Comment je vis Ramadan étant bahá’í marocain ?

Ramadan est un mois particulier et exceptionnel sur le plan spirituel, psychique et social. C’est le mois qui unit notre société dans sa diversité culturelle et religieuse. Je vois Ramadan comme un appel à la spiritualité et au développement spirituel pour tous les marocains. Je remarque également de nombreux phénomènes de senteurs célestes ce mois-ci, qui nous affectent tous avec paix et sérénité.

Les brises spirituelles de Ramadan revivifient nos âmes, calment nos esprits et nous rappellent que nous appartenons tous au même Créateur. Ces brises spirituelles renouvellent également notre conscience de notre Créateur, ainsi que de notre destinée, de notre fin dans cette vie terrestre, et de la nécessité de nous préparer à la vie éternelle.

Comme il est doux l’appel des minarets, qui adoucit nos âmes et apporte une joie spirituelle à nos cœurs. J’adore et j’aime le mois de Ramadan, et je le trouve très doux et serein. Croyez-moi, tout ce que les médias publient et exagèrent, comme les événements de « Tramdéna », sont des cas franchement isolés et ne reflètent pas la réalité de la vie spirituelle des Marocains.

Ramadan est un mois au cours duquel les relations entre les citoyens se renforcent et se consolident. Nous échangeons chaque jour félicitations et joie avec tous ceux que nous rencontrons, « Ramadanmoubarak, 3wachare mabrouka », des dizaines de fois par jour, que nous soyons musulmans, baha’is, chrétiens ou athées. En effet, Ramadan rassemble et renforce l’unité entre tous les marocains.

En tant que bahá’í, j’aime recevoir mes amis et leur préparer la table de « ftour ». Évidemment j’aime aussi être invité chez eux pour partager le « ftour » avec eux. C’est pour cela que j’aime Ramadan car c’est le mois de l’amitié, du partage, de l’échange et de la joie.

L’un des miracles de ce mois-ci est que nous oublions que nous appartenons à des cultures et des croyances différentes alors que nous sommes tous à table en train de rire, de passer des soirées agréables et d’échanger des opinions sur des sujets riches et marquants.

Un autre miracle que je remarque au mois de Ramadan est que nous ne faisons aucun effort de tolérance et de coexistence, car nous nous retrouvons naturellement unis dans notre diversité comme si nous étions de la même famille, comme les feuilles d’un même arbre et des fleurs différentes du même jardin.

Peu importe de s’abstenir ou non de manger, mais ce qui est fort et intense pendant le mois de Ramadan, c’est l’éveil spirituel qui nous contaminent tous et nous permet de nous rapprocher et de nous unir.

Toutes les religions n’ont-elles pas un seul but ultime, unir l’humanité sous la bannière de la paix ?

Docteur Jaouad MABROUKI

Psychiatre, psychanalyste de la société arabe

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