Littérature : Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah présente deux pièces de théâtre et un recueil de poèmes à Brazzaville

Littérature : Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah présente deux pièces de théâtre et un  recueil de poèmes à Brazzaville

L’écrivain Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah venu de Pointe-Noire a présenté, le 10 août 2018 à Brazzaville, deux pièces de théâtre (« Tout ou rien », « Mon patron n’est pourtant pas un blanc » et un recueil de poèmes, « L’Ailleurs ». Ces trois ouvrages ont été respectivement présentés par les écrivains Florent Sogni Zaou, Alphonse Chardin N’kala et Pierre Tsémou. Pour Sogni Zaou, l’auteur dénonce dans « Tout ou rien », des antivaleurs et prône l’amour agapè, désintéressé, sans frontière. Il aborde dans ce livre de quatre-vingt-neuf pages les questions liées à l’égalité des sexes, à la guerre, au terrorisme et à la politique. Pour le critique littéraire, avec cette pièce, c’est la mort déclarée de certaines bassesses de ce monde comme le tribalisme, le régionalisme, l’injustice, pourquoi pas le parti pris. Pour lui, l’auteur invite les occupants de la terre, tous ceux qui ont un mot à dire dans ce monde à l’amour. Il précise que les trois personnages de ce livre, monsieur «Tout», madame «ou» et monsieur «Rien» chantent l’amour, l’amour qui se préoccupe de tout, qui bannit la discrimination, octroie l’hospitalité, fait montre de tolérance; l’amour qui repousse le mal, qui fait le bien, l’amour et tout ou rien. Ce livre, a conclu le critique Sogni Zaou, mérite d’être lu en ce qu’il dénonce les antivaleurs tout en donnant la place aux valeurs. Il affirme que l’auteur fait une démonstration de son désir de construction d’un monde où ne règne que l’unité nationale, un monde juste, dans lequel tout le monde s’accepte sans regarder ni à gauche ni à droite, un monde dans lequel tout un chacun peut crier d’une seule voix vive le monde. Prenant le parole, Alphonse Chardin Nkala, directeur départemental du Livre et de la lecture publique de Pointe-Noire, écrivain, a fait la lecture critique du recueil de poèmes, « L’Ailleurs ». Ce livre de quarante poèmes reposant sur quatre-vingt-cinq pages, édité en avril 2018 aux éditions LMI porte la préface de Boniface Mongo Mboussa. Pour lui, trente-deux sur quarante des textes de ce livre sont illustrés, pour la plupart, par des photos de l’auteur seul ou accompagné par quelques gens illustres des lettres du Congo mais il y a aussi les photos où l’auteur est accompagné d’autres gens peu ou pas du tout connus. « L’Ailleurs » est une œuvre double qui exige et peut développer des compétences à la fois de lecture littéraire et de lecture d’images. Lewa Let associe dans son livre la poésie et l’image. « L’Ailleurs » contient des textes d’une très grande qualité, par ce que ce n’est pas tout le monde qui arrache la signature de ces grands messieurs de lettres africaines, a signifié Alphonse Chardin Nkala. Parler de l’ailleurs, a-t-il dit, conduit à l’altérité, c’est-à-dire à cet autre endroit qui n’est pas ici, cet autre lieu différent de celui dans lequel on se tient. Dans ce livre, l’ailleurs est loin de constituer un motif de dépaysement, plutôt que l’auteur on est obsédé. Ce livre est un vrai ailleurs. Avec cet ouvrage, on voyage par ce que l’ailleurs de l’autre est un ailleurs, conclut Alphonse Chardin Nkala. Dans « Mon patron n’est pourtant pas un blanc », un ouvrage de cinquante pages, Pierre Tsémou a démontré que l’auteur le peint en trois tableaux et douze personnages se succèdent dans cette œuvre. Le livre relate l’histoire d’un homme riche qui se prend pour un blanc avec le complexe de la couleur de la peau, manque du respect à son domestique qu’il prend pour une sale vermine, un pauvre nègre. Ce dernier va jusqu’ à maudire ses propres géniteurs pour le crime de l’avoir engendré avec cette peau de nègre. Il les repousse comme des vulgaires mendiants et les fait chasser par son domestique, déclarant de ne plus porter le patronyme de son père et ayant désormais la nationalité française. Après tous ses mauvais comportements, une série de malheur tombe sur lui et ne sait plus où donner de la tête. Cette cérémonie de dédicace été organisée par le Pen centre Congo Brazzaville, la Librairie les Manguiers, l’Association Culture Elongo, prix des cinq continents. Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah est dramaturge, poète et essayiste, metteur en scène, directeur artistique de la Compagnie autopsie théâtre. Il est aussi auteur de deux recueils de poèmes, « Apocalypse » et le « Jalon ». Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah est récipiendaire du prix international de poésie Tchicaya-Utam’si de 2001et 2003 ainsi que du prix Tchikounda de meilleur écrivain. Il a représenté en 2017 le Congo et l’Afrique centrale au 35ème congrès de l’Institut international de théâtre en Espagne dont il en est le président national au Congo. Florent Sogni Zaou

Littérature : «Vumuk’ ! Ma part de souffle», un recueil de poèmes de Florent Sogni Zaou

Littérature : «Vumuk’ ! Ma part de souffle», un recueil de poèmes de Florent Sogni Zaou

L’écrivain congolais Florent Sogni Zaou vient de signer en cette fin du troisième trimestre de l’année 2015, aux éditions Bajag-Méri en France, un recueil de poèmes intitulé «Vumuk’ ! Ma part de souffle». Ce recueil contient une quarantaine de textes et reposent sur 64 pages. Il est le premier pas de cet auteur dans le monde de la poésie. Cette œuvre est subdivisée en quatre parties dédiées chacune à une personnalité occupant une place importante dans son cœur. La première titrée «Nkachi kand» ou chef de famille, est dédiée au poète Jean Blaise Bilombo Samba à qui Omer Massem avait déjà consacré un recueil intitulé «Ne plus voir» pour exprimer sa douleur de voir cet éminent poète perdre la vue au moment où il a encore beaucoup à donner. La seconde portant le titre «Kotukanu» ou réveillez-vous, évoque les relations que l’auteur entretient avec un jeune poète de l’océan, Xavier Dianga Mabika, à qui il soumet ses textes pour une première lecture critique. La troisième a pour sous-titre «Vumukanu» ou Respirez. C’est une manière de reconnaître les fruits de l’amitié. Il est réservé à son ami Germain Tchibinda et la quatrième salue l’amour qu’il a pour sa l’une de ses sœurs aînées, Marie Blanche Makaya «Ya Soungou». Le livre est porté par une belle couverture de couleur verte sur du papier glacé. Sur la quatrième de couverture, on lit une brève biographie de l’auteur qui est né à Pointe-Noire en 1957. Il est journaliste l’Agence Congolaise d’Information (ACI) où il a successivement été Chef de section à plusieurs reprises, chef du service économie et société et rédacteur en chef. Ouvrant ce recueil, le professeur Omer Massoumou qui en signe la préface écrit : «Au moment où la poésie congolaise commémore le soixantième anniversaire de sa naissance, Florent Sogni Zaou prend l’acte d’écrire comme une vanité qui réactualise, tant d’années après, la thématique de l’oppression des peuples mais cherche à se situer dans un univers apaisé. Historiquement, dans l’espace panafricain, l’écriture de la souffrance reste marquée par des poètes comme Léon Gontran Damas, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor qui avaient permis à la Négritude d’être». Selon le préfacier, le poète, dramaturge, essayiste et romancier Florent Sogni Zaou convoque une blessure initiale restée béante. Il estime que le caractère elliptique et fragmentaire des vers n’est que le signe d’une mémoire vacillante qui ne se souvient pas de tout et qui tente de sauver de l’oubli des mots avec des visages d’un territoire où ont survécu des hommes résistants. La dissonance et la vacuité du sens auxquelles recourt parfois le poète, triomphent par moment de la volonté du lecteur à vouloir s’identifier aux réalités d’écrites. De même, l’adéquation entre les mots et l’histoire se dérobe pour laisser émerger une ambivalence sémantique garantissant à la parole poétique sa polysémie, sa véhémence, son audace. Vumuk’ ! Ma part de souffle, est une manière pour l’auteur de revisiter cette problématique existentielle en décryptant la violence dont est victime l’homme noir. L’auteur s’affirme aussi comme un «Africain d’âme» et un «Africain d’être» qui s’insurge contre ces rejetons de la terre/Qui font saigner le soleil et les traces de l’histoire donnent lieu à des bribes de poésie qui réactualisent des lieux de mémoire et dénoncent l’esclavagisme. Dans la postface, Rémy Mongo Etsion, estime que ce recueil de poèmes vêtus de moult sonorités musicales et dramatiques est un extraordinaire hymne éternel au fécond sens de l’amitié. «Florent Sogni Zaou, ton nectar poétique chante dans les champs de la douleur à exorciser, une ballade à un réconfort perpétuel, une ode à l’extrême urgence de l’acte de vivre à tout prix, quel qu’en soit le coût», écrit-il à la page 62. Florent Sogni Zaou a déjà dans sa gibecière une pièce de théâtre (L’homme d’affaires) publié en 2004 aux éditions Ngouvou Académie Sonyka ; de deux romans (Les goyaves amères et La saison des chenilles) en 2011 aux éditions Bajag-Méri et en 2013 à l’Harmattan-Congo ; deus essais (What a free press means to me et La liberté de la presse au Congo Brazzaville) en 2000 et en 2014 aux éditions WPFC aux Etats-Unis et à L’harmattan-Congo) ainsi que trois nouvelles publiés dans des journaux. Prodeo Baptiste