Nord-Kivu : un mort dans l’attaque armée d’un aéronef de la MONUSCO

Une personne est morte et une autre grièvement blessée, dimanche 5 février, après qu’un hélicoptère de la MONUSCO a essuyé des tirs pendant qu’il décollait de Beni (Nord-Kivu). Selon des sources proches de la mission onusienne, cet appareil est parvenu tout de même à atterrir à Goma, chef-lieu de cette province. La MONUSCO a fermement condamné l’attaque contre cet aéronef porteur de l’emblème des Nations Unies. Elle a cependant rappelé que les attaques contre les casques bleus peuvent constituer un crime de guerre. La mission onusienne a par ailleurs exprimé ses plus sincères condoléances à la famille et au pays d’origine du casque bleu décédé. « La MONUSCO ne ménagera aucun effort en accord avec les autorités congolaises pour que les auteurs de cet acte odieux soient traduits en justice », a fait savoir un haut responsable de la MONUSCO sur son compte twitter. Cet incident intervient moins de deux semaines après qu’un tir d’obus lancé à partir du Rwanda et visant un avion de chasse congolais avait provoqué une panique à Goma (Nord-Kivu).
RDC : Trois quarts des abus aux droits de l’homme commis par les groupes armés en juillet, selon la MONUSCO

Alors que les violations et atteintes aux droits de l’homme ont baissé de 25% en juillet par rapport au mois de juin dernier, les groupes armés, qui sévissent dans l’Est de République démocratique du Congo (RDC), ont été les auteurs des trois quarts des abus commis. Selon le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), les groupes armés ont été, au mois de juillet dernier, les principaux responsables avec 75% des atteintes documentées dans ces territoires affectés par les conflits. Si d’une manière générale, ces violations ont baissé légèrement dans le pays, les atteintes par les différents groupes Mayi-Mayi et les miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codéco) ont cependant connu une augmentation significative. Dans le même temps, celles commises par les rebelles du groupe Forces démocratiques alliées (ADF) ont diminué au Nord Kivu mais considérablement augmenté en Ituri, par rapport au mois précédent. 200 civils victimes d’exécutions sommaires et extrajudiciaires Plus largement, 314 violations et atteintes aux droits de l’homme commises par toutes les parties ont été documentées en juillet 2022 dans les territoires affectés par les conflits. Au total, l’ONU fait état de 701 victimes parmi lesquelles au moins 200 civils (140 hommes, 27 femmes et 33 enfants) victimes d’exécutions sommaires et extrajudiciaires. Le nombre de violations a connu une réduction de l’ordre de 22% par rapport au mois de juin 2022 (405 violations). Selon la Mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), cette diminution est due à une baisse des atteintes contre les populations civiles par des membres des groupes armés surtout par les combattants des groupes Nyatura et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) par rapport au mois de juin 2022. Au total, le BCNUDH a documenté 371 violations et atteintes aux droits de l’homme sur tout le territoire de la RDC durant le mois de juillet 2022. Il s’agit d’une baisse de 25% par rapport au mois de juin 2022 (475 violations). Selon l’ONU, cette réduction reflète la diminution à la fois des violations attribuables aux agents de l’Etat (-30%) et des abus attribuables aux membres des groupes armés (-21%). Les agents de l’Etat, principalement des membres des Forces armées congolaises (FARDC) et de la police nationale congolaise (PNC), sont responsables de 135 violations, soit 36% des violations documentées en juillet 2022 sur l’ensemble du territoire. Les groupes armés responsables de la majorité des cas de violences sexuelles sur les civils Par ailleurs, les cas de violences sexuelles liées au conflit sur des victimes adultes documentées en juillet 2022 ont augmenté par rapport au mois précédent. Le BCNUDH a enregistré au moins 58 victimes adultes (55 femmes et trois hommes) au cours du mois en revue (contre 27 au mois de mai 2022). Cette hausse est principalement liée au nombre de cas commis en avril et en mai 2022, et documenté au cours d’investigations récentes. A l’instar du mois précédent, les groupes armés sont responsables de la majorité des cas de violences sexuelles commises sur les civils, avec un total de 54 victimes, y compris 51 femmes et trois hommes, en juillet 2022 (25 victimes en juin 2022). S’agissant de la lutte contre l’impunité, des condamnations relatives à des violations et atteintes aux droits de l’homme ont été prononcées à l’encontre d’au moins trois militaires des FARDC, trois agents de la PNC et quatre combattants des groupes armés.
RD Congo. Le rapport des Nations Unies qui accuse le Rwanda

OPINION. Il a fallu attendre que les populations de l’Est de la RDC s’en prennent violemment à la Monusco pour qu’un rapport, au vitriol contre Kigali, sorte des tiroirs des Nations Unies. Aussi étonnant que cela puisse paraître, un silence de cimetière entoure ce rapport qui vise plus à calmer les autorités congolaises, et, surtout, les populations de l’Est de la RDC. Ni la Ceeac, communauté à laquelle appartiennent pourtant la RDC et le Rwanda, ni l’Union Africaine, ni l’Union Européenne, ni les Usa, n’ont condamné les agissements de Kigali. Ils laissent ainsi l’initiative à Kigali de s’en défendre. Au regard du retour à la bipolarisation du monde depuis la guerre Russie -Ukraine et alliés, Kinshasa ne devrait-il pas, stratégiquement, jouer la carte du réchauffement diplomatique et militaire avec la Russie pour cesser de s’americaniser dans une relation qui profite plus à Paul Kagame, désormais l’enfant chéri africain des anglais et américains? Par A.Ndongo
RD Congo. L’énigme derrière les tueries de Kasindi…

TRIBUNE. De nouveau un carnage des citoyens congolais hier dimanche par les casques bleus au poste frontalier de Kasindi séparant la RDC de l’Ouganda. Tellement de questions sans réponses par rapport au narratif de la Monusco. Car en effet, c’est quoi cette histoire des casques bleus rentrant de vacances avec des blindés. Étaient-ils allés en vacances avec leurs blindés? En analysant froidement les dits et les non-dits de cet incident mortel, même si les tueries de nos compatriotes à Kasindi nous révulsent le cœur, nous devons porter plus notre attention sur les mobiles cachés qui ont poussé les casques bleus à refuser mordicus aux gardes-frontières congolais le contrôle du contenu des véhicules UN qui formaient leur cortège. Que pouvaient bien cacher ces véhicules pour que les casques bleus se sentent si obligés d’en garder le secret jusqu’au point de tirer sur les civils innocents ? Qu’est-ce que la Monusco avait-elle à cacher au point de vouloir traverser la frontière par la force? Que contenaient ces véhicules ? Des armes? Des munitions en faveur des miliciens ? Ou des miliciens « sui generis » vêtus des tenues des casques bleus dont les images circulent sur le net depuis ce week-end??? L’action de tirer serait-elle pour des « raisons inexplicables » comme veulent bien le faire croire les officiels de la Monusco ou bien le militaire qui a ouvert le feu aurait reçu l’ordre formel de tirer à la moindre tentative de contrôle des véhicules? Et pourquoi la bonne réponse à ces questions est-elle déterminante pour la suite des événements en RDC? Parce que ça donnera les preuves accablantes que la Monusco échappe à tout contrôle de l’état congolais, qu’elle se comporte comme un État dans un Etat et qu’après les nombreuses tueries des civils au cours d’une même semaine à Goma, à Uvira, à Butembo et à Kasindi, elle a enfin montré son vrai visage d’être une des forces négatives et un parmi les groupes armés qui cible moins les ennemis du Congo que les paisibles citoyens congolais. Au peuple d’en tirer les conséquences… Par Germain Nzinga
RD Congo. Pourquoi les cadavres des manifestants anti-MONUSCO dérangent-ils autant ???

TRIBUNE. La population de Butembo a tenu à rendre hommage aux martyrs congolais tués lors des manifestations anti-Monusco en organisant en leur honneur, dans la nuit de vendredi 29 juillet une veillée mortuaire qui a été violemment réprimée par les forces de sécurité qui ont par la suite récupéré les neuf corps. Selon les témoins présents sur place et interrogés par des journalistes du journal en ligne actualite. cd, c’est autour de 2 heures locales du matin, que des policiers et militaires ont été déployés pour disperser les manifestants et récupérer les corps de victimes. « Ils sont intervenus au tour de 2 heures. Ils nous ont dispersés à coup de feu. C’était un sauve-qui-peut. Ils en ont profité pour récupérer les neufs de nos compatriotes qui était exposés à la place VGH. Ils ont transporté les cercueils à bord d’un Kamaz (camion de fabrication russe, utilisé par l’armée congolaise) et sont partis dans une destination inconnue ». Jusqu’à ce matin, Aucune information au sujet de la destination des corps ravis. La Question lancinante dans la tête de tous les congolais est la suivante : pourquoi ces 9 corps inertes dérangent-ils autant le pouvoir de Kinshasa jusqu’au point d’envoyer ses sbires tirer de nouveau sur la pauvre population civile déjà durement éprouvée ? La première ébauche de réponse, nous la trouvons dans la position officielle des responsables de la Monusco qui nient avoir tiré sur la foule manifestant contre la Monusco à Goma, à Uvira et à Butembo. Ces 9 corps des manifestants liquidés à Butembo et exposés durant la veillée mortuaire sont pourtant la preuve éloquente contredisant la thèse de l’ONU qui exerce en même temps une énorme pression sur le gouvernement de Kinshasa. Le mot pression est peut-être trop insuffisant car il s’agit plutôt du chantage lorsque le président du Sénat est menacé d’être traduit devant les juridictions internationales et que toute attaque contre les casques bleus de l’ONU ( et non contre les civils congolais) est désormais constituée par Antonio Gutterez, l’actuel secrétaire général de l’ONU, comme un crime de guerre. Le zèle des services de sécurité à Butembo servirait par conséquent à donner des gages de soumission et de fidélité à la volonté des occupants. Par Germain Nzinga
RD Congo. L’Évêque de Butembo favorable au départ de la MONUSCO

Voici quelques-unes de ses déclarations à la radio Moto. 1. “Il est élégant pour toute personne sérieuse de se retirer du coin où elle n’est plus la bienvenue.” 2. “On peut même imaginer le pire quand le verre est rempli. Ca n’étonnerait qu’un jour l’on voit toute la cité qui se lève, y compris même les gens les plus insoupçonnés… S’ils voient qu’ils n’ont plus de place ici, pourquoi ils resteraient ? Ils devraient quand même dire non. Il ne faut pas qu’ils obligent la population à en arriver là. Ça devrait être quelque chose qui se fait selon les accords. Donc, une attente au sommet : l’ONU et l’Etat” 3. “Ils doivent faire, je suppose, régulièrement l’évaluation de la situation en tenant compte de ce que nous endurons nous qui sommes ici depuis 20 ans qu’ils sont dans la région. Si on n’a pas vu de changement, est-ce qu’il faut les applaudir ? Le bien qu’ils ont fait, on le reconnait, mais là où ils ont failli, on peut induire des souffrances qu’on continue à subir en dépit de ce qu’ils donnent comme définition de leur mission, la protection des civils. Les civils continuent à être tués“ 4. “Nous ne savons pas par exemple comment et jusqu’où ils se sont impliqués dans ce qui se passe à Bunagana. Que des M23 qu’ils connaissent très bien aient occupé comme ça une frontière pendant des jours. Madame Keita a parlé elle-même de leur équipement qui est très performant, je ne sais pas si c’est vrai ou faux. On a vu même dans les réseaux sociaux la MONUSCO qui rebrousse chemin, au lieu d’accompagner les FARDC“. Par Germain Nzinga
RD Congo. À quel scénario nous amènent les manifestations anti-Monusco ???

TRIBUNE. Nous sommes au troisième jour de manifestations populaires anti-Monusco. A mon humble avis, trois scénarios se profilent à l’horizon. Scénario N* 1 En mettant en corrélation le discours de Bahati à Goma et le protocole signé à Luanda sur l’arrivée imminente de la Force Militaire Régionale, la conclusion logique qu’on en tire est la suivante : les dirigeants congolais ont décidé de chasser la Monusco pour donner carte blanche à la Force régionale. Ils ont levé l’option de déshabiller la MONUSCO pour habiller la force régionale de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est dont la plupart des gouvernements membres ne rêvent que de prendre le contrôle total de la RDC. Je crois percevoir en cours de réalisation le changement de méthode des occupants du Congo. Dans l’hypothèse où le pouvoir de Kinshasa travaille de mèche avec ce pouvoir d’occupation du Congo, alors le remplacement de la Monusco par l’EAC c’est simplement du blanc bonnet bonnet blanc. On fuirait simplement les aboiements du berger allemand pour nous jeter dans la gueule du loup. En ce sens, l’occupation de la RDC uniquement par la Force Régionale composée des armées qui ont envahi la RDC depuis 1997 sera la meilleure des formules trouvée pour mener à terme et en silence, la sale besogne de la balkanisation et de la désintégration du pays. Scénario N* 2 Dans le cas où l’ONU refuse de lâcher son gros gâteau que sont les richesses minières de la RDC et se décide de renforcer ses effectifs militaires comme elle a commencé à le faire depuis hier, alors son obsession à rester en RDC sera désormais prise pour une volonté de rester par défi sur le sol congolais et donc une provocation directe contre les aspirations profondes des congolaises et des congolais. Le gouvernement de Kinshasa fera semblant de calmer les ardeurs du peuple mais le laissera exploser sa colère pour espérer obtenir, derrière cette pression populaire, le départ de la Monusco qu’il n’arrive pas officiellement à imposer autour d’une table de négociations. Dans un tel contexte, la confrontation risque d’aller crescendo avec beaucoup plus de morts côté civils congolais mais aussi davantage de discrédit de casques bleus et de l’illégitimité et de l’inutilité de leur raison d’être au Congo où, contrairement à leur mission de maintien de la paix, ils auront donné des preuves patentes d’y semer plus de chaos que de paix. Scénario N* 3 Dans l’hypothèse où la Monusco sous une pression populaire de plus en plus accrue décide contre son gré de plier bagage et de quitter le territoire congolais, cela paraîtra comme une grande victoire de la part du pouvoir de Kinshasa qui, par un simple appel du président du sénat, aura réussi sans coup ferir à faire plier une armée de 19.000 militaires étrangers. Ce sera une grande victoire certes mais avouons-le, une victoire de COURTE DURÉE. Et ce, pour deux raisons. La première raison, c’est la réaction inattendue de l’ONU qui dans le contexte actuel de guerre de la Russie en Ukraine et de rébellion larvée contre les anciennes puissances coloniales (épine dorsale de la même ONU) pour se ranger derrière une nouvelle puissance jugée par l’opinion africaine plus rassurante ( la Russie), aux yeux de l’ONU donc, accepter d’être chassé de la RDC équivaut à dévoiler son impuissance à la face du monde, à fournir de nouvelles idées de passer à l’offensive à tant de pays comme le Mali, la RCA et d’autres qui mijotent déjà le même plan de se libérer de sa tutelle. Pour tout dire c’est pour l’ONU et les puissances occidentales qui la régissent, risquer de perdre l’hégémonie et la domination sur de nombreux pays et sur leurs ressources minières stratégiques qui risquent de basculer dans le camp de leurs coriaces ennemis que sont devenues la Chine et la Russie. La deuxième raison qui fera de courte durée cette éventuelle victoire des dirigeants congolais, c’est bel et bien le scénario des événements qui adviendront après le départ de la Monusco. Si dans la suite de leur départ du Congo, les tueries continuent à l’Est et que continuent à se faire jour les signes évidents de collusion de Kinshasa avec le Rwanda et l’Ouganda, le gouvernement congolais n’aura plus de bouc-émissaire pour justifier son impuissance à rétablir la paix en RDC. Le peuple risque de pointer cette fois-ci son doigt accusateur sur les dirigeants congolais eux-mêmes et de faire d’eux la prochaine cible de sa colère selon le récent schéma du Sri Lanka avec un président et ses dignitaires chassés de leur trône. De toute évidence, la RDC est en train de traverser une zone de grande turbulence et il importe de scruter les signes de temps et de saisir la direction que veulent nous imposer les événements qui se précipitent sur le Congo. Comprendre de quelle manière ce qui nous arrive entre dans un enchevêtrement de causes et d’effets imprévisibles, c’est déjà un pas important pour saisir l’énigme de la semaine.
RD Congo. Cet arbre qui cache la forêt…

TRIBUNE. Depuis le speech incendiaire du président du Sénat à Bukavu indexant la Monusco, suivi quelques jours plus tard de la signature à Luanda d’un protocole de l’arrivée de la Force Militaire Régionale à l’Est du Congo, je me suis sérieusement posé la question de savoir quelle est la meilleure de solutions entre le choix de collaborer avec ces voisins problématiques rwandais/ougandais qui tient les congolais et la Monusco qui a échoué à pacifier le Congo. Et si de toute évidence la Force Régionale et la Monusco sont toutes deux hostiles à la paix en RDC, pourquoi chasser l’une et faire venir l’autre ? Au final , pourquoi recourir à ces appels à la vindicte populaire contre la Monusco, quand l’on sait que les autorités congolaises qui l’instiguent détiennent l’impérium de résilier librement le contrat de coopération avec les casques bleus? Décidément la Monusco peut bien être l’arbre qui cache la forêt… Le peuple congolais a beau continuer à chercher un bouc-émissaire pour expliquer ses problèmes de sécurité intérieure, rien ne pourra faire changer ce pays en mieux – même pas le départ de la Monusco- tant que l’on refusera d’accepter que les premiers responsables de la débâcle de ce pays sont bel et bien ses propres dirigeants et les méthodes d’association de malfaiteurs avec les ennemis du Congo, qu’ils ont érigées en maître dans la gouvernance de ce pays. Nos autorités libéreront le Congo si elles s’en prennent non point aux émissaires mais aux commanditaires de ces derniers. « Couper l’herbe à la racine », voilà le pas décisif que personne ne veut franchir. Et pire, observez très bien ce phénomène en RDC : toutes les fois que hier Kabila ou aujourd’hui Tshisekedi s’en sont pris à la Monusco, c’est bien souvent avant les massacres programmés des congolais par des armées rwandaises/ougandaises ou encore à la veille des élections présidentielles et législatives. Un peu comme pour éloigner un témoin gênant des crimes de guerre ou de la fraude électorale en cours. Par Germain Nzinga