Un accord de libre-échange pourrait accroître les revenus régionaux de 9% en Afrique

Un accord de libre-échange pourrait accroître les revenus régionaux de 9% en Afrique

Augmentation des revenus, réduction de la pauvreté et accélération de la croissance économique. Tels sont les avantages économiques et sociaux importants que pourrait apporter la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) au continent. C’est ce qui ressort du nouveau rapport de la Banque mondiale, « Making the Most of the African Continental Free Trade Area ». Plus explicite sur le potentiel économique de la ZLECAf que lors du premier travail effectué en 2020 par l’institution financière internationale, « le nouveau rapport examine les effets d’un marché commercial plus vaste sur la capacité du continent à attirer les investissements –tant des pays africains que de l’extérieur, – et l’impact économique qui en résulte », souligne la Banque mondiale dans un communiqué. Ainsi, selon ce document réalisé en partenariat avec le Secrétariat de la ZLECAf, la Zone de libre-échange continentale africaine «a le potentiel d’encourager les investissements directs étrangers nécessaires pour que l’Afrique se diversifie dans de nouvelles industries, telles que l’agroalimentaire, l’industrie manufacturière et les services, et de réduire la vulnérabilité de la région aux cycles d’expansion et de ralentissement des produits de base». Comme le relève la Banque mondiale dans ce rapport, l’augmentation des IDE pourrait faire croître les exportations africaines jusqu’à 32% d’ici 2035, avec une augmentation de 109% des exportations intra-africaines, notamment dans les secteurs des produits manufacturés. Selon la même source, « tous les pays d’Afrique verront leurs exportations intra-africaines augmenter, notamment la Tunisie (165%), le Cameroun (144%), le Ghana (132%), la Tanzanie (126%) et l’Afrique du Sud (61%)». Ainsi que l’expliquent les experts de la Banque mondiale, la réduction des obstacles au commerce et à l’investissement permettrait aux secteurs d’exportation tels que le textile et les vêtements, les produits chimiques, le caoutchouc et le plastique, ainsi que les aliments transformés de connaître la plus forte croissance. Ces derniers sont en outre persuadés qu’une intégration plus profonde, au-delà du commerce et des mesures de facilitation des échanges pourrait stimuler l’efficacité et la compétitivité du marché, réduire les risques réglementaires et attirer davantage d’investissements directs étrangers. «Une fois entièrement mis en œuvre pour harmoniser les règles d’investissement et de concurrence, l’accord commercial pourrait accroître les revenus régionaux de 9%, soit 571 milliards de dollars», souligne le rapport. D’après la Banque mondiale, cet accord permettrait concrètement de «créer près de 18 millions d’emplois supplémentaires, dont beaucoup seraient mieux rémunérés et de meilleure qualité, les femmes bénéficiant des avantages les plus importants». Mieux, poursuit l’organisation internationale, «d’ici 2035, la croissance des emplois et des revenus qui en résultera pourrait contribuer à sortir jusqu’à 50 millions de personnes de l’extrême pauvreté». Selon les auteurs dudit rapport, rendu public récemment, la mise en œuvre de l’accord commercial entraînerait également des avantages salariaux plus importants pour les femmes et les travailleurs qualifiés. Ainsi que le précise l’organisation internationale dans son rapport, «les salaires des femmes devraient être supérieurs de 11,2%  en 2035 par rapport au niveau de salaires en l’absence de l’accord, dépassant la croissance de 9,8% des salaires des hommes». Il est à rappeler que dans le cadre de sa première phase, qui est entrée en vigueur en janvier 2021, la ZLECAf éliminera progressivement les droits de douane sur 90% des marchandises et réduira les obstacles au commerce des services. Aussi, il n’a échappé à personne que «la ZLECAf arrive à un moment critique où la coopération régionale est nécessaire pour faire face aux risques aggravés et renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, afin de soutenir une croissance verte, résiliente et inclusive en Afrique», fait remarquer Mari Pangestu, directrice générale en charge des politiques de développement et des partenariats à la Banque mondiale. Autant saisir cette opportunité puisque  «cet accord peut aider les pays à simplifier et à harmoniser les procédures de commerce et de transit, à améliorer les infrastructures, le transport et la logistique et à stimuler les flux de marchandises, de services, de capitaux et de personnes qui sont si essentiels au développement », comme l’indique S.E.M Wamkele Mene, secrétaire général du Secrétariat de la ZLECAf. Alain Bouithy

Forte pénétration des produits algériens dans le marché africain dès juillet 2022

Forte pénétration des produits algériens dans le marché africain dès juillet 2022

MOSTAGANEM – Le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig a affirmé, mardi à Mostaganem, que les produits algériens entreront « en force » dans les marchés de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) à compter du 1er juillet prochain. Lors d’une rencontre avec la presse en marge d’une visite de travail et d’inspection dans la wilaya, le ministre a déclaré que « l’Algérie s’apprête à entrer en force dans le cadre de la Zlecaf qui regroupe 54 pays à compter du premier juillet prochain ». « Notre objectif est de rechercher de nouveaux marchés pour atteindre l’objectif fixé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, d’atteindre 7 milliards de dollars d’exportations nationales hors hydrocarbures. Notre première préoccupation est le continent africain dans lequel les produits nationaux ont une grande compétitivité et des opportunités prometteuses », a déclaré le ministre. « En parallèle, le gouvernement œuvre à valoriser et promouvoir les produits nationaux afin de les faire circuler dans les différentes régions du pays pour remplacer les produits importés et trouver les opportunités d’exportation », a encore souligné M. Rezig. Au cours de cette visite, le ministre a inauguré un nouveau siège pour l’annexe locale du Centre national du registre du commerce (CNRC), appelant à encourager les jeunes à s’engager dans des activités commerciales mobiles, en particulier dans les zones rurales et reculées, et à s’engager dans l’activité d’exportation, qui est devenue « l’inscription la plus facile au registre du commerce ». Lors de l’inspection du complexe industriel « Adouane des produits chimiques » dans la zone industrielle de Fornaka, M. Rezik a appelé à multiplier les opérations d’exportation, soulignant que cet opérateur économique, qui a investi près de 125 millions de dollars dans les wilayas de Mostaganem et Tlemcen, a pu entrer dans de nombreux marchés européens et asiatiques. Le ministre a également inspecté un des complexes industriels spécialisés dans les industries alimentaires situé à Salamandre, confirmant la disponibilité de divers produits de pâtes, car les différentes unités de cet opérateur économique peuvent couvrir les besoins de 45 wilayas et assurer l’abondance de divers produits. M. Rezig a également visité les différents stands du salon régional de l’exportation du produit local, organisé depuis lundi à Mostaganem, saluant la nouvelle dynamique adoptée par les opérateurs économiques, notamment après avoir levé des obstacles qui bloquaient leurs projets et accordé plusieurs facilités pour les accompagner dans la production, la commercialisation et l’exportation du produit national qui possède des spécifications de qualité et de fortes opportunités de concurrence dans les marchés étrangers. Ce salon de trois jours, organisé par la chambre de Commerce et d’industrie « Dahra » de Mostaganem et la direction de wilaya du Commerce sous l’égide du ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, enregistre la participation de 65 exposants. APS

La directrice de l’Africa Investment Forum, Chinelo Anohu, et le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, échangent sur la coopération et le commerce entre l’Union européenne et l’Afrique

En prélude au sommet Union européenne-Union africaine prévu les 17 et 18 février prochains, des leaders d’opinion africains ont souligné l’importance des accords commerciaux et de l’intégration régionale pour stimuler les investissements sur le continent, à l’occasion d’un débat organisé par le Parlement européen sur le thème du partenariat et de la coopération entre l’Afrique et l’Union européenne. La directrice de l’Africa Investment Forum, Chinelo Anohu, s’est jointe au secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, ainsi qu’à d’autres intervenants, pour réfléchir au renforcement des relations du continent lors de l’audition publique sur le commerce et la finance en Afrique tenue le 24 janvier. Dans son discours d’ouverture, Wankele Mene a cité l’Union européenne comme modèle d’intégration pour l’Afrique et a estimé qu’un partenariat Afrique-Europe solide était « gagnant-gagnant ». Il a déclaré que la jeunesse et la classe moyenne en Afrique offraient de réelles opportunités aux entreprises européennes, soulignant que les secteurs pharmaceutique, automobile et agroalimentaire étaient particulièrement propices aux investissements. Lors d’un débat et à d’une séance de questions-réponses à l’issue du discours d’ouverture, Chinelo Anohu a appelé à un partenariat fort : « beaucoup de discussions et de recherches ont été menées, mais le moment est venu d’agir. Et comment traduire concrètement cette action sur le continent ? En examinant les transactions elles-mêmes, de manière rapide, claire et concise. » Le panel comprenait également Junior Davis, chef de l’analyse des politiques et de la recherche à la Division Afrique, des pays les moins avancés et des programmes spéciaux de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Kolyang Palabele, président de l’Organisation panafricaine des agriculteurs, et Jane Nalunga, directrice exécutive de l’Institut d’information commerciale et de négociations d’Afrique australe et orientale (organisation de la société civile). Chinelo Anohu a évoqué l’abondance de capitaux et de projets en Afrique, tout en soulignant l’importance de la préparation des projets et de la diligence raisonnable. Elle a également indiqué que l’Africa Investment Forum a soutenu la Zone de libre-échange continentale africaine par l’intermédiaire de son institution mère, la Banque africaine de développement. « Nous avons été très heureux d’apprendre le lancement de la passerelle mondiale et des 300 milliards de dollars initialement prévus pour celle-ci », a-t-elle déclaré à propos de la stratégie de l’Union européenne relative à la passerelle mondiale, dévoilée fin 2021. « C’est un début, nous aurons besoin de beaucoup plus, mais l’Africa Investment Forum est très enthousiaste à ce sujet, car cette initiative trace clairement la voie d’une collaboration qui permettra de concrétiser les transactions sur le continent », a-t-elle ajouté. Jane Nalunga (Institut d’information commerciale et de négociations d’Afrique australe et orientale) a exhorté l’Union européenne à renoncer aux accords de partenariat économique bilatéraux au profit d’une approche à l’échelle du continent.  Junior Davis (CNUCED) a noté que la part plus importante des produits transformés dans le commerce intra-africain témoignait de la pertinence de l’accord de libre-échange et de l’intégration régionale. Cette réunion est arrivée à point nommé, compte tenu des opportunités que l’Africa Investment Forum et la ZLECAf peuvent exploiter pour accélérer une alliance stratégique entre l’Europe et l’Afrique grâce à des perspectives ciblées en matière de commerce et d’investissement.

Evaluation de l’impact de la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLECAf) sur l’économie marocaine

Evaluation de l’impact de la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLECAf) sur l’économie marocaine

Dans le cadre de ses travaux consacrés au processus d’intégration économique régionale, la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) a mené, en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD) et avec l’appui technique de « International Food Policy Research Institute (IFPRI)», une étude visant à évaluer les impacts potentiels de différents scénarios d’intégration africaine sur l’économie marocaine et à prospecter les réponses de politiques publiques à même de maximiser les retombées de la future zone de libre échange panafricaine. Les résultats de cette étude ont fait l’objet d’un séminaire de restitution, le mercredi 17 novembre 2021, en partenariat avec le Policy Center for the New South. Réalisée selon une démarche de partenariat entre pairs, de co-construction et de mobilisation des experts internationaux de l’IFPRI et nationaux de la DEPF, cette étude s’est basée sur des techniques avancées en matière de modélisation. Elle avait pour objectif d’évaluer l’impact de la ZLECAf sur l’économie marocaine en termes de flux de commerce, d’activité (production, valeur ajoutée sectorielle et marchés des facteurs) et d’agrégats macroéconomiques (consommation des ménages et PIB), tout en simulant différents scénarios de libéralisation tarifaire et de réduction de mesures non tarifaires. Les résultats de cette étude ont été, par ailleurs, débattus autour d’une table ronde animée par de nombreux experts marocains et étrangers de renommés, parmi lesquels : Zahra Maafiri (Directrice Générale de ZAFRIXCS, Ex directrice Générale de Maroc Export), Larbi Jaïdi (Senior Fellow, Policy Center for the New South), Antoine Bouet (Senior Research Fellow à l’IFPRI) Souleymane Sadio Diallo (Expert en modélisation et analyse des politiques commerciales à l’UNECA) et Willie Shumba (Senior Expert Douane et Conseiller au Secrétariat Zlecaf). Toutes les interventions ont mis en exergue l’importance de la ZLECAf qui offre à l’Afrique une occasion sans précédent d’harmoniser son environnement commercial et présente un réel espoir de développement à long terme pour le Continent. Cet accord établira l’une des plus grandes zones de libre-échange du monde, couvrant une région de plus de 1,2 milliard de consommateurs. Cette rencontre a été également marquée par la participation, en tant que Key note speaker, de M Christian Yoka, Directeur Afrique de l’AFD. Dans son intervention, M Yoka a souligné que le Groupe AFD consacre 50% de ses financements en Afrique à travers un réseau d’agences présent dans 31 pays du continent. Il a également insisté sur l’enjeu de la coopération panafricaine pour installer une zone de libre échange commercial, ainsi que sur le rôle clé des institutions régionales pour la coordination des politiques commerciales. M Yoka a rappelé que l’AFD accompagne déjà certains pays africains dans le développement des infrastructures de réseau et le renforcement de leurs capacités commerciales. Par ailleurs, il souligne que l’agenda ZLECAf ouvre de nouvelles opportunités d’investissement en Afrique, qui participeront à la diversification du tissu économique et à l’internationalisation des PME, voire des TPE. Cette rencontre s’est enrichie par la participation de hauts responsables des départements ministériels concernés, des représentants d’organismes internationaux (Union Européenne, Banque Mondiale, Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies, Secrétariat de la ZLECAf…..) et de praticiens en provenance et de plusieurs institutions nationales (Institut Royal des Etudes Stratégiques, Conseil économique social et environnemental,….) et du monde académique.

Pleins feux sur l’intégration des économies de l’Afrique du Nord dans le cadre de la ZLECAf

Lors du Forum de Rabat, les intervenants ont souligné la nécessité pour l’Afrique d’unir ses forces, afin de progresser dans r la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour que celle-ci puisse contribuer pleinement au développement et à la transformation du continent. Dans le cadre de son nouveau programme One Trade Africa, le Centre du commerce international (ITC) a organisé le Forum de Rabat en partenariat avec le Secrétariat Général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), sous l’égide du Gouvernement du Royaume du Maroc et avec le soutien des ministères du commerce de l’Egypte et des pays membres de l’UMA, à savoir l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Les conférenciers ont mis en évidence la complémentarité des économies de l’Afrique du Nord et ont exprimé la volonté commune d’augmenter le flux des échanges entre les pays d’Afrique du Nord et garantir une amélioration de l’accès aux marchés à l’échelle du continent. Comme l’a souligné Son Excellence M. Taieb Baccouche, Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe, il est plus que jamais nécessaire pour les États du Maghreb de s’engager concrètement dans l’organisation d’une intégration régionale effective. Force est de constater que malgré les divers atouts dont dispose la région et qui offrent l’occasion d’approfondir le développement tant souhaité, le commerce intra-maghrébin représente aujourd’hui moins de 5 % des échanges et le coût de cette faible intégration est évalué, pour chacun des pays, à la privation de 2 à 3% du PIB annuel, révèle M. Baccouche. Selon Son Excellence Moulay Hafid El Alami, Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie verte et du Numérique du Royaume du Maroc, « la mise en place de la ZLECAf devrait accélérer l’intégration de nos marchés nationaux respectifs et le développement des chaines de valeurs continentales, de manière à mettre en exergue les complémentarités entre nos économies, stimuler les échanges intra-africains et favoriser le positionnement de chacun des pays membres dans les chaines de valeurs régionales, continentales et mondiales ». La ZLECAf permettra ainsi d’augmenter le commerce intra-africain de 52 % d’ici 2022, en vue de créer un meilleur environnement macro-économique pour les MPME qui représentent plus de 80 % des entreprises du continent et de contribuer à un gain en bien-être estimé à 16,1 Mds US$, rapporte S.E le Ministre El Alami. Par ailleurs, Mme Coke-Hamilton, directrice exécutive de l’ITC, a affirmé que l’opérationnalisation de la ZLECAf devrait remodeler et transformer les pays africains en accélérant la croissance, en diversifiant les exportations et en attirant les investissements. En effet, lors du panel de haut niveau, Mme Lilia Hachem Naas, cheffe du Bureau pour les pays arabes de l’ITC, a rappelé que l’intégration maghrébine, jalon essentiel du processus d’intégration continental, présente d’énormes opportunités en termes de croissance et d’emploi. Le panel a reconnu le rôle majeur que jouent les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) dans l’économie, notamment en termes de création d’emplois et d’augmentation du commerce transfrontalier. Toutefois, ces MPME continuent de faire face à diverses contraintes, dont l’accès à l’information et à l’intelligence commerciale, l’accès aux marchés et l’accès au financement. Ce dernier demeure un aspect critique qui freine la croissance des petites entreprises. En effet, Afreximbank affirme que 40 % des MPME dans les pays en voie de développement rencontrent des difficultés d’accès au financement, ce qui nécessite des solutions innovantes et adaptées aux besoins de ces entreprises. Pour pallier ces difficultés, il faut non seulement offrir un meilleur accès aux financements mais également encourager les investissements, accroître la dissémination et l’accès à l’information et créer un environnement favorable qui permet au secteur de se développer et de mener à bien ses affaires. Le panel a également reconnu que le processus d’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique en est à ses débuts. Des expériences similaires de créer et faire fonctionner efficacement des espaces économiques commun, tels que l’UEMOA, la CEDEAO ou encore l’Union européenne, ont pris beaucoup de temps. Selon l’exemple de l’Union européenne, l’intégration est un processus à long terme qui requiert une vision, une volonté politique, de la résilience et surtout qui doit d’engendrer des bénéfices concrets pour tous les acteurs, et notamment pour le secteur privé. Parmi les recommandations énoncées dans la « Déclaration de Rabat », figurent la nécessité d’œuvrer ensemble en faveur de la réduction des barrières au commerce, de l’harmonisation des législations, de l’opérationnalisation des corridors commerciaux et de l’amélioration de la connectivité routière, ferroviaire, maritime et aérienne entre les pays de l’Afrique du Nord, d’une transformation digitale du continent, et enfin, d’une revitalisation de l’Union du Maghreb Arabe. Les pays participants ont suggéré de mettre en place un Comité consultatif régional, composé des pays membres de l’UMA et de l’Egypte, qui assurera le suivi annuel et évaluera les progrès de l’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique du Nord.

​L’accord de libre-échange continental pourrait accroître le revenu de l’Afrique de 7%

​L’accord de libre-échange continental pourrait accroître le revenu de l’Afrique de 7%

L’Afrique pourrait voir son revenu augmenter de 450 milliards de dollars grâce à l’accord de libre-échange continental, a relevé la Banque mondiale dans un nouveau rapport. Selon le document, qui vise à aider les pays africains à mettre en œuvre des politiques susceptibles de maximiser les bénéfices potentiels de l’accord tout en minimisant les risques, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente une véritable occasion de stimuler la croissance, de réduire la pauvreté et d’élargir l’inclusion économique dans cette région. «S’il est pleinement mis en œuvre, cet accord commercial pourrait accroître le revenu régional de 7 % – soit 450 milliards de dollars -, accélérer l’augmentation de la rémunération des femmes et sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté d’ici 2035 », a indiqué l’institution financière internationale. Pour Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, «la Zone de libre-échange continentale africaine a la capacité d’accroître les possibilités d’emploi et les revenus, ce qui contribue à élargir les perspectives de tous les Africains». Selon lui, la mise en œuvre réussie de la ZLECAf devrait ainsi «permettre de sortir de la pauvreté modérée environ 68 millions de personnes et de rendre les pays africains plus compétitifs », estimant toutefois important de suivre attentivement ses effets sur tous les travailleurs – femmes et hommes, qualifiés et non qualifiés – dans tous les pays et secteurs afin de garantir que l’accord porte pleinement ses fruits. Soulignons à ce propos que « la mise en œuvre de l’accord entraînerait des hausses de salaire plus importantes pour les femmes que pour les hommes d’ici à 2035, avec des augmentations respectives de 10,5% et de 9,9%. Elle permettrait également d’augmenter de 10,3% les salaires des travailleurs non qualifiés et de 9,8% ceux des travailleurs qualifiés»», comme l’a également fait savoir la Banque. Dans son rapport, la Banque mondiale explique que «les mesures de réduction des freins bureaucratiques et de simplification des procédures douanières au sein de la ZLECAf devraient être à l’origine de la plus grande part de la hausse des revenus». Elle affirme, en outre, que «la libéralisation des tarifs douaniers, de même que la réduction des barrières non tarifaires comme les quotas et les règles d’origine, permettrait d’augmenter les revenus de 2,4%, soit environ 153 milliards de dollars. Les 292 milliards de dollars restants proviendraient de mesures de facilitation du commerce qui limitent les formalités administratives, abaissent les coûts de mise en conformité pour les sociétés commerciales et facilitent l’intégration des entreprises africaines dans les chaînes logistiques mondiales». Mieux, la ZLECAf contribuerait à amortir les effets négatifs du coronavirus sur la croissance économique, en soutenant le commerce régional et les chaînes de valeur grâce à la réduction du coût des échanges, a soutenu la Banque mondiale rappelant que les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19 devraient entraîner jusqu’à 79 milliards de dollars de pertes de production en Afrique en 2020. Ce n’est pas tout. L’accord continental pourrait aider les pays africains à renforcer leur résilience face à de futurs chocs économiques, en remplaçant la mosaïque d’accords régionaux, en rationalisant les procédures aux frontières et en donnant la priorité aux réformes commerciales, a poursuivi l’institution assurant qu’à plus long terme, il ouvrirait aux pays africains des possibilités d’intégration et de réformes favorables à la croissance. Dans cette publication rendue publique récemment, il est également relevé le fait que la ZLECAf pourrait permettre de réorganiser les marchés et les économies de la région, entraînant la création de nouvelles industries et l’expansion de secteurs clés. A en croire l’institution internationale, «les gains économiques d’ensemble seraient variables, les plus importants bénéficiant aux pays qui supportent actuellement des coûts d’échanges élevés. Ainsi, la Côte d’Ivoire et le Zimbabwe, où les coûts commerciaux sont parmi les plus lourds de la région, enregistreraient les résultats les plus favorables avec une augmentation de 14% des revenus dans chaque pays». Autres points soulignés dans ledit rapport : la ZLECAf stimulerait également de manière significative le commerce africain, en particulier les échanges intrarégionaux dans le secteur manufacturier ; les exportations intracontinentales augmenteraient de 81%, tandis que la progression vers les pays non africains serait de 19%. Mais attention : «La création d’un marché à l’échelle du continent exigera une action volontariste pour réduire tous les coûts commerciaux, a prévenu l’institution estimant qu’il faudra pour cela adopter des législations permettant aux marchandises, aux capitaux et aux informations de circuler librement et facilement à travers les frontières. En outre, «les gouvernements devront aussi préparer leur main-d’œuvre à tirer parti des nouvelles opportunités grâce à de nouvelles réformes destinées à réduire les coûts liés aux réorientations professionnelles», a-t-il souligné. Alain Bouithy

L’intégration financière, un impératif important pour l’Afrique

L’intégration financière, un impératif important pour l’Afrique

Une intégration financière renforcée en Afrique devient un impératif important pour donner de l’élan à la création de la Zone de libre-échange continentale pour l’Afrique (ZLECAf). Mais si elle comporte des avantages et des opportunités indéniables, elle «n’est pas sans risques sur la stabilité financière en raison notamment des possibles contagion et propagation de risques entre les systèmes financiers de nos pays» a déclaré le wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri. Pour le patron de la Banque centrale, qui s’est ainsi exprimé lors de la troisième édition du Symposium régional de haut niveau sur la stabilité financière tenue récemment à Rabat, «il devient donc urgent d’adapter les règles de gestion de ces risques, de mettre en place un dispositif de stress test approprié, et de renforcer la coopération entre régulateurs des pays d’origine et d’accueil». Il estime qu’à l’heure actuelle et compte tenu des évolutions importantes de son environnement interne et externe, le système financier africain doit s’adapter constamment pour faire face à l’émergence de nouveaux risques et vulnérabilités pesant sur la stabilité financière. «Ces évolutions concernent, en tout premier lieu, les implications et effets disruptifs de la transformation digitale et des innovations technologiques sur la sphère financière africaine», a-t-il indiqué lors de cette rencontre marquée par l’intervention d’éminents intervenants représentant à la fois le secteur bancaire, assurantiel et le marché des capitaux. Preuve de l’implication importante de ces innovations dans les secteurs bancaire, assurantiel et des marchés de capitaux, le wali de la Banque centrale prend pour exemple l’essor des Fintech et des Insurtech, l’utilisation des Big Data, les modes de financements alternatifs «crowdfunding», le développement du paiement mobile et l’utilisation des technologies de la blockchain. «Ces évolutions, qui vont devoir transformer notre environnement économique et financier, nous imposent de leur accorder une grande importance», a insisté Abdellatif Jouahri. A ce propos, il est à rappeler que l’institution dont il a la charge avait invité en mars dernier des acteurs du secteur financier à venir débattre de ces questions dans le cadre de la conférence régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient sur la transformation digitale et la mise en œuvre du Programme Fintech de Bali. Une rencontre que Bank Al-Maghrib avait organisée avec le FMI. Dans le même but, BAM avait également organisé une table ronde sur «l’Africa Blockchain Summit». A en croire le wali de Bank Al-Maghrib, les risques induits par ces technologies disruptives se sont amplifiés avec la digitalisation accrue et rapide des services financiers. Pour illustrer ses propos, il fait référence en particulier aux «risques d’utilisation des technologies informatiques à des fins de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme et de recrudescence des cyberattaques ciblant le secteur financier». A titre de rappel, Abdellatif Jouahri a relevé qu’au Maroc, les autorités financières ont établi en 2018 une feuille de route pour la surveillance du cyber risque au sein du système financier national en s’inspirant, à cet effet, des standards internationaux. Et de souligner : «Un diagnostic de la maturité des établissements financiers en matière de cybersécurité est en cours de préparation selon une démarche concertée entre les trois régulateurs». Dans son intervention, le wali a également évoqué les changements climatiques qui «constituent une zone de vulnérabilité critique pour le secteur financier», selon lui. Et d’ajouter : «Les risques physiques induits par la récurrence de plus en plus forte des catastrophes climatiques et les risques liés à la transition vers une économie à bas carbone, notamment quand elle est brutale et non ordonnée, peuvent entraîner des perturbations et des pertes financières significatives pouvant compromettre la résilience du secteur financier». C’est autant dire que l’élaboration d’une cartographie des risques climatiques par les régulateurs financiers s’impose au titre de leur mandat de stabilité financière, a-t-il soutenu plaidant pour une amélioration progressive des approches d’identification et de mesure d’exposition du secteur financier à de tels risques. Une problématique qui, faut-il le rappeler, interpelle plus particulièrement l’Afrique du fait que la menace des changements climatiques est plus exacerbée dans ce continent, a-t-il conclu. Alain Bouithy