
La reprise du PIB de la zone euro s’est essoufflée au quatrième trimestre 2021 (0,3% après 2,3% au T3), freinée par la forte propagation des cas Covid-19, la hausse des prix de l’énergie et la persistance de perturbations des chaînes d’approvisionnement, a constaté la Direction des études et des prévisions financières.
Selon ce département relevant du ministère marocain de l’Economie te des Finances, l’économie allemande s’est contractée (-0,7% après 1,7%), alors que la croissance a ralenti pour la France (0,7% après 3,1%), l’Italie (0,6% après 2,6%) et l’Espagne (2% après 2,6%). Pour l’ensemble de l’année 2021, la zone euro a connu une expansion record de 5,2% après un repli de 6,4% en 2020.
Dans sa note de conjoncture du mois dernier (février 2022), la DEPF note que le PIB de la zone euro est revenu à son niveau pré-pandémie au T4-2021 et que l’économie française le dépasse désormais nettement (+0,9%). En revanche, quelques points de croissance restent à rattraper en Espagne (-4 points), en Allemagne (-1,5) et en Italie (-0,5).
La DEPF souligne, à titre de comparaison, l’activité a dépassé largement son niveau d’avant crise aux États-Unis (+3,1%), alors qu’elle en est resté inférieure au Japon (-0,2%) et au Royaume-Uni (-0,4%).
Dans sa note, il est aussi indiqué annoncé que la zone euro devrait poursuivre son expansion en 2022 (4% selon la Commission européenne après 5,2% en 2021). Les perspectives de croissance s’avèrent robustes dans les principaux pays membres, à savoir l’Allemagne (3,6% après 2,8%), la France (3,6% après 7%), l’Italie (4,1% après 6,5%) et l’Espagne (5,6% après 5%).
L’activité est soutenue par la réouverture de l’économie, le progrès des campagnes de vaccination, la reprise de la demande et le
maintien du soutien budgétaire et monétaire.
Toutefois, les perspectives de croissance de la zone euro sont entourées de risques baissiers, liés notamment aux nouveaux variants du virus, à la persistance des goulots d’étranglement logistiques et dans les chaînes d’approvisionnement, aux pressions inflationnistes et aux tensions géopolitiques en Europe de l’Est.
L’incidence de la pandémie sur l’activité économique a nettement diminué, grâce notamment aux taux de vaccination relativement élevés : 73% en moyenne dans l’UE, avec 75% en Allemagne, 79% en Italie, 81% en France, 82% en Espagne et 90% au Portugal. Partout en Europe, la levée des restrictions anti-Covid-19 se poursuit, en ligne avec le fort repli des cas d’infections liées au variant Omicron, après avoir atteint un nombre record en janvier.
La croissance économique de la zone euro devrait rester modérée au premier trimestre 2022, affectée par la dernière vague pandémique et par des obstacles persistants sur l’offre. Toutefois, l’expansion économique devrait reprendre son rythme au deuxième trimestre et rester robuste sur le reste de l’année.
La croissance de l’activité du secteur privé de la zone euro a confirmé son ralentissement début 2022, comme le montre l’indice PMI composite (52,3 en janvier après 53,3 en décembre). La décélération dans le secteur des services (51,1 après 53,1), affecté par la
vague Omicron, contraste, toutefois, avec la résilience relative du secteur manufacturier (58,7 après 58,0). La croissance de l’activité globale a ralenti en France (52,7 après 55,8) et en Italie (50,1 après 54,7) mais s’est renforcée en Allemagne (53,8 après 49,9).
Le taux de chômage en zone euro a atteint son plus bas historique à 7% en décembre, en baisse de 0,1 point sur un mois et de 1,2 point en glissement annuel. Parmi les grands pays membres, le chômage a diminué en Allemagne (-0,8 point sur un an à 3,2%), en France (-0,4 à 7,4%), en Italie (-0,8 à 9%) et en Espagne (-3,3 à 13%). Le marché de l’emploi continue de s’améliorer, témoignant de la vigueur de la reprise économique et de l’efficacité des programmes de travail à temps partiel pendant la pandémie.
Sur le marché des changes, l’euro valait 1,14 dollar le 18 février, en hausse de 1,9% depuis son creux du 28 janvier, ramenant ses pertes à 6% depuis un an. Le dollar est soutenu par la Fed qui envisage de relever ses taux d’intérêt en 2022, plus tôt que prévu, pour contenir les tensions inflationnistes.
En revanche, la BCE a annoncé le maintien de sa politique monétaire ultra-souple, anticipant une inflation transitoire (1,8% en 2023 après 3,2% en 2022 et 2,6% en 2021).
Le taux d’inflation annuel de la zone euro a atteint un nouveau record de 5,1% en janvier après 5% en décembre, restant supérieur de l’objectif de 2% de la BCE pour le septième mois consécutif.
Cette poussée inflationniste est attisée par une panoplie de facteurs, dont notamment la vigueur de la demande, les coûts élevés de l’énergie, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et les pénuries de main d’œuvre. Toutefois, le taux d’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l’énergie et de l’alimentation, s’est atténué en janvier (2,3% après 2,6% en décembre).
Avec CP
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