attentat qui a failli lui coûter la vie à son domicile. C’est depuis longtemps qu’il sait que la parole de l’accord de Nairobi ne sera plus jamais tenue et que la rotation de pouvoir est devenue une simple chimère. En multipliant des contacts avec des chancelleries sur place dans la capitale kinoise et à l’extérieur avec des lobbies et des leaders politiques occidentaux, Vital Kamerhe a commencé à voler en électron libre tout en construisant déjà l’ossature de sa campagne présidentielle de 2028. Ce qui est synonyme de la rivalité politique. Ça ne se pardonne point. Que dire? Nul doute que l’affrontement entre les deux devient inévitable. Les deux se regardent en chiens de faïence mais je crains que personne ne réussisse à franchir la ligne rouge consistant à effacer l’autre car ça pourra être la fin pour les deux. Les deux ont l’un pour l’autre des secrets d’état EXPLOSIFS. Si Félix Tshisekedi ose prendre l’option de neutraliser Kamerhe en mettant sur la place publique des preuves de détournements des fonds publics portant à son emprisonnement, il est fort à craindre que Vital Kamerhe réagisse à son tour en dévoilant des secrets d’état ultra sensibles capables de nuire à l’avenir politique de son ancien allié. Un tel suicide collectif, je vois mal l’un de deux le prendre, à moins que la folie du pouvoir ait pris le dessus sur le bon flair politique. Germain Nzinga
RD Congo. Une démission qui clôture un cycle de fraude et ouvre à l’incertitude…

PARLONS-EN. Depuis janvier 2019, les analystes savaient que tout ce qui se boutiquait dans l’ombre de Genève, puis de Nairobi et enfin de Kingataki finirait mal et nous y sommes. Le premier cycle se produit en novembre 2018 à Genève où se tenait la réunion de 7 opposants politiques congolais pour l’élection d’un candidat unique à la présidentielle et qui consacrait la nomination de Fayulu, Vital Kamerhe et Felix Tshisekedi, deux des signataires du même document, font défection et se retirent du processus. Une semaine plus tard, plus précisément le 23 novembre 2018 se produira le second cycle à Nairobi lorsque Kamerhe et Tshisekedi, les deux dissidents politiques de Genève se réunissent à Nairobi et pondent un accord politique qui consacrera un pouvoir bicéphale et à rotation. Dans leur communiqué final, ils déclarent : “ vous devez savoir que nous allons gouverner ensemble, et tous au même niveau sans qu’il y ait un qui essaie de mater l’autre”. Bref on fait face à un quinquennat dirigé au modèle du schéma Poutine- Mednevev, avec Felix Tshisekedi comme président et Vital Kamerhe comme Premier Ministre et le second quinquennat avec Kamerhe comme président et son partenaire à la primature. A peine sont-ils rentrés à Kinshasa que s’ouvre le troisième cycle caractérisé par des tractations secrètes entre les signataires de l’Accord de Nairobi et le FCC de Kabila. Un nouveau pacte à l’africaine négocié en secret va se solder par un hold-up électoral portant à la présidence un candidat qui n’avait pas obtenu le suffrage universel des urnes. Le quatrième cycle sera marqué par des hauts et des bas, des coups bas à répétition au sein même de l’Accord de Kingataki jusqu’à ce que les premières fissures se fassent jour, de nouvelles alliances naissent et aboutissent à la neutralisation et à l’exil de Joseph Kabila puis à la chute de Kamerhe aujourd’hui. Dans cette démission de Vital Kamerhe qui défraie la chronique, il importe de lire trois messages: – Le triumvirat congolais né en 2018 portant à la tête de l’état, par voie des accords secrets et de fraude électorale, un régime régi par trois politiciens signe SON ACTE DE DÉCÈS aujourd’hui. Comme jadis il y a trois ans, je vous l’avais prédit dans une étude comparative avec le triumvirat ( César, Pompée et Crassus), un seul avait survécu politiquement. Et le survivant en avait profité pour imposer son régime autoritaire jusqu’aux ides de Mars 44 où son sort sera scellé. – En ce qui regarde le triumvirat du Congo, le riche Crassus ( Kabila) et le caméléon Pompée( Kamerhe) sont certes déchus mais encore en vie et la comparaison s’arrête là. Et cette nouvelle donne nous ouvre à beaucoup d’inconnues. Et l’enjeu majeur de ces luttes fratricides c’est la conquête du pouvoir en 2028. Chacun veut éliminer l’autre de la course. Par tous les moyens, y compris la mort politique voire physique. – Concrètement on est arrivé au point critique de la crise congolaise où seules les armes risquent d’avoir le dernier mot. Dans un tel contexte de trahisons, de méfiance et de suspicion mutuelles, il devient quasi difficile de mettre ces trois anciens alliés autour d’une table. Les conditions sont réunies pour une guerre civile par laquelle pourra s’imposer le plus fort en troupes militaires et le plus trempé en des alliances stratégiques.
RDC/Assemblée nationale: Sous pression, Vital Kamerhe démissionne avant l’examen des pétitions

POLITIQUE. Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale de la Républiqué démocratique du Congo (RDC), a choisi de rendre son tablier. Selon plusieurs sources parlementaires contactées par la chaîne onusienne Radio Okapi, le speaker de la chambre basse a présenté sa démission ce lundi 22 septembre dans l’après-midi, devant la conférence des présidents. Il est important de souligner que cette décision intervient alors que les députés attendaient encore la plénière convoquée pour examiner le rapport de la Commission spéciale sur les pétitions visant cinq membres du bureau, dont Kamerhe lui-même. Martin Kam
RD Congo. Vital Kamerhe réceptionne la pétition visant sa destitution

Le Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, accompagné des membres de son bureau, a reçu officiellement mardi 16 septembre des mains du secrétaire général de la chambre basse du Parlement les copies de pétitions qui visent cinq membres du bureau y compris lui-même. Selon Vital Kamerhe, cet acte illustre son attachement au respect des principes prescrits par la loi précisant que le règlement intérieur sera respecté pour l’examen de cette démarche parlementaire. « Nous n’allons faire aucune obstruction à une démarche légale. Nous allons poursuivre avec cette démarche pour préserver l’image et le prestige de cette institution. Une pétition ne signifie pas un arrêt de mort. Nous respecterons le règlement intérieur à la lettre et dans son esprit », a affirmé Vital Kamerhe. Par conséquent, le premier vice-président, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, non concerné par les pétitions, convoque les députés ce mercredi pour une plénière. A l’ordre du jour, figure la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner les pétitions contre certains membres du bureau, précise son communiqué. Les pétitionnaires reprochent à Vital Kamerhe notamment une gestion financière opaque, la mauvaise gestion des motions et le mépris à l’endroit des députés nationaux. Radio Okapi
RD Congo. Echange musclé entre Eliezer Tambwe et Vital Kamerhe

PARLONS-EN. Il y a eu plénière à l’Assemblée Nationale et un des députés nommé Elieser a abordé la question de la délégation des prelats à Goma. La réponse du président de l’AN a été, on ne peut plus, claire et a l’avantage de lever beaucoup d’équivoque dans l’opinion publique congolaise. Hon. Eliezer TAMBWE : Honorable président, dans un travail à huis clos, nous avons mis en commun nos propositions et les avons remises au Chef de l’Etat pour résorber la crise de l’Est. Quel n’a pas été notre étonnement de voir les évêques catholiques et les pasteurs protestants qui ont atterri à Goma. On ne peut pas s’en passer honorable président… ( le marteau tape sur la table du président de l’AN) parce que selon…. ( la parole lui est brusquement retirée par le président.) Hon. Vital KAMERHE: Honorable Elieser, je vous ai prévenu quand je vous ai donné la parole de ne pas nous ramener vers le bas. Les évêques avant de voir le président de l’AN avaient d’abord vu le président de la République qui leur a accordé une audience. Ils ont ensuite vu l’honorable Fayulu et ils ont fait un communiqué officiel. Alors cette question des évêques qui se retrouvent à Goma pour la recherche de la paix, laissons cette question AU NIVEAU DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE et au GOUVERNEMENT. Puisque vous allez parler des choses QUE VOUS NE MAÎTRISEZ PAS… Ici nous risquons de verser dans des débats futiles. Ce n’est pas le moment… Vous savez que si vous voulez avoir la paix la première chose que vous devez chasser c’est l’émotion. Nous voulons tous la paix. Les populations du Kivu qui nous suivent veulent la paix. Il ne faut pas que nos déclarations soient en DÉPHASAGE avec les réalités du terrain. Et si la réponse très éclairante du président de l’Assemblé Nationale pouvait éclairer tous ceux des nôtres qui ont versé dans l’émotion démesurée et dans l’injure facile!!!! Par Germain Nzinga
RD Congo. L’heure de l’élévation ou de la déchéance…

TRIBUNE. Le débat sur le changement de la Constitution va redéfinir les cartes au sein de l’Union sacrée pour la Nation. Pour un oui, Jean-Pierre Bemba continuera à être un simple porteur de mallette de l’UDPS. S’il s’y opposait, il rompra, à ses risques et périls, le pacte secret qui l’a fait sortir de la CPI mais lui redonnera en revanche le profil politique qui était le sien avant d’accepter l’inacceptable de 2006. Modeste Bahati dont les intérêts matériels égoïstes ont toujours orienté ses choix politiques, finira par courber l’échine à l’UDPS pourvu que cette dernière lui propose un chiffre et des postes ministériels conséquents. Ses critiques actuelles sont tout simplement pour monter les enchères en vue de grossir ses avantages. Vital Kamerhe, s’il adhérait au projet du changement de la constitution, cracherait sur les avantages politiques que lui accorde l’Accord de Nairobi qui faisait de lui le dauphin direct après le mandat constitutionnel de Félix Tshisekedi. Il subira alors la pire des humiliations de la part de ses alliés de l’UDPS et peut-être rejeté comme une orange pressée. Par contre, en tant que président de la Chambre Basse du Parlement , s’il prenait le courage de bloquer le référendum sur le changement de la constitution, il réitérera son exploit politique de 2009 qui l’avait publiquement opposé au plan de Joseph Kabila de décider unilatéralement des opérations conjointes des FARDC avec les troupes rwandaises sans l’aval du Parlement. Il pourra alors requinquer sa carrière politique et son nouveau prestige politique qui en découlera pourra faire le lit de sa probable victoire en 2028. Pour tout dire, ce qui se passe actuellement autour de la constitution va décider de l’élévation ou de la chute de Kamerhe. Une opportunité qui ne s’offrira pas deux fois dans ce second et dernier mandat de son allié. Germain Nzinga
RDC. Sécurité et économie au centre des échanges entre le Chef de l’État et le Président de l’Assemblée nationale

Après son retour à Kinshasa, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a accordé une première audience au Président de la Chambre basse du parlement Vital Kamerhe, ce mercredi à la Cité de l’Union africaine. Des questions sécuritaires et économiques étaient au menu de leurs discussions. Sur la crise sécuritaire dans l’Est du pays, ils se sont convenus de faire une évaluation régulière de la situation sur le terrain. « Le Chef de l’État n’a pas lésiné sur les moyens. Il a recruté des hommes, les a formés et dotés d’équipements pour faire face à cette guerre », a dit Vital Kamerhe. Concernant la gestion des moyens fournis à l’armée congolaise, le Président de l’Assemblée nationale rappelle que le Chef de l’État veut la transparence totale dans la chaîne de livraison de la nourriture afin d’éviter les plaintes incessantes des soldats sur le terrain. Par ailleurs, la dépréciation du franc congolais par rapport aux devises étrangères a été abordée. « Il est temps que le programme de transformation et de diversification de notre économie nationale soit mis en exécution et qu’il y ait un suivi permanent », a relevé M. Kamerhe. « Le Président de la République met en garde tous les grossistes qui pratiquent des prix fantaisistes. Le contrôle dans ce secteur sera régulier et rigoureux », a poursuivi Vital Kamerhe. Une autre réunion est prévue à ce sujet avec la participation de la Première ministre et de quelques membres de son gouvernement parmi lesquels le vice-Premier ministre, ministre l’Économie nationale. Avant de clore leurs échanges, le Chef de l’État et le Président de la Chambre basse du parlement ont survolé la question liée au fonctionnement de l’Assemblée nationale. L’entretien s’est terminé par le message de condoléances du Président de la République à la population du Sud-Kivu à la suite du décès du Mwami et Chef de la chefferie de Kabare, Désiré Kabare Rugemaninzi II.
RD Congo. L’amélioration de la vie de la population parmi les défis de Vital Kamerhe

Réhabiliter l’image de l’Assemblée nationale, restaurer le député dans son honneur et sa dignité et améliorer les conditions de vie de la population, sont parmi les priorités que s’est fixées Vital Kamerhe nouveau président de l’Assemblée nationale. Lors de la première réunion du bureau, samedi 25 mai, Vital Kamerhe a réitéré ces priorités exprimées lors de son investiture. Il a dit sa détermination à lutter contre les inégalités en faisant voter des lois justes qui garantissent la redistribution équitable des droits et devoirs à tous les Congolais et un contrôle rigoureux de la gouvernance afin de barrer la route à l’enrichissement illicite. Ce que salue le député Checain Malandji, élu de Lubumbashi. Il compte sur l’expérience de Vital Kamerhe pour conduire avec fermeté et responsabilité le bateau de la démocratie. Ce vœu est partagé par la société civile parlementaire qui estime que « l’image du député national aujourd’hui est ternie par les 21 à 33 000 dollars qu’il toucherait chaque mois pour passer du temps à dormir dans l’hémicycle, à après être arrivé à la plénière avec plus de 4 heure de retard pour examiner des lois qui n’ont rien avoir avec les attentes des Congolais ». Le nouveau président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, se lance le défi de rencontrer les attentes de la population : « Vecteur pour canaliser les attentes de la population, l’Assemblée nationale a dans sa mission, d’abord s’assurer que dans son programme d’investiture, Mme la Première ministre a tenu compte de ces desiderata. Est-ce que toutes les contrées du pays, toutes les provinces, toutes les questions en commençant par la question sécuritaire, du quotidien, du social du Congolais, les infrastructures de base [sont prises en compte]. Et pour toutes ces raisons, nous devons restituer à la chambre basse ses lettres de noblesse, au député national sa dignité et son honneur. Croyez-moi, ça sera fait ».