Maroc. La difficile reprise de l’économie nationale

Comme le suggèrent les données actuellement disponibles, il faut se rendre compte que «le profil de l’activité économique s’apparente à celui de l’économie mondiale dans son ensemble», selon le Centre marocain de conjoncture (CMC). Quand bien même la croissance ne fléchit véritablement pas, force est de constater qu’elle « baisse de rythme », note l’Observatoire privé de l’économie marocaine dans sa dernière publication trimestrielle, «Maroc Entreprise» (N° 110, décembre 2023), soulignant un contexte conjoncturel plutôt hésitant. De son point de vue, la reprise est difficile. « Le marché de l’emploi manque de dynamisme et la confiance des ménages est en net repli comparativement à l’exercice précédent, même si l’inflation commence à reculer depuis quelques mois », fait-il remarquer. Cela n’augure rien de bon d’autant plus que les différentes branches d’activité affichent pour leur part des tendances conjoncturelles assez contrastées, poursuit la publication du Centre. Si plusieurs secteurs d’activité ont connu des évolutions très positives au terme des neufs premiers mois de l’année qui vient de s’achever, les données montrent que d’autres évoluent de façon inverse. En effet, d’après l’institution spécialisée dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, bien d’autres secteurs « continuent de subir de fortes contractions de la demande, les forçant à réajuster leur cycle de production », citant le cas du secteur industriel dans son ensemble. Il faut dire qu’en dépit des accélérations enregistrées par certaines composantes à fin septembre 2023, comme les industries pharmaceutiques (28,5%), celles de la fabrication de matériels de transport (16,6%) et de la fabrication des boissons (11,8%), la production du secteur industriel a enregistré une chute de 3,5%. Citant des chiffres du Haut-Commissariat au plan (HCP) relatifs à l’indice de la production industrielle, l’Observatoire rappelle que l’activité des industries manufacturières hors raffinage de pétrole a enregistré une baisse de cet ordre au cours du deuxième trimestre 2023 par rapport à la même période de 2022. Il est important de souligner qu’à la faveur, notamment, du redressement du secteur du tourisme qui a affiché des résultats exceptionnels, après la forte contraction causée par la crise sanitaire, les activités de services ont également connu une forte reprise. Soulignant une reprise vigoureuse du tourisme, le CMC note que la destination Maroc a retrouvé ses clients en 2023. Ainsi que l’attestent les données actuellement disponibles, « l’évolution des arrivées touristiques connaît un essor remarquable en ce début d’année ». Pour preuve, un peu plus de 11 millions de touristes ont été recensés au terme des neuf premiers mois de l’année écoulée, soit une hausse de 44% en comparaison avec la même période de l’année précédente. En revanche, le secteur agricole continue de traverser une période difficile, constate l’Observatoire rappelant qu’il s’agit d’un des principaux moteurs de la croissance de l’économie marocaine. Selon la publication trimestrielle, cette situation s’explique par « la persistance de conditions climatiques très contraignantes mais aussi d’incertitudes qui planent sur l’économie dans son ensemble ». Malgré tout, et quoi qu’en disent les chiffres, le Centre estime que l’économie marocaine devrait continuer de croitre en 2023. Et ce en dépit du séisme d’Al Haouz et des contraintes liées au ralentissement de l’économie mondiale ainsi que des conditions climatiques peu clémentes. D’après ses prévisions, le taux de croissance prévu est de 2,8% après 1,3% enregistré une année plus tôt. « Cette reprise devrait se confirmer en 2024 et 2025 pour atteindre respectivement 3,1% et 3,3% suite au comportement prévisible de la demande intérieure qui se remet progressivement des chocs récents ». Alain Bouithy
Le président sénégalais prévoit un taux de croissance de 9,2% pour son pays en 2024
Le président sénégalais Macky Sall a annoncé dimanche à Dakar que le taux de croissance de son pays pour 2024 « est projeté à 9,2% » grâce à « l’exploitation prochaine » de ses ressources gazières et pétrolières. « Notre taux de croissance qui était régulièrement au-dessus de 6% avant la pandémie de COVID-19, est projeté à 9,2% avec l’exploitation prochaine de nos ressources gazières et pétrolières », a-t-il indiqué lors de son dernier message de fin d’année. Par ailleurs, le budget sénégalais est passé de 2.344 milliards de FCFA en 2012, à 7.003 milliards de FCFA pour 2024, a-t-il souligné, ajoutant que « Nous sommes sur le chemin de l’émergence avec la densification de nos infrastructures routières et autoroutières, et la modernisation de notre système de transport urbain et interurbain ». « Le gouvernement publiera prochainement le bilan de nos réalisations dans plusieurs secteurs d’activités », a-t-il dit.
Maroc. Le taux de croissance devrait se situer à 3,4% en 2023 et 3,7% en 2024

Après une évolution modérée de 1,3% en 2022, le taux de croissance économique devrait se situer à 3,4% en 2023 et 3,7% en 2024, selon les estimations contenues dans le Projet de Loi de Finances (PLF) au titre de l’exercice 2024. Elaborée au mois de juillet dernier, « les prévisions pour l’année 2024 reposent sur un ensemble d’hypothèses concernant l’environnent national et international », indique le rapport d’exécution budgétaire et de cadrage macroéconomique triennal 2024-2026. Une légère hausse qui traduit l’effet de la consolidation de la croissance de la valeur ajoutée non agricole et le maintien de la croissance du secteur agricole Selon le document que vient de rendre public le ministère de l’Economie et des Finances, ces pronostics se basent sur une croissance de la demande étrangère adressée au Maroc de 2,9% (après 2,7% en 2023 et 5,6% en 2022), un cours moyen de baril de Brent à 79,8 dollars, un taux de change Euro contre le Dirham de 10,70 et un taux de change du Dollar contre le Dirham de 9,80. Il est à préciser que les perspectives de l’économie nationale pour l’année prochaine tiennent également compte de l’hypothèse d’une campagne agricole de 75 millions de quintaux, comme le relève le document estimant ainsi que la valeur ajoutée agricole devrait légèrement augmenter pour enregistrer une croissance de 5,9%. Selon ces projections, «la valeur ajoutée non agricole devrait maintenir sa cadence de croissance à un rythme proche de celui de l’année précédente, puisqu’elle devrait se situer à 3,4% en 2024 après 3,3% en 2023». S’agissant de la demande étrangère adressée au Maroc, il ressort du rapport qu’elle devrait continuer à croitre au même rythme modéré de l’année 2023. Ce qui, estime le document, devrait induire une légère accélération de la croissance des exportations de 6,4% après 5,6% en 2023 ; tandis que la croissance des importations devrait de son côté se situer à 5,9% après 5,3% en 2023. La légère croissance attendue de l’économie nationale au titre de l’année 2024 «traduit l’effet de la consolidation de la croissance de la valeur ajoutée non agricole et le maintien de la croissance du secteur agricole», explique-t-on dans le rapport. Ainsi, poursuit le document, les activités primaires devraient voir leur valeur ajoutée augmenter de 5,9% en conséquence de l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne.Quant aux secteurs secondaire et tertiaire, ils « devraient consolider leurs taux de croissance et poursuivre leur amélioration pour atteindre 2,6% et 3,8% respectivement en 2024 ». Toujours selon les estimations rapportées dans ce rapport, « la croissance de la demande devrait être portée par une contribution des exportations qui devrait s’élever à 2,9 points de pourcentage, mais qui sera totalement absorbée par la croissance des importations dont la contribution devrait s’élever à -3,5 points de pourcentage ». Ce qui, in fine, aboutirait à une contribution des échanges extérieurs à la croissance du PIB légèrement négative de l’ordre de -0,5 point de pourcentage, souligne le rapport.D’après le document, la demande de consommation finale devrait contribuer à hauteur de 3 points de pourcentage. Cette progresse devrait être « portée presque à égalité par la contribution de la croissance de la consommation des ménages qui devrait contribuer à hauteur de 1,4 points de pourcentage à la croissance et celle de la consommation des administrations publiques dont la contribution serait de 1,7 point de pourcentage». Il ressort enfin de ces prévisions que la formation brute de capital fixe devrait pour sa part contribuer à la croissance à hauteur de 1,1 point de pourcentage. Alain Bouithy
Côte d’Ivoire: Taux de croissance de 7,2%, taux d’inflation de 3,7% en 2023 (FMI)

Pour l’année 2023, la croissance économique en Côte d’Ivoire est estimée à 7,2% et le taux d’inflation à 3,7%, telle est l’une des conclusions de la mission du Fonds monétaire international (FMI) tenue du 1er au 14 mars courant à Abidjan.Cette mission s’inscrit dans le cadre de la négociation du nouveau Programme économique et financier (PEF) pour les trois prochaines années, selon le portail officiel du gouvernement ivoirien. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, qui s’exprimait, mercredi, au terme du Conseil des ministres, a expliqué que cette mission a consisté à passer en revue l’ensemble des indicateurs macroéconomiques, à en poser un diagnostic et à discuter des orientations de politiques économiques susceptibles de préserver la solidité du cadre macroéconomique et de soutenir la mise en œuvre du PND 2021-2025. Toujours selon les conclusions de cette mission, les perspectives macroéconomiques demeurent favorables, en dépit des incertitudes liées à la guerre russo-ukrainienne et aux menaces sécuritaires dans le Sahel. Le nouveau Programme économique et financier convenu à l’issue des travaux devrait permettre de consolider la stabilité macroéconomique et de maintenir les notations financières obtenues par le pays. Il devrait aussi permettre de créer un espace budgétaire pour les dépenses sociales essentielles, la sécurité et les besoins d’investissement, a relevé le porte-parole du gouvernement ivoirien. «Les réformes structurelles clés comprennent, notamment, le renforcement de la protection sociale pour les ménages vulnérables, la promotion d’une croissance tirée par le secteur privé et plus inclusive. Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre des réformes structurelles pour améliorer davantage le dynamisme de l’économie», a affirmé M. Coulibaly. Il a également annoncé que ce nouveau PEF, prévu sur la période 2023-2026, sera présenté au Conseil d’Administration du FMI en mai 2023. L’accord prévoit également un appui du Fonds fiduciaire pour la Résilience et la Durabilité (FFRD), en vue d’accélérer les réformes en matière d’adaptation au changement climatique et à la transition énergétique.
La région MENA devrait enregistrer cette année le taux de croissance le plus rapide des six dernières années

Le PIB des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) devrait progresser de 5,2% d’ici la fin de l’année 2022, selon les récentes prévisions de la Banque mondiale. Grâce à la manne des prix dont bénéficient les pays exportateurs de pétrole de la région, le taux de croissance devrait être le plus rapide depuis 2016, a indiqué l’institution internationale dans son dernier bulletin d’information économique pour la région MENA. Dans ce document, intitulé « Confrontation avec la réalité : prévisions de croissance dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord en période d’incertitude», la Banque mondiale a cependant estimé que le PIB par habitant (l’indicateur du niveau de vie des populations) dépassera à peine les taux d’avant la pandémie en raison de performances généralement médiocres en 2020 et 2021. Stimulé par la hausse des prix du pétrole, le PIB par habitant dans les pays du Conseil de coopération du Golfe devrait augmenter de 4,5% en 2022,sans toutefois retrouver son niveau d’avant la pandémie avant 2023, a-t-elle indiqué. Toujours selon les prévisions de l’organisme international, le PIB par habitant des pays exportateurs de pétrole à revenu intermédiaire devrait en revanche augmenter cette année «de 3%, et de 2,4% pour les pays importateurs de pétrole de la région, ce qui ne suffira pas à ramener les conditions de vie des populations à ce qu’elles étaient avant la pandémie». Si ces prévisions se réalisent, la Banque mondiale s’attend à ce que 11 des 17 pays de la région MENA ne retrouvent leur niveau d’avant la pandémie qu’avant la fin de 2022. A propos du taux de croissance annoncé à 5,2%, la Banque mondiale a toutefois fait état, dans son analyse, d’une incertitude accrue entourant cette prévision en raison de la guerre en Ukraine et de la menace continue que représentent les variants de la Covid-19.L’organisme international dit ainsi s’attendre à « une reprise inégale, les moyennes régionales masquant de grandes différences ». Dans son analyse, l’institution financière a prévu que les pays producteurs de pétrole bénéficieront de la hausse des prix du pétrole et des taux de vaccination alors que les pays fragiles sont à la traîne. La Banque mondiale a cependant ajouté qu’elle s’attend à ce que « le resserrement de la politique monétaire mondiale, l’imprévisibilité de l’évolution de la pandémie, les perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement et les hausses des prix des produits alimentaires augmentent les risques d’inflation pour l’ensemble de la région ». «Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines », a ainsi prévenu le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, Ferid Belhaj, persuadé que « les variants de la Covid-19 restent une menace ». Sur l’incertitude liée à la pandémie, notons que seul un tiers des pays à revenu intermédiaire de la région MENA ont des taux de vaccination plus élevés que d’autres pays de niveau de revenu comparable. Selon la Banque mondiale, « en date du 4 avril 2022, avec une moyenne de 75,7%, les pays du Golfe – à l’exception d’Oman qui affiche un taux de vaccination de 57,8% – font nettement mieux que les autres pays dans la même catégorie de revenu ». En revanche, des pays comme l’Algérie et l’Irak n’ont vacciné qu’environ 13 à 17% de leur population, tandis que le Yémen et la Syrie présentent pour leur part « des taux de vaccination à un chiffre, les laissant ainsi plus exposés aux conséquences économiques et sanitaires de la pandémie de Covid-19 dans un futur proche ». Mais ce n’est pas tout. Selon le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, « les risques sont (aussi) exacerbés par la guerre en Ukraine, notamment pour les personnes pauvres qui subissent de plein fouet la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie ». Ferid Belhaj estime ainsi qu’« en ces temps d’incertitude, nous devons faire preuve de réalisme quant aux perspectives de croissance de la région. Pour le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, « gérer cette vague d’incertitude est un défi majeur pour les décideurs, et la Banque mondiale est déterminée à travailler avec les gouvernements de la région MENA en cette période de risques aggravés». Alain Bouithy
Maroc. Le taux de croissance pourrait atteindre 4,8% en 2021

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, s’est exprimé lundi 28 septembre à Rabat, devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants. Comme l’avait annoncé la Chambre des représentants sur son site web, l’audition de l’argentier du Royaume a porté sur «l’état d’avancement de l’exécution des six premiers mois du budget 2020 ainsi que le cadre général de préparation du projet de loi de Finances au titre de l’année budgétaire 2021». Lors de son exposé, Mohamed Benchaâboun a indiqué que l’économie marocaine devrait afficher une croissance de 4,8% en 2021 et se situer à 4,2% en 2022, avant d’atteindre 4,6% en 2023. «Compte tenu du scénario du Fonds monétaire international (FMI) concernant la reprise de l’économie mondiale (+5,2%), en particulier dans la zone euro (5,3%), la croissance économique nationale devrait s’établir à 4,8%», a expliqué le ministre cité par la MAP. Mais en dépit de ces prévisions de croissance bien meilleures que celles de cette année, l’économie nationale devrait cependant rester fragile dans la mesure où l’amélioration attendue de la croissance ne pourrait pas compenser complètement la contraction économique de l’année en cours (-5,8%), rapporte l’agence. En cause : le report de la reprise de certains secteurs, comme le tourisme et les activités connexes, ainsi que la détérioration du marché du travail et des investissements des sociétés, a fait savoir le ministre. Dans son intervention, Mohamed Benchaâboun a aussi annoncé l’accroissement de 11% de la valeur ajoutée agricole. Il a toutefois précisé que cette évolution reste sujette à une récolte céréalière de 70 millions de quintaux (qx) et tient compte des projections du ministère de l’Agriculture qui font état d’une hausse de la production des agrumes (29%) et celle d’olives (14%), relève la même source. Lors de son passage devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, le ministre a également saisi l’occasion pour appeler à la nécessité de mettre en place une politique basée sur l’appui de la relance économique via l’investissement public, le renforcement de l’emploi, le soutien du financement, ainsi que sur l’élaboration de stratégies sectorielles dédiées aux secteurs les plus touchés à travers «le pacte pour la relance économique et l’emploi», selon la MAP. Faisant le point sur l’exécution du budget au titre de l’exercice 2020, le ministre a indiqué que celle-ci a dégagé, à fin août dernier, une baisse des recettes de 13,8 milliards de dirhams, soit 8,8% par rapport à la même période un an auparavant. Soulignons à ce propos qu’au terme des huit premiers mois de l’année en cours, les recettes fiscales, l’impôt sur le revenu (IR), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la taxe à la consommation ont baissé respectivement de 11,5 MMDH (8,3%), 1,9 MMDH, 3,7 MMDH et de 2,5 MMDH. De leur côté, les droits d’enregistrement et timbres et les recettes non fiscales ont reculé de 2,4 MMDH et de près de 2,3 MMDH. Alors que les dépenses ont augmenté de 9 MMDH (5,8%), tandis que les frais d’émission ont régressé à environ 40 MMDH, notant que le taux d’achèvement a atteint 56,4%. Ainsi que l’a relevé Mohamed Benchaâboun, le déficit budgétaire s’est aggravé de 15,8 MMDH et ressortirait à 55,5 MMDH (+25%) hors fonds spécial pour la gestion de la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19). Signalons par ailleurs la baisse des valeurs ajoutées du tourisme, du transport et du commerce qui ont reculé respectivement de 50%, 12% et 9,1%, impactant négativement le produit intérieur brut (PIB) ; et la hausse des crédits bancaires de 29 MMDH durant les sept premiers mois de 2020 ainsi qu’une diminution du taux d’intérêt à 4,58% en moyenne. Alors que l’inflation devrait atteindre 0,6% au terme de cette année et le chômage franchirait les 13% à fin décembre contre 12,3% actuellement. Si l’on en croit le ministre, la situation devrait s’aggraver du fait de la pandémie qui ferait perdre 10.000 emplois par jour. Concernant les défis de la loi de Finances de l’année 2021, le ministre a indiqué que les priorités relatives à son élaboration nécessiteront des dépenses supplémentaires de l’ordre de 33 milliards de dirhams (MMDH). Il s’agit notamment de l’opérationnalisation des Hautes Orientations Royales (14,6 MMDH), de la mise en priorité des secteurs de la santé et de l’éducation (5 MMDH) et de la gestion des dépenses incompressibles (13,6 MMDH), selon la MAP. Alain Bouithy
Le taux de croissance demeure insuffisant pour réduire les inégalités et le chômage (Maroc)

Le Maroc a réalisé un taux de croissance moyen de 4% par an au cours des dix dernières années. Cependant, ce taux demeure inférieur à la moyenne observée dans les pays émergents, a indiqué le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaaboun. « L’analyse de la croissance économique nationale confirme l’engagement du Maroc sur la voie de la modernisation et de la diversification de sa base productive », a d’emblée déclaré le ministre lors du 13ème Colloque international des finances publiques qu’il a présidé ce week-end à Rabat. « Cela a été rendu possible grâce à une stratégie de pilotage qui s’est avérée concluante en termes de renforcement de la confiance du système productif et de l’attractivité de notre économie et en matière de sauvegarde des équilibres fondamentaux des finances publiques », a-t-il expliqué. Mohamed Benchaaboun en veut pour preuve le fait que plusieurs « actions engagées se sont traduites par l’amélioration relative des marges de manœuvre budgétaires de l’Etat, lui permettant de maintenir le dynamisme de l’investissement public et d’accompagner la mise en œuvre des stratégies sectorielles et des programmes sociaux». Au cours de cette rencontre internationale, placée sous le thème « Quelles finances locales au Maroc et en France dans un monde en mutation ? », le ministre a toutefois concédé que le rythme de croissance moyen enregistré depuis 10 ans demeure « modeste et insuffisant pour réduire les inégalités sociales et spatiales et le chômage des jeunes, notamment dans un contexte mondial marqué par les tensions économiques et sociales ». La situation est telle que « Sa Majesté le Roi Mohammed VI a rappelé notamment dans le discours du Trône de 2019, qu’il est temps pour le pays de reconsidérer son modèle de développement pour le mettre en phase avec l’évolution que connaît le Royaume», a-t-il relevé. En vue de remettre le Maroc sur la voie d’une croissance plus forte et durable, Mohamed Benchaaboun a rappelé les principales initiatives prises par le gouvernement dont l’élaboration des schémas directeurs de déconcentration qui visent « le transfert du centre aux services déconcentrés, des prérogatives de nature décisionnelle et celles devant faire l’objet de délégation, avec le transfert en conséquence des ressources humaines et matérielles nécessaires », a-t-il précisé. Parmi les autres actions évoquées, il y a la mise en œuvre d’une véritable politique de territorialisation des politiques publiques en cohérence avec les objectifs assignés au chantier de la régionalisation avancée ; l’adoption en 2015 des lois organiques qui définissent le partage des prérogatives entre chacune des composantes de l’organisation institutionnelle et administrative du Royaume ainsi que l’aboutissement de la réforme des centres régionaux d’investissement devant désormais constituer un levier majeur de facilitation des projets d’investissement. Mohamed Benchaaboun a également relevé que le gouvernement est en train de mettre en place un projet de loi-cadre relatif à la réforme de la fiscalité et qu’en vue de surmonter les difficultés vécues par les entreprises, «nous avons apporté tout l’appui et le soutien nécessaires au tissu économique en termes d’amélioration du climat des affaires et de facilitation de l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) et des très petites entreprises (TPE) aux financements bancaires et à la commande publique dans le cadre du projet «Small Business Act»». En outre, le ministre a estimé que le gouvernement a honoré les engagements pris vis-à-vis des entreprises, notamment en ce qui concerne les délais de paiement et le remboursement de la TVA. Par ailleurs, au niveau de la restructuration du portefeuille de l’Etat, «des contrats-programmes sont finalisés ou en préparation. Ils visent la révision des modèles économiques et institutionnels de certains établissements et entreprises publics, la rationalisation de leurs dépenses et la cession de certains actifs», a-t-il poursuivi. Mais au-delà de tous les efforts consentis par les pouvoirs publics, comment imaginer des finances locales en phase avec les nouvelles orientations ? s’est interrogé Mohamed Benchaaboun. « Il y a quelques années encore, on pensait que la gouvernance des finances locales était moins une question de moyens qu’une question de modèle et d’outils de gestion. Au vu des changements auxquels nous assistons, il semble que la question des moyens reprend ses droits », a-t-il fait remarquer relevant que cela ne doit pas occulter le modèle ou les outils de gestion pour autant. « Aujourd’hui plus qu’avant, les ressources financières sont une denrée rare. Cela est vrai pour les collectivités locales autant que pour l’Etat. Il s’agit aujourd’hui de gérer cette rareté et de faire preuve d’innovation et imaginer de nouvelles sources de financement », a fait savoir le ministre assurant que la répartition optimale entre le national et le local améliorerait l’efficacité de l’action locale et répondrait mieux aux préoccupations de développement global du pays. Dédié à la réflexion et au partage autour de la thématique des finances publiques, le Colloque international de Rabat a été organisé par le ministère de l’Economie et des Finances en partenariat avec l’Association pour la Fondation internationale de finances publiques avec le soutien de la Revue française de finances publiques. Alain Bouithy
Economie : Le taux congolais de croissance du PIB en 2017 pourrait atteindre 1%.

Le Comité monétaire et financier de la République du Congo s’est réuni, sous la présidence du ministre des Finances, du budget et du portefeuille public, Calixte Nganongo et de son homologue du Plan, Olga Ebouka-Babakas et du gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, le 15 mars à Brazzaville a noté sur la base des projections effectuées par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), que le taux de croissance du PIB de la République du Congo, se redresserait en terme réels à 1, 0% cette année, contre -2,1% en 2016, a rapporté un communiqué parvenu à la rédaction de PagesAfrik. Le comité a, à cette occasion, adopté les objectifs monétaires et de crédit de la République du Congo pour l’année en cours et pris connaissance des décisions des instances de la Commission Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) et la Commission bancaire d’Afrique Centrale (COBAC). Selon des estimations, le taux de croissance du PIB s’est établi au niveau de -2, 1% en 2016 contre 2,8% en 2015. Ce recul résulte essentiellement des contreperformances du secteur primaire, sous l’effet de la baisse de la production pétrolière. Ce secteur primaire, précise le communiqué, demeurerait le principal moteur de cette croissance, en raison du rebond attendu de la production pétrolière, avec l’entrée en production du champ Moho Nord. Concernant l’évolution des prix, le comité a relevé qu’en fin décembre 2016, les tensions inflationnistes s’étaient accentuées, avec un taux au-dessus du seuil communautaire. Des perturbations du trafic routier et ferroviaire entre les villes de Brazzaville et Pointe-Noire du fait de la situation dans le département du Pool, en seraient la cause. La situation monétaire est, quant à elle, caractérisée par une baisse de la masse monétaire, reflétant une évolution contrastée de ses composantes et de ses contreparties avec notamment une augmentation du crédit intérieur et la chute des avoirs extérieurs nets. En conséquence, le taux de couverture extérieure de la monnaie s’est contracté à 49, 9%, après 71, 2% en 2015. Malgré cette conjoncture difficile, les banques ont globalement maintenu leurs équilibres financiers. Elles ont enregistré, à la fin de l’année dernière, une baisse de leurs dépôts de 14,4% et une hausse des crédits à l’économie de 8,7%. La couverture des crédits par les dépôts est ressortie à 112,2% contre 133, 4%, un an auparavant. Au niveau du marché des capitaux, l’activité a été marquée par un recours progressif des banques au refinancement de la Banque centrale et par l’émission du premier emprunt obligataire de l’Etat congolais, d’un montant initial de 150 milliards souscrit à hauteur de 129, 0%, au taux de 6,5% par an.