
TRIBUNE. À peine le décès d’Evgueni Prigojine annoncé que les médias occidentaux se sont mis à spéculer dans tous les sens, pointant l’index en direction du Kremlin qui aurait commandité la mort du sulfureux patron du groupe Wagner, tué dans un crash d’avion avec neuf autres personnes.
La Poutinophobie de ces gens et de leurs « experts » autorise toutes les inepties. Mais revenons au décès d’Evgueni Prigojine. A-t-il été commandité par le Kremlin ?
À première vue, tout laisse penser que NON. Que gagnerait Vladimir Poutine en assassinant Prigojine ? Pas grand-chose. Les vrais experts le savent, et il suffit d’analyser la couverture des médias occidentaux pour s’en apercevoir.
En effet, la plupart des médias sont moins affirmatifs, préférant relayer les salades de quelques « experts » ainsi que la propagande des services de renseignement ukrainiens, qui laissent entendre que le Kremlin aurait commandité la mort d’Evgueni Prigojine après sa révolte de juin dernier.
Or on sait que Prigojine, qui était avant tout un homme d’affaires, n’était pas en conflit avec Poutine, mais bien avec une partie du haut commandement de l’armée russe. Il connaissait sa place, et sa dernière sortie prouve à suffisance qu’il était toujours au service de la cause russe. Conscient d’être scruté à la loupe par les médias occidentaux depuis la fameuse « révolte » avortée de Wagner, le Kremlin n’avait aucun intérêt à s’en prendre à son homme de main. Même si l’on ne peut rien exclure pour le moment, tout porte à croire que l’écrasement de l’avion dans lequel se trouvait Evgueni Prigojine est un accident.
Les services secrets russes sont très professionnels pour se comporter comme des amateurs, en assassinant un homme comme Prigojine de cette manière et dans un contexte politique et médiatique si particulier pour la Fédération de Russie…
Je bois mon lait nsambarisé…
Par Petrick Mbeko
Consultant politologue. Géopoliticien, spécialiste de l’Afrique des Grands Lacs et auteur de plusieurs livres sur les conflits armés en Afrique


