RDC. Procès Constant Mutamba : verdict reporté à une date ultérieure

Alors que le verdict du procès de Constant Mutamba était attendu ce mercredi 27 août et que le décor était déjà planté, la Cour a annoncé son report à une date ultérieure. Les juges estiment ne pas être encore prêts à rendre leur arrêt. La tension était palpable ce mercredi autour de la Cour de cassation, située dans la commune de Gombe à Kinshasa. La Police nationale congolaise a déployé un impressionnant dispositif sécuritaire en prévision du verdict dans le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi pour tentative de détournement de 19 millions USD. À l’intérieur de la salle d’audience, les avocats de la défense, les proches du prévenu et de nombreux curieux avaient pris place dans l’attente du jugement. À l’extérieur, des dizaines de policiers maintenaient le périmètre de sécurité dans un calme relatif. La veille, le procureur général avait publié un communiqué interdisant toute manifestation, notamment celles des personnes arborant des effigies ou scandant des slogans en faveur du prévenu. « Quiconque oserait menacer les magistrats sera arrêté par la police », a averti le ministère public. Constant Mutamba est accusé d’avoir tenté de détourner 19 millions USD destinés à la construction d’une prison moderne à Kisangani. Le ministère public a requis : De son côté, le prévenu a plaidé non coupable, dénonçant un « complot politique » visant à l’écarter de la scène nationale. Ses avocats ont demandé son acquittement au bénéfice du doute, contestant la solidité des preuves présentées. Radio Okapi
Sassou à Kinshasa : pour un mariage à la diplomatie dans une région en recomposition ( lecture en 4 minutes)

La nouvelle cartographie logistique et sécuritaire qui se redessine dans la sous région depuis l’arrivée de Trump, augure des mauvais jours pour Brazzaville. Ainsi, le 23 août 2025, M. Sassou a crû gagner un jackpot en assistant au mariage de Patrick Ngele et Christina Tshisekedi, fille et collaboratrice de Félix Tshisekedi. Peine perdue. L’accueil de M. Sassou par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et non par le président Tsisekedi ni même par la Première ministre, se lit comme un palimpseste protocolaire qui suscite déjà une interrogation sur les relations entre les deux voisins du fleuve Congo. Le contexte est tout sauf placide. D’un côté, Kinshasa revendique désormais un alignement assumé avec les USA et a accepté un « accord de paix » (parrainé par Washington) avec Kigali en juin 2025. La fragilité de cette initiative attribuée à l’entregent direct de Trump a été mise en évidence par la persistance des violences de l’AFC/M23 et des massacres rapportés ensuite à l’Est. De l’autre, Kigali demeure une puissance sécuritaire structurante en Afrique centrale (CAR, Mozambique), ce que reconnaissent la documentation onusienne, les centres de recherche et la presse internationale. Côté Brazzaville, les liens politiques avec Kigali se sont resserrés depuis les accords Léonins de 2022 dont celui sur la cession des terres dénoncé officiellement en juin 2025 par l’État congolais sous pression du peuple qui attend toujours le texte de confirmation de la caducité. Ce dernier épisode est le signe d’une tentative de recalibrage sous la pression politique intérieure et régionale. Dans ce climat, la présence de Sassou à Kinshasa ressemble à un geste de réassurance ou, pour ses critiques, à une « Canossa » diplomatique : rechercher la photo d’unité chez un voisin qui diversifie ses dépendances et réorganise ses routes de sortie. L’option Kribi–Zongo via la RCA discutée par Kinshasa et Yaoundé aux mois de mai-juin 2025 matérialise cette logique de désenclavement par redondance : réduire la sensibilité au corridor fluvial face à Brazzaville, et développer une échine logistique alternative vers l’Atlantique. Corridors, armements et accords secrets Le corridor Kribi–Zongo (Cameroun – RCA – Nord-RDC) s’inscrit dans un moment charnière dès l’instant où la RDC multiplie les options (Banana, Lobito, et désormais Kribi via la RCA). La sélection d’un itinéraire terrestre via la RCA est lisible comme une volonté de marginalisation de Brazzaville dans la chaîne d’exportation du Nord-RDC. C’est une rupture stratégique à coûts mutualisés avec le Cameroun. Une enquête OCCRP documente des achats massifs d’armes par le Congo-Brazzaville auprès de l’Azerbaïdjan (plus de 500 tonnes livrées depuis 2015, dont plus de 100 tonnes en 2020 pour la Garde républicaine). C’est attesté et recoupé médiatiquement. Des sources proches recoupent la réédition avec de nouveaux stocks qui seraient acquis « pour le compte du Rwanda » qui devraient être acheminés par un pont aérien avec le concours de Françoise Joly (à vérifier). Sur le front RDC-RCA, l’accord de coopération militaire du 18 octobre 2024 prévoit renseignements, formations et opérations conjointes le long des 1 600 km de frontière (Bas-Uélé, Nord-Ubangi). L’accord s’inscrit à contre-courant de l’emprise sécuritaire croissante de Kigali en RCA (déploiements bilatéraux RDF, rôle de protection VIP, créneaux économiques), et entend colmater une partie des débordements (UPC, CPC, flux d’armes). C’est cohérent avec la volonté de Kinshasa de diminuer son exposition aux proximités politico-sécuritaires de ses voisins. En juin-août 2025, plusieurs médias américains (Reuters, Washington Post, WSJ) décrivent un cadre de désescalade « américano-parrainé » entre Kigali et Kinshasa. Mais, la cinétique sur le terrain (massacres imputés à des forces affiliées M23/AFC et recul de trêves locales) relativise la portée immédiate de ces annonces. Cela ressemble aux accords politiques au sommet, résilience des violences au sol. Lecture stratégique : « Canossa », sécurité percluse et fenêtres d’action Sassou « va à Canossa »? Certainement. En choisissant Kribi-Zongo, en serrant les liens militaires avec Bangui, et en validant une ingénierie diplomatique américano-angolaise avec Kigali, Kinshasa diversifie ses leviers et recompose ses dépendances. Brazzaville perd une partie du levier logistique implicite que lui conférait la proximité fluviale et l’intermédiation bilatérale, d’où la tentation de réafficher la proximité au plus haut niveau – fût-ce par la symbolique familiale : le Congo « prend de l’eau » de toutes parts, notamment dans les services de sécurité qu’il faut réformer en urgence et de fond en comble. Certes, nous reviendrons sur l’aspect sécuritaire dans notre publication feuilleton consacrée à la défense et la sécurité, mais il sied de dire ici et maintenant que ce voyage de Kinshasa a saigné le trésor public, et a été un véritable camouflet couvert par l’invitation laissée à Félix Tshisekedi de venir assister au mariage de Junior Omar. Brazzaville doit inciter à réoptimiser son rôle de pivot de transit (services, valeur ajoutée logistique) que de miser sur la seule rente de voisinage. Cela passe par un réaménagement de la gouvernance et surtout des départements régaliens : Justice, Affaires étrangères, Défense, Intérieur. Le 23 août 2025 n’est pas qu’un cliché. C’est le miroir d’une transition : Kinshasa qui diversifie, Bangui qui se couvre, Kigali qui projette et pendant ce temps, Brazzaville ne se réajuste pas. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE
KINSHASA 27 AOÛT 2025 : TRIPLE SCENARIO APRÈS LE VERDICT SUR CONSTANT MUTAMBA

POINT DE VUE. C’est connu de tous que l’ancien ministre de la Justice est poursuivi pour tentative de détournement de 19 à 20 millions USD, destinés à la construction d’une prison à Kisangani. Le ministère public a requis 10 ans de travaux forcés et 10 ans d’inéligibilité. MUTAMBA nie toute implication et parle d’un complot politique. Ce mercredi 27 août 2025 sera prononcé le verdict contre l’accusé Constant Mutamba, l’ex-Ministre de la justice et garde des Sceaux. Les partisans de Constant MUTAMBA se sont encore massivement mobilisés ce mardi 26 août 2025 dans les rues de la capitale à moto en signe de solidarité. Et ce soir ils font la veillée devs t sa résidence dans l’attente du verdict des juges. Trois scénarios sont à l’ordre du jour. SCÉNARIO numéro 1 : La Cour de Cassation mise sous grande pression politique et celle de la communauté internationale prononce son verdict en innocentant l’illustre accusé. Le camp de ce dernier jubile et ceux qui, pour des intérêts qui leur sont propres, ont délibérément voté pour la levée de son immunité grincent les dents tout comme les barrons du pouvoir judiciaire qui s’en trouvent publiquement humiliés par la libération de celui qui les a dénudés durant son mandat ministériel. SCÉNARIO numéro 2 : La Cour de Cassation prononce sa condamnation en demandant dix ans de travaux forcés et d’inéligibilité. Déception générale mais l’ordre formel du procureur général de ce mardi 26 août fait à la police nationale d’empêcher tout regroupement des pro-Mutamba empêche tout débordement populaire. Pour votre gouverne, porter un T-shirt ou un calicot avec le visage de Constant Mutamba à Kinshasa sera désormais considéré comme une infraction ce mercredi. Oser chanter son nom sera directement passible d’une arrestation et d’un jugement en flagrance ! La police a reçu l’ordre d’interpeller toute personne qui va oser troubler le verdict aujourd’hui. SCÉNARIO numéro 3 : La Cour de Cassation prononce sa condamnation en requérant dix ans de travaux forcés et d’inéligibilité. La condamnation de Mutamba se transforme alors en une bombe à fragmentation. La colère gronde dans la rue kinoise au regard du traitement plutôt clément vis-à-vis d’autres pilleurs de la République qui sont encore aux postes de commande et la jeunesse kinoise éprise d’affection pour la lutte de Mutamba contre la maffia politico-judiciaire ayant pris ses racines dans la capitale congolaise décrète une ville morte comme cela a été annoncé ce mardi soir sur les réseaux sociaux ou encore, par un raz-le-bol généralisé contre ce pouvoir corrompu, entame un soulèvement populaire que les forces de l’ordre peinent à contenir. Celles-ci tirent à balles réelles sur les manifestants et la mort d’hommes exacerbe encore davantage les tensions sociales qui font vaciller le pouvoir en place. Quoi qu’il en soit, cette journée de mercredi sera chargée d’électricité et s’ouvre à toutes les probabilités. Si j’étais à la place du décideur, je prendrais plus de prudence à cautionner un procès par trop politisé. L’analyse des données en place me pousse à croire que, dans pareil contexte explosif, toute force répressive de la police pourra s’orienter à agir comme de l’essence jetée sur le feu. Wait and see ! Par Germain Nzinga
Arrivé fin mandat, l’ambassadeur du Congo en RDC a été reçu par Le Président Felix Tshisekedi

Ce mardi à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a accordé une audience à Monsieur Cyprien Sylvestre Mamina, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Congo (Brazzaville), venu lui faire ses adieux officiels au terme de sa mission diplomatique de trois ans en République Démocratique du Congo (RDC). « Il a plu au Président de la République du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, de me confier d’autres missions. Donc, je suis au terme de mon mandat en RDC », a déclaré M. Cyprien Sylvestre Mamina, à l’issue de son entretien avec le Chef de l’État. Revenant sur les relations liant la RDC au Congo-Brazzaville, le diplomate congolais a rassuré : « les relations entre nos deux Chefs d’État et nos deux pays sont excellentes. » Monsieur Cyprien Sylvestre Mamina a saisi cette occasion pour remercier le Président de la République ainsi que le peuple congolais (RDC) pour l’hospitalité et le soutien dont il a bénéficié tout au long de son mandat. Pour sa part, le Chef de l’État a salué le travail accompli par l’Ambassadeur Mamina qu’il a reçu plus d’une fois durant son mandat et a réaffirmé l’engagement de la RDC à poursuivre et à approfondir la coopération avec la République du Congo.
RDC : 15 ans de prison requis contre des officiers FARDC pour tentative de coup d’État

Le ministère public a requis, lundi 25 août, des peines sévères à l’encontre de plusieurs officiers supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), accusés d’avoir orchestré une tentative de coup d’État contre le président Félix Tshisekedi. Lors d’une audience publique tenue devant la Haute Cour militaire à la prison de Ndolo, le parquet militaire a demandé 15 ans de servitude pénale principale et la destitution pour sept officiers, dont le général de brigade Ericsson Bakati, le lieutenant-colonel Gervais Malaji, les majors Paluku, Jean-Marie Kasereka, Philippe Mambolo, ainsi que les lieutenants Kakule et David Lusenge. Le ministère public a également sollicité des peines réduites de 3 ans de prison pour le colonel André-Jean Nyenze et Alphonse Kasereka, en raison de leur coopération avec la justice et de la délinquance primaire du second. Le parquet a toutefois demandé l’acquittement de certains prévenus, estimant que les faits leur reprochés n’étaient pas suffisamment établis. Contexte des faits Les accusations remontent au mois d’avril, lorsque quarante officiers ont été filmés, dans un hôtel de Bandalungwa, à Kinshasa, proclamant la fin du régime en place et annonçant la prise du pouvoir. Cette vidéo, largement diffusée, a conduit à leur arrestation et à l’ouverture d’un procès retentissant. Radio Okapi
Pour la CNC, la réquisition de la peine de mort contre Joseph Kabila est un refus du processus de Doha par le pouvoir de l’Union sacrée souillée

La réquisition de la peine de mort contre Joseph Kabila pour le dossier AFC-M23 est un signe du refus du processus de Doha par le pouvoir de l’Union sacrée souillée en RDC Comme nous l’avons souligné dans notre message du 31 juillet 2025, la Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) estime que la réquisition de la peine de mort contre Joseph Kabila, ancien Président de la République Démocratique du Congo (RDC), pour le dossier AFC-M23, est un signe clair du refus de processus de Doha par le pouvoir de l’Union sacrée souillée de Mr Félix Tshilombo Tshisekedi. Le processus de Doha va demeurer dans l’impasse jusqu’à son échec final. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) est pour une justice équitable et non pour la théâtralisation et l’instrumentalisation de la justice. La Coalition pour un Nouveau Congo(CNC) est très attachée à une justice équitable rendue dans des normes acceptables au niveau international. L’ancien Président Joseph Kabila est un justiciable comme tout le monde. Il n’est donc pas au-dessus de la loi. Mais quand des poursuites doivent être menées contre un ancien Président de la République, la justice doit être rendue de manière juste, équitable et exemplaire pour que cela serve de témoignage et de leçon pour l’histoire aux acteurs politiques et au Peuple Congolais. Et cela parce que c’est la première fois qu’un procès est ouvert contre un ancien Chef d’Etat dans notre pays. Dans la forme, ce procès contient beaucoup de lacunes qui peuvent être utilisées par le camp Joseph Kabila pour parler de la théâtralisation et de l’instrumentalisation de la justice dans le dessein d’éliminer politiquement et physiquement un concurrent ou un adversaire politique. Ce procès rapide et instrumentalisé va entamer davantage l’unité et la cohésion nationales dans la recherche de la paix en RDC. Le pouvoir de l’Union sacrée souillée compte sur l’implication des Etats-Unis d’Amérique pour mettre fin au processus encombrant de Doha. Le pouvoir de Kinshasa a-t-il une nouvelle option pour récupérer les territoires occupés par L’AFC-M23 ? N’allons-nous pas tomber dans un piège insensé de balkanisation de fait de notre pays ? Il ne faut rien attendre. Il nous faut une révolution pour sauver notre pays. La CNC va accélérer sa campagne pour une véritable révolution tricolore en République Démocratique du Congo pour le départ maîtrisé du pouvoir de Mr Félix Tshilombo Tshisekedi La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) a déjà décrété une révolution de l’article 64 de la Constitution pour une transition nationale de la justice et de la paix sans Félix Tshilombo Tshisekedi. La CNC ne cesse de soutenir l’engagement personnel du Président Donald TRUMP pour l’avènement de la paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Elle continue d’appuyer toutes les différentes initiatives qui vont dans ce sens, comme le Pacte social de la CENCO et de l’ECC. Il est clair aujourd’hui que seule une révolution du Peuple Congolais permettra d’établir les vraies conditions d’une paix durable et d’une véritable prospérité. Il nous faut une transition sans Mr Félix Tshilombo Tshisekedi pour mettre fin définitivement à la grave crise congolaise. Ce dernier n’a plus rien à proposer au Peuple Congolais, à part la liste impressionnante de corrompus et de voleurs des ressources de l’Etat de son groupe. La Coalition pour un Nouveau Congo (CNC) demande à toutes les forces vives congolaises de se mettre debout maintenant avec la CNC pour une révolution tricolore de la justice et de la paix en RDC devant conduire à une transition sans Félix Tshilombo Tshisekedi. Ainsi fait à Kinshasa, le 25 août 2025 Pour la Coalition pour un Nouveau Congo Bonaventure MUTONJI WA MUTONJI Chargé de relations internationales
La Belgique veut remettre le conflit militaire de la RDC dans l’agenda de l’Union Européenne

En tournée politique et humanitaire dans 4 pays de l’Afrique centrale et orientale, le vice-Premier ministre, ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévôt, a été reçu ce mardi à la Cité de l’Union africaine par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi. À l’issue de leur entretien de près de deux heures, M. Prévot a réaffirmé l’engagement ferme de la Belgique, et plus largement de l’Union européenne (UE), dans les efforts de paix menés par la République Démocratique du Congo (RDC). Sur un ton grave, il a en substance déclaré que la Belgique veut remettre le conflit militaire de la RDC dans l’agenda européen. « La Belgique reste extrêmement préoccupée par les atrocités qui se déroulent dans l’Est du Congo. Nous avons salué, comme il se doit, les efforts réalisés par Washington et Doha pour pouvoir esquisser les pourtours d’une paix potentielle dont la population a urgemment besoin », a déclaré le VPM belge. Selon lui, malgré les efforts diplomatiques en cours, il subsiste encore un grand décalage entre les intentions couchées sur papier et la réalité du terrain. « Le mois qui s’est écoulé depuis la signature est probablement l’un des mois le plus meurtrier », a regretté M. Prévot. « Il y a toujours trop de violences, trop de viols, trop de tueries. Il y a des problèmes humanitaires qui restent criants. Il y a motif à avoir toujours d’énormes préoccupations par rapport à la situation dans l’Est du Congo où on voit du reste le M23 s’installer, organiser sa propre administration, son propre appareil de justice, remplacer les chefs coutumiers, se comporter finalement comme si le territoire était devenu leur État. Ce n’est pas acceptable ! », a-t-il souligné. Le Chef de la diplomatie belge a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de rester mobilisée sur la situation dans l’Est de la RDC. Dans ses propos, Maxime Prévôt relève que « la Belgique a toujours été une grande défenderesse des principes du droit international, en ce y compris, évidemment, de l’intégrité des territoires et de la souveraineté des États, ce qui n’est actuellement pas du tout garanti ni respecté dans la partie orientale de la RDC ». Au-delà du rôle des acteurs régionaux et internationaux, Maxime Prévot a encouragé l’impulsion d’un dialogue national à l’intérieur de la RDC. Il a estimé qu’en complément des démarches externes, il était essentiel d’envoyer des signaux internes forts en faveur de la paix et de la stabilité. Le patron de la diplomatie belge a souhaité pouvoir remettre la question de la situation humanitaire dramatique dans l’Est du Congo à nouveau dans l’agenda des futurs conseils européens des Affaires étrangères pour que ce ne soit pas finalement une situation passée sous silence au motif que l’initiative a été prise par les États-Unis et le Qatar. Au sujet justement des Processus de Washington et de Doha, M. Prévôt a fait savoir qu’il s’agit « des initiatives louables, des initiatives que nous soutenons parce que nous voulons croire à la bonne foi de l’ensemble des partis qu’il s’agisse de la RDC et du Rwanda pour œuvrer à une paix qui est indispensable à obtenir de manière rapide et durable dans l’Est du Congo, et les Européens doivent rester vigilants sur cette situation. » Cette deuxième visite du ministre des Affaires étrangères belge en RDC, en l’espace de 4 mois, s’inscrit dans un double volet politique et humanitaire en Afrique centrale. Après Brazzaville, Kinshasa et Lubumbashi, M. Prévôt va poursuivre sa tournée au Kenya pour y évoquer la crise humanitaire en Ethiopie. Le ministre belge était accompagné de l’Ambassadrice du Royaume de Belgique en RDC, de l’Envoyé spécial belge pour les Grands Lacs, Marc Pecsteen, et de son Conseiller pour l’Afrique, Thomas Stevens.
Benelux : l’ambassade de la RDC indignée après l’interpellation musclée d’une Congolaise à Bruxelles

L’ambassade de la République démocratique du Congo au Benelux a vivement condamné, vendredi, l’interpellation musclée d’une mère de famille d’origine congolaise à la Gare du Nord à Bruxelles en Belgique, par les agents de sécurité du rail belge (Securail), a-t-on appris de source diplomatique. « L’ambassade de la République démocratique du Congo au Benelux a appris avec stupeur que des personnes, dont une mère de famille d’origine congolaise venue de Norvège et disposant de son passeport en règle et de son titre de voyage, ont fait l’objet, le vendredi 8 août, d’une intervention musclée et d’un comportement inapproprié de la part des agents de Securail commis à la Gare du Nord de Bruxelles », a écrit Christian Ndongala Nkunku, ambassadeur de la RDC, sur son compte X. À la suite de cette interpellation musclée, la représentation diplomatique congolaise à dit condamner ces agissements des agents de sécurité de la Société nationale des chemins de fer belge (SNCB) et suivre avec attention l’évolution de cette affaire qui est entre les mains des autorités compétentes belges. Les agents de Securail ont souvent défrayé la chronique pour leurs méthodes d’arrestation souvent violentes. Une manifestation citoyenne est prévue ce vendredi à la Gare centrale de Bruxelles afin de dénoncer la réaction souvent disproportionnée et inadaptée des agents de Securail. Une vidéo consultée par l’agence Belga montre les deux agents plaquant violemment au sol deux dames noires, venues de Norvège, après les avoir accusées d’être en possession de faux papiers. La fille de la victime a dénoncé une « humiliation gratuite », tout en rapportant que l’un des agents aurait déclaré : « Ici, ce n’est pas la Norvège, nous sommes en Belgique ». Pour rappel, plusieurs pays de l’Union européenne ont réintroduit les contrôles aux frontières depuis l’adoption, le 24 mai dernier, d’une réforme du Code Schengen afin de « lutter contre l’immigration clandestine ». Ce qui ne dédouane pas les agents de l’utilisation d’une violence gratuite envers des personnes supposées étrangères. ACP