
MAROC. Le gouvernement est-il informé de la baisse des prix des produits alimentaires intervenue récemment à l’échelle internationale? Lui qui avait attribué, pas plus tard qu’en novembre dernier, l’envolée des prix de certains produits de base constatée au niveau national au contexte international.
Quoi qu’il en soit, la nouvelle donne rapportée jeudi dernier par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ne devrait pas arranger les affaires du gouvernement.
En effet, l’exécutif n’a plus qu’à s’appuyer sur d’autres arguments soutenus par la ministre de l’Economie et des Finances lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, pour justifier ces hausses devenues insupportables pour bien de familles marocaines.
Et pour cause : les prix internationaux des huiles végétales et du sucre ont cédé beaucoup de terrain par rapport à leurs niveaux auparavant élevés au cours du dernier mois de l’année 2021, a constaté l’agence onusienne dans un récent rapport.
L’évolution des cours de ces deux produits a eu pour conséquence un léger recul des prix mondiaux des produits alimentaires en décembre, a relevé la FAO.
En effet, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires a accusé une baisse de 0,9% par rapport à novembre, affichant une valeur moyenne de 133,7 points en décembre.
L’Indice, qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux des produits alimentaires les plus couramment échangés dans le monde, demeure toutefois à un niveau encore supérieur de 23,1% à celui de décembre 2020, a constaté l’organisation internationale assurant que la seule hausse mensuelle enregistrée en décembre est à mettre au compte du sous-indice des produits laitiers. Un réconfort, certainement, pour l’exécutif.
«Sur toute l’année 2021, en moyenne annuelle, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi à 125,7 points, soit pas moins de 28,1% de plus que l’année précédente», a fait savoir la FAO.
Dans le détail, l’Indice FAO des prix des huiles végétales a reculé de 3,3% en décembre.
Une variation due à l’affaissement des cours de l’huile de palme et de l’huile de tournesol, «car la demande mondiale à l’importation a été faible, ce qui est peut-être lié au fait que l’on se soit inquiété des conséquences de la hausse du nombre de cas de Covid-19».
Selon l’organisation, les données recueillies montrent que l’Indice FAO des prix des huiles végétales a atteint son plus haut niveau jamais enregistré sur l’ensemble de l’année. Il a augmenté de 65,8% par rapport à 2020, a-t-elle constaté.
Pour rappel, le Conseil de la concurrence avait attribué la hausse des prix des huiles de table à la conjonction de facteurs objectifs liés à la structure du marché lui-même et aux évolutions du marché extérieur duquel il est dépendant.
Dans un avis relatif à «l’examen du respect des règles d’une concurrence libre et loyale par les producteurs et importateurs des huiles de table suite aux augmentations des prix de vente constatées sur le marché national», il avait mis l’accent «sur les cours mondiaux des huiles brutes en forte augmentation depuis le début de l’allègement des mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19 et les coûts de matières premières aggravés par la hausse concomitante du prix de l’énergie et du transport», comme l’avait rapporté la MAP. Avant de formuler quelques recommandations sous forme d’observations.
En perdant 3,1% depuis novembre, l’Indice FAO des prix du sucre tombe à son niveau le plus bas depuis cinq mois.
La FAO justifie ce recul par les craintes quant aux éventuelles répercussions du variant Omicron sur la demande mondiale, de l’affaiblissement du real brésilien et de la baisse des prix de l’éthanol.
A noter que sur l’ensemble de l’année 2021, l’Indice FAO des prix du sucre a cependant grimpé de 29,8% par rapport à l’année précédente pour atteindre son plus haut niveau depuis 2016.
S’il est resté globalement stable en décembre, il ressort du rapport de l’organisation que sur l’ensemble de l’année 2021 l’Indice FAO des prix de la viande a progressé de 12,7% par rapport à 2020.
Quant à l’Indice FAO des prix des produits laitiers, les données montrent qu’il est le seul sous-indice à avoir progressé en décembre ; après avoir gagné 1,8% par rapport au mois précédent.
Il faut dire qu’au cours du mois dernier, «les cours internationaux du beurre et du lait en poudre ont augmenté à la suite de la baisse de la production laitière dans l’Europe de l’Ouest et en Océanie. Les prix du fromage ont légèrement reculé, ce qui indique que les producteurs laitiers d’Europe de l’Ouest ont privilégié ce produit», a expliqué la FAO précisant qu’en 2021, la valeur moyenne de l’Indice FAO des prix des produits laitiers a progressé de 16,9% par rapport à 2020.
Alain Bouithy