Ramadaniat WeCasablanca 2026 : forte affluence et riche programmation artistique

Ramadaniat WeCasablanca 2026 : forte affluence et riche programmation artistique

MAROC. Tout au long du mois de Ramadan, la ville de Casablanca a accueilli l’édition 2026 de « Ramadaniat WeCasablanca – Ramadan à l’esprit bidaoui », une programmation culturelle et artistique dédiée aux nuits du mois sacré. Concerts de musique spirituelle et ateliers artistiques ont rythmé cette édition, qui a réuni plusieurs centaines de visiteurs dans différents espaces culturels de la ville. Organisée par la Société de Développement Local Casablanca Events & Animation, en partenariat avec le Conseil de la ville de Casablanca, la Direction Régionale de la Culture de la région Casablanca-Settat et le Conseil Scientifique Local de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à accompagner l’animation culturelle de la métropole durant le mois de Ramadan et à valoriser le patrimoine artistique et spirituel marocain. L’espace culturel Sacré-Cœur a accueilli, chaque soir à partir de 21h30, une série de concerts consacrés aux arts du samaâ, du madih, de l’inchad et du tarab. Ces soirées ont rassemblé près de 9000 spectateurs, venus assister aux prestations d’artistes et de mounchidines marocains parmi lesquels Haj Saïd Berrada, Dalal El Barnoussi, El Houssine Taous, le groupe Zaouia Cherkaouia, Othmane Benmoumen, Salma Chenouani, Yassine Lachhab, Saad El Kouhen et Mohamed El Mehdi Dahdouh. En parallèle, l’École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca a proposé, les week-ends à partir de 11h00, une série d’ateliers dédiés à la calligraphie arabe, à la poterie et au dessin. Ces ateliers ont rassemblé plus de 1200 participants, offrant des espaces d’apprentissage et de pratique artistique ouverts à différents publics. Dans le prolongement de cette programmation, des concours ont également été organisés tout au long du mois de Ramadan en partenariat avec le Conseil Scientifique Local, autour de douze catégories liées notamment au Saint Coran, au hadith, au fiqh ou encore au madih et samaâ. Ces initiatives ont suscité une forte mobilisation, rassemblant près de 800 participants. Les cérémonies de remise des prix se sont tenues le 05 et le 11 mars la première au siège du conseil scientifique et la deuxième à l’espace Sacré-Cœur, consacrant les lauréats des différentes catégories. Au fil de ses différentes activités, Ramadaniat WeCasablanca 2026 a rassemblé un public nombreux, confirmant l’intérêt des Casablancais et des visiteurs pour des rendez-vous culturels qui accompagnent les soirées du mois de Ramadan. À travers cette programmation, l’initiative poursuit son ambition de faire de la culture et des arts un vecteur de rencontre et de partage durant le mois sacré, pour contribuer à l’animation de la ville et à la valorisation de son patrimoine artistique et spirituel.

Festival On Marche au Maroc : spiritualité et création au cœur du mois sacré

Festival On Marche au Maroc : spiritualité et création au cœur du mois sacré

Le festival international de Danse contemporaine de Marrakech (On Marche) revient du 6 au 14 mars 2026 pour sa 19e édition. Une édition placée sous le signe de la spiritualité et du partage, en ce mois de ramadan. Cette 19e édition du festival On Marche est particulière. Elle se tiendra intégralement pendant le ramadan. L’occasion d’offrir la danse et la création en partage et de revenir sur le thème de la spiritualité. Un thème cher à Taoufiq Izeddiou qui l’a d’ailleurs déjà abordé lors d’une précédente édition : la spiritualité au sens large qui élève et unit. Il expliquait alors « la danse, quand elle est imprégnée par une spiritualité, peut devenir tant une quête mystique individuelle qu’une célébration collective ». Aujourd’hui, ce sont bien la célébration collective et les valeurs du partage, propres tant au ramadan qu’à la danse, qui sont mises en lumière. Cette 19e édition sera également l’occasion de renforcer les fondements du festival, celles de transmission et de partage autour de la danse, tout juste un an avant la 20e édition. Un moment à n’en pas douter symbolique pour Taoufiq Izeddiou. D’autant que ce sera parallèlement les 25 ans de sa compagnie de danse contemporaine, Anania, considérée comme la première au Maroc. 2027 s’annonce donc essentielle pour le festival On Marche et son fondateur, qui entendent bien continuer d’en faire un rendez-vous incontournable de la scène chorégraphique marocaine et internationale. Et cette année, pendant neuf jours, Marrakech redevient un vaste territoire de création et de partage, accueillant représentations, performances pluridisciplinaires, workshops, master classes, projections cinématographiques. Avec un format en adéquation avec le mois sacré et toujours avec des spectacles gratuits. UNE ÉDITION SOUS LES SIGNES DE LA SPIRITUALITÉ ET DU PARTAGE Fidèle à son ancrage territorial, culturel et humain, On Marche explore les relations étroites entre spiritualité et danse, et interroge ce qui nourrit à la fois le corps, l’âme et l’acte de création, dans un temps collectif marqué par le jeûne, l’écoute, la contemplation et le ralentissement. Les spectacles seront donnés après le ftour, à partir de 21h à l’Institut français, au Es Saadi Marrakech Resort, au Centre culturel les Étoiles de Jemaa el Fna. Ainsi, l’ouverture officielle avec « La Terre en transe » (Maroc) de Taoufiq Izeddiou, aura lieu samedi 7 mars, à 21h30. Après une tournée internationale, cette grande création chorégraphique, qui accueille sur scène 12 danseurs, clôt son tour des Instituts français du Maroc par une représentation attendue à l’IF de Marrakech. Mais le festival On Marche, comme à chaque édition, propose bien plus. La spiritualité et la danse se donnent en partage avec le public, avec les artistes, avec la nouvelle génération. Taoufiq Izeddiou rappelle : « La danse n’est pas un décor, c’est un acte de nécessité. » « Artistes à table ». Un temps de rencontre et de dialogue imaginé par le festival à l’heure de la rupture du jeûne. Autour du repas du ftour, chaque jour, un danseur, un chorégraphe, ou encore un peintre ou un plasticien partagent avec le public leur rapport à la spiritualité et à la création. Cet échange sera suivi de performances chorégraphiques in situ ou de projections. Taoufiq Izeddiou l’explique en ces mots : « Nous avons pensé ces rendez-vous comme des moments de rassemblement et de dialogue, pendant lesquels le geste chorégraphique est déplacé vers des espaces de vie, de parole et de convivialité. Les ftours, qui restent des temps familiaux, de générosité, de partage, sont aussi pour nous, l’occasion de réaffirmer la capacité de l’art à créer du lien et du sens à travers des rituels quotidiens ». « Danses en Images ». Au croisement de la danse et de l’image, le festival propose une sélection de films. Ce cycle cinématographique pose un regard anthropologique sur les rituels de célébration et met en lumière les parcours singuliers de chorégraphes contemporains. Le lancement du cycle débutera vendredi 6 mars à l’Institut français de Marrakech avec la projection en boucle de 12h à 15h, de « Lengue » de Léonie Yanga-Zowe (Centrafrique), « Les Pieds sur scène » d’Éric Legay (France), « Danses en fâ » d’Étienne Laroche (Bénin/France), « Dernier paysage » de Josef Nadj (France). Le soir à 20h, Le 18 accueillera la projection à 20h de « L’envol » de Nicolas Habas, chorégraphie Bouziane Bouteldja (France/Algérie) et « So Ava » de Smaïl Kanouté (France/Mali). Et « Al Awda » de Imane El Kabli (Maroc) et « Bella » de Eman Hussen (Égypte), lundi 9, à 19h30 au Es Saadi Marrakech Resort. Exposition photo. Et pour la 5e année consécutive, le public est invité à découvrir une exposition photographique en plein air réunissant plus de 20 œuvres autour du thème de la danse, installées dans la médina et ses environs. HONNEUR À L’ESPAGNE ET OUVERTURE SUR LE MONDE Parmi les temps forts, un focus Espagne, conçu en partenariat avec l’Institut Cervantes, vient renforcer les dialogues artistiques euro-méditerranéens et ouvrir de nouveaux espaces de circulation pour les œuvres chorégraphiques. Des artistes et musiciens espagnols sont invités autour de deux projets : « Las Magias » de Teresa Lorenzo, à voir mercredi 11, à 21h30 au Es Saadi et « Rumi Flamenco » de Nirtan et Manuel Espinoza, vendredi 13, à 20h au Es Saadi. La programmation accorde également une place centrale aux chorégraphes marocains, composante majeure et pérenne du festival. Elle témoigne d’une écoute attentive à la diversité des langages chorégraphiques et à la vitalité de la scène artistique marocaine, tout en favorisant des espaces de dialogue entre artistes, au cœur de leurs territoires. Comme toujours, On Marche s’ouvre au monde. Et en cette période de ramadan, les valeurs d’échange et de partage sont omniprésentes, comme avec l’accueil de compagnies venues d’autres pays, tels la France, le Mali, le Mozambique, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte… TAKLÎF ET NAFASS – ON MARCHE : ACCOMPAGNER LA NOUVELLE GENERATION La 19e édition accueille la 4e édition du concours TAKLÎF, programme de soutien à la création dédié aux jeunes chorégraphes marocains, résidant au Maroc

REPORTAGE. Les prix des produits alimentaires restent sur leur trend haussier (Maroc)

REPORTAGE. Les prix des produits alimentaires restent sur leur trend haussier (Maroc)

Alors que le Ramadan touche pratiquement à sa fin   Un Ramadan éprouvant pour de nombreuses familles marocaines. Et pour cause, les prix observés depuis le début de l’année 2025 et récemment signalés par le Haut-Commissariat au plan (HCP), continuent de poursuivre un trend haussier dans plusieurs marchés et grandes surfaces de la capitale économique. Les multiples contrôles sur les marchés et la lutte contre toutes les formes de spéculation à l’encontre des fluctuations de prix durant le mois sacré n’y changent rien. Les prix alimentaires restent sur une trajectoire ascendante. Selon les données du Haut-Commissariat, entre décembre 2024 et janvier 2025, les prix des “Poissons et fruits de mer” ont augmenté de 6,0%, les “Légumes” de 4,7%, les “Viandes” de 2,0%, les “Fruits” de 1,6% et le “Lait, fromage et œufs » de 0,6%. Un Ramadan enrobé par la cherté de la vie Plus de deux mois après la publication des statistiques précitées, alors que la fin du mois de jeûne s’approche, la tendance, selon Leila, ne se contredit pas, car tout reste à un prix cher : «Les prix de la viande, des légumes, du poisson, des œufs, des fruits et des autres produits très prisés pendant le mois de Ramadan sont chers ». Selon cette quadragénaire, qui s’approvisionne au marché de légume de Hay Souaret, « seuls les prix de la menthe, de la semoule, de la farine et de l’huile n’ont pas vraiment changé ». Pour Mariam, trentenaire, « je n’irais pas jusqu’à dire que ce sont les pires hausses que nous ayons vécues, mais après tout ce que nous avons traversé ces dernières années, lorsque l’inflation était à son pic, on espérait un peu de répit. Or, ce n’est pas le cas ». Pour cette jeune informaticienne, « rien que cela est perturbant, surtout pour des jeunes comme moi qui souhaitent débuter leur vie professionnelle sur de bonnes bases. Il se trouve que les factures d’électricité ont également grimpé récemment ». Les prix des aliments connaissent habituellement de légères hausses durant le mois de jeûne. « Ce n’est donc pas nouveau. Par ailleurs, la hausse des prix a été observée bien avant le début du Ramadan. Autant dire que nous nous attendions quelque peu à ces augmentations. Le problème, c’est que les fortes hausses des années passées nous ont laissés exsangues, alors que le pouvoir d’achat est resté quasi inchangé pour bon nombre d’entre nous », fait remarquer pour sa part Khadija, qui fait ses courses au marché des Roches Noires et de temps à autre au Marché Central où, déplore-t-elle, les prix ont également bondi. Si, comme le suggérait le HCP, les hausses les plus importantes enregistrées à fin janvier dernier l’ont été à Settat (1,5%), à Safi (1,3%), à Tétouan, Guelmim et Al Hoceima (1,1%), à Kénitra et Marrakech (1,0%), un tour d’horizon des étales des marchés de Casablanca montre que la ville blanche n’a pas été épargnée par ces augmentations. Un constat partagé par Imane qui déplore à son tour la cherté de certains aliments de base et les conséquences sur certaines traditions en lien avec cette période. Selon cette jeune comptable habituée du marché Berycha et du quartier Alsace Lorraine à Casablanca, « on invite de moins en moins les proches et parents à partager le ftour ensemble faute de moyens pour acheter les différents aliments traditionnellement consommés durant le mois sacré». Alain Bouithy Les cours du sucre, des produits laitiers et des huiles végétales grimpent à l’échelle mondiale  Au niveau mondial, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a, au mois de février 2025, connu une hausse, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Et de préciser que cet indice «s’est établi à 127,1 points en moyenne en février, en hausse de 1,6 % par rapport au mois précédent et de 8,2 % par rapport à son niveau de février 2024 ». Dans un rapport publié récemment, l’organisation internationale attribue cette progression essentiellement aux prix du sucre, des produits laitiers et des huiles végétales qui ont augmenté respectivement de 6,6%, 4,0% et 2,0%.    

FRANCE. La controverse autour du Ramadan !

FRANCE. La controverse autour du Ramadan !

La Fédération Française de Football (FFF) réagit. La récente décision de la FFF d’interdire aux joueurs sélectionnés de pratiquer le Ramadan a suscité une vague de critiques. Son président, Philippe Diallo, a pris la parole pour clarifier la position de la fédération sur cette question délicate. Ce sujet fait grand bruit dans le monde du football français et sur les plateformes de médias sociaux. Cette année, la Fédération Française de Football a établi un « cadre général » régissant la pratique du jeûne du Ramadan au sein des équipes nationales. Cette réglementation implique notamment l’absence d’aménagement des horaires de repas ou de collations pour les joueurs musulmans souhaitant jeûner. Concrètement, les joueurs de l’équipe nationale, des U16 aux A, se voient interdire de pratiquer le jeûne, et Mahamadou Diawara (OL), sélectionné avec les U19, a été remplacé pour cette raison. Parallèlement, plusieurs clubs en France ont également adopté des mesures similaires, empêchant leurs joueurs musulmans de pratiquer le Ramadan. Cependant, d’autres clubs tels que l’OL, l’OM, le PSG, Le Havre ou Reims n’imposent aucune restriction et fournissent même un suivi personnalisé aux joueurs jeûnant. Cette disparité de traitement, notamment par rapport aux pratiques observées à l’étranger, irrite de nombreux supporters de l’équipe de France. Philippe Diallo, président de la FFF, a réagi à ces critiques en défendant la position de la Fédération : « Je ne peux tolérer l’accusation de discrimination religieuse à l’encontre de la FFF. Mon devoir est de garantir une certaine neutralité dans la pratique sportive. La Fédération a établi un cadre, à l’instar du milieu scolaire. Il est impossible d’adapter nos horaires ou notre organisation en fonction de pratiques religieuses quelles qu’elles soient », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à un média. Il a également souligné que le Conseil d’État avait donné raison à la FFF face aux contestations. « Je respecte les convictions de chacun. Pour éviter de compromettre les performances ou la santé des athlètes, il est possible de reporter le jeûne », a ajouté Diallo, encourageant ainsi les joueurs à différer leur Ramadan à une période sans compétition. Selon lui, il n’est pas question d’interdire le Ramadan, mais simplement de le reporter : « Personne au sein de la Fédération, moi compris, n’a interdit à quiconque de jeûner ». Il a conclu en réaffirmant que la religion n’était pas un critère lors de la sélection des joueurs en équipe de France et en dénonçant les critiques injustifiées et infondées dirigées contre la Fédération.Ces déclarations suffiront-elles à apaiser la polémique ? Rien n’est moins sûr… Ya Willy.

Comment je vis Ramadan étant bahá’í marocain ?

Comment je vis Ramadan étant bahá’í marocain ?

Ramadan est un mois particulier et exceptionnel sur le plan spirituel, psychique et social. C’est le mois qui unit notre société dans sa diversité culturelle et religieuse. Je vois Ramadan comme un appel à la spiritualité et au développement spirituel pour tous les marocains. Je remarque également de nombreux phénomènes de senteurs célestes ce mois-ci, qui nous affectent tous avec paix et sérénité. Les brises spirituelles de Ramadan revivifient nos âmes, calment nos esprits et nous rappellent que nous appartenons tous au même Créateur. Ces brises spirituelles renouvellent également notre conscience de notre Créateur, ainsi que de notre destinée, de notre fin dans cette vie terrestre, et de la nécessité de nous préparer à la vie éternelle. Comme il est doux l’appel des minarets, qui adoucit nos âmes et apporte une joie spirituelle à nos cœurs. J’adore et j’aime le mois de Ramadan, et je le trouve très doux et serein. Croyez-moi, tout ce que les médias publient et exagèrent, comme les événements de « Tramdéna », sont des cas franchement isolés et ne reflètent pas la réalité de la vie spirituelle des Marocains. Ramadan est un mois au cours duquel les relations entre les citoyens se renforcent et se consolident. Nous échangeons chaque jour félicitations et joie avec tous ceux que nous rencontrons, « Ramadanmoubarak, 3wachare mabrouka », des dizaines de fois par jour, que nous soyons musulmans, baha’is, chrétiens ou athées. En effet, Ramadan rassemble et renforce l’unité entre tous les marocains. En tant que bahá’í, j’aime recevoir mes amis et leur préparer la table de « ftour ». Évidemment j’aime aussi être invité chez eux pour partager le « ftour » avec eux. C’est pour cela que j’aime Ramadan car c’est le mois de l’amitié, du partage, de l’échange et de la joie. L’un des miracles de ce mois-ci est que nous oublions que nous appartenons à des cultures et des croyances différentes alors que nous sommes tous à table en train de rire, de passer des soirées agréables et d’échanger des opinions sur des sujets riches et marquants. Un autre miracle que je remarque au mois de Ramadan est que nous ne faisons aucun effort de tolérance et de coexistence, car nous nous retrouvons naturellement unis dans notre diversité comme si nous étions de la même famille, comme les feuilles d’un même arbre et des fleurs différentes du même jardin. Peu importe de s’abstenir ou non de manger, mais ce qui est fort et intense pendant le mois de Ramadan, c’est l’éveil spirituel qui nous contaminent tous et nous permet de nous rapprocher et de nous unir. Toutes les religions n’ont-elles pas un seul but ultime, unir l’humanité sous la bannière de la paix ? Docteur Jaouad MABROUKI Psychiatre, psychanalyste de la société arabe

Je suis bahá’í marocain, pourquoi je jeûne ?

Je suis bahá’í marocain, pourquoi je jeûne ?

TRIBUNE. Toutes les religions suggèrent le jeûne aux croyants, bien que les formes et les méthodes de jeûne changent d’une religion à l’autre. Je parlerai ici uniquement de mon expérience personnelle du jeûne bahá’í et de ma propre compréhension des textes bahá’ís. Dans la foi baha’íe, chaque individu a le droit de comprendre les textes à sa manière, en toute honnêteté, selon son niveau intellectuel, sa capacité d’analyse et sa propre philosophie de vie et de religion en général. Cette liberté personnelle de chaque croyant dans l’interprétation des textes religieux prouve que l’Homme de cette nouvelle ère a mûri et n’a plus besoin d’un « alem, imam ou fkih ». D’un autre côté, cette liberté individuelle reste purement personnelle et ne peut pas entraver la liberté des autres croyants ni faire l’objet de désaccord entre eux, car l’unité entre les Hommes est le but premier et le plus élevé, au-dessus de tous les autres principes baha’is. Si la religion est cause de division entre les membres de la famille humaine, alors son absence est préférable à son existence. En d’autres termes, une compréhension personnelle des textes ne peut en aucun cas être imposée comme vérité aux autres croyants. Cela reste une logique supérieure, car la relation entre un croyant et sa religion est une relation spirituelle individuelle et unique et ne peut ressembler à la relation d’un autre croyant, même s’il est de la même religion. Cela prouve une fois de plus la maturité spirituelle et la liberté du croyant dans cette nouvelle époque. Je vais maintenant vous citer ce que j’ai personnellement découvert sur les caractéristiques exceptionnelles du jeûne bahá’í : 1- La première et la plus importante condition du jeûne bahá’í est « l’amour », c’est-à-dire jeûner uniquement pour l’amour de Dieu. Je m’explique : jeûner par mimétisme ou jeûner par peur d’un châtiment céleste ou par culpabilité, peut se présenter comme inutile et nuisible au progrès spirituel. L’absence de l’amour cède la place à des souffrances douloureuses tandis que la religion est selon moi l’essence de l’amour, de la joie et du bonheur spirituel. 2- Le jeûne bahá’í dure 19 jours chaque année, du 1er au 20 mars. 19 jours correspondent  à un mois car l’année baha’íe se compose de 19 mois et chaque mois contient 19 jours. 3- Le jeûne consiste à s’abstenir de nourriture, d’eau et de tous les plaisirs et désirs physiques du lever au coucher du soleil. 4- Le but n’est pas seulement de me priver de nourriture, mais d’augmenter ma gourmandise spirituelle. J’essaie évidemment d’atteindre un équilibre entre ma vie matérielle et spirituelle. 5- Chaque croyant, avec une conscience sincère, décide s’il doit jeûner ou non selon certaines circonstances, comme un travail physique très pénible, ou un travail qui requiert une concentration et une lucidité totales, comme c’est le cas pour un chirurgien par exemple, ou un chauffeur de transport. Pour citer en exemple mon expérience professionnelle pendant le jeûne, si j’ai un mal de tête qui m’empêche de me concentrer avec mon patient, je prends un comprimé d’antidouleur avec une gorgée d’eau et je continue mon jeûne car mon intention n’était pas de rompre le jeûne. Ceci reste mon opinion personnelle sur la compréhension du jeûne. En bref, le jeûne ne doit en aucun cas me mettre en péril, ni mettre les autres en danger, car le jeûne est pour mon bien-être et celui des autres. 6- Je crois que le jeûne bahá’í est un outil spirituel par excellence pour contrôler tous mes désirs physiques, matériels ainsi que mes pulsions animales. Le jeûne est vraiment une merveilleuse technique de « self control ». 7- Le jeûne bahá’í me permet de renforcer ma capacité à communiquer avec mon âme, ma vie intérieure et ma réalité spirituelle ou immatérielle. 8- Le jeûne bahá’í est un mécanisme, d’un point de vue technique spirituel, qui facilite le progrès de mon âme afin d’atteindre la station de rester constamment dans un « état de prière » dans ma vie personnelle, sociale, familiale et professionnelle. Dans cet « état de prière », mon désir de servir mon prochain, mon voisin, mon quartier, mon pays devient une affaire claire et naturelle et un plaisir spirituel spontané. En d’autres termes, le jeûne bahá’í n’est pas, pour moi, une pratique de la faim mais un véritable exercice spirituel continu. 9- La foi baha’íe m’accorde une liberté totale de pratiquer les enseignements religieux spirituels sans aucune menace de punition, d’enfer ou de culpabilité, car la foi baha’íe appelle à une relation « d’amour » avec tous les êtres humains, qu’ils soient croyants ou non. Docteur Jaouad MABROUKI Psychiatre, psychanalyste de la société arabe

Tramdéna, une grave maladie à soigner avant ramadan

Tramdéna, une grave maladie à soigner avant ramadan

PARLONS-EN. Chaque année nous assistons durant le mois de jeûne au phénomène de tramdéna qui se produit dans les souks, dans les quartiers, dans les maisons, dans les administrations, dans la conduite, dans les transports, bref dans tous les lieux de vie sans exception. D’ailleurs ce phénomène prend de l’ampleur d’une manière gravement croissante d’une année à une autre. Chaque année durant le mois de jeûne, les médias évoquent ce phénomène avec beaucoup d’intérêt mais aussi d’intrigue et recourent souvent aux professionnels de la psychologie et de la sociologie essayant d’avoir des explications. Après plus de vingt ans d’observation et de recherche, je suis arrivé à plusieurs explications médicales, psychiatriques et culturelles. Dans cet article je vais me contenter d’aborder la tramdéna uniquement sous l’angle psychiatrique. La tramdéna est une crise de colère aigue comme un tonnerre dans un ciel serein, brutale et  totalement incontrôlable. Cette colère est impulsive et s’accompagne d’une agressivité verbale et physique. Des fois cette colère incontrôlable est responsable de coups et de blessures, mais aussi d’accidents mortels domestiques et de route. Les services des urgences, de la police, de la justice et ceux de la protection civile sont très sollicités de manière exceptionnelle durant le mois de jeûne et décrivent bien les graves conséquences de la tramdéna. Le syndrome de tramdéna est très répandu et visibleaisément durant le mois de jeûne. Mais en réalité je l’observe durant toute l’année, seulement de façon moins spectaculaire car les sujets atteints de ce syndrome, font habituellement recourt (en dehors de la période de jeûne) aux psychotropes et aux différentes drogues comme l’alcool, le cannabis, la cigarette, l’kala*, l’maajoune**, mica***, karkoubi****, cocaïne, et autres produits tranquilisants. Ces drogues affaissent l’intensité des symptômes du syndrome de tramdéna, d’où l’impression de sa rareté. Les causes du syndrome de tramdéna, durant le mois de jeûne sont multiples : Le traitement nécessite une prise en charge psychiatrique en ambulatoire ou bien en milieu hospitalier en fonction de chaque cas. Le syndrome de tramdéna révèle l’évolution de graves maladies psychiatriques associées à la toxicomanie qui masque les symptômes pathologiques. La personne atteinte est le plus souvent inconsciente de sa maladie et de sa toxicomanie.  Il est du devoir de l’entourage d’accompagner le malade et de consulter un psychiatre afin d’avoir un diagnostic précis et commencer une prise en charge adéquate. Il est plus sage et prudent que la personne atteinte de ce syndrome soit prise en charge avant le mois de jeûne afin d’éviter les drames de tramdéna. *un mélange de tabac et de substances psychoactives, utilisé par voie buccale entre la lèvre inférieure et le rebord gingivale, **mélange de cannabis, de substances hallucinogènes, de miel et de plusieurs graines, ***sont des substances volatiles contenus dans certains produits comme la colle, le décapant, le dissolvant. Ce produit est déposé dans un sac en plastic ou bien dans un tissu et reniflerpart le toxicomane, ****psychotropes pharmaceutiques consommés à des doses élevées et de façon régulière Docteur Jaouad MABROUKI Psychiatre, psychanalyste de la société arabe 0637849654

Ne pas jeûner, relève des compétences du médecin et non du « fkih »

Ne pas jeûner, relève des compétences du médecin et non du « fkih »

LIBRES PROPOS. Souvent nous entendons des « fkihs »(prêtres musulmans) qui prêchent les conditions du jeûne et les situations où les croyants sont « autorisés » de ne pas jeûner. Le terme « d’autorisation » est très mal choisi, car devant une autorisation comme celle de construction ou de conduite, il nous reste le choix d’en profiter ou pas. Or, dans le cas où un croyant est malade et le jeûne constitue une menace pour sa vie, le malade n’a plus le choix de jeûner ou pas. Ainsi il ne s’agit plus d’une « autorisation de manger » mais plutôt d’une « ordonnance » ! Comme la religion ordonne aux croyants de jeûner s’ilssont en bonne santé, de même elle ordonne à un malade de ne pas jeûner. Il est clair qu’il s’agit d’une « ordonnance » et non d’une « autorisation ». Les « fkihs » sont conviés à changer leur vocabulaire utilisé dans cette situation. En disant que le malade a l’autorisation de ne pas jeûner, comme s’il a le choix, ils laissent le croyant malade en confusion de jeûner ou pas. Ce qui induit le malade en erreur et il jeûne le plus souvent. Le malade à qui il est interdit de jeûner, et qui malgré cette ordonnance décide quand même de jeûner, est en infraction avec les commandements de la religion et il met sa vie en péril. Tout en jeûnant il s’expose à des risques de décès. Dans ce cas, le malade doit savoir qu’il commet une tentative de suicide. Or le suicide n’est-il pas interdit par la religion ? Il s’agit d’une très grande confusion répandue par les « fkihs » lorsqu’ils prêchent les conditions de ne pas jeûner. La religion n’est pas en mesure d’énumérer et de décrire toutes les maladies et chaque cas est isolé. Ainsi la religion a mandaté le médecin qui seul peut ordonner à un malade de jeûner ou pas. Le médecin est le seul qui est compétentpour évaluerl’état du malade, la nature de sa maladie et il lui incombe de décider si son malade est en mesure de jeûner ou pas. Dans cette décision, le médecin évalue des dizaines de facteurs qui changent d’un malade à autre. C’est pour cette raison, par exemple, devant deux malades atteints de la même maladie, le médecin peut permettre à l’un de jeûner et imposer à l’autre de manger. Il s’agit d’une très grande responsabilité pour le médecin et croyez moi il n’est pas facile de proscrire le jeûne. J’invite les « fkihs » à instruire les croyants que seuls les médecins, mandatés par la religion, ont la compétence d’ordonner de jeuner ou pas à un malade, et qu’ils doivent avoir confiance en eux comme ils ont confiance en la religion. N’oublions pas que la religion nous invite à avoir une grande ouverture d’esprit et de la tolérance. Le but du jeûne est purement spirituel et non un exercice de la faim. Docteur Jaouad MABROUKI Psychiatre et psychanalyste de la société arabe