CHAN-2024. La RDC rugit face à l’Angola et s’invite à la finale du Groupe A !

Double championne du CHAN, la RD Congo a frappé fort jeudi soir au Moi International Sports Centre de Nairobi en s’imposant avec autorité 2-0 face à l’Angola, lors d’une soirée qui pourrait bien lancer les Léopards A’ vers les quarts de finale du CHAN TotalEnergies PAMOJA 2024. Deux coups de casque signés Jephté Kitambala et Jonathan Mokonzi en seconde période ont scellé une victoire précieuse, propulsant les Congolais dans une bataille à quitte ou double face au Maroc ce dimanche. Plus tôt dans la journée, les Lions de l’Atlas ont dominé la Zambie 3-1, posant ainsi les bases d’un choc décisif entre deux géants du continent. L’Angola, de son côté, quitte la compétition sans avoir marqué le moindre but. Une Première Mi-Temps Sous Haute Tension Dès le coup d’envoi, l’enjeu était clair : l’Angola devait impérativement gagner pour espérer continuer l’aventure, tandis que la RDC savait qu’une victoire la rapprocherait des quarts. Les 45 premières minutes ont offert des occasions des deux côtés. Beni Jetour et Kaporal ont tenté leur chance pour les Palancas Negras, mais le portier congolais Brudel Efonge a veillé au grain. Côté congolais, Kitambala a forcé Neblú à une belle parade, tandis que Matobo et Kabwit ont flirté avec l’ouverture du score. Malgré l’intensité et quelques frissons, rien n’a été marqué avant la pause. Le Réveil des Léopards ! Le match a basculé dès le retour des vestiaires. À la 58e minute, Âgée Basiala délivre un bijou de coup franc au cœur de la surface : Kitambala surgit et place une tête subtile au ras du poteau. 1-0, les Léopards rugissent enfin ! Piqué au vif, l’Angola réagit en multipliant les changements offensifs : Jó Paciência, Mafuta, Gogoró font leur entrée pour renverser la vapeur. Vidinho passe tout près de l’égalisation d’une tête à bout portant mais Efonge sort un arrêt réflexe de grande classe. Et alors que les Angolais poussent, c’est la RDC qui frappe à nouveau. Nouveau centre millimétré de Basiala sur corner, Mokonzi jaillit au premier poteau et double la mise à la 70e minute. Clinique. 2-0. L’Angola S’effondre, La RDC Tient Bon Dans le dernier quart d’heure, les hommes de Pedro Gonçalves jettent toutes leurs forces dans la bataille. Mais ni Jó Paciência, ni Lépua, ni Kinito ne trouvent la faille. La finition fait cruellement défaut. Neblú, entré en cours de match, évite une addition plus salée avec une superbe envolée sur une frappe de Matobo, mais le mal est fait. En défense, Osée Ndombele et Lolendo Mansanga verrouillent l’arrière-garde congolaise avec autorité. Aucun frisson de fin de match pour les Léopards, qui tiennent leur victoire avec sérieux et maîtrise. Basiala, le Maestro des Phases Arrêtées S’il fallait un homme du match, ce serait lui : Âgée Basiala. Deux passes décisives sur coups de pied arrêtés, deux gestes parfaits qui ont changé le destin du match. Kitambala et Mokonzi ont brillé à la finition, mais c’est bien le pied chirurgical de Basiala qui a fait la différence. Une arme redoutable pour la suite du tournoi. Un Duel Explosif à Venir : Maroc vs RDC Place maintenant au grand rendez-vous : dimanche, Maroc et RDC s’affrontent dans un choc qui promet d’être électrique. Le vainqueur s’ouvrira les portes des demi-finales. Dans l’autre rencontre, le pays hôte, le Kenya, croisera la Zambie pour arracher le dernier billet du Groupe A. Suspense, intensité et rêves de titre : le CHAN 2024 entre dans sa phase décisive, et les Léopards sont plus affamés que jamais ! Caf
RDC. Face aux cadres de l’Union Sacrée, Le Président Félix Tshisekedi lance un appel à la cohésion et à l’unite nationale

En sa qualité de la Plus Haute Autorité Morale de sa plateforme politique l’Union Sacrée de la Nation (USN), le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a réuni, samedi 2 août en début de soirée, les cadres de ladite plateforme. Cette réunion à laquelle ont participé une trentaine des membres du présidium s’est déroulée au siège de l’USN dans la commune de Gombe. Selon le Secrétaire permanent de l’USN, le professeur André Mbata Betu Kumesu, plusieurs sujets ont été abordés au cours de cette importante réunion à savoir : le rappel de la nécessité de la cohésion au sein de l’USN, l’appel à l’unité nationale, les différentes victoires diplomatiques décrochées par la République Démocratique du Congo (RDC) et l’annonce d’un nouveau gouvernement. Le Secrétaire permanent de l’USN s’est réjoui de la présence du Chef de l’Etat au siège de leur plateforme politique afin de rencontrer les cadres de la Majorité.« Le Chef de l’État a, d’entrée de jeu, insisté sur sa vision de l’USN : rassembler les Congolaises et les Congolais de tous bords autour de lui pour travailler ensemble et bâtir au cœur de l’Afrique un pays puissant et une nation prospère », a rapporté M. Mbata Betu Kumesu. Poursuivant son intervention, M. Mbata a affirmé que le Chef de file de l’USN a martelé sur l’unité et la cohésion au sein de la majorité présidentielle : « la cohésion est nécessaire pour aider le Président Félix Tshisekedi à remplir la vision qui est la sienne. Nous lui avons promis de rester unis, de travailler ensemble pour le renforcement de la cohésion au sein de la plateforme et au niveau de la nation. » Concernant les différentes victoires de la RDC, le Secrétaire permanent de l’USN a indiqué que « le Chef de l’État a fait part de ses efforts diplomatiques qui ont abouti finalement à ce que le Conseil Sécurité des Nations Unies adopte la résolution 2773 ». Les membres du Présidium, comme un seul homme, ont félicité leur plus haute autorité à ce sujet. Toujours dans le registre diplomatique, le Présidium de l’USN a promis de soutenir les différents accords que la RDC a signés, si ces derniers arrivaient au Parlement. « Nous, comme Union sacrée, majorité au niveau de l’Assemblée nationale et du Sénat, nous allons ratifier les accords de Washington parce que ces accords vont dans le sens du renforcement de la cohésion nationale et du recouvrement de notre intégrité territoriale », a indiqué le Professeur Mbata. Abordant le sujet sur la formation du prochain gouvernement dont la publication est imminente, le Secrétaire permanent de l’USN a dit que « la majorité de l’Union sacrée va soutenir totalement le gouvernement qui sera mis en place dans les heures qui viennent ». Pour lui, « ce futur gouvernement va travailler dans l’intérêt de notre peuple et contribuer activement à la matérialisation de la vision du Président de la République. » Au terme de cette rencontre, le Présidium de l’USN a réitéré sa loyauté à son Chef. Sur les 40 membres composant la structure dirigeante de cette plateforme politique, 30 ont répondu présents parmi lesquels la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le Président du Sénat Sama Lukonde, quelques ministres et élus, leaders de l’USN. Les 10 autres étant en mission en dehors de Kinshasa.
RDC/ Page d’histoire : QUI EST LE COLONEL JUSTIN KOKOLO ?

RETRO. Né dans le Mayombe le 23septembre 1913, Justin Kokolo a eu 10 enfants dont cinq fils et cinq filles. En 1936, il s’est enrôlé dans la force publique à Mbanza-Ngungu puis il est allé à l’Equateur où sa femme l’avait rejoint en 1940. Il est allé en guerre de 1940 à 1945 laissant son épouse et ses enfants. Il fut Adjudant fantassin avant l’indépendance. De la tribu Yombe. Après l’indépendance de la RDC, le Président Kasa-Vubu le nomma comme de chef de sa sécurité rapprochée. Justin Kokolo fut doté d’une force physique impressionnante, et un vaillant soldat. Quatre jours seulement après la proclamation de l’indépendance, soit le 4 juillet 1960, survint une mutinerie au sein de la Force publique, ce qui amènera le jeune gouvernement congolais à crée l’Armée nationale Congolaise (ANC), sous le commandement des officiers congolais. Suite à cette décision, l’Adjudant Justin Kokolo fut promu au grade de Lieutenant-Colonel le 8 juillet 1960. En principe, en tant qu’un des anciens Adjudants congolais de la Force publique, il aurait pu occuper les fonctions de commandant en chef ou chef d’état-major de l’ANC. Mais le Président Kasa-Vubu se contenta de nommer commandant du Camp Léopold II (actuel Camp Kokolo), le 8 juillet 1960, dans la mesure où ce fut le plus grand camp des fantassins au Congo à l’époque. Il aurait fallu le placer directement dans le commandement de l’Armée. Le Président Kasa-Vubu jugea que sa position du commandant de camp suffisait et laissa la latitude au 1er Ministre Lumumba de nommer Lundula comme le commandant en chef, et Mobutu comme chef d’état-major général de l’ANC. En juillet 1960, le Lt-Col Justin Kokolo fut dépêché en mission à Luluabourg (Kananga) et à Elisabethville (Lubumbashi) avant le début de la sécession. En guise de réaction, Moïse Tshombe lui demanda d’informer les autorités du gouvernement central de Léopoldville (Kinshasa) de ne point se rendre au Katanga, sous peine d’arrestation. Le Lt-col Kokolo fut un officier très proche du Président Kasa-Vubu comme le fut le colonel Mobutu auprès du 1er Ministre Lumumba. C’est ainsi qu’il (Kokolo) reçut la délicate mission de se rendre à l’intérieur du pays en vue de tenter de calmer les soldats hostiles au gouvernement central. Le 21 Novembre 1960, le Lt-Col Kokolo reçut l’ordre du chef d’état-major, le col Joseph Mobutu, de dépêcher un détachement militaire à l’ambassade du Ghana à Léopoldville afin de procéder à l’expulsion de Nathaniel Welbeck, le chargé d’Affaires ad intérim du Ghana, accusé d’ingérence dans les affaires intérieures du Congo, contrairement au respect des usages et règles diplomatiques entre les Etas, et pour avoir manifesté sa tendance pro-Lumumba. En fait, le diplomate Ghanéen était devenu » un politicien congolais de nationalité Ghanéenne ». Rappelons que c’est la dispute sur l’officialisation de la délégation congolaise envoyée à l’ONU qui fut à l’origine de ce conflit. La délégation du Président Kasa-Vubu fut conduite par le Commissaire général aux Affaires étrangères, Justin Marie Bomboko, tandis que la délégation du premier Ministre Lumumba fut conduite par Thomas Kanza. Avant que le Lt-Col Kokolo ne se rende à l’ambassade du Ghana, le commissaire général de l’Intérieur, José Nussbaumer, avait reçu l’ordre de mettre en exécution la décision du Président Kas-Vubu déclarant le chargé d’Affaires a.i Ghanéen persona non grata. En réalité, il revenait au commissaire des Affaires étrangères, Justin Marie Bomboko d’exécuter ce décret. Ce dernier étant en ce moment à New-York, il revenait à son Adjoint, Ernest Kashemwa de l’exécuter. Et non au commissaire de l’Intérieur ! José Nussbaumer se rendit personnellement à l’ambassade du Ghana en menaçant Nathaniel Welbeck de quitter le Congo dans 24 heures. Ce dernier ne l’entendit pas cette oreille, étant donné que le Ghana ne reconnaissait pas le gouvernement des Commissaires généraux en lieu et place du gouvernement légal de Patrice Lumumba. Suites à ces menaces, l’Onu renforça la sécurité de l’ambassade du Ghana avec les troupes Tunisiennes. En face de l’ambassade du Ghana campaient les éléments de la Police militaire congolaise, commandés par Henri Ngampo. Lorsque le Lt-Col Kokolo se rendit le 21 novembre 1960 avec 200 fantassins à l’ambassade du Ghana, il fut déterminé d’arrêter Nathaniel Welbeck, et de pénétrer dans l’enceinte de l’ambassade. Mais il avait oublié que selon les normes diplomatiques, l’ambassade du Ghana était un territoire Ghanéen, et que les troupes Ghanéennes et Tunisiennes ne pouvaient pas lui permettre d’y pénétrer. Suite à cette confusion, il y eut échange de tirs et le Lt-Col Kokolo fut atteint à la poitrine et décéda sur le champ. En guise de riposte, les troupes congolaises répliquèrent, entraînant les coups de feu durant toute la journée. Le gouvernement Ghanéen envoya le commandant en chef de leur Armée, le général Henry Alexander afin d’exfiltrer Nathaniel Welbeck. Conformément à la volonté de son gouvernement qui ne voulait pas l’effusion du sang, Nathaniel Welbeck accepta enfin de quitter le Congo. Le décès du Colonel Kokolo avait consterné beaucoup de Congolais à Léopoldville (Kinshasa), et avait par conséquent attisée l’animosité des éléments de l’ANC à l’égard de Patrice Lumumba, dans la mesure où à cette époque, les Baluba, Bangala, et Bakongo étaient majoritaires dans l’Armée. Le 28 novembre 1960, de grandioses funérailles présidées par le Président Joseph Kasa-Vubu eurent lieu au Camp Léopold et le même jour le président Joseph Kasa Vubu décida de rebaptiser le camp Léopold en CAMP KOKOLO qui va immortaliser sa mémoire jusqu’à ce jour. Par Germain Nzinga
Plus de 300 civils tués par les rebelles du M23 en juillet 2025 à Rutshuru (HCDH)

Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont tué au moins 319 civils, dont 48 femmes et 19 enfants, en juillet 2025 dans l’Est de la RDC, a déclaré mercredi 6 août, Volker Turk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH). Il a condamné ces violences, appelant les parties au conflit à épargner les civils. Il s’agit de l’un des bilans les plus élevés recensés dans ce type d’attaques depuis la résurgence du M23 en 2022, selon Volker Turk. Les crimes documentés ont été commis entre les 9 et 21 juillet dans quatre villages du territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). La plupart des victimes étaient des agriculteurs locaux qui campaient dans leurs champs pendant la saison des semis. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a condamné également les attaques contre les civils perpétrées par d’autres groupes armés, comme la CODECO ou encore les ADF. Ces derniers sont accusés d’avoir massacré au moins une quarantaine de civils chrétiens lors d’une attaque à Komanda, en Ituri, le 27 juillet dernier. Volker Türk a par ailleurs appelé les parties aux conflits dans l’Est de la RDC à épargner les civils et à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire. Radio Okapi
Lutte contre la traite des personnes : Mme Yelu Mulop a fait le point sur les avancées en Rdc

Ce mercredi 30 juillet 2025 au Palais de la Nation, Madame Chantal Yelu Mulop, Coordonnatrice du Service spécialisé du Chef de l’État en charge de la Jeunesse, Lutte contre les Violences faites à la Femme et la Traite des Personnes, a, au nom du Président de la République, présidé une séance de travail en marge de la célébration de la Journée internationale de la lutte contre la traite des êtres humains. Pour cette année, le thème choisi est : « La traite des êtres humains est un crime organisé – en finir avec l’exploitation ». Selon plusieurs intervenants, la traite des êtres humains est à la fois un fléau et un crime contre la dignité humaine. Ainsi, mettre fin à l’exploitation sous toutes ses formes et à la traite des êtres humains est une responsabilité commune qui sollicite un engagement collectif. Mme Mulop est revenue sur les avancées qu’enregistre la République Démocratique du Congo (RDC) en matière de la lutte contre la traite des personnes, sous toutes ses formes, entre autres le trafic des êtres humains, le trafic des organes et la mendicité forcée, depuis l’avènement du Président Félix Tshisekedi qui le prend à cœur. « En 2019, le Chef de l’État a créé une agence à la Présidence qui s’occupe de la traite. En 2022, on a pu avoir une loi sur la traite et on a pu mettre en place des systèmes de référencement. » Sur la liste des avancées, Mme la Coordonnatrice a souligné la diminution sensible des cas d’exploitation des enfants qui travaillant dans les mines sans être payés et des mariages précoces. « La RDC a quitté la watch list des États-Unis d’Amérique (USA) qui reprend les pays qui ne se conforment pas pleinement aux normes minimales de la loi américaine sur la protection des victimes de la traite des personnes. » Présente à cet événement, l’Ambassadrice des USA en RDC, Lucy Tamlyn, a mis un accent sur l’apport de son pays dans la lutte contre la traite des personnes au Congo malgré la complexité du défi surtout dans la partie Est. « Nous espérons qu’avec notre soutien pour le processus de paix, on peut arriver à un moment où c’est possible pour le gouvernement de regagner l’autorité de l’État dans l’Est et aussi commencer à vraiment travailler là-dessus », a-t-elle fait savoir. La diplomate américaine a précisé que son pays ainsi que le Président Donald Trump restent des partenaires fiables et sont engagés à mettre fin au conflit de plus de trente ans de guerre entre le Rwanda et la RDC. Partie prenante à cette activité, la Cheffe de mission de l’Organisation internationale des migrations (OIM), Alexandre Simpson, a indiqué que beaucoup de progrès ont été réalisés ces dernières années grâce aux efforts fournis par la Présidence via la Coordonnatrice Chantal Mulop, mais aussi la législation qui a été promulguée. « À l’aide de nos programmes menés conjointement avec les autres agences des Nations unies et le gouvernement de la RDC, des solutions durables sont en phase d’être trouvées en faveur des personnes déplacées devant retourner sur leur territoire d’origine. » Pour clôturer ce moment, les participants ont été conviés à passer en revue plusieurs tableaux exposés abordant les travaux et mariages forcés, la prostitution forcée, le recrutement forcé, l’adoption illégale et la souffrance dans la prostitution. Depuis 2014, la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains, anciennement Journée mondiale de la dignité des victimes et de la traite d’êtres humains, est organisée le 30 juillet de chaque année. L’événement de ce jour a réuni de nombreuses personnalités parmi lesquelles le Directeur général du Fonds de lutte contre le crime organisé (FOLLUCO), Moro Mukota Muteba, ainsi que quelques leaders d’opinions congolais parmi lesquels des artistes et des influenceurs.
En République démocratique du Congo (RDC), réévaluer les incitations fiscales peut favoriser la croissance et l’équité

En République démocratique du Congo (RDC), la rationalisation des incitations fiscales pourrait améliorer l’efficacité des politiques fiscales et ouvrir la voie à de futures baisses de taux d’imposition, tout en garantissant des ressources adéquates pour le développement et les dépenses sociales, selon le dernier rapport sur la situation économique de la Banque mondiale pour la RDC, publiée aujourd’hui. Le rapport intitulé «Réévaluer les incitations fiscales : le rendez-vous manqué des promesses de croissance et d’équité » souligne le taux de croissance du PIB élevé de 6,5 % atteint en 2024, soutenu par des activités minières dynamiques, notamment dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. Malgré l’un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique, ce chiffre reste légèrement inférieur à la moyenne de 7,9 % enregistrée entre 2021 et 2023. Même avec cette forte croissance, le rapport souligne que la réduction significative de la pauvreté et la création d’emplois restent limitées. La stabilité macroéconomique a été maintenue grâce à la discipline budgétaire et à l’absence de financement monétaire du déficit. L’inflation, bien qu’encore élevée, a chuté à 8,6 % en juin 2025. Le potentiel de développement de la RDC demeure important, avec des perspectives économiques positives. La section spéciale du rapport examine les incitations fiscales, en se concentrant sur leur évolution et leur impact. Les recettes fiscales de la RDC représentent 12,5 % du PIB, contre une moyenne de 16 % en Afrique subsaharienne. Selon le rapport, les incitations fiscales entraînent un manque à gagner d’environ 5 % du PIB — soit un tiers des recettes fiscales totales ou trois fois le budget du secteur de la santé — tout en apportant des bénéfices minimes aux ménages vulnérables. « La RDC possède un énorme potentiel économique. Pour parvenir à une croissance inclusive et durable, le pays doit accroître ses recettes intérieures, rationaliser les incitations fiscales et investir dans les services sociaux ainsi que dans les infrastructures », a déclaré Albert Zeufack, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé-et-Principe. Pour relever ces défis et mobiliser davantage de ressources pour la croissance, le rapport recommande de simplifier la politique fiscale, d’harmoniser les taux d’imposition, de remplacer les incitations fiscales basées sur le profit par des incitations basées sur les coûts, et d’améliorer la transparence et l’évaluation de ces incitations.
La défaite congolaise à Doha

TRIBUNE. Les négociations de Doha ont été un rude terrain de bataille diplomatique au même titre que les guerres qui se déroulent à l’Est du pays, à la seule différence qu’à Goma et à Bunagana, les chars et canons ont été mis à contribution ( hard power) tandis qu’à Doha, c’est le pouvoir des négociations et des stratégies intellectuelles ( soft power) qui a été mis en place pour tenter de se neutraliser mutuellement. Et ce combat des gladiateurs qui s’est déroulé en plusieurs rounds, chacun a cru en tirer des dividendes mais à degrés bien différents. En lisant attentivement la déclaration de principes de Doha, le premier couac est avant tout la nature de cette déclaration. Elle n’est qu’une déclaration de principes c’est-à-dire qu’elle met en avant juste les convictions et les principes fondamentaux qui sous-tendent une approche ou une position. Elle consiste juste à annoncer des INTENTIONS pouvant précéder des actions plus structurées ou des engagements. Elle ne lie pas encore les parties signataires comme le ferait un accord. D’où sa fragilité et sa réversibilité éventuelle. Que gagne la partie congolaise à cette étape? Pas grand-chose. Tout bien pesé, le pouvoir congolais s’est renié à Doha par rapport à ses premières exigences de ne JAMAIS mais alors JAMAIS rencontrer dans un tête-à-tête les rebelles M23/AFC. Ce fameux « JAMAIS » martelé à longueur des journées dans des médias publics confronté tout récemment à son opposé de Doha décrédibilise le pouvoir qui est forcé de se dédire, faute d’une armée structurée et équipée pour imposer de l’ordre et de la sécurité sur son territoire. Par contre, tout connaisseur des arcanes de la guerre de l’Est voit, derrière la déclaration de Doha, les victoires arrachées par l’AFC/M23, notamment : 1. L’AFC/M23 qui est reconnue comme « Partie prenante à la crise » face au régime de Kinshasa ; 2. L’AFC/M23 qui cesse d’être considérée comme supplétive du Rwanda et du coup il n’ a plus de raison d’accuser encore le Rwanda comme pays agresseur du Congo. On conforte la thèse d’après laquelle le conflit congolais qui se solde par la mort des millions des victimes congolaises est une affaire CONGOLO-CONGOLAISE 3. Ceci dit, contrairement aux dispositions du protocole 1173 et au processus de Nairobi, L’AFC/M23 ne sent plus nullement contrainte à un quelconque retrait du territoire conquis ; 4. Et c’est ici où les bâts blessent car la RDC et le Rwanda se font deux lectures très différentes de cet accord des principes. Contrairement aux déclarations du porte-parole du gouvernement congolais, Kigali dénonce une “désinformation flagrante” de Kinshasa. Le Rwanda dénonce une manipulation des faits par le gouvernement congolais au sujet du processus de retrait du M23. Dans un tweet ferme ce dimanche , le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a accusé le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, de « désinformation flagrante du public ». En cause : des propos tenus par Muyaya lors d’une émission sur Top Congo FM, affirmant que le retrait des M23 s’inscrirait dans le même esprit que le Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM), prévu par l’Accord de Washington signé le 27 juin 2025. « Le JSCM est un mécanisme exclusivement bilatéral entre la RDC et le Rwanda. Il ne concerne que la neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives du Rwanda. L’AFC/M23 n’y est nullement impliquée », a réagi le chef de la diplomatie rwandaise. Il rappelle que la question du M23 est traitée séparément, dans le cadre du dialogue prévu par la Déclaration de Principes de Doha. Cette feuille de route mise en place grâce à la médiation qatarie prévoit de « s’attaquer aux causes profondes du conflit » pour permettre un « règlement efficace » du dossier M23, une fois l’autorité de l’État rétablie. Kigali accuse ainsi Kinshasa de brouiller volontairement les lignes entre deux cadres distincts : le mécanisme de sécurité bilatéral d’une part, et le processus politique avec le M23 d’autre part. QUE CONCLURE ??? Deux observations à faire : 1) La véritable brouille post-Doha vient de la stratégie de Kigali très acculé il y a un mois et qui est en train de se redresser en se servant de ces négociations de Doha comme une bouée de sauvetage pour faire avancer ses pions, pour tenter de se dédouaner de ses responsabilités dans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RDC. Subtilement et avec un grand tact politique, Kigali est en train de se libérer des contraintes du protocole de Nairobi et de Luanda qui étaient en faveur de la partie congolaise. 2) Je suis avec une grande attention les arrestations successives des proches du président et j’espère vraiment que ce n’est pas le fruit d’une manipulation orchestrée par les ennemis de la République pour mieux isoler le président congolais avant de lui assigner le coup fatal. Depuis le début de cette saga diplomatique, je n’ai aucune confiance à la bonne foi de Washington qui semble jouer le jeu du Rwanda. Cet acharnement de la Maison Blanche sur les proches du président congolais, tout en épargnant ceux qui orchestrent réellement ces scénarios sombres, constitue en soi tout un message diplomatique à déchiffrer avant la signature de l’Accord RDC-RWANDA, avant que la partie congolaise n’y aille la corde au cou. Par Germain Nzinga
RDC : la semaine du soft power religieux

TRIBUNE. Cette semaine finissante, nous avons assisté à l’entrée du religieux dans l’arène politique. Plusieurs délégations religieuses se sont fait parler d’elles à la radio et la télévision nationales sans que le petit peuple ne s’aperçoive qu’il s’agit bien là du déploiement du soft power, de ce pouvoir doux, un concept utilisé en relations internationales pour indiquer la capacité d’un État ( ici les USA) à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur, mettant en oeuvre une stratégie d’influence. Il utilise des moyens pacifiques avec le but de convaincre les autres acteurs des relations internationales d’agir ou de se positionner dans un sens donné. C’est le cas de l’usage de la culture, des alliances interetatiques ou encore cette fameuse mission dite de diplomatie spirituelle de la délégation américaine au palais de la nation un peu pour « envoûter’ la partie congolaise et à lui faire miroiter une paix illusoire. Dans ce post, vous aurez l’opportunité de voir le défilé des sorties médiatiques des groupes religieux américains, ougandais et congolais à la présidence congolaise. Il vous appartient à vous de cogiter pour en établir un lien logique. 1. Dimanche 13 juillet 2025 Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, en sa résidence officielle du Mont Ngaliema, a reçu une délégation des pasteurs américains membres du Bureau de la foi de la Maison-Blanche. Conduite par le Pasteur Travis Johnson, le Directeur adjoint du Bureau de la foi de la Maison-Blanche, cette délégation a fait savoir au Chef de l’État qu’elle se félicite de l’Accord de paix signé entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, sous l’égide de l’administration Trump. « Nous prions à côté du peuple congolais pour que la paix règne sur toute l’étendue de la RDC », a déclaré le Pasteur Johnson. Il fut prévu un Culte Œcuménique International placé sous le haut patronage du président Tshisekedi pour vivre, selon leurs termes, un moment fort de communion, de louange et d’intercession où les serviteurs de Dieu des Etats-Unis et de la RDC uniront leurs voix pour invoquer la paix sur la nation. 2. Lundi 14 juillet 2025 Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu un groupe de pasteurs venus d’Ouganda, conduit par Dr. Robert Kayanja, pasteur personnel du président Yoweri Museveni, et l’archevêque *Évariste Ejiba Yamapia*, président de l’Église de réveil (Église de réveil) au Congo. Les discussions ont porté sur la paix et l’économie. Au cours de la rencontre, qui s’est déroulée dans son bureau du Mont Ngaliema, les discussions ont porté sur la paix dans l’Est du Congo (RDC), la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs, et la croissance économique par l’agriculture. Dans ses mots de remerciement, le *Pasteur Dr Robert Kayanja* a remercié Dieu et le chef de l’État Il a également parlé du grand rassemblement que l’évangéliste et prophète américain Benny Hinn ( un autre américain) prévoit d’organiser prochainement à Kinshasa. Le président Tshisekedi aurait donné son autorisation et son soutien au projet. La date de cette réunion sera annoncée prochainement. 3. Mercredi 16 juillet 2025 L’Alliance des autorités traditionnelles et coutumières pour le Grand Congo (AATCC) a engagé une action en justice contre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). Son président, Emmanuel Lemba-Lemba, accompagné de ses collègues, a déposé ce mercredi 16 juillet une plainte au parquet près de la Cour de cassation contre ces deux confessions religieuses. L’AATCC reproche à la CENCO et à l’ECC d’avoir initié le processus de paix en usurpant le pouvoir coutumier, en violation de la Constitution, notamment son article 207, alinéa 4. 4. Jeudi 17 juillet 2025 Dans une politique de la souris de ronger le talon en soufflant dessus, le pasteur Dodo Kamba entrera dans la danse en allant rendre une visite auprès de la CENCO et de l’ECC qui sont pleine préparation du dialogue national. Objectif : neutraliser la CENCO avant qu’elle ne devienne l’épine dorsale dans le pied du régime, à la veille d’un dialogue national décisif sur le Pacte Social pour la Paix. QU’EN DÉDUIRE ??? Je fais cinq constats majeurs. 1. Pendant que l’accord de Washington prend du plomb dans l’aile et que l’Ouganda ouvre délibérément les frontières congolaises sous l’administration de l’AFC/M23, les yankees semblent vouloir placer le président congolais sous anesthésie spirituelle. Pour ce faire ils ont accéléré deux leviers de diplomatie douce : une délégation venant de Washington et une autre de l’Ouganda, chacune œuvrant au bureau du Chef de l’Etat respectif mais obéissant aux ordres américains. 2. Le même pouvoir américain invoque la paix avec deux standards différents selon qu’il veut la paix pour Israël ou pour la RDC. En Israël il envoie les chasseurs américains et en RDC des Évangélistes. 3. À travers des poursuites en justice de la CENCO et de l’ECC , je crois voir une main invisible derrière l’Alliance des autorités traditionnelles et coutumières pour le Congo. Leur Chef d’accusation contre la CENCO / ECC, c’est d’avoir lancé une initiative de paix en empiétant sur les prérogatives des autorités coutumières, en violation de la Constitution. On a vraiment envie d’en rire sauf qu’on observe que derrière ce chef d’accusation, la volonté du pouvoir en place de rendre INCLUSIF le dialogue national en y intégrant les églises de réveil et les autorités coutumières. 4. Pourquoi les églises de réveil et les chefs coutumiers ??? Parce qu’eux roulent pour le pouvoir et serviront de vigiles et de contrepoids pour faire pencher le dialogue au profit de leur mécène. Regardez bien : il est en voie de se répéter le schéma lors de l’élection du président de la CENI en 2021 lorsque le quota gonflé des églises de réveil ( au nombre de 10) avait MINORISÉ la CENCO ( une voix) et l’ECC ( 1 voix). Ce schéma permettra au pouvoir de contrôler le processus en sa faveur. 5. Vous aurez alors tout compris de la récente visite du pasteur Dodo au siège de la CENCO.