RDC. Le Président Félix Tshisekedi a lancé la reprise du trafic ferroviaire Kinshasa – Matadi

RDC. Le Président Félix Tshisekedi a lancé la reprise du trafic ferroviaire Kinshasa – Matadi

Au cours d’une cérémonie organisée en fin de matinée ce vendredi, à la Gare centrale de Kinshasa, dans la commune de Gombe, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé la reprise du trafic ferroviaire Kinshasa-Matadi (province du Kongo-central), un tronçon long de 365 kilomètres. Par la même occasion, le Chef de l’État a réceptionné 7 voitures – voyageurs automotrices acquises  sur fonds propres du gouvernement grâce à la redevance logistique terrestre (RLT). Ces nouvelles voitures acquises grâce à une collaboration avec une entreprise chinoise sont arrivées à Kinshasa hier soir en provenance de  Matadi, ouvrant ainsi la voie ferrée totalement réhabilitée après des éboulements et autres avaries de vétusté. Cette cérémonie a été marquée par trois prises de parole. Le Directeur général de l’ONATRA, Martin Lukusa, a exprimé sa gratitude au Président de la République pour son leadership qui a permis de rouvrir le trafic ferroviaire entre la capitale et Matadi où se trouve le principal port du pays. Pour lui, le train reste la meilleure alternative aux autres moyens de transport de masse dans une mégalopole de près de 20 millions d’habitants. Le Directeur général de l’ONATRA SA a, par la même occasion, annoncé la reprise prochaine du trafic ferroviaire urbain dans la ville de Kinshasa. La ministre du portefeuille a, quant à elle, vanté la renaissance de l’ONATRA, jadis fleuron du transport multimodal en RDC. « Cette réhabilitation n’est pas un simple projet ferroviaire mais plutôt un projet structurant à effet réel », a dit la ministre Julie Mbuyi Shiku. «  Nous célébrons le retour de la confiance et de l’espérance », a-t-elle conclu. Intervenant en dernier lieu, le vice-Premier ministre, ministre des Transports et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a fait savoir que l’acquisition des 7 wagons- voyageurs marque les prémices d’une longue série d’acquisitions. Dans les prochains mois, a-t-il dit , 5 locomotives neuves et 40 wagons porte-conteneurs sont attendus en supplément de l’actuelle flotte de l’ONATRA SA. Le VPM Bemba a aussi annoncé la reprise du trafic urbain à Kinshasa sur la ligne Gare centrale – aéroport international de N’djili et la réouverture de la voie ferroviaire Gare centrale -Kitambo magasin. Les travaux de dégagement des emprises ferroviaires se poursuivent normalement. Invité à couper le ruban symbolique, le Chef de l’État a visité les 7 wagons acquis et s’est lui-même rendu compte du confort acceptable réservé aux voyageurs.

RD Congo. Fuka Unzola ou ce héros Kongo d’août 1998 à Matadi

RD Congo. Fuka Unzola ou ce héros Kongo d’août 1998 à Matadi

RETRO. Aux dernières heures du régime du Maréchal Mobutu, le gouvernorat du Kongo Central (jadis appelé Bas-Zaïre) va connaitre une grande effervescence. Après le décès de Me Bieya Mbaki et l’intérim de Mvuma Ngieti, l’honorable Mbenza Thubi sera nommé gouverneur mais il ne fera que quatre jours. Les événements vont se précipiter avec l’avancée des troupes rebelles de l’AFDL et au regard de la position stratégique du Bas-Congo, le maréchal Mobutu se sentira obligé de nommer gouverneur, un homme de poigne en la personne de l’Amiral Liwanga Mata Nyamunyobo qui y restera durant un petit mois jusqu’à la chute de Mobutu en mai 1997. Quelques semaines après que l’AFDL soit entrée dans la capitale congolaise et que Mzee ait prêté serment, des élections provinciales sont organisées au stade Lumumba de Matadi sous la supervision de Mwenze Kongolo et de Modero Kinkela Vikansi. Le stade est noir du monde et plusieurs candidats se bousculent au portillon dont le plus célèbre Eric Koyongo, un jeune ancien étudiant en sciences politiques et administratives de Lubumbashi mais c’est le plus populaire parmi eux : Léonard Fuka Unzola qui sera voté à l’unanimité de la foule en délire. Ce nouveau gouverneur va révolutionner les méthodes de gestion de la province par une grande proximité avec ses administrés et par son style de vie personnelle fait d’humilité, de simplicité, du sens de l’écoute, de l’amour du prochain et de la volonté de servir le peuple tel qu’il l’avait été lorsqu’il fut jadis bourgmestre de la commune de Nzanza. Son mandat sera parmi le plus prolifique en actions sociales. Il sera comptable de l’érection des infrastructures immobilières telles l’annexe construit derrière le gouvernorat occupant le service de la phonie, le secrétariat, le bureau des archives et d’autres cellules mais aussi le projet de droit de péage sur la nationale Matadi-Kinshasa et la remise à niveau des infrastructures routières notamment le tronçon allant de la garde de train jusqu’à place Métropole, le tronçon de route Baobab de l’Epom à l’Ep Tuzolana à Nzanza bien avant que la Banque mondiale achève les travaux. C’est aussi le gouverneur FUka qui lancera les travaux de bétonnage de la route Nkala-Nkala à Matadi , l’asphaltage de la route de Dinalo à Boma et surtout la remise en état de nombreuses routes de desserte agricole comme celle vitale qui relie Kisantu à Kimvula avec l’objectif de désenclaver les zones reculées de la province. Sous Fuka Unzola, les habitants du Kongo Central avaient un réel sentiment de vivre l’âge d’or de l’administration de leur entité provinciale. De nombreux témoignages circulaient et d’après lesquels beaucoup d’individualités ou des groupes associatifs en difficultés de fonctionnement couraient à la porte du gouvernorat et n’en sortaient jamais sans solution concrète. Seulement voilà ! Cette prospérité ne durera pas longtemps. A Kinshasa, se manifestent de premiers signes évidents de couacs au sein du système AFDL qui a pris le pouvoir sous peu. Dans les coulisses, de nombreux groupes tentent de s’accaparer du pouvoir, notamment les débiteurs étrangers, désireux de garder leur influence jusqu’au plus haut sommet de l’État. Par ailleurs, la présence ostensible des Rwandais dans la capitale irritait au plus haut point les Congolais qui commençaient à voir Kabila comme le jouet de puissances étrangères. Mzee L.-D- Kabila pris entre deux feux commença à distiller de-ci de-là des phrases assassines indiquant qu’il était prêt à mettre un terme aux accords signés à Lemera avec ses alliés rwandais et ougandais. Les tensions atteindront de nouveaux sommets le 14 juillet 1998 quand Kabila poussera à la démission son chef d’état d’état-major James Kabarebe tout en le remplaçant par un congolais. Deux semaines plus tard, soit le 27 juillet de la même année, Kabila rompt les accords diplomatiques avec le Rwanda et demande officiellement le retrait du pays des forces militaires rwandaises et ougandaises. Dans les 24 heures qui suivirent, les conseillers militaires rwandais furent évacués sans ménagement de Kinshasa. Pendant que le climat politique se détériore dans la capitale, au Bas-Congo, on était loin de savoir qu’au mois de mai 1998 soit deux mois avant son limogeage, James Kabarebe avait pris la précaution de nommer comme commandant de la Province du Bas-Congo, un certain Dieudonné Kabengele, né d’un père militaire (commandant Amundala) originaire de la province orientale et d’une mère moitié kasaienne, moitié belge. C’est un kinois de Bandalungwa, baroudeur et qui a grandi dans la brutalité et la soif d’aventures. Et c’est sur ces entrefaites qu’en 1994, Dieudonné Kabengele sera recruté par le camp des Tutsis rwandais opérant en catimini à Gombe et suivra des entrainements militaires dans des camps de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) jusqu’à accéder au rang d’officier en 1996. Il deviendra un très proche de Paul Kagame et il est dit qu’il sera chargé de la formation de jeunes militaires rwandais dont le jeune Hippolyte Kabange. En 1996, il va rejoindre la révolution de Mzee Kabila et fera partie du bataillon Zulu qui va gagner Kinshasa en mai 1997. Dans les jours qui suivront, Dieudonné Kabengele sera nommé à la tête de la DMIAP (Direction Militaire des Activités Anti-Patrie) puis Commandant de la ville de Kinshasa et finalement en mai 1998, quelques mois avant la formation de RCD de Ruberwa, il exercera le rôle de commandant en chef du bataillon Zulu et c’est à ce titre qu’il sera affecté à Matadi pour superviser des opérations militaires dans cette province. Sa mission principale consistera à préparer le terrain à l’arrivée aux forces militaires rwandaises par la porte du Bas-Congo. Le commandant du bataillon Zulu, D.kabengele, ne voulait pas que le commandement de la région militaire du Bas Congo s’installe à Matadi. Il s’y opposera catégoriquement dès son arrivée à Matadi. Pour lui, le commandant de région militaire, comdt Nzolowe et son adjoint le commandant Kassongo Mississipi devraient s’installer à Boma. L’on comprend mieux aujourd’hui pourquoi le comdt Kassongo de Moanda était à cette époque commandant de la ville de Matadi. Mais Kabengele ira très loin dans sont travail de sape des institutions : il commencera donc

RD Congo. Une pensée pieuse pour deux dignes serviteurs de Dieu de Matadi

RD Congo. Une pensée pieuse pour deux dignes serviteurs de Dieu de Matadi

RELIGION. La date du 26 août est désormais inscrite dans les annales de l’histoire de l’église de Dieu qui est à Matadi comme un jour de naissance au ciel de l’abbé Alphonse Kavenadiambuko décédé le 26 août 2003 et de Son Exc. Mgr Gabriel Kembo le 26 août 2016. Montés au ciel le même jour du mois marial, les deux sont des dignes héritiers de la spiritualité de saint Alphonse de Ligori et deux anciens recteurs de grands séminaires : l’un à Mayidi, l’autre à Jean XXIII. L’histoire de ces deux serviteurs de Dieu porte tellement des points communs dont trois ont principalement retenu mon attention à chaque fois que je les ai fréquentés de leur vivant. 1. Des noms très prémonitoires. Il en va ainsi de leurs post-noms fort prémonitoires. Kembo MAMPUTU et Kavenadiambuko NGEMB’A NTIMA. Ces post-noms semblent indiquer ab ovo un programme spirituel et missionnaire de toute leur vie. « Mamputu » ne renvoie pas à ce qui vient d’Europe. Il traduit plutôt la pauvreté et l’humilité de cœur. Le kimputu en langue kongo renvoie autant à la pauvreté matérielle qu’à l’état d’esprit d’une personne qui ne cherche pas son bonheur dans les grandeurs de ce monde mais s’emploie à s’abaisser volontairement pour que Dieu l’élève. Maintes fois j’ai été témoin de cette attitude spirituelle dans la vie de Mgr Kembo surtout dans l’exercice de son ministère épiscopal. Il faisait le bien sans chercher à attirer l’attention du monde. Il était profondément humble. Il était le pauvre en esprit dont nous parlent les béatitudes chez les synoptiques… Ce trait particulier de sa vie intérieure nous fait comprendre de quelle manière après son doctorat à Latran, il fut très heureux de recevoir sa première nomination comme enseignant de français et de latin en 2e C.O. à Kibula. Il exerça ce travail avec autant de dévouement jusqu’à sa nomination comme vicaire général de Mgr Simon Nzita puis de Mgr Raphaël Lubaki. Il mit tout son cœur à cette tache à tel point que plusieurs décennies plus tard, ses anciens élèves continuèrent à en donner un vibrant témoignage. Tous les prêtres qui ont eu l’abbé Alphonse Kavenadiambuko comme confrère du clergé se souviendront d’une chose : il n’avait aucun ennemi au diocèse. Ni parmi ses chefs hiérarchiques ni parmi ses confrères plus jeunes. Je crois sans me tromper que personne n’est capable de se rappeler avoir été en conflit latent avec sa personne pour la simple raison que cela n’arrivait jamais. Et c’est son deuxième nom « Ngemb’a Ntima » qui nous en donne l’explication. Il vivait une grande paix du cœur qu’il allait puiser dans une vie de prière profonde, dans l’Eucharistie et dans sa dévotion mariale. Il pouvait écouter raconter les méchancetés sur un tiers, il restait tranquille puis un moment donné, après un petit silence de sa part, il ouvrait la bouche pour relever un trait positif du même condamné à mort. Son cœur était rempli de paix et il communiquait ce grand don de l’esprit saint avec quiconque entrait en contact avec lui. 2. Tous deux passionnés pour la famille diocésaine. Lorsqu’on regarde l’itinéraire de leur ministère pastoral, on voit que depuis le jour de leur ordination sacerdotale jusqu’à leur montée au ciel, ces deux membres du clergé de Matadi n’ont éprouvé meilleur bonheur que lorsqu’ils se mettaient à la tache de l’évangélisation du peuple de Dieu qui leur était confié. En paroisse où ils furent d’abord vicaires, l’un à la paroisse Saint Charles de Vunda en 1963 et l’autre à la paroisse Sainte Thérèse de Mbanza-Ngungu en 1977, cet enthousiasme pour la cause de l’Évangile se dégageait de lui-même. Les deux sont restés très concentrés sur la pastorale des jeunes. Je détiens personnellement plus de souvenirs pour le second. Encore adolescents au petit séminaire de Kibula, nous étions pleins d’admiration d’écouter nos jeunes condisciples venus de Mbanza-Ngungu nous narrer les belles expériences d’encadrement pastoral reçu d’un jeune prêtre charismatique nommé abbé Alphonse qui encadrait les bilenge ya muinda avec un zèle inégalable. Et Mgr Gabriel Kembo même déjà vicaire général avait pris fait et cause pour l’avancement des jeunes novices de Vunda à qui un jour de la semaine était programmé pour les enseignements. Les anciennes élèves sont devenues des religieuses qui font aujourd’hui la fierté et le respect de la vie religieuse dans cette église locale. Une fois évêque, il ne pouvait passer un semestre sans programmer une visite aux petits séminaristes de Kibula, la pépinière des vocations diocésaines. Au-delà de leur dévouement pastoral pour les jeunes, c’est la passion même de la vie du diocèse tout entier qui les habitait tous deux. Tu ne pouvais pas tenir cinq minutes avec eux sans que le débat ne vire au bien-être du diocèse, de sa meilleure marche et du rayonnement de l’Évangile dans les âmes des fidèles. De toute évidence, je percevais une flamme briller dans leurs yeux quand ils se mettaient de parler du diocèse et du grand rêve qu’ils s’en faisaient pour son futur. 3. Nourris d’une grande curiosité scientifique… Monseigneur Gabriel Kembo avait une confiance totale dans les capacités intellectuelles de l’abbé Alphonse Kavenadiambuko. Il l’avait eu comme élève à Kibula puis comme étudiant au Grand Séminaire Jean XXIII et il savait mieux que quiconque ce qu’il valait en la matière. Chaque fois qu’il avait besoin d’un avis sur une question sensible, c’est vers lui qu’il se tournait en premier… En grandissant, j’ai eu la chance d’avoir entre mes mains leurs deux thèses de doctorat, l’une soutenue en droit à l’Université de Latran et l’autre en histoire à la Grégorienne. Le dénominateur commun de ces thèses, c’est leur lien avec la vie historique et pastorale des populations autochtones de la contrée où les deux étaient appelés à exercer leur ministère. Leur passion pastorale dont on a parlé plus haut se conjuguait avec l’insatiable soif de se nourrir des idées nouvelles. Les deux serviteurs de Dieu sont restés incandescents quant à leur vive curiosité scientifique. Les choses de l’esprit constituèrent un terrain