Nouveau rapport sur l’impact du changement climatique sur la santé mondiale | Foundation S – Africa-Europe Foundation
D’éminents experts dans les domaines du changement climatique et de la santé, des ministres des pays touchés et des dirigeants d’ONG ont publié un rapport appelant à une action collective urgente pour aider les pays à risque à s’adapter aux effets dévastateurs du changement climatique sur la santé, alors que les dirigeants se réunissent à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies. La crise climatique constitue la menace la plus importante pour la santé humaine au XXIe siècle, l’Organisation mondiale de la santé estimant que, si aucune mesure d’atténuation n’est mise en place, le changement climatique pourrait entraîner une surmortalité de 250 000 personnes par an entre 2030 et 2050. Dans un contexte d’urgence climatique croissante, Foundation S et the Africa-Europe Foundation ont convoqué le Collective Minds Climate Council pour souligner la nécessité urgente de renforcer l’adaptation au changement climatique menée par les communautés, en mettant en garde contre les conséquences humanitaires et économiques dramatiques si aucune action n’est entreprise. Le rapport, intitulé « Accelerating Climate Adaptation for Health Equity » (Accélérer l’adaptation au changement climatique pour l’équité en matière de santé), décrit les actions urgentes qui doivent être entreprises dès maintenant pour améliorer la résilience sanitaire, notamment : [Professeur Alan Dangour, Directeur Climat et Santé chez Wellcome Trust, a déclaré : « Où que ce soit dans le monde, les communautés qui sont souvent les moins responsables du changement climatique en subissent les conséquences les plus importantes, sur leur santé, leur bien-être et leurs moyens de subsistance, tandis que les effets du réchauffement climatique deviennent de plus en plus dévastateurs. Le rapport d’action publié aujourd’hui met en évidence l’importance critique de placer les communautés locales au centre de la prise de décision et des solutions visant à renforcer la résilience nécessaire pour faire face au changement climatique. Nous avons pour objectif de faire progresser les réflexions audacieuses sur l’adaptation au changement climatique, afin de stimuler l’apprentissage et l’amélioration continus pour trouver des solutions équitables. Il est temps d’agir. »] [Vanessa Kerry, Envoyée Spéciale de l’OMS pour le changement climatique et la santé, Directrice Générale de Seed Global Health et membre du Collective Minds Climate Council, explique : « Le monde est littéralement en feu, la crise climatique nous tue. Des actions urgentes, décisives et collectives sont nécessaires au niveau mondial, national et infranational pour accélérer l’adaptation locale. Cette approche est essentielle pour minimiser efficacement les impacts du changement climatique sur la santé, leurs conséquences profondes ultérieures sur d’autres secteurs, et pour construire un avenir sain et résistant au climat. Sinon, nous serons confrontés à un avenir dans lequel notre santé, notre bien-être et notre survie même seront en péril. »] [Vanina Laurent-Ledru, Directrice Générale de Foundation S, indique : « La crise climatique est une crise sanitaire. Des actions collectives urgentes sont nécessaires, maintenant, pour nous adapter à ses effets dévastateurs. Le Collective Minds Climate Council est l’aboutissement des efforts de Foundation S pour réunir un groupe diversifié d’experts mondiaux afin de plaider en faveur de ces actions urgentes. En tant que conseil, nous dirigeons les initiatives visant à mettre à disposition des données probantes concrètes sur les solutions locales efficaces, à soutenir et à financer des programmes d’adaptation au changement climatique dirigés localement, à accélérer la modification des politiques en faveur de l’adaptation au changement climatique et à veiller à ce que les communautés les plus vulnérables du monde entier renforcent leur résilience sanitaire dans le but, à terme, de sauver des vies. »] Cet appel à l’action intervient lors de la 78è session de l’Assemblée générale des Nations Unies au cours de laquelle Foundation S, en partenariat avec Foreign Policy et the Africa-Europe Foundation, organisent aujourd’hui un événement de haut niveau pour lancer son rapport d’action opportun – soulignant la nécessité d’aller au-delà des efforts d’atténuation et de placer en priorité l’adaptation dirigée par les communautés locales pour renforcer la résilience sanitaire au changement climatique. Les intervenants à l’événement comprennent Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, Anil Soni, Directeur général de la Fondation de l’Organisation mondiale de la santé, et Dr Vanessa Kerry, Envoyée Spéciale de l’OMS pour le changement climatique et la santé. Bien que les pays à revenu faible ou intermédiaire contribuent le moins au changement climatique, ils sont les plus touchés par ses conséquences. Certains pays d’Afrique, dont les émissions de CO2 sont inférieures à 4 %, disposent de ressources insuffisantes pour s’adapter. Le fait de négliger ces communautés vulnérables augmentera les maladies, exacerbera l’insécurité alimentaire et la précarité de l’approvisionnement en eau, ce qui contribuera aux déplacements forcés. En réalité, les menaces écologiques risqueraient de forcer 1,2 milliard de personnes à se déplacer, d’ici 2050. [Paul Walton, Directeur général d’Africa-Europe Foundation et membre du Collective Minds Council, déclare : « Nous devons agir ensemble. Il existe actuellement un mouvement en faveur de la création de nouveaux partenariats transformateurs pour faire face à la crise climat-santé. Notre capacité à collaborer et à transcender les interventions traditionnelles spécifiques aux différents secteurs sera cruciale. Pour l’Africa-Europe Foundation, la remise en question des cloisonnements est au cœur de notre mission et nous nous engageons à débloquer des investissements et à étendre l’impact des investissements pour l’adaptation au changement climatique, la résilience sanitaire conservant une position centrale. » Un nouveau film avec les membres du Collective Minds Council dont la ministre Awa Marie Coll Seck, le ministre d’État du Sénégal, le directeur Climat et Santé du Wellcome Trust, Alan Dangour, et l’envoyée spéciale de l’OMS, Dr Vanessa Kerry, a également été diffusé aujourd’hui, réitérant l’urgence de ce travail, et soulignant que la lutte contre le changement climatique est aussi une lutte pour un monde plus équitable. Depuis sa création en mai 2022, Foundation S adopte une approche systémique de la philanthropie, par le biais de la création de solutions durables basées sur des partenariats public-privé avec des acteurs locaux, afin que les actions découlent des besoins spécifiques des communautés. Par l’intermédiaire de Foundation S, Sanofi s’est engagée à verser 42 millions de dollars jusqu’en 2030 pour soutenir les solutions d’adaptation au changement climatique dirigées par les communautés. Ce financement sera destiné
Comment rendre les marchés du logement plus efficients, plus inclusifs et plus durables

LOGEMENT. « Des politiques judicieusement conçues et économiquement saines sont nécessaires pour rendre les marchés du logement plus efficients, plus inclusifs et plus durables dans un monde en mutation », estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un récent rapport. S’appuyant sur les conclusions de son rapport intitulé «Pierre par pierre (Volume 2): De meilleures politiques du logement dans l’après-COVID-19», l’organisation internationale d’étude économique affirme que «de nombreuses possibilités s’offrent aux pouvoirs publics pour rendre effectivement la politique du logement plus efficiente, inclusive et durable». Dans son rapport, l’OCDE décrit une palette des outils dont disposent ces derniers et des options envisageables pour remédier aux problèmes actuels posés par le logement et améliorer les résultats futurs obtenus dans ce secteur. Mais avant de les évoquer, l’organisation rappelle d’emblée que le logement est un pilier essentiel de la vie humaine, qui influe directement sur la santé et le bien-être des individus, leur situation financière, leurs perspectives professionnelles et l’environnement. Selon le constat établi dans ledit rapport, elle note par la suite que la pandémie de COVID-19 et ses suites – en particulier l’essor du télétravail facilité par la transformation numérique – ont modifié l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et entraîné d’importants phénomènes de report de la demande de logements. Améliorer l’efficacité énergétique des logements Le rapport, qui analyse les mesures qui pourraient contribuer au bon fonctionnement des marchés de l’immobilier d’habitation dans un contexte d’évolution des besoins et de la demande en matière de logement, montre également que la forte hausse des prix des combustibles fossiles consécutive à la guerre russo-ukrainienne «a accentué les tensions exercées sur le budget des ménages et souligné l’importance d’améliorer l’efficacité énergétique des logements». Poursuivant ses observations, l’OCDE fait remarquer en outre que le financement du logement a également des répercussions sur la stabilité et la résilience macroéconomiques; et que, tandis que les banques centrales resserraient leur politique monétaire pour réduire l’inflation, les taux d’intérêt des prêts hypothécaires ont augmenté. Cette évolution a entraîné «un renchérissement des biens immobiliers d’habitation, en particulier pour les nouveaux acquéreurs et ceux ayant souscrit des emprunts à taux variable», souligne l’organisation craignant de ce fait que les prix de l’immobilier d’habitation aient atteint un pic, alors que le coût du logement est resté élevé. Il est à noter qu’en plus d’avoir étudié les outils dont disposent les décideurs publics, le rapport apporte des éclairages dans trois domaines prioritaires distincts liés au logement. Représentant près d’un quart des émissions de CO2 à l’échelle mondiale, le document estime en premier lieu que le logement doit contribuer davantage à ramener à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2050. A ce propos, il indique « comment l’électrification, les normes définies dans les codes de la construction et l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements et des appareils peuvent contribuer à la réalisation de cet objectif». Persuadé qu’ils freinent l’investissement dans la rénovation énergétique sur le marché du logement locatif, le rapport encourage par ailleurs les décideurs publics à résoudre les problèmes d’«incitations divergentes» entre propriétaires et locataires. De son point de vue, «les trains de mesures proposés conjuguent réglementation intelligente, tarification adaptée de la consommation d’énergie, subventions judicieusement structurées et mesures compensatoires», souligne-t-il précisant qu’il faut concevoir les politiques publiques de manière à favoriser l’adhésion aux stratégies de décarbonation, en compensant leurs effets économiques négatifs sur les ménages les plus vulnérables. Faire du financement du logement une source de capitaux fiable sans mettre en péril la stabilité financière Le deuxième éclairage apporté dans ledit rapport concerne le rôle primordial joué par le financement du logement pour le bon fonctionnement des marchés de l’immobilier d’habitation. Le rapport estime que «les pouvoirs publics devraient faire du financement du logement une source de capitaux fiable pour les acquéreurs, les promoteurs et les autres acteurs du marché sans mettre en péril la stabilité financière». Il explore ainsi les possibilités d’utiliser des outils innovants pour financer les investissements considérables requis pour améliorer l’efficacité énergétique des biens immobiliers d’habitation, notamment des produits financiers adossés à des actifs immobiliers et des prêts hypothécaires verts. Enfin, troisièmement, le document examine l’évolution spatiale de la demande de logement et les mesures prises en conséquence par les pouvoirs publics. Il fait remarquer que «les changements de préférences provoqués par la transformation numérique, qui se sont accélérés pendant la pandémie, ont exercé des tensions sur les prix des logements dans les zones suburbaines et péri-urbaines, tout en pesant sur les prix dans les centres-villes». Comme le souligne le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, «la disponibilité des logements, leur accessibilité financière et leur proximité des bassins d’emploi, des établissements d’enseignement, des lieux de culture et des équipements collectifs sont cruciales». Cela dit, «nous pouvons grandement contribuer à renforcer la croissance et le bien-être, et en particulier à améliorer l’accès à des logements abordables, conclut-il. Alain Bouithy
Guinée/Palais Mohammed V: le Président de la Transition reçoit le rapport sur l’état de la gouvernance et la reddition des comptes

Pour la seconde fois depuis l’avènement du CNRD, le Vérificateur Général de Guinée a officiellement remis le rapport sur l’état de la gouvernance et la reddition des comptes au titre de l’année 2022 à Son Excellence le Président de la Transition, le Colonel Mamadi Doumbouya. Ce rapport est une synthèse des constatations et des recommandations relatives à la gouvernance administrative et financière, établie par l’Inspection Générale d’État (IGE) au cours de la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2022. Ainsi vise-t-il à communiquer de manière pédagogique les constatations et les recommandations de l’IGE aux entités contrôlées, en tenant compte des règles applicables à celles-ci, notamment dans le cadre de la nouvelle gestion publique axée sur la recherche de la performance. L’IGE devient de ce fait un outil de gestion pour le Président de la République, au service de la reddition des comptes. Pour le Vérificateur Général, le Dr. Joseph Togna Doré, c’est grâce à la volonté affichée du Gouvernement guinéen, sous le leadership du Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Colonel Mamadi Doumbouya, de lutter contre la corruption, la mal gouvernance ainsi que son implication personnelle que l’Inspection Générale d’Etat a pu dérouler au cours de l’année 2022 plus de missions que durant les trois (3) dernières années réunies. Et ces missions ont permis de relever les principales anomalies qui affectent l’administration guinéenne. Tout en ajoutant que le rapport remis au Chef de l’État vise deux objectifs : 1-un objectif de communication aux administrations sous revues des constats et recommandations de l’Inspection Générale de manière pédagogique ; 2-Un objectif d’information du public. Après avoir adressé ses félicitations ainsi que ses encouragements à l’équipe de l’Inspection Générale d’État, le Président de la Transition a convié le Vérificateur Général et les inspecteurs à redoubler de vigilance afin d’obtenir des résultats concrets dans l’accomplissement de leur noble et exaltante mission. La remise du rapport sur l’état de la gouvernance et la reddition des comptes au Chef de l’État est une exigence réglementaire prévue à l’article 12 du décret D/2018/246/PRG/SGG du 10 octobre 2018, qui porte sur les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’Inspection Générale d’État.
NRC: Le Burkina Faso est la crise la plus négligée au monde

Pour la première fois, le Burkina Faso arrive en tête de la liste des crises de déplacement les plus négligées au monde, selon un nouveau rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). La réorientation de l’aide et de l’attention vers l’Ukraine a accru la négligence à l’égard de certaines des populations les plus vulnérables du monde. La liste annuelle des crises de déplacement négligées est basée sur trois critères : le manque de financement humanitaire, le manque d’attention des médias et le manque d’initiatives politiques et diplomatiques internationales. La crise en République démocratique du Congo arrive en deuxième position, ayant figuré en première ou deuxième position sur la liste chaque année depuis sa création il y a sept ans. La Colombie, le Soudan et le Venezuela suivent dans ce sombre classement. « La négligence est un choix – le fait que des millions de personnes déplacées soient abandonnées année après année sans le soutien et les ressources dont elles ont si désespérément besoin n’est pas inévitable », a déclaré Jan Egeland, secrétaire général du NRC. « La réponse forte aux souffrances infligées par la guerre en Ukraine a montré ce que le monde peut faire pour les personnes dans le besoin. L’action politique en faveur des Ukrainiens a été efficace et rapide, les frontières sont restées ouvertes, les financements ont été abondants et la couverture médiatique a été importante. Les dirigeants doivent faire preuve de la même humanité à l’égard des personnes touchées par des crises dans des pays tels que le Burkina Faso et la République démocratique du Congo ». L’année dernière, plus de cinq fois plus d’articles ont été consacrés à la crise des déplacés ukrainiens qu’à l’ensemble des dix crises les plus négligées dans le monde. Pour chaque dollar collecté par personne dans le besoin en Ukraine en 2022, seuls 25 cents ont été collectés par personne dans le besoin dans l’ensemble des dix crises les plus négligées au monde. Les avertissements répétés d’une disparité accrue due à la réaffectation des ressources à la réponse à l’Ukraine sont maintenant devenus réalité. La réorientation d’une grande partie de l’aide vers l’Ukraine et vers l’accueil de réfugiés dans les pays donateurs signifie que de nombreuses crises ont connu une baisse de l’aide, malgré des besoins croissants. L’aide totale à l’Afrique, où l’on trouve sept des dix crises les plus négligées, était de 34 milliards USD en 2022, soit une baisse de 7,4 % par rapport à 2021. La crise ukrainienne a également contribué à l’augmentation de l’insécurité alimentaire dans de nombreux pays mentionnés dans le rapport, aggravant des crises déjà désastreuses et augmentant le nombre de personnes dans le besoin. « Le monde n’a pas réussi à soutenir les plus vulnérables, mais il est possible d’inverser la tendance. La vie de millions de personnes souffrant en silence peut s’améliorer si les fonds et les ressources sont alloués en fonction des besoins, et non des intérêts géopolitiques et des gros titres médiatiques », a déclaré M. Egeland. « L’année dernière, l’écart entre ce qui était nécessaire et ce qui a été fourni en matière d’aide humanitaire s’élevait à 22 milliards de dollars. C’est une somme énorme, mais pas plus que ce que les Européens dépensent en crèmes glacées chaque année. Nous avons besoin que les donateurs augmentent leur soutien et que de nouveaux pays donateurs s’engagent à partager les responsabilités ». Le déclin du Burkina Faso depuis l’éclatement de la crise il y a cinq ans a été rapide et dévastateur. Plus de 2 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer et près d’un quart de la population a désormais besoin d’aide. Dans tout le pays, 800 000 personnes vivent dans des zones sous blocus par des groupes armés où elles n’ont même pas accès aux services de base. La situation est de plus en plus grave, certaines personnes étant contraintes de manger des feuilles pour survivre. « Nous devons faire plus pour mettre fin à la souffrance au Burkina Faso avant que le désespoir ne s’installe et que le pays ne vienne s’ajouter à la liste croissante des crises prolongées. Le fait que cette crise soit déjà si profondément négligée témoigne de l’incapacité du système international à réagir aux nouvelles crises, tout en ne parvenant pas à redresser celles qui sont restées dans l’ombre pendant des décennies. En fin de compte, il est nécessaire d’investir davantage dans des solutions diplomatiques si nous espérons retirer des crises de cette liste », a déclaré M. Egeland.
Les recettes mondiales de la tarification du carbone à près de 100 milliards de dollars

Malgré une conjoncture difficile – inflation, pressions budgétaires et crises énergétiques – qui touche bien des Etats, les recettes de la tarification du carbone et des systèmes d’échange de quotas d’émission ont atteint un record de 95 milliards de dollars environ, indique un rapport de la Banque mondiale sur la situation et l’évolution de la tarification du carbone. Intitulé «State and Trends of Carbon Pricing», le nouveau rapport annuel montre, en effet, qu’en dépit des «difficultés économiques, les Etats privilégient les politiques de tarification directe du carbone pour réduire les émissions», a constaté Jennifer Sara, directrice mondiale pour le changement climatique à la Banque mondiale. Si «la tarification du carbone peut s’avérer un moyen efficace d’intégrer les coûts du changement climatique dans la prise de décisions économiques, encourageant ainsi l’action climatique», comme elle le soutient, Jennifer Sara estime cependant que pour parvenir véritablement au niveau de transformation voulu, il faudra faire progresser considérablement la couverture et les prix. Pour rappel, lors de la publication du premier rapport il y a une décennie, 7% seulement des émissions mondiales de CO2 étaient couvertes soit par une taxe carbone, soit par un système d’échange de quotas d’émission. D’après le rapport, qui est aujourd’hui à sa dixième année, « un quart ou presque des émissions mondiales de gaz à effet de serre (23 %) est désormais couvert par 73 instruments », indique la Banque mondiale dans un communiqué. Selon les explications de l’institution financière internationale, un système d’échange de quotas d’émission permet de limiter le volume des émissions de gaz à effet de serre, de sorte que les petits émetteurs peuvent vendre leurs unités d’émission excédentaires (ou «marges») à de gros émetteurs, fixant ainsi un prix courant pour les émissions. Quant à la taxe carbone, elle attribue directement un prix au carbone en définissant un taux d’imposition des émissions, précise l’organisme. Dans son rapport, la Banque mondiale souligne que le marché restera dominé par les pays à revenu élevé si les économies émergentes utilisent de plus en plus les systèmes d’échange de quotas d’émission et les taxes carbone. Elle rappelle que de nouveaux instruments ont été mis en œuvre en Autriche et en Indonésie, de même que dans certains territoires des États-Unis et du Mexique. Selon l’institution financière, l’Australie devrait reprendre la tarification du carbone en juillet 2023, «en appliquant un système d’échange de quotas d’émission reposant sur un taux, et des pays comme le Chili, la Malaisie, le Viêtnam, la Thaïlande et la Turquie continuent de travailler à la mise en œuvre d’une tarification directe du carbone». Il est important de noter que les attributions et retraits de crédits carbone ont accusé un léger recul par rapport à l’année 2021, en raison des conditions macroéconomiques, des critiques à l’égard des systèmes de crédits et de compensation carbone et de l’engorgement des attributions. Qu’à cela ne tienne, le rapport relève cependant des signes prometteurs de coopération entre les pays sur les marchés du carbone dans le cadre de l’Accord de Paris. Aussi, quoi qu’on en dise, ce document «réaffirme que la tarification du carbone est un moyen important d’accroître les recettes, d’orienter les flux financiers internationaux et de promouvoir l’innovation», souligne la Banque mondiale soutenant que ces politiques peuvent contribuer à réaliser les objectifs de durabilité et de développement dans le cadre d’un ensemble de mesures plus larges. A ce propos, la Banque mondiale note que bon nombre de ses diagnostics de base sur le climat, les Rapports nationaux sur le climat et le développement, montrent que les politiques de tarification directe du carbone peuvent aider les pays dans leur quête de développement. Alain Bouithy
Le marché africain dépassera bientôt celui d’Asie et d’Europe, selon un rapport
Disposant d’une population très importante et surtout jeune, la Zone de libre-échange continentale africaine offre de riches possibilités de croissance économique. Cependant, un sous-développement prononcé des infrastructures empêche les échanges intrarégionaux, selon un récent rapport. Avec ses plus de 1,4 milliard d’habitants, l’Afrique représente déjà près de 20% de la population mondiale. En 2023, elle est la deuxième zone du monde la plus peuplée derrière l’Asie (avec 4,7 milliards). Sa population compte déjà pour le double de celle de l’Europe (743 millions), fait ressortir un récent rapport de la Fondation Mo Ibrahim, fondée en 2006 par l’homme d’affaires et philanthrope soudanais-britannique éponyme. La Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) représente donc une énorme opportunité pour l’Afrique, selon le rapport. Qui plus est, la population de l’Afrique est la plus jeune du monde et devrait augmenter de manière significative à partir de 2060. Les ressources naturelles du continent, y compris les minéraux essentiels pour les technologies renouvelables, le rende indispensable à une économie verte, qui aspire à réduire les émissions de carbone. Des avantages Si l’Asie restera la région la plus peuplée du monde en 2100, elle commencera à diminuer à partir de 2060. L’Amérique du Nord et l’Océanie continuent de croître, mais la population africaine est estimée être la seule à augmenter considérablement. Née en 2021, la Zleca est le plus grand marché potentiel au monde, souligne le rapport. Elle engage ses signataires à supprimer les droits de douane sur 90% des marchandises, à libéraliser progressivement le commerce des services et à éliminer les autres barrières non tarifaires. Avec ses plus de 1,4 milliard de personnes, la taille du marché de la Zleca a dépassé le marché unique de l’UE, l’accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA) et le marché commun du Sud (MERCOSUR) combinés, d’après le rapport. Il s’agit de l’accord de libre-échange le plus important pour le nombre de pays membres. Des problèmes Malgré tout, le commerce intercontinental reste faible, ne représentant que moins de 13% du commerce total de l’Afrique, en comparaison aux 66,9 % de l’Europe, aux 63,8% de l’Asie et aux 44,4% des Amériques, ajoute la fondation. L’Afrique est confrontée à un important déficit d’infrastructures, avec des réseaux de transports qui ne reflètent pas sa population, constate aussi le rapport. En l’absence d’infrastructures appropriées pour faciliter les déplacements au sein du continent, le commerce intrarégional continuera d’être coûteux et inaccessible, quelles que soient les réductions tarifaires. L’Afrique occupe plus d’un cinquième de la superficie terrestre mais possède moins de 8% des routes et des rails dans le monde.
Fort recul des prix des produits de base à l’échelle mondiale

Les prix des produits de base ont enregistré leur plus forte baisse depuis la pandémie de Covid-19, a indiqué la Banque mondiale dans la dernière édition de son rapport Commodity Markets Outlook. Selon ce document rendu public récemment, « les cours mondiaux des produits de base devraient refluer cette année à un rythme sans précédent depuis le début de la pandémie de COVID-19, assombrissant les perspectives de croissance de près de deux tiers des économies en développement qui dépendent de l’exportation de ces produits ». La Banque mondiale prévient toutefois que la baisse des prix ne devrait guère soulager les quelque 350 millions de personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire dans le monde. En effet, quand bien même les cours des denrées devraient reculer de 8 % en 2023, l’institution internationale estime qu’ils atteindront un record qui n’a été dépassé qu’une seule fois depuis 1975. Les auteurs dudit rapport rappellent, en outre, que l’inflation annuelle des prix alimentaires ressortait à 20 % à l’échelle mondiale au mois de février, ce qui correspond au « niveau le plus élevé de ces vingt dernières années ». Pour Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale pour l’Économie du développement, « la flambée des prix de l’alimentation et de l’énergie après l’invasion de l’Ukraine par la Russie s’est largement dissipée en raison du ralentissement de la croissance économique, d’un hiver peu rigoureux et des réallocations dans le commerce des matières premières ». Il faut cependant garder à l’esprit que, dans bien des pays, cela ne soulagera pas vraiment les consommateurs. Et pour cause : « en termes réels, les prix des denrées alimentaires resteront à un niveau parmi les plus élevés de ces cinq dernières décennies », a-t-il expliqué. Ainsi que l’estime Indermit Gill, « les gouvernements devraient éviter les restrictions commerciales et protéger les populations les plus pauvres en recourant à des programmes ciblés de soutien aux revenus plutôt qu’à des mesures de régulation des prix. » Toujours selon le rapport, en 2023, les prix des produits de base devraient globalement reculer de 21 % par rapport à 2022 ; tandis que ceux de l’énergie devraient refluer de 26 %. Quant au cours du pétrole brut (Brent), tout porte à croire qu’il devrait s’établir en moyenne à 84 dollars le baril cette année, soit une baisse de 16 % par rapport à la moyenne de 2022. Selon les prévisions de la Banque mondiale, « en Europe et aux États-Unis, les prix du gaz naturel devraient être divisés par deux entre 2022 et 2023, tandis que ceux du charbon devraient perdre 42 % en 2023 ». Dans son rapport, l’institution internationale prévoit en outre que les prix des engrais devraient pour leur part chuter de 37 % cette année. « Ce qui constituerait la plus forte baisse sur un an depuis 1974 », a fait savoir la Banque mondiale précisant qu’ils sont toutefois encore proches du niveau record atteint lors de la crise alimentaire de 2008-2009. Quoi qu’il advienne, Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale et directeur de la cellule Perspectives, constate que « la baisse des prix des produits de base au cours de l’année écoulée a permis de réduire l’inflation globale dans le monde ». Ce dernier estime néanmoins que «les banques centrales doivent rester vigilantes car de nombreux facteurs pourraient faire grimper les prix et raviver les pressions inflationnistes. L’économiste fait allusion notamment à « une offre de pétrole plus limitée que prévu, une reprise de l’économie chinoise plus consommatrice de matières premières, une intensification des tensions géopolitiques ou des conditions météorologiques défavorables. » Il est important de savoir qu’en dépit des baisses marquées attendues cette année, « les prix de toutes les principales catégories de produits de base resteront nettement supérieurs à leurs niveaux moyens sur la période 2015-2019 », selon les estimations de la Banque mondiale. L’institution financière prévoit également que « les prix du gaz naturel en Europe seront près de trois fois supérieurs à la moyenne de 2015-2019 », et que ceux de l’énergie et du charbon resteront tout aussi plus élevés que la moyenne pré-COVID. Sous l’effet de la faiblesse de la demande mondiale et de l’amélioration de l’offre, « les prix des métaux, qui ont légèrement augmenté en début d’année devraient chuter de 8 % par rapport à l’année dernière ». C’est du moins l’avis de Valerie Mercer-Blackman, économiste principale au sein de la cellule Perspectives de la Banque mondiale qui estime cependant qu’à plus long terme, «la transition énergétique pourrait faire grimper de manière significative la demande de certains métaux, notamment le lithium, le cuivre et le nickel.» Alain Bouithy
La Banque mondiale préconise de profondes réformes des politiques foncières

La mauvaise gouvernance aggrave la crise foncière dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), selon un nouveau rapport de la Banque mondiale. Les défaillances de gouvernance exacerbent l’ampleur de la crise foncière dans cette partie du monde, affirment les auteurs du rapport rendu public récemment et qui montre comment la détérioration continue des terres dans une région qui compte 84% de déserts aggrave les problèmes de manque d’eau qui menacent la sécurité alimentaire et le développement économique. D’après les informations tirées d’images satellitaires, la superficie des terres cultivées par les pays de la région MENA a diminué de 2,4% en 15 ans, sur la période 2003-2018, a constaté le rapport intitulé « La terre en question : une meilleure gouvernance foncière et une meilleure gestion de la pénurie de terres peuvent-elles éviter la crise qui s’annonce dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord? ». Comme le relève la Banque mondiale dans un communiqué, « il s’agit de la plus forte baisse au monde, dans une région où la surface des terres cultivées par habitant est déjà la plus faible et la marge d’expansion agricole limitée ». Il est à noter également qu’« au cours de la même période, la population de la région a fait un bond de 35%, et les projections indiquent qu’elle devrait encore augmenter de 40% d’ici à 2050, pour atteindre 650 millions d’habitants », a souligné la même source. Corrélation entre dégradation des sols et mauvaise gouvernance foncière Par ailleurs, après avoir analysé et comparé les données sur la couverture terrestre aux statistiques sur les inégalités de richesse et d’autres indicateurs, les auteurs dudit rapport ont mis en évidence une corrélation entre la dégradation des sols et la mauvaise gouvernance foncière. Il faut dire que dans une région où la proportion de terres appartenant à l’Etat est extrêmement élevée, tout laisse croire que « les gouvernements ne réussissent pas à gérer leurs actifs fonciers de manière à générer des recettes publiques, alors même que 23% des entreprises des secteurs manufacturier et tertiaire éprouvent les plus grandes difficultés à accéder à la terre», a déploré le rapport. Autre constat relevé dans ce rapport : l’accès au foncier est également entravé par des normes sociales et des lois relatives à la propriété qui sont plus défavorables aux femmes dans la région MENA que dans d’autres parties du monde. Ainsi, et selon la Banque mondiale, «ces dernières subissent de fortes pressions sociales pour renoncer à leurs droits à l’héritage de biens fonciers, souvent sans compensation équitable ». Améliorer l’accès aux terres et leur utilisation La situation est telle que le rapport préconise de profondes réformes pour améliorer l’accès aux terres et leur utilisation, dans un contexte de tensions accrues liées au changement climatique et à la croissance démographique. Ainsi, pour le vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Ferid Belhaj, «le moment est venu d’examiner l’impact des questions foncières qui pèsent lourd dans de nombreuses décisions de politique publique, mais ne sont pas toujours explicitement reconnues». Car, s’il est convenu que la terre a de l’importance, il est nécessaire de relever ici un fait : «La croissance démographique de la région MENA et l’impact du changement climatique rendent encore plus urgente la résolution de la crise foncière», a-t-il estimé. D’autant plus que, comme le souligne Harris Selod, économiste senior à la Banque mondiale et co-auteur du rapport, «il est impossible de parvenir à un développement économique et social durable tant que les personnes et les entreprises n’ont pas un accès correct à la terre». Revenant sur les réformes préconisées par le rapport, la Banque mondiale explique que celles-ci portent sur la mise en place de processus transparents fondés sur les principes du marché pour l’évaluation et la cession des terres, ainsi que sur le recensement exhaustif des terres domaniales et l’amélioration de l’enregistrement des droits fonciers. Selon ses explications, « ces mesures sont nécessaires pour favoriser des décisions plus efficaces en matière d’utilisation et de gestion des terres et pour garantir que celles-ci remplissent des fonctions sociales, économiques et budgétaires dans une région où les impôts fonciers représentent moins de 1% du PIB ». Les auteurs du rapport sont, par ailleurs, persuadés que les politiques foncières peuvent également contribuer à réduire les inégalités entre les sexes. A ce propos, le document suggère, « par exemple, en cas de renonciation par les femmes à leurs droits de succession, que soit introduite une taxe pour les bénéficiaires masculins qui permettrait, grâce à l’argent collecté, de financer des initiatives favorisant l’autonomisation des femmes ». Spécialiste senior de l’administration foncière à la Banque mondiale et coauteure du rapport, Anna Corsi constate que l’approche globale indispensable pour traiter les enjeux fondamentaux de développement liés aux politiques foncières fait cruellement défaut dans la région MENA. Elle est, en outre, persuadée que «la raréfaction des terres conduit à des arbitrages stratégiques sur la meilleure manière d’utiliser cette ressource pour répondre à des objectifs économiques, sociaux et de durabilité concurrents». Quoi qu’on en pense, «la résolution urgente de la crise foncière dans la région MENA est essentielle pour le développement économique et social durable de la région, a affirmé le rapport. Alain Bouithy