Congo. Pourquoi Denis Christel Sassou Nguesso a échoué à prendre la tête du PCT ?

TRIBUNE. Le sixième congrès du Parti congolais du travail (PCT) a frôlé l’implosion avant d’aboutir à la reconduction de Pierre Moussa, âgé de 85 ans, au poste de secrétaire général pour un mandat de cinq ans, à l’issue d’intenses tractations. Le long suspense ayant entouré la désignation du secrétaire général illustre les profondes guerres de clans qui minent à la fois la famille politique et biologique du chef de l’État. Un temps pressenti comme favori pour diriger le parti, Denis Christel Sassou Nguesso a finalement payé au prix fort le front commun dressé contre lui par les autres clans. Ne faisant pas l’unanimité au sein du PCT, le « Kiki » sort de cet épisode considérablement affaibli. En réalité, Denis Christel Sassou Nguesso souffre cruellement d’un déficit d’hommes de décision : de véritables lieutenants capables de le défendre et de le soutenir, tant sur le plan national qu’international. Son poids politique demeure faible, aussi bien au sein du parti qu’à l’échelle nationale. Ce n’est pas avec des soutiens qualifiés de poids plumes — tels qu’Ibam Ngambili, Romi Oyo, Obam’Andon, entre autres — qu’il pouvait prétendre prendre la tête du PCT et nourrir l’ambition de diriger un jour le Congo. Un général sans troupes ni base politique solide ne peut raisonnablement espérer accéder au sommet de l’État, surtout dans un parti où la conquête du pouvoir suscite tant de convoitises. Le PCT, à l’image du MPLA en Angola, demeure un parti extrêmement puissant et structuré. Dans un tel contexte, une succession dynastique y apparaît quasi impossible. Si le président de la République, le camarade Denis Sassou Nguesso, tentait d’imposer son fils, le parti stalinien risquerait une implosion majeure. Dans les coulisses, les caciques du PCT semblent unanimes pour barrer la route à Mwana Ndeya. Denis Christel Sassou Nguesso est aussi victime de ses propres turpitudes. Les accords controversés avec le Rwanda ont contribué à le fragiliser et à ternir son image. De plus, son éloignement des réalités quotidiennes de ses compatriotes lui est fortement reproché. On ne peut aspirer à diriger le Congo tout en restant distant des Congolais. Kiki n’a pas su tirer profit des précieux conseils de son père, véritable baobab de la politique congolaise. Ce n’est pas un hasard si le président Denis Sassou Nguesso a su s’imposer durablement à la tête du pays. Fin stratège, il observe tout, y compris l’opposition et la diaspora. Il ne sous-estime personne et accorde de l’attention à tous, y compris à ses adversaires, ce qui explique en grande partie sa longévité politique. En se privant de cette expérience, Kiki a tout perdu en voulant naviguer à contre-courant. Le portefeuille de la coopération internationale et du partenariat public-privé aurait dû constituer pour lui une véritable vitrine sur la scène internationale. Hélas, ce sont surtout les affaires qui retiennent l’attention : plaintes aux États-Unis concernant l’acquisition d’un penthouse à Miami, citations répétées de son nom dans le dossier des biens mal acquis en France. Malgré tout, Denis Christel Sassou Nguesso aurait pu se racheter auprès des Congolais grâce à sa fondation Perspectives d’avenir, dédiée à la formation des jeunes. Malheureusement, cette fondation est aujourd’hui à l’arrêt. Dans un contexte de chômage endémique des jeunes, Perspectives d’avenir aurait pu jouer un rôle de rempart en favorisant la formation socio-professionnelle et en créant des passerelles vers le monde du travail. Disposant de plusieurs atouts — son poste ministériel et la présidence de cette fondation — Denis Christel Sassou Nguesso aurait pu devenir incontournable, tant au niveau national qu’international, en offrant à la jeunesse congolaise de réelles perspectives d’avenir, notamment à travers des dispositifs tels que le FIGA. Il aurait ainsi pu bâtir un réseau solide, allant de la diaspora aux cercles du pouvoir comme de l’opposition, réseau qui aurait pu lui servir de tremplin vers le pouvoir le moment venu. In fine, l’homme se retrouve isolé, mal entouré, sans troupes capables de le propulser au sommet. Il enchaîne les revers, et l’espoir de succéder un jour à son père s’amenuise de jour en jour. Si, dans les coulisses, certains évoquent un nouveau changement de la Constitution afin de permettre à Kiki d’être élu président de la République par les parlementaires de la majorité, à l’image de l’Afrique du Sud, cette hypothèse ne séduit guère les Congolais. Pire encore, il est davantage combattu dans son propre camp qu’au sein de l’opposition. Les Congolais restent réfractaires à toute modification constitutionnelle destinée uniquement à satisfaire les ambitions personnelles de Kiki, qui n’a pas su conquérir le cœur de ses compatriotes. « Il est clair qu’un parti occupé à la conquête ou à la conservation du pouvoir gouvernemental ne peut discerner dans ces cris que du bruit. Il réagira différemment selon que ce bruit gêne celui de sa propre propagande ou, au contraire, le grossit. Mais en aucun cas il n’est capable d’une attention tendre et divinatrice pour en discerner la signification. » Simone Weil Fait à Paris, le 2 janvier 2026 Evrard NANGHO Le Patriote Engagé
Congo. UDH-Yuki : qu’as-tu fait du testament de ton président fondateur ? Peut-on espérer le changement en s’alliant au PCT ?

LIBRES PROPOS. Il est des paroles qui ne meurent pas avec celui qui les prononce. Elles survivent parce qu’elles engagent, parce qu’elles obligent, parce qu’elles interpellent les consciences bien au-delà de l’émotion du moment. Le dernier message politique de Guy Brice Parfait Kolélas appartient à cette catégorie rare de paroles historiques. Prononcé sur un lit de mort, dans un contexte de souffrance extrême, ce message n’avait rien d’un discours ordinaire. Il était un testament. « Je me bats contre la mort. Mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez-y voter, pour le changement… Il y va de l’avenir de vos enfants. » Ces mots n’étaient ni une plainte, ni une supplique personnelle. Ils étaient un appel solennel à la mobilisation, à la dignité citoyenne, à la rupture politique. Ils visaient d’abord le peuple congolais, mais aussi — et peut-être surtout — sa famille politique : l’Union des démocrates et humanistes – Yuki (UDH-Yuki), fondée le 19 mars 2017 par celui qui en fut le président jusqu’à sa mort en 2021. Aujourd’hui, plus de quatre ans après sa disparition, une question s’impose avec gravité : qu’as-tu fait de ce testament politique ? Un héritage qui engage, pas un symbole à consommer Guy Brice Parfait Kolélas n’a pas créé l’UDH-Yuki pour enrichir le paysage déjà saturé des partis politiques congolais. Il l’a fondée comme un outil de combat démocratique, une force de transformation sociale, une alternative crédible à un système politique verrouillé depuis des décennies par le Parti congolais du travail (PCT). Son dernier message ne laissait aucune ambiguïté. Il parlait de lutte. Il parlait de changement. Il parlait d’avenir. Il parlait des enfants du Congo. En politique, peu de paroles sont aussi claires, aussi dépouillées de calcul, aussi chargées de vérité. Un testament, par définition, ne se négocie pas. Il se respecte ou il se trahit. Une opposition en panne de sens Depuis la mort de son fondateur, l’UDH-Yuki donne l’image d’un parti en errance. Les Congolais assistent, souvent avec amertume, à des divisions internes, à des querelles de leadership, à des repositionnements ambigus et à des choix stratégiques qui interrogent profondément. Là où l’on attendait un parti rassemblé, offensif et porteur d’un projet clair, on observe trop souvent le silence, l’hésitation ou la confusion. Là où l’on espérait une force politique fidèle à l’esprit de combat de son fondateur, on perçoit parfois une organisation préoccupée par sa survie institutionnelle plutôt que par la transformation du pays. Or, pendant ce temps, la crise nationale s’aggrave. Un pays plongé dans une crise multidimensionnelle La République du Congo traverse une crise profonde et multiforme: crise économique, marquée par l’endettement, la pauvreté et le chômage massif des jeunes ; crise sociale, avec la dégradation des services publics, la précarité des fonctionnaires et la désespérance des populations ; crise politique, caractérisée par la confiscation du pouvoir, l’affaiblissement des contre-pouvoirs et la perte de confiance dans les institutions ; crise morale, où la corruption, l’impunité et le clientélisme semblent érigés en mode de gouvernance. Cette situation n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de décennies de gestion du pays par le PCT, parti au pouvoir, qui concentre l’essentiel des responsabilités dans l’état actuel de la nation. Dès lors, une question devient inévitable. Peut-on espérer le changement en s’alliant au PCT ? Peut-on sérieusement parler de changement, de rupture, d’alternative démocratique, en s’alliant au parti qui a conduit le pays dans cette crise multidimensionnelle ? Peut-on prétendre honorer le testament de Guy Brice Parfait Kolélas en pactisant avec le système qu’il combattait ? Peut-on appeler le peuple à se lever, tout en s’asseyant à la table du pouvoir que l’on dénonçait hier? Ces questions ne sont ni polémiques ni malveillantes. Elles sont politiques, morales et historiques. Elles traduisent l’inquiétude légitime de citoyens qui refusent que l’opposition devienne une simple variable d’ajustement du système en place. L’histoire politique africaine regorge d’exemples de partis d’opposition absorbés, neutralisés ou vidés de leur substance par des alliances dites « stratégiques ». Rarement ces alliances ont profité aux peuples. Elles ont souvent profité aux carrières individuelles. La responsabilité historique de l’UDH-Yuki L’UDH-Yuki se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Elle peut choisir la fidélité au combat fondateur, au prix de l’exigence, de la patience et parfois du sacrifice. Ou elle peut choisir la facilité des compromis, au risque de perdre son âme et la confiance populaire. Être héritier politique ne consiste pas à invoquer une mémoire, mais à prolonger une vision. Guy Brice Parfait Kolélas a payé de sa vie son engagement. Il a combattu jusqu’au dernier souffle. Cette cohérence lui a valu le respect, y compris de ses adversaires. La question n’est donc pas de savoir si l’UDH-Yuki peut survivre politiquement. La vraie question est de savoir si elle veut encore incarner l’espoir du changement. Le peuple observe et jugera Le peuple congolais n’est pas dupe. Il observe. Il compare. Il se souvient. Il sait reconnaître ceux qui se battent pour l’intérêt général et ceux qui se battent pour des arrangements politiques. Le testament de Guy Brice Parfait Kolélas demeure un miroir tendu à ses héritiers politiques. Il reflète leurs choix, leurs renoncements ou leur courage. L’histoire, elle, sera implacable. Car on ne trahit pas impunément un combat mené jusqu’à la mort. Et l’on ne construit pas le changement avec les architectes du statu quo. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
Congo. Pendant que le PCT parle de bilan positif, les Congolais vivent l’humiliation

Misère sociale, hôpitaux à l’abandon, chômage, pauvreté : le discours officiel nie la souffrance réelle du peuple congolais HAUT ET FORT. Dans un pays où des femmes et des hommes ayant travaillé et servi la République se retrouvent aujourd’hui plongés dans la misère faute de salaires et de pensions versés, la situation est humainement et moralement inacceptable. Agents municipaux, enseignants, travailleurs des structures à budget de transferts, ainsi que de nombreux retraités, sont abandonnés après des années de service et peinent à subvenir aux besoins les plus élémentaires. Cette réalité est d’autant plus cruelle en cette période de fêtes de fin d’année. Il est difficile d’imaginer comment ces parents, privés de revenus, pourront célébrer ces moments avec dignité, offrir un minimum à leurs enfants ou simplement partager un repas familial. Pour beaucoup, ces fêtes deviennent un rappel douloureux de l’abandon de l’État. Dans ce contexte, voir le PCT célébrer son congrès avec faste et s’autosatisfaire d’un prétendu « bilan positif » relève non seulement de l’indécence, mais aussi d’une profonde injustice sociale. Face à cette réalité, ces dirigeants continuent de gouverner le pays comme si tout allait bien. Cette posture traduit une déconnexion grave et inquiétante avec les conditions de vie réelles de la population. Il ne s’agit pas d’une simple erreur d’appréciation, mais bien d’un mépris institutionnalisé et d’un cynisme politique assumé, qui sacrifient la dignité des citoyens sur l’autel de l’indifférence, de l’autosatisfaction du pouvoir et de la préservation des privilèges. Peuple du Congo, il est temps de dire non à l’indifférence et à l’injustice. Ensemble, réclamons dignité, salaire juste et services publics pour tous. Votre voix compte, votre lutte est légitime ! J’ai dit !!! Par Paraclet Milos Hemilembolo Secrétaire national chargé des relations internationales de la Convergence Citoyenne
Le Congo en paix… sauf avec les salaires, les factures et la vérité

PARLONS-EN. Au Congo, la paix est proclamée chaque matin comme un bulletin météo : permanente, stable et garantie par le Parti Congolais du Travail (PCT). Une paix officielle, certifiée conforme par les discours, les communiqués et les congrès. Une paix si robuste qu’elle semble capable de survivre à tout : à l’absence prolongée de salaires, à l’effondrement des services publics, à l’asphyxie du secteur privé et même à la disparition progressive de la vérité. Une paix déclarative, militante, incantatoire. Une paix de mots, rarement de vécu. Les salaires impayés : quand les chiffres démentent la paix Dès que l’on quitte les tribunes politiques pour regarder la réalité en face, le décor change. À la mairie de Brazzaville, les agents cumulent quatorze mois de salaires impayés. À Dolisie, cinquante mois. À Mossendjo, quatre-vingts mois, À Nkayi, soixante-dix mois, (…) Des chiffres vertigineux qui devraient provoquer un électrochoc national. Mais au PCT, on applaudit, on sourit, et l’on parle d’un bilan « satisfaisant », comme si l’accumulation d’arriérés n’avait aucune conséquence humaine. L’Université Marien Ngouabi : le savoir sans salaire L’Université Marien Ngouabi, jadis symbole du savoir et de l’avenir, est devenue le laboratoire du mépris social. Les travailleurs y manquent de paix depuis longtemps. Non par goût de la contestation, mais parce que la faim, elle, ne se nourrit pas de discours politiques. Après l’université, les mairies du Congo sont entrées dans la danse. Une danse sociale macabre, sans musique, sans cachet, sans dignité, rappelant que la paix sociale ne se proclame pas : elle se construit. Les mairies en grève et le silence de l’État Face aux grèves, aux cris et aux détresses, l’État oppose le silence. Dans ce Congo officiel, l’absence de réponse est devenue une stratégie de gouvernance. Tant que les revendications n’atteignent pas les salons climatisés, tant que les travailleurs crient sans micro et que les agents ferment sans caméra, la paix est déclarée sauve. Le silence est confondu avec la stabilité, la résignation avec l’adhésion, l’épuisement avec la satisfaction. Le secteur privé étranglé par la dette intérieure Il serait pourtant injuste de croire que seuls les agents publics manquent de paix. Les opérateurs économiques du secteur privé vivent eux aussi une profonde insécurité financière. L’État congolais leur doit des milliards au titre de la dette intérieure. Des entreprises ont livré, exécuté des marchés publics, investi et créé des emplois. En retour : des factures impayées, des promesses reportées, des faillites en chaîne. Une économie réelle sacrifiée pendant que le discours officiel se veut rassurant. Un bilan chanté dans les congrès, absent dans les foyers Malgré ce tableau social et économique alarmant, les cadres du parti au pouvoir sillonnent le pays. Ils descendent dans leurs bases pour préparer le congrès du PCT et réclamer, avec une ferveur quasi religieuse, la candidature de Denis Sassou Nguesso, président sortant et candidat perpétuel. Ils vantent les succès de son mandat, louent la paix retrouvée et célèbrent un bilan qu’aucun salarié impayé, aucun agent municipal en grève, aucun entrepreneur ruiné n’a jamais vu passer. La paix selon le PCT : le règne du silence Dans les réunions politiques, le récit est parfaitement huilé : stabilité institutionnelle, réalisations structurantes, vision stratégique. On cite des routes que personne n’emprunte, des réformes que personne ne ressent, des chiffres que personne ne vérifie. Au Congo officiel, la paix n’a rien à voir avec le bien-être. Elle est définie comme l’absence de contestation audible. Et lorsque certains osent poser des questions, on les accuse de troubler l’ordre public. Les questions que le pouvoir refuse d’entendre Alors posons-les clairement. Qui a parlé de paix ? Est-ce l’agent municipal non payé ? Le travailleur universitaire abandonné ? L’entrepreneur ruiné par un État débiteur ? Certainement pas. Qui a dit que le bilan de Denis Sassou Nguesso est bon ? Ceux qui vivent de l’État sans jamais subir ses retards. Ceux qui confondent longévité au pouvoir et réussite politique. Peut-on gagner une élection sans la paix sociale ? Et surtout, qui a dit que Denis Sassou Nguesso gagnera les élections, alors qu’il n’y a pas de paix sociale à l’université, pas de paix dans les mairies, pas de paix économique dans le secteur privé, et pas de paix morale dans un pays où l’État ne respecte plus ses engagements fondamentaux ? Une victoire électorale ne se proclame pas dans un congrès : elle se construit dans la confiance du peuple. Le mensonge comme méthode de gouvernance Au PCT, le mensonge n’est pas un accident. C’est une méthode de gouvernance. On peut ne pas payer pendant des années, pourvu que l’on parle de paix. On peut accumuler les dettes, pourvu que l’on proclame un bilan positif. On peut échouer socialement, pourvu que l’on réussisse politiquement. Le Congo officiel face au Congo réel Ainsi va le Congo officiel : un pays où l’on prépare des congrès pendant que le peuple survit, où l’on proclame la paix pendant que la réalité crie famine, où l’on annonce des victoires électorales avant même d’avoir rétabli la justice sociale. Une paix sans justice. Un bilan sans vérité. Un pouvoir sans mémoire. Mais à force de confondre silence et adhésion, un jour viendra où même les slogans ne suffiront plus à masquer l’absence de paix réelle. Serge Armand Zanzala Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
Congo. L’analphabétisme politique des membres du PCT, pourtant parti se réclamant de gauche

LIBRES PROPOS. La gauche politique est, par essence, historiquement attachée à la défense de l’État providence. Elle milite pour plus de justice sociale, d’égalité, de redistribution des richesses et de services publics solides. Dès lors, entendre certains membres du Parti congolais du travail (PCT) qui se revendique pourtant de gauche se réjouir de la mort de l’État providence, sans même en comprendre le sens réel, révèle une profonde incohérence idéologique, voire un abandon total des fondements de la gauche. Qu’est-ce que l’État providence ? L’État providence (ou État social) est un modèle dans lequel l’État joue un rôle actif pour : -Garantir la protection sociale, -Réduire les inégalités, -Et assurer un minimum de bien-être à tous les citoyens, quels que soient leurs origines ou leur statut économique. Ce modèle repose sur un principe fondamental de solidarité nationale, et se concrétise notamment à travers : -L’accès à l’éducation publique, -Un système de santé accessible à tous, -Les retraites, -Les allocations chômage, -Les aides au logement -Et d’autres mécanismes de protection sociale. Les faits concrets et bienfaits de l’État providence En redistribuant les richesses nationales par les aides sociales, l’État offre aux plus modestes la possibilité de vivre dignement, plutôt que de survivre dans la misère. L’éducation, la santé et la sécurité sociale deviennent des droits universels, non des privilèges réservés à une élite. En cas de maladie, de perte d’emploi ou de vieillesse, les citoyens bénéficient du soutien de l’État, ce qui réduit considérablement la précarité et l’instabilité sociale. Moins d’exclusion, plus de solidarité. Cela renforce le sentiment d’appartenance nationale et limite les tensions sociales. En protégeant le pouvoir d’achat des ménages, l’État soutient la consommation intérieure, stimulant ainsi l’économie, surtout en temps de crise. Pour terminer : Lorsque des cadres ou des partisans du PCT affirment que l’État social est dépassé ou mort, cela trahit soit une ignorance flagrante, soit une soumission idéologique au néolibéralisme autoritaire qui gangrène l’État congolais. Dans les deux cas, cela confirme une chose : l’analphabétisme politique est devenu une caractéristique préoccupante au sein de ce parti qui, sur le papier, prétend encore incarner les valeurs de gauche. Paraclet MilosProgressiste et social-démocrate
Appel au peuple congolais

Peuple du Congo, Ce n’est ni dans la gesticulation politique, ni dans l’improvisation, ni dans l’absence de conviction que la dictature du PCT tombera. Elle ne tombera pas d’elle-même : elle vacille seulement lorsque le peuple, conscient et uni, se lève avec courage et détermination. La dictature se nourrit de nos silences, de nos peurs et de nos divisions. Mais l’histoire est formelle : lorsqu’un peuple retrouve sa dignité et décide de marcher ensemble vers la liberté, aucune tyrannie ne peut arrêter sa marche. Les Népalais viennent de nous le prouver. Le Congo n’a pas besoin de faux discours, des rencontres infructueuses, de promesses creuses ou de jeux politiciens. Il a besoin de conviction, de constance et de sacrifices pour l’intérêt commun. Il a besoin de femmes et d’hommes debout, prêts à porter haut l’idéal de justice, de liberté et de dignité. Peuple congolais, l’heure n’est plus à l’attente ni aux illusions. L’heure est venue de nous organiser, de nous unir et d’agir pour notre avenir. Car la libération de notre patrie ne viendra pas d’ailleurs : Elle viendra de nous, de notre force, de notre conscience et de notre courage. Ensemble, écrivons la fin de la dictature. Ensemble, ouvrons la voie d’un Congo nouveau, juste et libre. La Voix de la Libération par Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u Observateur et activiste politique.
Congo. Encore un congrès pour rien ? Une farce politique signée PCT !

HAUT-ET-FORT. À quoi bon un sixième congrès ordinaire du Parti Congolais du Travail (PCT), quand ce parti, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, n’a jamais su poser les fondations minimales du développement économique, social et politique de notre pays ? Le peuple congolais est fatigué d’assister à des rituels politiques creux, des congrès pompeux qui débouchent toujours sur les mêmes visages, les mêmes discours vides, les mêmes promesses non tenues, pendant que les réalités du quotidien s’aggravent : Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs. Sans équipements, sans médicaments, sans personnel formé et bien payé. Nos écoles tombent en ruine, les enseignants vivent dans la misère, et l’éducation nationale est livrée à elle-même. Nos routes sont des pièges mortels, impraticables en saison de pluie, avec des ponts effondrés et des pistes abandonnées. L’électricité et l’eau potable sont des luxes pour des millions de Congolais, même à Brazzaville ou Pointe-Noire. Les droits humains sont constamment violés : arrestations arbitraires, tortures, musèlement de la presse, intimidation des opposants. Le pays n’a pas d’institutions véritablement démocratiques : tout est verrouillé au profit d’une élite minoritaire mafieuse. Et malgré ce bilan calamiteux, le PCT ose annoncer un nouveau congrès. Pourquoi faire ? Pour se partager les postes ? Pour maquiller l’échec ? Pour continuer à piller le pays en toute impunité ? Ce parti-Etat, qui fonctionne comme une association de malfaiteurs, est constitué de cadres médiocres, voleurs, incompétents et inutiles au progrès du Congo. Un parti de voyous politiques, sans vision, sans projet, sans conscience nationale. Le PCT, c’est la négation même du mot travail. C’est l’instrument principal de la destruction systématique du Congo-Brazzaville. Le peuple congolais n’a pas besoin d’un congrès de plus, il a besoin d’un changement de système, d’une rupture radicale avec cette gouvernance d’un autre âge, et d’un nouveau départ fondé sur l’éthique, la compétence, la justice sociale et l’amour du pays. Par Patrick Rosemberg Citoyen engagé pour l’avenir du Congo
Gouvernance économique, judiciaire, socio-sanitaire et éducatif : sursaut pour corriger une trajectoire mal engagée ?

TRIBUNE. La deuxième quinzaine du mois de janvier 2025 est marquée par l’affaire Okombi Salissa et le premier conseil des ministres . Des faits parmi tant d’autres qui interrogent sur la qualité de la gouvernance au Congo. Sur les fonds baptismaux du PCT, le 25 mars 2025, Denis Sassou Nguesso va se positionner pour l’élection présidentielle de 2026. Certes, pipé d’avance, mais il redoute le printemps noir qui a emporté Ali Bongo Ondimba qui avait pourtant toutes les cartes de la tricherie en mains. Ainsi, face à la pression continue sur les besoins essentiels de la population dont le grondement de l’insatisfaction s’amplifie, le 18 janvier 2025, lors du 1er conseil des ministres du gouvernement Makosso III, M. Sassou a tancé ses ministres. L’élection présidentielle de 2026 s’annonce grave, sans résultats dans l’électricité, l’eau, les routes, les hôpitaux, les universités, les infrastructures agricoles et énergétiques, qui sont des priorités absolues connues et reconnues par lui-même depuis 30 ans qu’il est avec nombre de ces incompétents au gouvernement. Espérer un changement maintenant est simplement de la folie ! Le Congo est passé du rouge au noir : rien ne va plus et tout va à rebours. Mobiliser les ressources financières et humaines comme unique réponse ? C’est la solution dictée par M. Sassou. On peut se demander par ailleurs si c’est possible de faire du nouveau avec du vieux ? C’est un monumental et éternel coup d’épée dans l’eau ! Un regard évasif nous emmène dans l’Électricité et l’Eau, des secteurs clés d’une nation qui sont en réalité des domaines de souveraineté patriotique de l’État. Mais par incompétence et ignorance, ils ont été privatisés. Cette privatisation appropriative de E2C et LCDE par Gilbert Ondongo et Jean jacques Bouya (JJB) explique leur affaissement. Mais tout peut être rattrapé si les dignitaires mettent leurs intérêts de côté et associent toutes les intelligences. En fait, il suffit : de revenir sur les deux statuts juridiques et de remettre ces sociétés d’États dans le giron du portefeuille public en éliminant la chaîne des fournisseurs véreux (type ENCO dirigé par Roger Kwama Matiti avec comme PCA, Jean-Marc Boukoro Nkombo, époux de la nièce de M.Sassou, Mwabé Ndinga Oba) et le groupe banque mondiale à travers IFC fournira la recapitalisation et le monitoring nécessaire. Délais pour arriver aux résultats : 7 mois ! -pour les routes, il faut se tourner encore une fois vers monsieur 21.000 milliards, JJB qui doit rapatrier les fonds cachés à Hong-Kong, Macau, etc ! Des chaussées en mix terre battue et briques rouges ou pavés seront de la partie avec la méthode HIMO. Des contrats aidés financés par la convention France-Congo appelée C2D que Christian Yoka connaît bien ferons l’affaire pour payer les cantonniers : délais de résultats : 9 mois ! Que dire des Hôpitaux et des évacuations sanitaires, des université etc. ? Dans la loi de finances 2025, le budget de la santé représente 8,29% (211 milliards de francs CFA), très loin des 15% recommandés par l’OMS ou les 18,2% pratiqués par les USA. Rappelons qu’en 2020 seulement, ce budget était de 4,4%… en étant réputé être consacré à la construction de nouveaux hôpitaux généraux ou la réhabilitation des plateaux techniques anciens en version modernes. Mais depuis 25 ans de sulfureuse politique de grands travaux rien n’a été réalisé. Bien au contraire tout est détruit. Et les morts se comptent en centaines de milliers par an. La carte sanitaire montre dans le secteur public un total de 8 Hôpitaux Généraux, 31 hôpitaux de base/districts, 320 Centres de Santé Intégrés (CSI) dont 224 à Paquet Minimum d’Activités Santards (PMAS) et 96 à Paquet Minimum d’Activités Élargies (PMAE) et 232 dispensaires. Dans le secteur privé, ce sont 54 cliniques, 71 centres médico-sociaux, 167 cabinets médicaux, 19 cabinets dentaires, 11 cabinets de kinésithérapie et 499 cabinets de soins infirmiers. À côté, les dignitaires et leurs parents sont évacués en Europe à coups de centaines de milliards de FCFA, consacrant une véritable république à deux vitesses. Les évacuations, la corruption et la mauvaise gestion sont l’apanage des dirigeants. En 2019, le coût des évacuations sanitaires à l’étranger a représenté quasiment 100% du budget de la santé de l’exercice (soit 157,48 milliards de FCFA). Les critères objectifs de ces prises en charge tous azimuts par l’État sont impossibles à connaître en l’état actuel des choses. Jean Rosaire Ibara n’inspire d’ailleurs aucune confiance pour gérer les structures sanitaires, y compris de la part des anciens prestigieux tels le Pr Assori Itoua Ngaporo ou Christophe Mbouramoué ayant créé et dirigé l’INSSA. Accusé de détournements massifs de fonds à l’université Marien Ngouabi pour monter ses deux cliniques, ce gastroentérologue réputé pour ses perforations endoscopiques stomachales dans les années 90 a laissé des cicatrices très profondes et douloureuses partout où il est passé. La vraie clé dans ce secteur est la qualité de la formation qui s’est affaissée, notamment à la FSSA, … ! En effet, la formation des médecins est tellement au rabais qu’on a aujourd’hui des équivalents de garçons de salle/infirmiers qui ont été hissés au rang de docteurs au CHU grâce à un circuit de tricherie internationalement dénoncé au niveau du concours d’agrégation de médecine du CAMES. Demandez au Pr Hervé Iloki qui y a contribué pour des raisons d’hégémonie tribale depuis 2001 si dans les REHFRAM c’est le même chaos depuis 2023 ! Pour remediez à ces chaos, Il faut entre autres : * exiger un retour au recrutement sérieux en première année et sélectionner une cohorte expresse et spéciale d’au moins 350 jeunes, bacs scientifiques exclusivement (et non littéraires ou techniques comme c’est devenu le cas) pour une formation d’urgence financée par l’état. * 10 professeurs expatriés devront venir, c’est plus simple et plus efficace. * structurer le système d’évacuation • limoger les directeurs généraux incompétents, à l’instar de celui du CHU de brazzaville, dont les résultats sont médiocres etc. Délais des résultats : 6 ans ! -Les questions dans le secteur de la pharmacie sont toutes aussi graves : on y trouve