Le thiébou dieune, plat national sénégalais, inscrit au patrimoine mondial immatériel de l’humanité

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a inscrit mercredi le thiébou dieune (riz au poisson en langue wolof), un plat très populaire au Sénégal, au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.Après  »Le Xooy », une cérémonie divinatoire chez les Sérère du Sénégal et ‘’le Kankurang, un rite d’initiation mandingue, c’est le ‘’Ceebu Jën’’ qui vient d’être inscrit dans le patrimoine immatériel de l’Unesco. Le dossier de demande d’inscription du thiébou dieune avait été introduit en octobre 2020 par le ministère sénégalais de la Culture après un long processus ayant débuté en 2019. Le thiébou dieune est un plat traditionnel composé de riz, de poisson et d’une variété de légumes. Préparé avec ou sans la tomate, il est servi comme plat de déjeuner dans la plupart des ménages et dans les restaurants du Sénégal. « Le Ceebu jën » est un plat qui trouve ses origines dans les communautés de pêcheurs de l’île de Saint-Louis située au nord du Sénégal. Ex-capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF), Saint-Louis est elle-même inscrite au patrimoine matériel de l’Unesco. « Le colonisateur avait imposé les cultures commerciales à la colonie et introduit du riz importé de ses colonies d’Indochine en substitution aux cultures vivrières. Les communautés ont su, dans la résilience, s’adapter en inventant une recette à base de riz et de poisson: le Ceebu jën », a indiqué l’Unesco. « Tout le monde attribue l’invention de ce mets à Penda Mbaye, une cuisinière du village de Guet-Ndar » à Saint-Louis, souligne-t-elle. Lors du Conseil des ministres tenu mercredi, le chef de l’Etat Sénégalais Macky Sall s’est réjoui de l’inscription par l’Unesco de Ceebu jën au patrimoine mondial immatériel de l’humanité. Au total, 55 demandes ont été examinées par le comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui se réunit par vidéoconférence, pour sa 16e session annuelle, du 13 au 18 décembre. Parmi les autres biens culturels inscrits sur la liste 2021 du patrimoine immatériel de l’Unesco figurent la calligraphie arabe, présentée par 16 pays, dont la Tunisie, la Mauritanie et l’Arabie Saoudite, et le pasillo, chant et poésie de l’Equateur. L’Unesco a également inscrit « la tbourida » à son patrimoine immatériel, un statut permettant de préserver cette ancienne pratique équestre très populaire au Maroc. Au total, 597 expressions culturelles correspondant à 137 pays ont été inscrites au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

Audrey Azoulay : La science a besoin de plus d’inclusivité et d’ une participation plus large des femmes

Audrey Azoulay : La science a besoin de plus d’inclusivité et d’ une participation plus large des femmes

ACTUALITE. «Si la science a besoin de plus d’investissements, elle a aussi besoin de plus d’inclusivité et d’une participation plus large des femmes», selon la directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), Audrey Azoulay. «La plupart des défis auxquels nous sommes confrontés appellent une réponse scientifique. C’est le cas du dérèglement climatique, de la perte de la biodiversité, ainsi que de l’impact éthique du Big Data, de la technologie dans nos sociétés», a déclaré la DG de l’Unesco estimant que tout cela exige d’importants investissements.Cependant, les données à disposition de l’institution spécialisée des Nations unies montrent que les investissements sont encore insuffisants, a-t-elle fait remarquer en marge du Festival pour les femmes et la science. Un événement inédit qui a regroupé 40 intervenants venus du monde entier. Organisé par l’Unesco et la Fondation L’Oréal, cet important rendez-vous entendait célébrer l’excellence scientifique au féminin et mettre en lumière d’éminentes chercheuses, parmi les plus inspirantes au monde. L’occasion pour Audrey Azoulay, qui a été réélue à la tête de l’organisation internationale le 9 novembre dernier, de rappeler les chiffres «très décevants» sur la place et la représentation des femmes dans la science. En effet, en dépit des efforts de l’institution internationale, la proportion des femmes dans la recherche demeure insignifiante. «Elles ne sont qu’un tiers environ, et ce chiffre n’augmente pas vraiment, en dépit de nos efforts», a-t-elle déclaré. Selon la DG de l’Unesco, cette proportion ne serait que de 20 à 22% « parmi les scientifiques, les professionnels du domaine de l’IA ou du Big Data. En ce qui concerne les chercheurs des universités du monde entier, elle avoisine les 10%». En effet, selon le dernier rapport de l’Unesco sur la science, les femmes restent sous-représentées aux plus hauts niveaux dans la recherche. Et quand bien même des progrès ont être constatés, seuls 33% des chercheurs dans le monde sont des femmes. Pour l’organisation internationale, cette évolution est encore trop lente du fait que des barrières importantes persistent et le plafond de verre reste une réalité dans la recherche. On peut le dire, l’accès des femmes aux plus hauts niveaux de responsabilité et de reconnaissance est encore rare et les chiffres sont très éloquents à ce sujet. En effet, entre 2013 et 2016, seuls 2,4% des brevets en Europe ont été déposés par des femmes uniquement. En 2019, elles ne représentaient que 19% des inventeurs. La situation n’est pas meilleure dans l’intelligence artificielle (IA) : les femmes ne représentent que 22% des professionnels dans ce qui est considéré comme l’un des domaines de la recherche les plus en pointe. A cela s’ajoute une autre réalité. C’est qu’il n’y a aucune femme parmi les lauréats des prix Nobel scientifiques 2021 et que les femmes représentent moins de 4% des Nobel scientifiques depuis la création de ces Prix en 1901. Pour Audrey Azoulay, il est évident que «nous sommes face à un vrai déficit de femmes de science et nous nous efforçons de lever les obstacles qui empêchent encore les femmes de contribuer à la science». Ce travail, l’Unesco le fait à travers l’éducation, dans divers programmes ou en aidant les jeunes filles à se lancer dans les STIM (programmes de sciences, de technologies, d’ingénierie et de mathématiques). «Nous le faisons depuis 23 ans avec L’Oréal grâce à un formidable programme qui promeut l’accès des femmes à la science en braquant les projecteurs sur des femmes de science exceptionnelles, mais aussi en soutenant des femmes chercheuses dans leur domaine, partout dans le monde. Nous combinons donc nos forces et nos réseaux pour encourager les femmes à se lancer dans une carrière scientifique», a expliqué Audrey Azoulay. «Dans toutes nos activités, nous essayons d’intégrer systématiquement cette dimension de l’égalité des genres. C’est nécessaire en science, mais aussi pour nos instruments normatifs en science», a-t-elle souligné, en ajoutant que l’agence onusienne discute actuellement une recommandation de science ouverte. Car «la dimension de genre est cruciale» pour l’Unesco. A noter qu’une autre recommandation est envisagée sur l’éthique de l’IA. «Ici aussi, la situation est problématique. Mais ce programme avec L’Oréal est un succès, et bon nombre de nos lauréates le confirment, pour encourager et également donner de l’espoir et donner aux jeunes femmes la motivation de se consacrer à la science», a-t-elle conclu. Saluant la qualité des échanges et le profil des femmes de science ayant pris part à ce festival, le président de la Fondation L’Oréal, Jean Paul Agon, a, pour sa part, déclaré que les femmes peuvent changer le monde. «On dit souvent que le monde a besoin de science et que la science a besoin de femmes. C’est plus vrai que jamais». Abondant dans le même sens que la DG de l’Unesco, il a également noté que «les femmes sont sous-représentées en science et c’est tout simplement inacceptable. Quelles bonnes raisons aurions-nous de sacrifier les femmes ou de nous en passer dans le monde de la science ? Les femmes doivent contribuer à la science où leur apport peut être énorme». Sur les mesures à prendre à l’avenir, «la première, comme l’a dit Audrey Azoulay, consiste à mettre en lumière ces femmes de science parce que nous devons inspirer les nouvelles générations. Nous devons veiller à ce que les jeunes filles soient attirées par la science et aient la conviction d’être à la hauteur d’une carrière scientifique». Autre mesure consiste à libérer le potentiel des femmes de science dans d’autres domaines, a-t-il poursuivi. Jean Paul Agon a estimé que «nous avons fait des progrès, grâce au formidable programme que l’Unesco et la Fondation L’Oréal mènent depuis 23 ans. Nous avons désigné 122 lauréates et distribué 3.800 bourses dans 110 pays». Pour lui, «nous avons donc fait de grands progrès et renforcé la présence des femmes dans les sciences. C’est surtout vrai pour certaines disciplines scientifiques, comme la biomédecine et la biologie notamment. Mais il reste beaucoup de travail à accomplir dans d’autres disciplines, comme les mathématiques, la physique, les nanotechnologies et l’intelligence artificielle», estimant

L’UNESCO appelle à un meilleur encadrement de l’enseignement privé pour réduire les inégalités

L’UNESCO appelle à un meilleur encadrement de l’enseignement privé pour réduire les inégalités

Aujourd’hui, trois cent cinquante millions d’enfants et de jeunes sont scolarisés dans des écoles non étatiques dans le monde. Cependant, le nouveau Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) de l’UNESCO montre que de nombreux pays ne disposent pas d’une réglementation adéquate de l’enseignement privé ou de la capacité à la faire appliquer, ce qui nuit à la qualité de ce dernier et accroît encore le fossé entre riches et pauvres en matière d’éducation. Le Rapport se penche sur les acteurs non étatiques dans tous les systèmes éducatifs, qu’il s’agisse d’écoles gérées par des organisations confessionnelles, des ONG, des organismes philanthropiques ou des entités commerciales à but lucratif, et tous ceux qui fournissent des services dans le secteur de l’éducation. De nombreux pays laissent ces écoles, pour la plupart non homologuées, fonctionner sans aucune surveillance. Il révèle que seuls 27% % des pays interdisent explicitement aux écoles primaires et secondaires de poursuivre un but lucratif, ce qui va à l’encontre de la vision de 12 ans d’éducation gratuite pour tous. Plus de la moitié des pays empêchent le processus de sélection des élèves dans les écoles.  Seuls 7% des pays ont des quotas qui améliorent l’accès aux écoles pour les étudiants défavorisés par le biais de mesures diverses. Une moitié seulement a adopté une réglementation encadrant les cours particuliers. En conséquence, les ménages des pays les moins développés consacrent une part disproportionnée de leurs revenus à l’éducation de leurs enfants. Les ménages comptent pour 39 % des dépenses d’éducation dans les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur, contre 16 % dans les pays à revenu élevé. Le Rapport, intitulé Qui peut choisir ? Qui en pâtit ? démontre que, dans le même temps, l’éducation publique dans les pays à faible revenu s’accompagne de coûts cachés considérables. Une analyse portant sur 15 pays à revenu faible ou intermédiaire montre que près de deux cinquièmes des dépenses d’éducation des ménages étaient consacrées aux uniformes et aux fournitures scolaires. Cela contraint 8% des familles des pays à revenu faible ou intermédiaire à emprunter de l’argent pour payer la scolarité de leurs enfants. « Dans certains pays comme l’Ouganda, Haïti, le Kenya et les Philippines, 30% des familles doivent emprunter pour financer l’éducation de leurs enfants. L’impact de la Covid-19 a encore réduit les budgets familiaux, rendant les frais de scolarité et autres dépenses inabordables pour beaucoup », explique Manos Antoninis, directeur du Rapport mondial de suivi sur l’éducation. « Des normes minimales doivent être fixées par les gouvernements pour les écoles publiques et privées non-étatiques pour garantir une réelle égalité des chances aux élèves les plus défavorisés afin qu’ils puissent bénéficier d’une éducation de qualité », déclare Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO. « Il est urgent de mettre en place des mécanismes de financement équitables. Ceux qui vivent dans des contextes plus défavorisés ne doivent pas être pénalisés », continue-t-elle. L’UNESCO invite les pays à évaluer les réglementations qu’ils ont mises en place et formule cinq recommandations visant à placer l’équité au cœur de leurs actions : –Redoubler d’efforts pour garantir l’accès gratuit et financé par des fonds publics à une année d’enseignement préscolaire et 12 années d’enseignement primaire et secondaire pour tous les enfants et les jeunes. Mais un pays sur trois consacre moins de 4% de son produit intérieur brut ou moins de 15% de ses dépenses publiques totales à l’éducation – les normes minimales convenues au niveau international. –Établir des normes de qualité qui s’appliquent à tous les établissements d’enseignement étatiques et non étatiques, car des systèmes parallèles dont les exigences, le matériel et les conditions de travail diffèrent ont un effet négatif sur la mise en place d’un système éducatif cohérent pour tous les apprenants. -Renforcer la capacité des gouvernements à surveiller et à appliquer les réglementations. Dans la pratique, de nombreuses règles sont mal conçues ou insuffisamment appliquées, ce qui laisse la porte ouverte à des comportements répréhensibles. Les gouvernements doivent établir une relation de confiance avec les prestataires non étatiques, en les encourageant à se faire homologuer, en éliminant l’arbitraire des règles et en leur communiquant des incitations adaptées pour qu’ils gèrent efficacement leurs écoles dans l’intérêt des apprenants. -Encourager l’innovation pour le bien commun et rassembler tous les acteurs qui les développent. Les gouvernements doivent travailler en partenariat avec tous les acteurs de l’éducation afin d’apprendre, de recueillir et d’évaluer les bonnes pratiques, de fournir des ressources permettant aux praticiens d’échanger leurs expériences, et d’établir des programmes pilotes puis d’étendre la mise en œuvre des idées pertinentes. -Protéger l’éducation contre les intérêts particuliers restrictifs. Le maintien de la transparence et de l’intégrité de l’éducation publique contribue à protéger les apprenants les plus défavorisés.

La Rumba congolaise à l’UNESCO : Dieudonné NKOUNKOU “Marlot” chante “Kumba ngai na Mossaka”

La Rumba congolaise à l’UNESCO : Dieudonné NKOUNKOU “Marlot” chante “Kumba ngai na Mossaka”

Dieudonné Nkounkou “Marlot”, qui nous a quittés le 29 juillet 2019 à Kinshasa, a marqué une épopée de son génie créateur. Il s’est illustré dans plusieurs ficelles de son art. Avocat, il a exercé pendant longtemps à la Cour d’Appel de Montpellier en France, avant de poursuivre sa carrière à Brazzaville au Congo au cours des années 2000. Ecrivain (romancier), Marlot a publié aux Editions ICES d’Alain Kounzilat plusieurs ouvrages, parmi lesquels : “Le Lévirat”, “Le Sororat”, “L’histoire secrète de Kimpa Vita”, “L’assassin du pont du centenaire”; “Droit congolais de la famille”; “La filiation hors mariage en droit congolais de la famille”, etc… Musicien, Marlot fait partie de cette génération de jeunes stars découvertes par le mouvement des groupes vocaux, vers la fin des années 60. C’est précisément dans le groupe vocal « Les Ombres » de Pierre Mata, que les amateurs, en particulier les bienheureux spectateurs qui assistèrent aux semaines culturelles de Brazzaville en 1967-1968, découvrirent cette personnalité tout à fait inhabituelle. Il conquit peu après sa maturité musicale en 1972, par sa brillante participation avec son groupe à la 2ème Semaine soviéto-congolaise (ex-URSS) et au Premier Festival culturel pPanafricain de la jeunesse à Tunis. Dieudonné Nkounkou Marlot est récipiendaire de la médaille du dévouement congolais, remise par le Président Marien Ngouabi, et Prix d’honneur de l’ACAP (Association congolaise de l’amitié entre les peuples) pour son œuvre dans les années 70. – Titulaire du « Prix des arts et des lettres » pour sa production littéraire, remis en Novembre 2011 à l’Hôtel Saphir à Brazzaville. “Marlot” est devenu par la suite, grâce à ses nombreux albums réalisés en France, l’un des spécialistes de la Rumba, son genre de prédilection. A son palmarès, plusieurs œuvres qui se rapportent au genre qu’on y entend : “Rumba originale“, dans le style des précurseurs des années 50, une conversation impromptue, entre le chanteur et  le guitariste, puis le saxophoniste qui retrouve  la majesté et le souffle épique des grands jours. Ses albums portent la marque de la personnalité et de l’élégance rythmique du batteur : tempos lent puis bien dosé pour les principaux titres ci-après : “Botikela ye mobali”, “Marlot yo liwa”, “Nelly yoka”, “Horty Hortense”,”Kombo ya mboka”, “Mozindo ya liloba”,”Marlot Bonne année”, “Oya bo senzi”, “Yaka Céli”, “Amélina”, etc… Clément OSSINONDE

Audrey Azoulay réélue à la tête de l’UNESCO avec un soutien massif

Audrey Azoulay réélue à la tête de l’UNESCO avec un soutien massif

C’est dans le consensus qu’Audrey Azoulay vient d’être réélue à la tête de l’Organisation, sa candidature ayant reçu un soutien massif des États membres : à l’issue du vote survenu mardi, elle obtient 155 voix sur 169 votants. « Je vois dans ce résultat le signe d’un regain d’unité au sein de notre organisation. Ces quatre dernières années, nous avons pu redonner confiance en l’Unesco et, à bien des égards, il s’est agi aussi de redonner à l’Unesco confiance en elle-même. Nous avons retrouvé de la sérénité, en réduisant les tensions politiques qui entravent et en recherchant des positions communes sur des sujets qui autrefois divisaient. Nous avons ensuite pu redonner ambition partagée, notamment en renouant avec la tradition des grandes opérations conduites sur le terrain », a déclaré Audrey Azoulay. L’UNESCO s’est engagée depuis quatre ans dans un important processus de modernisation afin de rendre son action plus efficace. L’Organisation s’est notamment mobilisée pour la reconstruction de la vieille ville de Mossoul, initiée en 2018 et dont les chantiers sont aujourd’hui à l’œuvre. A la suite de la dramatique double explosion d’août 2020, l’UNESCO est aussi intervenue à Beyrouth, où elle a mené à bien la reconstruction de près de 90 écoles et où elle poursuit aujourd’hui son action dans les domaines du patrimoine et de la culture.  Pendant la pandémie de COVID-19, alors que des centaines de millions d’enfants et d’adolescents étaient privés de leur droit à l’apprentissage, l’UNESCO a une nouvelle fois démontré ses capacités d’intervention en créant la Coalition Mondiale pour l’Education qui a permis d’assurer la continuité pédagogique dans 112 pays. Cette nouvelle dynamique se traduit par une consolidation du budget de l’UNESCO. Fondé sur deux piliers – les contributions obligatoires des Etats et les contributions volontaires – il atteint pour la période 2020-2021 les 1,4Md$. Les contributions volontaires ont augmenté de 50% sur la période 2017-2021 par rapport aux quatre années précédentes.

LA RUMBA CONGOLAISE A L’UNESCO. Les premiers foyers musicaux 1930 – 1940

LA RUMBA CONGOLAISE A L’UNESCO. Les premiers foyers musicaux 1930 – 1940

I – Brazzaville On peut retenir que c’est vers 1930 qu’apparaît un petit nombre de foyers musicaux à Brazzaville, dans les deux grandes agglomérations de Poto-Poto et Bacongo. A cette époque favorable au développement de la danse, de la musique et de la vie nocturne, deux genres prédominants dans la musique dansante sont alors en concurrence ouverte. Les ensembles les plus caractéristiques des rythmes modernes, composés d’auteurs-interprètes qui chantent et s’accompagnent de deux à trois instruments modernes, et ceux que l’on appelait alors une “société”. Ce sont des groupes vocaux typiquement congolais et très populaires. Ils pratiquaient une musique d’agrément en progression permanente qui s’enrichissait de tous les contacts humains et esthétiques, symbole de l’expression de la vie sociale. Considéré comme purement autochtones, ce genre musical basait sa rythmique sur les percussions soutenues par d’autres instruments locaux (sanza, maracas, guiro… Leurs sonorités s’adaptent plus facilement aux danses les plus représentatifs des “sociétés” (wala, zebola, zango, maringa, rumba, etc., selon leur appartenance ethnique ou sociale). II – A Boma, puis à Léopoldville (Kinshasa) Parallèlement à l’œuvre qu’accomplissaient quelques ensembles de Brazzaville, plusieurs courants se développent d’abord à Boma, (première capitale du Congo-Belge jusqu’en 1923) où s’est constituée une forte colonie européenne, et d’où sortiront les premiers groupes modernes utilisant divers instruments modernes (accordéon, guitare, banjo, etc.) soutenus par quelques instruments traditionnels. Les danses locales, comme le maringa, la rumba et le zebola… prendront le relais des danses européennes (le tango, la polka, la valse, le boléro et le swing) qui vont favoriser les échanges musicaux entre instrumentistes et chanteurs de divers horizons. L’inspiration, d’abord très influencée par ses rythmes modernes, trouvera très vite une voie plus originale. Puis à Léopoldville, où apparaissent dans les deux grandes agglomérations  de Kinshasa et de Léo II Kitambo, des groupes vocaux qui se caractérisent par des harmonies et des arrangements simples de type populaire qui accordent une nouvelle forme d’expression qui s’adaptent dans tous les styles de l’époque : (zebola, ekonda, maringa, rumba, agbaya…) Ces configurations musicales se développent pendant les deux décennies tant à Brazzaville, à Boma qu’à Léopoldville qui constituent désormais les pôles d’attraction pour les nombreux artistes et groupes dont les deux villes sont devenues comme une étape indispensable pour “conquérir les deux Congo”… Étant entendu que, l’événement le plus marquant dans la musique dansante des années 30, c’est le triomphe du Maringa (la sœur aînée de la rumba)… à suivre Clément OSSINONDE

LA RUMBA CONGOLAISE A L’UNESCO. Dino Vangu : le continuateur de l’œuvre de Tabu Ley : La Rumba

LA RUMBA CONGOLAISE A L’UNESCO. Dino Vangu : le continuateur de l’œuvre de Tabu Ley : La Rumba

Excellent guitariste-solo et compositeur, Dino vangu a su rester fidèle à l’esprit de l’idiome “rumbero” incarné par Tabu Ley tout en adoptant un langage et des procédés actuels de la musique congolaise moderne. Le sacre de Dino Vangu et son groupe “Dino Rumba” La grande famille Afrisa avait souhaité que le continuateur soit un chanteur, mais faute d’élu, c’est au rythmicien guitariste solo, le maestro Dino Vangu « Ye-Mei » qu’est revenu l’honneur d’assumer cette responsabilité. La bénédiction de TABU LEY Rochereau « Mokitani ya Wendo » lui est entièrement acquise. En effet, c’est le seul sociétaire de TABU LEY, depuis que ce dernier à presque mis fin à sa carrière, qui a pu s’entourer d’une formation qui a repris l’instrumentation de l’Afrisa International. Le succès des concerts de l’orchestre «DINO-RUMBA », et particulièrement de la nouvelle égérie de la rumba congolaise Lo Benel « Mwana Nkoy », se trouve à son point culminant. Lo Benel, rappelle à plus d’un connaisseur de l’Afrisa, les débuts sensationnels des chanteuses qui ont évolué avec TABU LEY à partir de 1982, et qui ont laissé étendre un répertoire éclectique mais toujours spécifiquement “rumba” . Clément OSSINONDE

CINEMA. Netflix et l’UNESCO lancent un concours inédit en Afrique subsaharienne

CINEMA. Netflix et l’UNESCO lancent un concours inédit en Afrique subsaharienne

Netflix et l’UNESCO se sont associés pour lancer un concours inédit de courts métrages sur le thème « Contes populaires africains réinventés » dans toute l’Afrique subsaharienne. Les gagnants du concours seront formés et guidés par des professionnels du cinéma et disposeront d’un budget de production de 75 000 dollars pour réaliser des courts métrages qui seront diffusés sur Netflix en 2022 sous la forme d’une « Anthologie des contes populaires africains ». L’un des principaux objectifs de ce concours est de découvrir de nouveaux talents et de donner aux cinéastes émergents d’Afrique subsaharienne une visibilité à l’échelle mondiale. Nous voulons dénicher les adaptations les plus audacieuses, surprenantes et pleines d’esprit des contes populaires les plus affectionnés d’Afrique et les partager avec les cinéphiles du monde entier, dans 190 pays. « Il est important que l’industrie du cinéma agisse pour que les voix de l’Afrique soient entendues, en soutenant l’émergence d’expressions culturelles diverses, en mettant en avant de nouvelles idées et émotions, et en permettant la contribution des créateurs au dialogue mondial pour la paix, la culture et le développement. » a déclaré Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO. Le concours, qui sera supervisé par Dalberg, sera ouvert aux inscriptions du 14 octobre 2021 au 14 novembre 2021. Chacun des 6 lauréats recevra une subvention de production de 75 000 dollars (par le biais d’une société de production locale) pour développer, tourner et assurer la post-production de son film. Ils seront accompagnés par Netflix et par des mentors afin de garantir que toutes les personnes participant à la production soient équitablement rémunérées. De surcroît, chaque lauréat recevra également 25 000 dollars. « En grandissant, le cinéma était mon moyen de communiquer avec les gens. Je suis tombé amoureux des histoires et des personnages que je voyais à l’écran et j’ai constaté à quel point la narration pouvait nous inspirer, c’est pourquoi je suis enthousiasmé par ce partenariat avec l’UNESCO et ses opportunités futures. Ensemble, nous allons promouvoir les cultures locales et soutenir les industries créatives en racontant des histoires qui traversent les frontières, reflètent des vérités universelles et nous rassemblent. » a expliqué Ted Sarandos, co-PDG et Directeur des contenus de Netflix. L’UNESCO et Netflix sont tous deux convaincus de l’importance de promouvoir des histoires locales différentes et de les faire connaître au monde entier. Ils reconnaissent que de nombreux cinéastes émergents ont du mal à trouver les ressources et la visibilité nécessaires pour leur permettre de révéler pleinement leurs talents et de poursuivre une carrière dans la création. Ce concours vise à briser ces barrières et à permettre aux conteurs africains de faire un premier pas vers la diffusion de leurs créations auprès d’un public international. « Ce concours met un coup de projecteur mondial sur les talents locaux émergents d’Afrique, tout en honorant la tradition des contes du continent. En insufflant une nouvelle énergie aux contes populaires, ces jeunes cinéastes permettent aux histoires de transcender le temps, l’espace et la culture de leurs communautés dans le cœur des publics du monde entier grâce à une plateforme numérique. » a déclaré Ernesto Ottone R., Sous-Directeur général pour la culture de l’UNESCO. Ce partenariat permettra également de créer des emplois durables et d’encourager la croissance économique. Il contribuera donc à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, un ensemble d’objectifs fixés par les Nations unies qui vise à mettre fin à la pauvreté dans le monde sous toutes ses formes d’ici la fin de la décennie. Ce concours cinématographique participera également à réduire les inégalités en facilitant l’accès aux marchés mondiaux et en garantissant des conditions de travail dignes. Tous ces objectifs sont des priorités de l’Agenda 2030. « L’Afrique possède un vaste patrimoine narratif et une multitude de contes populaires qui se transmettent depuis des générations. Lorsque vous associez ces histoires très locales aux talents émergents d’Afrique, il n’y a pas de limite aux nouvelles histoires qui connectent les personnes aux cultures africaines et qui rapprochent les peuples entre eux » a déclaré Ben Amadasun, Directeur des contenus de Netflix en Afrique. Le concours est ouvert aux cinéastes émergents d’Afrique subsaharienne sur le thème « Contes populaires africains réinventés ». Les contes populaires ont toujours été un vecteur important de transmission de la culture, du patrimoine et des valeurs aux générations futures, tout en invitant constamment la population à reconsidérer leur utilité dans nos sociétés contemporaines. Ce thème reprend l’Aspiration 5 de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui célèbre l’identité culturelle africaine, l’héritage et les valeurs communes et l’éthique. Ce concours vise à tirer parti de cette longue tradition avec un regard moderne, en misant sur des nouveaux moyens de distribution de contenu artistique et créatif comme Netflix. Pour la première étape du concours, les candidats devront soumettre un synopsis de leur concept (pas plus de 500 mots) ainsi que des liens vers un CV récent et un portfolio contenant des exemples de tout travail audiovisuel antérieur qu’ils ont produit. Les candidatures peuvent être déposées sur www.netflix-growcreative.com/unesco à partir du 14 octobre à 16h00 CET et seront clôturées le 14 novembre 2021 à 23h59 CET. Pour plus d’informations sur le processus de candidature, veuillez consulter le site www.netflix-growcreative.com/unesco.