Des réformes budgétaires audacieuses peuvent libérer le plein potentiel du Cameroun

Des réformes budgétaires audacieuses peuvent libérer le plein potentiel du Cameroun

La Banque mondiale a présenté aujourd’hui deux rapports économiques phares : la Note de conjoncture économique du Cameroun 2024 et la Revue des finances publiques du Cameroun. Intitulée Instruments fiscaux pour une foresterie durable, la Note de conjoncture économique analyse l’évolution récente de la situation économique et présente les perspectives à moyen terme du pays. La croissance économique du Cameroun a ralenti en 2023, passant à 3,3 % contre 3,6 % en 2022, affectant tous les secteurs de l’économie en raison d’investissements publics plus faibles que prévu, de la hausse des prix et de conflits internes persistants. L’inflation est passée de 6,3 % en 2022 à 7,4 % en 2023, sous l’effet de la hausse des prix alimentaires et des coûts de transport. La croissance du PIB réel du Cameroun est estimée à 4 % pour 2024 et devrait atteindre en moyenne 4,5 % sur la période 2025-2027, grâce à l’amélioration de l’approvisionnement énergétique et à l’augmentation des investissements publics. L’inflation devrait ralentir et s’établir à 3 % d’ici 2027, tandis que le déficit budgétaire devrait se maintenir autour de 1 % du PIB à moyen terme, la dette publique reculant à 36,3 % du PIB d’ici 2027. Le rapport aborde l’importance des réformes budgétaires pour relever les défis du secteur forestier, considérés comme essentiels à la trajectoire de croissance durable du Cameroun. Le secteur forestier camerounais, bien qu’important, n’a pas atteint son plein potentiel : il ne contribue actuellement qu’à hauteur de 3,8 % au PIB et ne représente que 45 000 emplois. Malgré l’abondance de ressources forestières, le Cameroun a eu du mal à maximiser les revenus du secteur. Le rapport met en évidence l’impact des réformes budgétaires visant à accroître les recettes issues du secteur forestier tout en promouvant des pratiques durables. « La promotion d’une meilleure gouvernance dans le secteur forestier en favorisant la certification forestière, des politiques budgétaires adaptées au changement climatique, l’augmentation de la valeur ajoutée dans l’industrie du bois et la participation des communautés locales permettra de générer des recettes publiques élevées, de contribuer à la préservation des forêts et de jeter les bases pour attirer davantage de financements climatiques », a déclaré Cheick F. Kanté, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun. Le second rapport, la Revue des finances publiques du Cameroun, formule des recommandations pour améliorer le recouvrement des impôts ainsi que les dépenses publiques, de manière à les rendre plus efficaces et plus équitables. Le système de recettes fiscales du Cameroun se caractérise par une assiette fiscale étroite et un recouvrement inadéquat, ce qui se traduit par une fraude et une évasion fiscales considérables. Alors qu’une importante allocation budgétaire est dédiée aux « dépenses communes », gérées avec peu de transparence et d’obligation de rendre des comptes, l’exécution du budget est marquée par le recours fréquent à des procédures budgétaires exceptionnelles, permettant des dépenses qui dépassent fréquemment les allocations approuvées. Pour résoudre ces problèmes, une réforme multidimensionnelle s’impose, par le biais d’une stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (MTRS) et d’une réforme globale des pratiques de gestion budgétaire. Le rapport note également que les dépenses d’éducation et de santé du Cameroun restent inférieures à 5 % du PIB et que les dépenses en matière d’assistance sociale demeurent insuffisantes. Avec des financements bien en deçà des niveaux de référence internationaux, ces secteurs méritent ainsi une attention et des ressources accrues. Malgré des cadres législatifs conçus pour faciliter la décentralisation du pouvoir au Cameroun, le transfert des compétences et des ressources des ministères centraux vers les communes et régions reste limité. Le rapport fait valoir que l’accélération de la décentralisation budgétaire pourrait améliorer la prestation de services publics par les collectivités territoriales, mais qu’elle exigera d’accroître les recettes, d’améliorer les services et de rationaliser les flux financiers vers les régions. « Malgré son potentiel, la performance économique du Cameroun a été systématiquement plus faible qu’attendu, ce qui se traduit par des progrès lents sur le plan du revenu par habitant et de la réduction de la pauvreté », a déclaré Robert Utz, économiste principal de la Banque mondiale pour le pays et l’un des auteurs du rapport. « Aujourd’hui plus que jamais, un programme de réforme budgétaire audacieux est impératif pour libérer tout son potentiel et assurer un avenir prospère. »

La réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications à Djibouti pourrait stimuler la croissance et créer des emplois, selon un rapport de la Banque mondiale

La réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications à Djibouti pourrait stimuler la croissance et créer des emplois, selon un rapport de la Banque mondiale

Au cours des vingt dernières années, Djibouti a connu une croissance économique impressionnante, grâce à des investissements stratégiques dans les infrastructures, à sa position géographique avantageuse et à la stabilité politique dans une région instable. Entre 2000 et 2021, le PIB du pays a augmenté en moyenne de 4.4 % par an, ce qui a permis de doubler le revenu réel par habitant, atteignant plus de 3200 USD en 2021. Malgré ces avancées significatives dans la réduction de la pauvreté, passant de 22,3 % en 2013 à 17 % en 2019, le nouveau rapport de la Banque mondiale publié aujourd’hui souligne qu’il reste encore beaucoup à faire pour assurer une répartition équitable des avantages dans l’ensemble de la société. Intitulé « Djibouti au-delà des ports et des bases : une voie vers la prospérité pour tous », le rapport met en lumière le potentiel économique du pays. Cependant, pour exploiter pleinement ce potentiel, Djibouti doit relever plusieurs défis économiques, notamment un marché intérieur limité, des coûts élevés dans le secteur de l’électricité et des télécommunications, une diversification économique restreinte et le défi croissant du changement climatique. Le rapport met en avant l’approche proactive du gouvernement, notamment à travers la « Vision Djibouti 2035 » et le Plan national de développement (PND) pour 2020‑2024. Le gouvernement, conscient du potentiel de croissance future, a ajusté sa stratégie de développement pour aborder les défis structurels liés à l’inclusion sociale, au développement durable, aux infrastructures et à la gouvernance. « Djibouti occupe une position unique, avec des atouts qui peuvent être exploités pour élargir son marché et attirer des investisseurs privés internationaux », a déclaré Stéphane Guimbert, directeur pays de la Banque mondiale pour Djibouti, l’Égypte et le Yémen. « Alors que Djibouti entre dans une nouvelle phase de développement, il est essentiel que le secteur privé soit le moteur de la croissance et que les bénéfices de la croissance soient partagés de manière inclusive, en particulier en faveur des femmes et des jeunes », a-t-il ajouté. Le rapport propose des recommandations politiques visant à accroître les opportunités d’emploi et à réduire la pauvreté. Notamment, la réduction des coûts de l’électricité et des télécommunications pourrait augmenter le PIB réel de 39,1 % d’ici 2030, générer 23 000 emplois et considérablement augmenter les revenus des ménages, tout en réduisant la pauvreté. Il suggère également des investissements ciblés dans le capital humain, notamment en élargissant l’accès à une éducation de qualité, en promouvant la santé et l’alphabétisation des adultes, ainsi qu’en développant des compétences utiles à l’emploi, en particulier dans des secteurs où la main‑d’œuvre prédomine, tels que le tourisme et l’industrie manufacturière. Ces initiatives renforceront les performances sur le marché du travail à Djibouti et favoriseront l’émergence d’un nouveau modèle de croissance bénéficiant à l’ensemble de la population djiboutienne. L’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance des entreprises publiques est une étape cruciale pour créer un environnement favorable aux affaires. Le rapport souligne la nécessité d’améliorer les réglementations et les pratiques en matière de concurrence pour attirer davantage d’investissements étrangers et de stimuler le développement des entreprises locales. Le renforcement de la surveillance financière contribuera également à atténuer les risques budgétaires associés aux entreprises publiques. La Banque mondiale à Djibouti Le portefeuille de la Banque mondiale à Djibouti comprend 22 projets, pour un montant total de 458 millions de dollars, financés par les différents guichets l’IDA et des fonds fiduciaires. Ce portefeuille couvre divers secteurs tels que l’éducation, la santé, les filets sociaux, l’énergie, le développement rural et urbain, la modernisation de l’administration publique, le développement numérique, le renforcement de la gouvernance et des infrastructures régionales ainsi que sur le développement du secteur privé. Une attention particulière est accordée aux femmes et aux jeunes.

La discrimination à l’encontre des jeunes Africains de la diaspora en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis suscite un intérêt et un rapprochement avec l’Afrique, selon un nouveau rapport

La discrimination à l’encontre des jeunes Africains de la diaspora en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis suscite un intérêt et un rapprochement avec l’Afrique, selon un nouveau rapport

Qu’est-ce que c’est que d’être un jeune Africain de la diaspora ? Selon le nouveau rapport Être africain : Comment les Africains appréhendent- ils la diaspora? Les jeunes Africains de la diaspora subissent différents types de discrimination – éxotisation en France, microagressions au Royaume-Uni, et surveillance et profilage aux États-Unis. Le dernier rapport de recherche de l’organisation de changement narratif Africa No Filter étudie la manière dont les jeunes Africains vivent leur diaspora, comment ils définissent le fait d’être Africain et les fondements de leur appartenance. Il examine également la manière dont ils définissent leurs relations avec d’autres Africains et comment les stéréotypes dominants sur l’Afrique influencent la perception du continent par les jeunes de la diaspora. Le rapport révèle que si la vie dans la diaspora est marquée par divers types de discrimination, les jeunes Africains de la diaspora possèdent un double héritage unique qui les rend fiers des langues, de la cuisine, de la musique et de l’histoire africaines, tout en étant fortement liés à la langue et à la culture de leur pays d’accueil. Leur perception de l’Afrique n’a pas non plus été trop influencée par les nombreux récits négatifs sur le continent véhiculés par les médias grand public. Au contraire, ils s’appuyaient sur les relations interpersonnelles et les réseaux sociaux, et parfois sur des voyages sur le continent, pour acquérir des connaissances sur l’africanité. En outre, les expériences de discrimination et les récentes prises de conscience raciales dans les pays d’accueil ont également été à l’origine d’un intérêt plus marqué pour l’Afrique. Moky Makura, Directrice exécutive d’Africa No Filter, a déclaré : « Ce rapport est incontournable pour les gouvernements africains et les pays d’accueil de la diaspora car il se penche sur un groupe insuffisamment étudié : Les récits uniques et personnels de la vie dans la diaspora sont une occasion pour les gouvernements africains et les pays d’accueil de réfléchir sur la manière de transformer les jeunes Africains de la diaspora en un atout économique, social et culturel tant pour leur pays d’accueil que pour leur pays d’origine ». Le rapport a été rédigé par les universitaires Lusike Mukhongo, Winston Mano et Wallace Chuma. En voici les principales conclusions : Méthodologie: dans le cadre de cette étude, 70 Africains âgés de 18 à 28 ans ont été interrogés aux États-Unis, 20 au Royaume-Uni et 20 en France. Les participants étaient des membres de la diaspora de première ou de deuxième génération, nés dans la diaspora ou y ayant déménagé avant l’âge de cinq ans. Tous les participants n’avaient que peu ou pas de souvenirs fixes de l’Afrique et s’appuyaient principalement sur les informations qui leur étaient communiquées dans leur pays d’accueil.

Des indemnités de transferts internationaux records pour les clubs en 2023

Des indemnités de transferts internationaux records pour les clubs en 2023

La FIFA a publié aujourd’hui (mardi 30 janvier, Dnr) son rapport Global Transfer Market 2023, qui indique qu’un record absolu de 74 836 transferts internationaux ont été conclus en 2023, desquels 23 689 impliquaient des footballeuses et footballeurs professionnels et 51 147 des joueuses et joueurs amateurs. Après des baisses en 2020 et 2021 liées à la pandémie de Covid-19, le montant dépensé par les clubs dans des transferts internationaux est reparti à la hausse en 2023, atteignant pas moins de USD 9,63 milliards. Si cette somme représente une nette augmentation par rapport à 2022 (48,1%), elle efface surtout le précédent record, enregistré en 2019, de plus de USD 2 milliards. À eux seuls, les dix transferts les plus importants représentent 10% du total des indemnités de transfert versées en 2023. De même, sur les 3 279 transferts assortis d’une indemnité, les cent premiers comptent pour plus de 45% du total investi. Une fois de plus, les clubs anglais ont été les plus dépensiers (USD 2,96 milliards). Les clubs allemands ont quant à eux reçu le total le plus élevé (plus de USD 1,2 milliard). Comme en 2022, les clubs portugais sont ceux qui ont accueilli le plus de joueurs issus de clubs d’autres associations membres (1 017), tandis que les clubs brésiliens sont à l’origine du plus grand nombre de transferts sortants. Au total, 1 024 clubs ont versé une indemnité sur le marché des transferts internationaux. C’est la première fois que plus de 1 000 clubs ont fait venir un nouveau joueur de l’étranger en échange d’une indemnité de transfert. Le nombre de clubs bénéficiaires d’une telle indemnité s’élève à 1 241, là aussi un record. La croissance impressionnante du football féminin se poursuit En 2023, le football féminin professionnel a continué de croître de manière vertigineuse, comme le démontre l’augmentation de plus de 20% du nombre de transferts enregistré en 2022 par rapport à 2023. L’année dernière, 623 clubs ont ainsi été impliqués dans des transferts internationaux, contre 507 en 2022 – soit une hausse de 22,9%. Ces chiffres illustrent les nombreux investissements dans le football féminin, lesquels permettent notamment à davantage de joueuses de devenir professionnelles. En outre, pas moins de 131 associations membres, un record, ont été impliquées dans les 1 888 transferts internationaux de joueuses professionnelles enregistrés en 2023. Transferts internationaux d’amateurs En 2023, plus de 50 000 joueuses et joueurs amateurs ont rejoint des clubs affiliés à une autre association membre que celle où il ou elle se trouvait. Les hommes représentent 91,7% de ce total. L’an dernier, 207 des 211 associations membres de la FIFA ont été impliquées dans au moins un transfert de joueuse ou joueur amateur, illustrant à quel point le football amateur s’est internationalisé. L’Allemagne est le pays ayant compté le plus de transferts entrants de joueuses et joueurs amateurs (7 825). L’édition 2023 du rapport Global Transfer Market inclut également une analyse de la nationalité des joueuses et joueurs impliqués dans des transferts internationaux, de leur âge et de leur déplacement (par confédération et association membre), de même que la liste des principaux transferts pour le football féminin et masculin. Le rapport Global Transfer Market 2023 de la FIFA est disponible ici (https://apo-opa.co/48UUHsP) et sur FIFA.com/legal.

Le taux de chômage mondial devrait remonter en 2024

Le taux de chômage mondial devrait remonter en 2024

Le taux de chômage mondial devrait augmenter en 2024, a annoncé l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un récent rapport. D’après le rapport, intitulé «Emploi et questions sociales dans le monde: Tendances 2024», les perspectives du marché du travail et le chômage mondial vont tous deux s’aggraver durant la nouvelle année. En 2024, précise le document rendu public récemment, deux millions de travailleurs supplémentaires devraient être à la recherche d’un emploi, ce qui ferait passer le taux de chômage mondial de 5,1 % en 2023 à 5,2 %. Selon une analyse de l’agence spécialisée de l’ONU, les revenus disponibles ont diminué dans la majorité des pays du G20 et, de manière générale, l’érosion du niveau de vie résultant de l’inflation «ne sera probablement pas compensée rapidement». Les prévisions pessimistes de l’OIT n’excusent en rien les difficultés qu’éprouve le gouvernement actuel à réduire ce phénomène Ces prévisions pessimistes n’excusent en rien les difficultés que connaît le gouvernement marocain à résoudre la question du chômage et améliorer la situation de l’emploi. Rappelons à ce propos que le marché de l’emploi continue d’éprouver des difficultés à surmonter les impacts d’une perte de près de 432 mille postes d’emplois sous le choc du Covid, comme l’a relevé le Haut-commissariat au plan (HCP) dans son Budget économique prévisionnel 2024. De l’avis de l’institution publique, « la croissance économique peine à soutenir efficacement la création de postes d’emploi permettant de revenir aux taux de chômage d’avant crise », notant que l’économie nationale est en perte nette annuelle moyenne de plus de 75 mille emplois durant les trois dernières années. L’accroissement des inégalités sociales suscite des inquiétudes Quoi qu’il en soit, les données recueillies montrent que le chômage et le déficit d’emplois sont tout de même tous deux tombés sous les niveaux d’avant-pandémie. En effet, d’après le rapport, le taux de chômage mondial s’élevait à 5,1 % en 2023, soit une légère amélioration par rapport à 2022, où il atteignait 5,3 %. Bien que l’accroissement des inégalités et la stagnation de la productivité restent des causes de préoccupation, l’agence onusienne relève en outre une amélioration du déficit d’emplois et des taux de participation au marché du travail au cours de l’année écoulée. Dans son rapport, l’OIT relève le fait que la reprise post-pandémie reste inégale alors que de nouvelles vulnérabilités et des crises multiples compromettent les perspectives d’une plus grande justice sociale. Selon l’agence onusienne, d’importantes différences persistent entre les pays à revenu élevé et les pays à faible revenu. « Alors que le taux de déficit d’emplois en 2023 était de 8,2% dans les pays à revenu élevé, il s’élevait à 20,5 % dans le groupe des pays à faible revenu. De même, alors que le taux de chômage en 2023 se maintient à 4,5% dans les pays à revenu élevé, il est de 5,7% dans les pays à faible revenu », fait-elle remarquer. Par ailleurs, et en dépit d’une diminution rapide observée après 2020, il ressort dudit rapport que le nombre de travailleurs vivant dans l’extrême pauvreté (gagnant moins de 2,15 dollars par personne et par jour en termes de parité de pouvoir d’achat) a augmenté d’environ 1 million en 2023. Quant au nombre de travailleurs vivant dans une pauvreté modérée (gagnant moins de 3,65 dollars par jour et par personne en termes de PPA), les chiffres suggèrent qu’il a connu une augmentation de 8,4 millions en 2023. Soulignons en outre  que les inégalités des revenus se sont également creusées, comme l’a souligné le rapport de l’OIT, ajoutant que l’érosion du revenu disponible réel «n’augure rien de bon pour la demande globale et une reprise économique plus soutenue». Quant aux taux de travail informel, l’organisation internationale prévoit qu’ils devraient rester stables, représentant environ 58% de la main-d’œuvre mondiale en 2024. Alain Bouithy

Palais Mohammed V : remise officielle au chef de l’État du rapport du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen

Palais Mohammed V : remise officielle au chef de l’État du rapport du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen

Le chef de l’État, le Colonel Mamadi Doumbouya, a présidé ce vendredi 8 novembre 2023, au Palais de la Présidence, la cérémonie de remise du rapport du processus du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen. Cette cérémonie solennelle a rassemblé l’ensemble des acteurs sociopolitiques, y compris des représentants religieux. En présence de certains membres du gouvernement, notamment du Premier ministre, Chef du gouvernement Dr Bernard Goumou, ainsi que des hauts cadres de la présidence, notamment les ministres secrétaire général et directeur de cabinet de la Présidence, Général Amara Camara et Djiba Diakité, ainsi que des principaux conseillers du chef de l’État, cette cérémonie s’est déroulée. Après la diffusion d’un documentaire récapitulant le processus de mise en place du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen à l’attention des participants, Dr Makalé Traoré, la principale facilitatrice, au nom de ses deux co-facilitatrices, Aïcha Bah et Guilao Josephine Leno, a prononcé le discours officiel de remise du rapport au chef de l’État. Dans son allocution, Dr Makalé Traoré a souligné que la décision du Président de la Transition, le Colonel Mamadi DOUMBOUYA, d’instaurer un Cadre de Dialogue Inclusif et Inter-guinéen représente une étape cruciale dans le retour à l’ordre constitutionnel. Selon la porte-parole des facilitatrices du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen, cette initiative répond à une demande insistante et persistante du peuple de Guinée, des acteurs sociopolitiques et des partenaires de la Guinée, visant à donner l’opportunité à chaque entité d’exprimer ses préoccupations en vue de les résoudre pour le bien-être de tous les Guinéens. D’intenses efforts de terrain menés par les trois facilitatrices ont permis, selon la porte-parole Dr Makalé Traoré, d’obtenir des avancées significatives. Cela inclut soixante-quatorze (74) jours de contacts, de consultations et de prise en compte des préoccupations des acteurs sociopolitiques, ainsi que vingt-six (26) jours de débats, se déroulant dans une atmosphère de convivialité marquée par des échanges passionnés, parfois des disputes voire des contestations. Ces discussions ont impliqué deux-cent quarante-deux (242) représentants des parties prenantes, treize (13) représentants du Gouvernement et du CNRD, treize (13) personnes ressources, vingt (20) observateurs, ainsi que seize (16) membres de l’équipe d’appui. Cette offensive des facilitatrices du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen a réussi à ramener une des quatre (4) coalitions du Quatuor à la table des négociations. Il s’agit de la Convergence pour la Renaissance Démocratique en Guinée (CORED) dirigée par Elhadj Mamadou Sylla. Les trois (3) autres coalitions et une faîtière, formant les Forces Vives de Guinée (FVG), n’ont pas participé, selon Dr Makalé Traoré, aux travaux du Cadre de Dialogue Inclusif Inter-guinéen. La porte-parole des facilitatrices a précisé que le rapport général actuel est la synthèse des quatre rapports d’étapes, résumant les dernières évolutions du processus jusqu’au 30 septembre 2023. Selon ce rapport, cinquante-deux mille cinq-cent-cinquante (52,550) citoyens ont été touchés par la campagne de vulgarisation et d’appropriation, incluant les forces de défense et de sécurité à l’intérieur du pays, les Compagnies Mobiles d’Interventions et de Sécurité, les commissariats centraux et urbains de Camayenne, Bambeto et Enco5, la Direction Générale des Douanes, la Direction Nationale de la Conservation de la Nature ainsi que les garnisons militaires de l’intérieur. De plus, les facilitatrices ont joué un rôle déterminant dans l’apaisement du climat sociopolitique, notamment avec la satisfaction de deux (2) points sur les trois (3) revendications des Forces Vives de Guinée. Cela comprend la levée du contrôle judiciaire des neuf (9) leaders de l’opposition, ainsi que la libération des activistes de la société civile “Foniké Mengue et Compagnie”. En conclusion, la porte-parole des facilitatrices a encouragé tous les acteurs à s’engager dans la mise en œuvre des Résolutions issues du Cadre de Dialogue Inclusif et Inter-guinéen, tout en exhortant tous les Guinéens à les adopter. Elle a également appelé tous les acteurs sociopolitiques à rejoindre le Cadre inclusif pour faire du dialogue le principal moyen de résolution des divergences, incitant le gouvernement et tous les acteurs à faire preuve d’efforts de concession et de conciliation. Enfin, la porte-parole des facilitatrices et sa collègue Aïcha Bah ont remis de manière solennelle le rapport du processus du cadre de dialogue inclusif inter-guinéen au président de la République, le Colonel Mamadi Doumbouya.

L’action climatique va dynamiser l’économie tunisienne, affirme un rapport de la Banque mondiale

L’action climatique va dynamiser l’économie tunisienne, affirme un rapport de la Banque mondiale

La pénurie d’eau, l’érosion côtière et la multiplication des inondations figurent parmi les défis climatiques les plus pressants en Tunisie, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, qui propose une série de mesures urgentes d’adaptation et de décarbonisation qui contribueraient à stimuler la reprise économique et à créer des emplois dans le pays. Le Rapport national sur le climat et le développement en Tunisie publié par le Groupe de la Banque mondiale en prélude à la COP28 décrit des mesures publiques et des possibilités d’investissement susceptibles de réduire les effets du changement climatique sur les populations et les entreprises et d’améliorer la compétitivité de l’économie tunisienne. D’après le rapport, des mesures combinées d’adaptation et d’atténuation pour faire face au changement climatique et décarboner le secteur de l’électricité pourraient faire grimper la croissance du PIB à 8,8 % d’ici 2030, réduire la pauvreté et diminuer les émissions liées à l’énergie. En revanche, l’inaction pourrait provoquer des pertes de PIB allant jusqu’à 3,4 % d’ici 2030, entraînant des pertes annuelles qui devraient se chiffrer à environ 5,6 milliards de dinars (1,8 milliard de dollars). « Le CCDR de la Tunisie, aligné sur la Stratégie nationale de transition écologique et le Plan de développement 2023-2025, met en évidence le soutien constant de la Banque mondiale, partenaire indéfectible de la Tunisie sur la voie d’un avenir plus durable, a déclaré Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb. L’adaptation au changement climatique et la promotion d’une économie verte représentent une opportunité unique pour la croissance, la résilience et le développement durable du pays », a-t-il ajouté.  La Tunisie est confrontée à un grand défi de pénurie d’eau, qui compromet la production agricole, car la faiblesse et la variabilité des précipitations mettent à nu les carences d’un secteur qui a besoin de réformes pour s’adapter au changement climatique. En outre, les pertes en eau enregistrées par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux sont passées de 25 % en 2010 à 34 % en 2021.  Le rapport souligne en outre que l’élévation du niveau de la mer pourrait toucher près d’un quart de la zone côtière tunisienne d’ici 2050, entraînant potentiellement une perte totale de terres d’une valeur de 1,6 milliard de dollars. La probabilité d’inondations catastrophiques devrait presque décupler, et les coûts de remise en état des actifs routiers à eux seuls après ces inondations pourraient atteindre 277 millions de dollars d’ici 2050. Non seulement ces risques mettent en péril les moyens de subsistance des personnes vivant sur la côte et dans les zones inondables, mais ils compromettent aussi sur le plan international la réputation du pays qui est une destination touristique prisée. Le rapport préconise la mise en place de mesures stratégiques visant à remédier à la pénurie d’eau. Ces mesures incluent notamment la rationalisation de la demande en eau, le renforcement des réseaux hydrauliques pour réduire les pertes et le gaspillage, ainsi que la protection des écosystèmes, en particulier les bassins versants, les oasis, les forêts et les zones humides afin d’accroître la disponibilité de l’eau et la résilience aux chocs climatiques. La décarbonisation du secteur de l’énergie, par l’amélioration de l’efficacité énergétique et la transition vers des combustibles verts dans les secteurs d’utilisation finale et de production d’électricité, offre également des possibilités importantes. L’énergie représentait 53 % du déficit commercial du pays et 58 % de ses émissions de gaz à effet de serre en 2022, ce qui démontre les liens complexes entre l’énergie et le cadre macro-budgétaire. Selon le rapport, la décarbonisation du secteur de l’énergie générerait des gains économiques considérables en aidant la Tunisie à remédier à son déséquilibre extérieur et en diminuant les coûts de l’énergie, améliorant ainsi l’accessibilité financière pour les ménages et la compétitivité des entreprises, tout en réduisant les émissions.  « Le CCDR de la Tunisie démontre l’importance de la collaboration entre les secteurs public et privé lorsqu’il s’agit de relever des défis majeurs tels que le changement climatique, a déclaré Cheick-Oumar Sylla, directeur régional de l‘IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. En s’appuyant sur notre partenariat avec la Tunisie dans le secteur des énergies renouvelables, l’IFC s’engage à soutenir le pays à s’adapter et à atténuer les effets d’un climat changeant, tout en réalisant une croissance durable. » Compte tenu des difficultés macroéconomiques actuelles de la Tunisie, le rapport souligne l’importance de créer les conditions macro-financières propices aux investissements devant permettre d’atteindre ces objectifs. À cet effet, les dépenses publiques récurrentes pourraient être réorientées vers les investissements publics les plus urgents dans le domaine de l’adaptation. Il est également essentiel de faciliter les investissements du secteur privé dans les activités vertes, par exemple en éliminant les autorisations et les contraintes sectorielles, en simplifiant les procédures d’approbation des investissements et en réduisant le pouvoir réglementaire des opérateurs sectoriels en activité. Les nombreuses concertations avec les autorités publiques et les acteurs du secteur privé et de la société civile ont été déterminantes dans l’élaboration du CCDR de la Tunisie.

Forte expansion des chaînes de valeur mondiales

Forte expansion des chaînes de valeur mondiales

Les chaînes de valeur mondiales (CVM) restent un élément central de la mondialisation, affirme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un nouveau rapport soulignant une forte expansion. En dépit des pressions croissantes, « les chaînes de valeur mondiales ont continué de croître en 2022 », selon l’institution internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Une évolution confortée par « la part croissante des intrants étrangers dans les exportations et l’augmentation des taux de participation des économies à l’échelle mondiale », note le rapport qui fait le point sur les tendances des CVM avec de nouvelles données s’étendant jusqu’en 2022. D’après le document, rendu public  jeudi 16 novembre, « cela est de bonne augure pour la diffusion des avantages du commerce à un plus grand nombre d’entreprises, de travailleurs et d’économies en développement ». Précisons qu’il s’agit d’une publication conjointe de la Banque asiatique de développement (BAD), de l’Institut des économies en développement -Organisation japonaise du commerce extérieur (IDE-JETRO), du Research Institut des chaînes de valeur mondiales de l’Université de commerce international et d’économie (UIBE) de Pékin et de l’OMC. Dans leur rapport, intitulé « GVC Development Report 2023: Resilient and Sustainable GVCs in Turbulent Times », les auteurs font toutefois part de leur crainte quant aux risques croissants d’une dépendance vis-à-vis d’un petit nombre d’économies pour certains produits et mettent en lumière la vulnérabilité des CVM face à la montée des tensions commerciales et des crises mondiales. En effet, « les récentes perturbations liées à la pandémie ont révélé des vulnérabilités de longue date dans les CVM, en particulier celles associées à une concentration excessive et à une dépendance excessive à l’égard d’une seule économie ou d’une seule région pour l’approvisionnement en produits essentiels », comme le relèvent dans l’avant-propos les présidents de la BAD (Masatsugu Asakawa), de l’IDE-JETRO (Kyoji Fukao), de l’UIBE (Zhongxiu Zhao) et la directrice générale de l’OMC (Ngozi Okonjo-Iweala). Une circonstance exacerbée par les récentes tensions géopolitiques, constatent ces derniers déclarant cependant que « la structure actuelle des CVM est complexe et a apporté des avantages significatifs aux entreprises et aux consommateurs du monde entier ». Quoi qu’il en soit, ils estiment que la résilience et la durabilité ne peuvent être atteintes sans inclusivité et que « pour garantir que les CVM soutiennent un développement inclusif, les obstacles à l’intégration doivent continuer à être abaissés et des mesures doivent être mises en place pour empêcher les entreprises d’exploiter leur pouvoir de marché aux dépens des petits fournisseurs ». Selon le rapport, les intrants étrangers représentaient 28% des exportations mondiales de marchandises l’année dernière et les taux de participation aux CVM de presque toutes les économies étaient plus élevés en 2022 par rapport à leurs niveaux d’avant – pandémie en 2018. Le document, qui examine la manière dont les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et la pandémie de Covid-19 ont affecté les CVM, révèle que la valeur des exportations et la part des produits potentiellement goulots d’étranglement – ​​des produits exportés par très peu d’économies – ont plus que doublé depuis 2000. Elles sont passées de 9 % à 19 % du commerce total, permettant ainsi de contribuer à la vulnérabilité des CVM. Toujours selon le rapport, les sources d’intrants étrangers ont été considérablement concentrées et les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ont entraîné une augmentation du nombre d’étapes dans les CVM entre 2018 et 2020. Dans tous les cas, la publication affirme que les CVM peuvent avoir des conséquences positives pour les entreprises des économies en développement en améliorant la productivité et en atténuant les contraintes, et peuvent se traduire par des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Les auteurs recommandent que les politiques visant à les rendre plus inclusives se concentrent sur la facilitation de l’entrée dans les CVM et sur l’augmentation des retombées positives sur l’économie nationale. Alain Bouithy