Gaza : le chef de l’ONU juge essentiel d’éviter toute forme de nettoyage ethnique

S’exprimant devant le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, le Secrétaire général de l’ONU a affirmé mercredi qu’il fallait éviter « toute forme de nettoyage ethnique » et a plaidé une nouvelle fois pour la solution à deux Etats, Israël et Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. « Dans la recherche de solutions, il ne faut pas aggraver le problème. Il est essentiel de rester fidèle aux fondements du droit international. Il est essentiel d’éviter toute forme de nettoyage ethnique », a dit le chef de l’ONU, António Guterres, dans un discours à l’ouverture de la nouvelle session du comité. Ces propos du Secrétaire général interviennent au lendemain de l’annonce du Président américain Donald Trump, qui envisage une prise de contrôle de la bande de Gaza par les Etats-Unis et l’éviction de la population palestinienne pour la reconstruire. Déshumanisation et diabolisation Le Secrétaire général de l’ONU a rappelé mercredi que « l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien concerne le droit des Palestiniens à vivre simplement en tant qu’êtres humains sur leur propre terre ». « Nous avons vu la réalisation de ces droits s’éloigner de plus en plus. Nous avons assisté à une déshumanisation et une diabolisation systématique et effrayante de tout un peuple », a-t-il dénoncé. Il a rappelé que « rien ne justifie les horribles attaques du Hamas du 7 octobre » et que « rien ne justifie ce que nous avons vu se dérouler à Gaza au cours des derniers mois ». Dans le contexte du cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier dans la bande de Gaza, il a jugé nécessaire « d’être très clair sur les objectifs à atteindre ». « Nous devons continuer à faire pression pour un cessez-le-feu permanent et la libération de tous les otages sans délai. Nous ne pouvons pas revenir à davantage de morts et de destructions », a-t-il dit, plaidant également pour « un accès humanitaire rapide, sûr, sans entrave, élargi et durable ». Réaffirmer la solution à deux Etats Le chef de l’ONU a aussi estimé qu’il fallait réaffirmer la solution à deux États : « toute paix durable nécessitera des progrès tangibles, irréversibles et permanents vers la solution à deux États, la fin de l’occupation et la création d’un État palestinien indépendant, dont Gaza fera partie intégrante ». Selon lui, « un État palestinien viable et souverain vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël est la seule solution durable pour la stabilité au Moyen-Orient ». Au-delà de Gaza, le Secrétaire général s’est dit inquiet de la dégradation de la situation en Cisjordanie occupée et notamment de la violence des colons israéliens. « La violence doit cesser. Comme l’a affirmé la Cour internationale de justice, l’occupation du territoire palestinien par Israël doit cesser. Le droit international doit être respecté et la reddition des comptes doit être assurée », a déclaré M. Guterres, pour qui il faut préserver « l’unité, la contiguïté et l’intégrité du territoire palestinien occupé ». Il a plaidé pour « une gouvernance palestinienne forte et unifiée », affirmant que la communauté internationale doit soutenir l’Autorité palestinienne à cette fin. ONU
Israël et les territoires occupés : le CICR achève la deuxième phase des opérations de libération, permettant à davantage de familles d’être réunies

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a facilité la deuxième phase des opérations de libération, permettant ainsi à davantage de familles d’être réunies dans le cadre de l’accord convenu par les parties. Cette phase a commencé par le transfert de quatre otages de Gaza aux autorités israéliennes. Pendant cette opération, le CICR a avant tout veillé à ce que ces personnes soient transférées en toute sécurité. C’est une responsabilité qui est prise très au sérieux. Le CICR a également facilité la libération de 128 détenus et leur transfert des lieux de détention israéliens vers Gaza et la Cisjordanie, après avoir mené des entretiens visant à confirmer leur identité et évaluer leur état de santé ainsi que leur aptitude à voyager. Dans le même temps, des équipes du CICR se sont entretenues avec des détenus avant leur libération et leur transfert, qui ont été organisés séparément par les autorités. Au total, 200 détenus ont été libérés aujourd’hui. Ces activités suivent les procédures de travail habituelles du CICR en milieu carcéral partout dans le monde. Le CICR a mené ces activités à la demande de toutes les parties concernées et en étroite coordination avec celles‑ci. Pour lui, s’agissait en priorité de compléter chaque opération de façon la plus sûre et efficace, en veillant à protéger les personnes placées sous sa responsabilité. Dans le cadre du dialogue actuel entre le CICR et les parties concernées, l’importance de créer des conditions propices à ces opérations afin qu’elles se déroulent de façon la plus sûre et digne possible a été soulignée. Des mesures strictes de sécurité ont été élaborées et mises en place pour réduire au minimum les risques encourus, tout en reconnaissant que certains aspects de ces opérations ne sont pas sous le contrôle du CICR. L’organisation – notamment l’heure, l’endroit et les procédures employées – a été décidée par les parties elles‑mêmes. Des équipes spécialisées du CICR, dont des médecins, ont été mobilisées pour prodiguer des soins immédiats en cas de nécessité. Outre ces opérations de libération, le CICR travaille en collaboration avec ses partenaires du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en vue d’intensifier l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. Il s’agit notamment de vivres, d’articles médicaux et de matériel destiné aux infrastructures d’assainissement et d’approvisionnement en eau et en électricité. Le CICR continue de demander aux parties de respecter leurs engagements afin de s’assurer que les prochaines opérations se déroulent de manière sécurisée. Les équipes du CICR restent prêtes à faciliter de nouvelles opérations de libération afin que d’autres familles soient réunies en Israël et dans le territoire palestinien occupé, et qu’une aide humanitaire essentielle soit acheminée à Gaza.
Le cauchemar à Gaza doit cesser, exhorte la numéro deux de l’ONU

Décrivant la situation à Gaza comme « épouvantable et apocalyptique », la Vice-Secrétaire générale de l’ONU a appelé lundi les dirigeants mondiaux à agir de manière décisive pour alléger les souffrances et empêcher de nouveaux ravages dans l’enclave. S’exprimant lors d’une conférence ministérielle sur l’aide humanitaire à Gaza, convoquée au Caire par le Président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, a souligné le besoin urgent d’une aide vitale et d’un plan de redressement à long terme de l’enclave. « Nous sommes ici pour aider à garantir une augmentation immédiate de l’aide vitale pour le peuple palestinien, assurer la préparation à un éventuel cessez-le-feu et commencer à jeter les bases du redressement et de la reconstruction – cela ne peut pas arriver assez tôt », a-t-elle déclaré, s’exprimant au nom du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Des pillages organisés obligent l’UNRWA à suspendre l’aide Les livraisons de nourriture et d’autres fournitures dont Gaza a désespérément besoin ont dû être interrompues via le passage de Kerem Shalom à cause des pillages commis par des bandes armées, a indiqué l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA. L’agence a pris cette décision dimanche après avoir déclaré que les camions transportant de la nourriture avaient « tous été volés » après avoir traversé Gaza par ce qui est le principal couloir d’aide. Pour expliquer cette décision, le chef de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a déclaré que la route n’était plus sûre « depuis des mois ». Le 16 novembre, un important convoi de camions d’aide humanitaire qui traversait également Kerem Shalom a été volé par des gangs armés. Plus loin à l’intérieur de Gaza, les travailleurs humanitaires sont profondément préoccupés par la montée en flèche des niveaux de malnutrition. La responsable principale des urgences de l’UNRWA, Louise Wateridge, s’exprimant lundi depuis l’une des écoles de l’agence des Nations Unies à Deir Al-Balah, où 6.000 personnes sont hébergées, a décrit des familles dormant sur des sols froids et humides et avoir vu un enfant « pleurer et crier dans un coin, réclamant juste un morceau de pain. Elle pleurait juste pour un morceau de pain ». Les enfants les plus touchés Au Caire, Mme Mohammed a souligné le bilan dévastateur du conflit : plus de 44.000 Palestiniens ayant perdu la vie, des déplacements massifs et l’effondrement des services essentiels. Les enfants sont les plus touchés : près de 19.000 d’entre eux ont été hospitalisés au cours des quatre derniers mois en raison de malnutrition aiguë. Gaza compte désormais le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, et de nombreuses opérations chirurgicales sont pratiquées sans anesthésie. « Ce à quoi nous assistons pourrait bien s’apparenter aux crimes internationaux les plus graves », a-t-elle affirmé. L’aide humanitaire « outrageusement » bloquée Mme Mohammed a exprimé sa profonde inquiétude face aux restrictions sévères imposées à l’aide humanitaire à Gaza, décrivant le flux de fournitures comme « outrageusement » insuffisant et imprévisible « L’aide exceptionnelle n’est ni humaine ni efficace », a-t-elle déclaré, citant des défis tels que les pillages, les munitions non explosées et les routes détruites. Le mois dernier, un important convoi d’aide a été volé sur la route sortant de Kerem Shalom : « Le personnel et les opérations humanitaires doivent être assurés de leur sécurité. L’accès doit être accordé à tous ceux qui en ont besoin, où qu’ils se trouvent. Les locaux des Nations Unies doivent rester inviolables à tout moment », a-t-elle souligné. Un soutien solide est nécessaire Mme Mohammed a appelé à un soutien solide pour l’ensemble du système d’aide humanitaire à Gaza, en particulier l’UNRWA, décrivant l’agence onusienne comme une planche de salut irremplaçable pour les Palestiniens. « Si l’UNRWA est obligée de fermer, la responsabilité de remplacer ses services vitaux – et de répondre aux besoins fondamentaux des Palestiniens de Gaza – incombera à Israël en tant que puissance occupante », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il n’y a pas d’alternative à l’UNRWA. « Ni les Nations Unies, ni la communauté internationale, mais Israël – et Israël seul. » Réitérant la nécessité d’une solution politique, Mme Mohammed a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la libération inconditionnelle des otages. Elle a également souligné l’urgence d’une solution à deux États, conforme au droit international et aux résolutions pertinentes de l’ONU, avec Israël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, avec Jérusalem comme capitale des deux États. « La catastrophe à Gaza n’est rien de moins qu’un effondrement complet de notre humanité commune », a-t-elle conclu. « Le cauchemar doit cesser ». Rétablissement et santé mentale Sigrid Kaag, Coordonnatrice principale de l’action humanitaire et de la reconstruction pour Gaza, a dressé un sombre tableau des destructions et des traumatismes dont elle a été témoin lors de ses visites. « Rien ne vous prépare, en tant qu’être humain, au tribut, au traumatisme, à la souffrance, à la perte et au sentiment d’abandon que ressentent les civils palestiniens », a-t-elle déclaré aux délégués au Caire. Mme Kaag a souligné l’importance du soutien en matière de santé mentale, en particulier pour les enfants. « Les cicatrices de la guerre ne sont pas seulement physiques », a-t-elle noté, appelant à des investissements dans des programmes psychosociaux parallèlement à l’aide immédiate et aux efforts de rétablissement. La haute responsable onusienne a également exhorté les parties prenantes à donner la priorité aux initiatives de rétablissement rapide, qui comprennent le rétablissement des services de base, la réhabilitation des infrastructures et la promotion de la stabilité économique, en partenariat avec l’Autorité palestinienne. « Le rétablissement rapide, après tout, est également un investissement dans la stabilité future, dans les perspectives de paix d’une Palestine, dont Gaza est une entité indissociable d’un futur État palestinien », a-t-elle déclaré. « L’État ne se résume pas seulement à des bâtiments, a-t-elle ajouté. Le rétablissement consiste à restaurer des vies, la dignité et l’espoir ». Six femmes et filles tuées lors de violences devant des boulangeries Tandis que des niveaux alarmants de
CICR/Mirjana Spoljaric: l’acheminement de l’aide dans le sud du Liban continuent de se heurter à des obstacles

ACTUALITE. « L’acheminement de l’aide et la distribution des secours dans le sud du Liban continuent de se heurter à des obstacles », a déclaré la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, dans un discours prononcé lors de la conférence internationale sur le Liban à Paris le 24 octobre. que nous reproduisons ci-dessous: « Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues, Quand les efforts politiques échouent, les acteurs humanitaires se retrouvent à tenter de recoller les morceaux. Or l’action humanitaire ne peut jamais remédier pleinement aux souffrances inouïes causées par la guerre lorsque les hostilités sont menées au mépris de la vie et de la dignité des civils. Nous avons été témoins du coût humain dramatique engendré par les 12 derniers mois de conflit à Gaza. Les États ne peuvent pas laisser ce scénario tragique se répéter au Liban. Laissez-moi le dire clairement : premièrement, la population et les infrastructures civiles sont protégées par le droit international humanitaire, y compris les civils qui restent dans les zones d’évacuation. Les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les blessés et les malades sont souvent dans l’incapacité de se conformer aux ordres d’évacuation, en particulier lorsque ces ordres sont donnés avec un préavis très court. Il faut veiller en permanence à épargner ces personnes. Il faut également qu’elles puissent accéder aux services essentiels et recevoir l’aide vitale dont elles ont besoin. Les habitants qui quittent leur foyer doivent pouvoir partir en toute sécurité, et les secours humanitaires doivent être à la hauteur des besoins que génèrent ces déplacements à large échelle. Les parties au conflit ne sont pas dégagées des obligations que leur impose le droit international humanitaire lorsque les civils ne peuvent pas partir ou choisissent de rester. Deuxièmement, chaque fois qu’un hôpital est utilisé de manière abusive, endommagé ou détruit, chaque fois qu’une ambulance est prise pour cible, des soignants sont mis en danger, tout comme les patients dont ils ont la charge. Les hôpitaux doivent être protégés, y compris ceux qui se trouvent dans les zones d’évacuation. Les hôpitaux et les structures de santé sont et doivent rester des sanctuaires destinés à préserver la vie humaine. L’effondrement systématique de systèmes de santé auparavant opérationnels auquel nous assistons aujourd’hui à Gaza et ailleurs soulève de graves préoccupations quant aux interprétations laxistes du droit international humanitaire. Troisièmement, l’acheminement de l’aide et la distribution des secours dans le sud du Liban continuent de se heurter à des obstacles. Les parties au conflit doivent permettre et faciliter le passage rapide et sans encombre de l’aide humanitaire destinée aux civils. Pour pouvoir atteindre les personnes qui ont besoin d’aide, les travailleurs humanitaires doivent pouvoir s’appuyer sur des mécanismes de coordination et des garanties de sécurité fournies en temps réel. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues, Imaginez quels seraient les bienfaits pour les civils si ces trois appels étaient entendus sur le champ de bataille. Il est grand temps qu’une action politique résolue vienne mettre fin aux effusions de sang, aux souffrances indescriptibles et aux destructions massives. Le droit international humanitaire exige que les otages soient libérés, que les détenus soient traités avec humanité, que les populations déplacées puissent regagner leurs foyers, et que les habitants du Liban, de Gaza et d’Israël puissent à nouveau vivre en sécurité et dans la dignité. Et plus important encore : rien de tout cela n’est négociable. Chacune des parties est tenue de se conformer au droit international humanitaire indépendamment de ce que l’autre fait. L’actuelle dérive vers une guerre sans limite est en passe d’atteindre un point de non-retour. Nous appelons une fois de plus à la désescalade et engageons les États à assumer leurs responsabilités juridiques – et morales – en respectant et en faisant respecter le droit international humanitaire. Je vous remercie ».
Félix Tshisekedi, Israël et les intérêts ignorés de la RDC

TRIBUNE. Le gouvernement de la RD Congo soutient Israël dans le bras de fer qui l’oppose à la Cour pénale internationale (CPI) dans le dossier de Gaza. Selon la presse belge, Kinshasa, reprenant la thèse israélienne, a envoyé à La Haye ses «observations écrites» niant la compétence de la Cour dans la guerre qui ensanglante l’enclave palestinienne. Une posture d’autant plus surprenante qu’elle est très éloignée de celle de l’Union africaine et de la communauté internationale sur la question de Gaza. Est-ce que Félix Tshisekedi et son régime mesurent-ils la portée d’une telle action sur l’image de la RDC et de sa diplomatie ? Que doit penser l’Union africaine de tout ceci ? Que doit penser l’Afrique du Sud, fer de lance de la plainte pour génocide contre Israël devant la CPI et élément essentiel du dispositif de la mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe en République démocratique du Congo (SAMIDRC) ? Le moins que l’on puisse dire est que Félix Tshisekedi a le don de ne pas se faire des amis et/ou des alliés sur la scène internationale. Il ne faudrait pas être surpris si l’Afrique du Sud se montrait de plus en plus indifférente au sort de la RDC dans le dossier M23/Rwanda… La position de la RDC a de quoi énerver la raison. D’une part, on vocifère contre la communauté occidentale, qui semble fermer les yeux sur l’agression rwandaise de la RDC, et d’autre part on soutient un État israélien qui mène une politique de génocide contre la population de Gaza au mépris du droit international, des résolutions de l’ONU et de l’Union africaine. Comme je l’ai souligné en septembre 2023 lorsque Tshisekedi confiait [à Benjamin Netanyahu] vouloir installer l’ambassade de la RDC à Jérusalem au mépris des résolutions 252 (1968), 476 (1980) et 478 (1980) du Conseil de sécurité de l’ONU, le renforcement des relations bilatérales avec un État ou un allié n’autorise pas n’importe quelle décision. Certains alliés de l’État d’Israël en Occident, dans le monde arabo-musulman ainsi qu’en Afrique, n’ont pas franchi le pas que vient de franchir la RDC sous Félix Tshisekedi. Même le Rwanda de Paul Kagame, qui est pourtant réputé proche d’Israël, semble faire profil bas dans le dossier de Gaza. Mais Félix, lui, fonce tête baissée, semblant privilégier les intérêts de l’État d’Israël au détriment de ceux de la RDC. Tout ça parce qu’il est protégé par des mercenaires israéliens issus du Shin Bet, en plus d’être conseillé par un groupe de soi-disant pasteurs et fanatiques religieux de la secte Philadelphie confondant religion et géopolitique… Par Patrick Mbeko
Plus de 40.000 morts à Gaza : l’ONU déplore une « étape sombre pour le monde »

Alors que des discussions devaient avoir lieu ce jeudi au Qatar en vue d’une trêve entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le chef des droits de l’homme de l’ONU a déploré les derniers chiffres des autorités gazaouies indiquant que plus de 40.000 Palestiniens ont été tués en dix mois de guerre. « Aujourd’hui marque une étape sombre pour le monde », a dit le Haut-Commissaire Volker Türk dans un communiqué de presse. « La population de Gaza pleure aujourd’hui 40.000 Palestiniens morts, selon le ministère de la Santé de Gaza », a-t-il ajouté, notant qu’en moyenne, « environ 130 personnes ont été tuées chaque jour à Gaza au cours des dix derniers mois ». La plupart des morts sont des femmes et des enfants. « Cette situation inimaginable est due en grande partie aux manquements récurrents des forces de défense israéliennes aux règles de la guerre », a déploré M. Türk. Graves abus commis par l’armée israélienne et la branche armée du Hamas Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé un nouveau bilan de 40.005 morts dans le territoire palestinien depuis le début de la guerre avec Israël, entrée dans son onzième mois. L’ampleur des destructions de maisons, d’hôpitaux, d’écoles et de lieux de culte par l’armée israélienne est profondément choquante. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) indique avoir documenté de graves violations du droit international humanitaire tant par l’armée israélienne que par les groupes armés palestiniens, y compris la branche armée du Hamas. « Alors que le monde réfléchit et considère son incapacité à empêcher ce carnage », le chef des droits de l’homme demande instamment à toutes les parties d’accepter un cessez-le-feu immédiat, de déposer les armes et d’arrêter le massacre une fois pour toutes. « Les otages doivent être libérés. Les Palestiniens détenus arbitrairement doivent être libérés. L’occupation illégale d’Israël doit cesser et la solution des deux États convenue au niveau international doit devenir une réalité », a insisté M. Türk. Remise en état d’un puits Apportant une note d’espoir, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a indiqué avoir remis en état un important puits d’eau à Khan Younis, qui avait été détruit il y a plusieurs mois par des opérations militaires israéliennes. Le puits constitue désormais la principale source d’eau potable pour environ 100.000 personnes déplacées dans la région, pompant quotidiennement plus de 500 mètres cubes d’eau par jour, a déclaré l’agence, précisant que ce point d’eau fonctionne 8 heures par jour. Huit robinets ont été installés pour permettre aux familles déplacées de remplir leurs récipients d’eau portables, dont deux sont réservés aux camions-citernes pour desservir les personnes qui ne peuvent pas atteindre le puits à pied. « La dernière fois que j’ai visité ce puits, c’était à la fin du mois d’avril. Il était détruit, entouré d’éclats d’obus et de munitions non explosées potentielles, et ne fonctionnait plus », a rappelé sur le réseau social X, Louise Wateridge, porte-parole de l’UNRWA. Boire au prix d’énormes distances sous des températures étouffantes À cette époque, Khan Younis était une ville « fantôme ». Les habitants avaient fui les opérations militaires et s’étaient réfugiés à Rafah. « Après le retrait des opérations militaires de cette zone, l’UNRWA a immédiatement commencé à réhabiliter le puits d’eau », a-t-elle ajouté, relevant que les équipes onusiennes ont travaillé jour et nuit pour réparer et remplacer les pièces endommagées et manquantes. Malgré son impact « considérable », l’accès à l’eau dans la majeure partie de l’enclave palestinienne reste limité. Avec « si peu de sources d’eau » dans la bande de Gaza, de nombreuses familles sont « obligées de parcourir d’énormes distances sous des températures étouffantes pour satisfaire un besoin aussi élémentaire ». « D’autres ne sont pas en mesure d’accéder à l’eau potable, ce qui les oblige à survivre avec de l’eau sale », a ajouté Mme Wateridge. De nouveaux ordres d’évacuation Cette bonne nouvelle intervient alors que les rapports des médias font état de nouveaux ordres d’évacuation. Sont à nouveau sommés de quitter leurs maisons et leurs abris, « tous les résidents des blocs 38, 39, 41, 42 des quartiers Al-Qarara 3 et Al-Sathar », dans le sud-est de la bande de Gaza, selon les forces israéliennes. Ces dernières semaines, Israël a émis de nombreux ordres d’évacuation pour les zones situées à l’intérieur et aux alentours de Khan Younis. Mardi déjà, l’armée israélienne avait lancé un ordre d’évacuer dans deux zones de l’est de Khan Younis, à savoir les quartiers de Makhta et de Beni Suhaila, ordonnant aux gens de partir immédiatement vers la prétendue « zone sûre ». Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’ordre a eu un impact sur les services essentiels, dont huit stations d’eau et d’assainissement ainsi que deux centres de soins de santé primaires, perturbant ainsi les services médicaux dans la zone. Des enfants se rafraîchissent et jouent sous l’eau Alors que des centaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir une fois de plus, cette zone située à l’intérieur de l’actuelle zone humanitaire désignée par Israël est « bondée de familles forcées de vivre les unes sur les autres dans des abris naturels adossés ou parmi les décombres de bâtiments squelettiques », a regretté pour sa part l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). A Khan Younis, les équipes de l’UNRWA indiquent avoir vu de nombreux enfants non seulement aller chercher de l’eau potable pour leur famille, mais aussi se rafraîchir et jouer sous l’eau qui déborde des grands réservoirs. « Il s’agit là d’une joie élémentaire qui n’est accessible qu’à très peu de personnes ici », a déclaré Mme Wateridge. Sur le terrain, en dépit des rapports des médias faisant état d’une reprise des pourparlers sur le cessez-le-feu, les bombardements et les hostilités continuent de tuer et de faire fuir les Palestiniens. Des femmes restent des mois sans prendre de douche Dans ce climat d’interminables mouvements de populations, le chef de l’UNRWA
Gaza : le refus d’autoriser des missions d’aide perpétue « un cycle continu de privation et de détresse », selon l’ONU

Les autorités israéliennes ont refusé l’accès à Gaza à environ un tiers de toutes les missions d’aide depuis le début du mois d’août, une mesure qui perpétue « un cycle continu de privation et de détresse » pour la population de l’enclave palestinienne déchirée par la guerre, ont alerté des agences humanitaires des Nations Unies. Le dernier rapport de situation du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) note que les difficultés d’accès à Gaza, dues à l’intensité des hostilités, à la division entre le nord et le sud et aux fréquents ordres d’évacuation, entravent gravement l’acheminement de l’aide humanitaire vitale à des centaines de milliers de personnes vulnérables dans toute la bande de Gaza. Entre le 1er et le 11 août, les autorités israéliennes ont refusé l’accès au nord de Gaza à 32 des 85 missions d’aide humanitaire coordonnées. Treize autres ont été entravées par les autorités israéliennes et six ont été annulées pour des raisons logistiques et de sécurité, selon l’OCHA. En outre, sur les 122 missions d’aide humanitaire coordonnées dans les zones du sud de Gaza, 63 ont été facilitées par les autorités israéliennes, 36 ont été refusées, huit ont été entravées et 15 ont été annulées. Au total, les missions refusées (68) représentent environ un tiers des missions prévues depuis le 1er août. Privation et détresse Le blocage des missions d’aide « compromet les efforts déployés pour répondre aux besoins humanitaires urgents », a fait valoir l’OCHA. Selon le bureau, les effets cumulés des restrictions d’accès compromettent les efforts déployés pour répondre aux besoins humanitaires urgents, perpétuant ainsi un cycle continu de privation et de détresse parmi les personnes touchées dans l’ensemble de la bande de Gaza. Ces derniers développements surviennent au moment où l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de certaines parties de la ville de Khan Younis, dans le sud de l’enclave, dimanche, en raison d’une « activité terroriste importante » de la « zone humanitaire ». Selon l’OCHA, ces deux ordres d’évacuer qui ont été donnés par l’armée israélienne, ce weekend à Khan Younès, sont principalement dans des zones qui avaient déjà fait l’objet d’un tel ordre. Les zones concernées par ces ordres comprennent environ 23 sites de déplacés, 14 infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène et 4 établissements scolaires. Les déplacements ne s’arrêtent jamais à Gaza Au total, environ 305 kilomètres carrés, soit près de 84% de la bande de Gaza, ont été concernés par les ordres d’évacuer de l’armée israélienne. « Les gens courent pour sauver leur vie, attrapant ce qu’ils peuvent et laissant tout le reste derrière eux. Ils sont épuisés et n’ont aucun endroit sûr où aller », a déploré sur le réseau social X, l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Une nouvelle fois, l’ONU appelle toutes les parties au conflit à honorer leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, y compris en prenant soin d’épargner les personnes et biens civils. « Les gens doivent donc pouvoir partir vers des zones plus sûres et revenir chez eux quand les circonstances le permettent », a insisté l’agence onusienne, relevant que les Gazaouis doivent aussi pouvoir « recevoir une aide humanitaire, qu’ils partent ou qu’ils restent ». La crise de l’eau potable et des égouts à Gaza Ces mouvements de populations interviennent alors que des conditions d’hygiène « épouvantables » continuent de menacer la vie et la santé des enfants gazaouis. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a ainsi publié une déclaration depuis Deir al-Balah, dans la zone centrale de Gaza, où les eaux usées non traitées ont formé de grandes mares sur la route à côté des abris pour les personnes déplacées de force. « Les eaux usées sont partout dans les rues », a déclaré le porte-parole de l’UNICEF, Salim Oweis, depuis le centre de Deir el-Balah. Il a souligné la destruction du réseau d’eau et d’assainissement de Gaza, ainsi que de ses usines de traitement des eaux usées, depuis que la guerre a éclaté le 7 octobre, après les attaques sanglantes menées par le Hamas en Israël. Menace quotidienne de maladies « Avec le manque d’eau potable, la destruction du système d’assainissement, les systèmes de traitement des eaux usées, les enfants et les familles sont toujours en train de se battre », a-t-il dit. Selon l’UNICEF, les diarrhées et les éruptions cutanées continuent d’affecter les habitants de Gaza qui ont été forcés de quitter à plusieurs reprises leurs maisons et leurs abris, alors que des appels de plus en plus pressants sont lancés en faveur d’un cessez-le-feu pour permettre l’administration de vaccins oraux contre la polio après que des traces de la maladie ont été découvertes dans les eaux d’égout en juin et confirmées en juillet. Personne dans l’enclave n’a encore été vacciné contre la polio. Selon l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU (OMS), des préparatifs sont en cours pour mettre en œuvre une campagne de vaccination à deux tours avec le nouveau vaccin oral contre la polio de type 2 (nOPV2). Aucun hôpital n’a fonctionné à Rafah pendant deux mois Sur un autre plan, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète du niveau de l’évacuation médicale des patients en dehors de Gaza depuis le 7 mai. Sur les 13.880 cas ayant fait l’objet d’une demande d’évacuation médicale, seuls 4916 (35 %) ont été évacués depuis octobre 2023. Le nombre de patients nécessitant une évacuation médicale devrait augmenter compte tenu de la diminution des capacités du système de santé, aggravée par l’escalade en cours. Pour l’OMS, il est extrêmement urgent de rétablir les évacuations médicales de Gaza vers la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, où les hôpitaux sont prêts à accueillir les patients. « Il faut également faciliter le transfert des patients vers l’Égypte et la Jordanie, et de là vers d’autres pays en cas de besoin », insiste l’OMS, qui réitère son appel à la mise en place de multiples couloirs d’évacuation médicale afin d’assurer un passage soutenu et rapide des patients par tous les itinéraires possibles, y compris Rafah et Kerem
Gaza : le déblaiement de 37 millions de tonnes de débris pourrait prendre jusqu’à 14 ans
Il faudrait environ 14 ans pour déblayer l’immense quantité de décombres, y compris les munitions non explosées, laissés par la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, a annoncé vendredi un haut responsable des Nations Unies. Pehr Lodhammar, haut responsable du Service de lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), indique que la guerre a laissé environ 37 millions de tonnes de débris dans cette enclave palestinienne densément peuplée. Selon lui, bien qu’il soit impossible de déterminer le nombre exact de munitions non explosées trouvées dans la bande de Gaza, l’enlèvement des débris, y compris ceux des bâtiments détruits, pourrait prendre 14 ans dans certaines conditions. 750.000 jours de travail et 100 camions Il s’agirait notamment des décombres des bâtiments détruits par les bombardements israéliens, qui ont réduit la majeure partie de l’étroite enclave côtière à un champ de ruines, la plupart des civils étant sans abri, affamés et exposés à des risques de maladie. « Et le chiffre était de 300 kilos par mètre carré de surface avec des débris. Un chiffre que je peux vous donner est qu’une estimation a été faite sur la base du nombre actuel de tonnes de débris à Gaza », a déclaré lors d’une conférence de presse à Genève, Pehr Lodhammar. Selon ces projections et sur la base d’un travail de 100 camions, les opérations pourraient durer au moins 14 ans. « C’est donc ce chiffre qui a été retenu. 14 ans pour enlever les débris avec environ 750.000 jours de travail, jours de travail d’une personne pour enlever les débris », a-t-il fait valoir, relevant qu’il s’agit donc « de chiffres importants en ce qui concerne les débris ». Environ 300 kilos de débris par mètre carré Comme pour compliquer la mission, il a indiqué qu’on sait « qu’il y a généralement un taux de défaillance d’au moins 10 % des munitions terrestres qui sont tirées et qui ne fonctionnent pas ». « Ce que nous savons, c’est que nous estimons à 37 millions de tonnes la quantité de débris, ce qui représente environ 300 kilos de débris par mètre carré. 65 % des bâtiments détruits sont des immeubles résidentiels », a dit M. Lodhammar. D’ores et déjà, les équipes se préparent. A ce sujet, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Service de lutte antimines des Nations Unies a organisé il y a deux semaines un atelier à Amman (Jordanie) sur la gestion des risques d’explosion du point de vue des débris et sur l’élimination des risques d’explosion dans les débris, en se concentrant sur Gaza. « Nous avons organisé cet atelier avec la communauté des ONG afin de nous préparer à une éventuelle intervention à Gaza », a-t-il précisé. Des millions de dollars nécessaires Dans un entretien accordé à ONU Info le 4 avril, le Service de lutte antimines avait estimé que des millions de dollars seront nécessaires pour nettoyer Gaza des bombes non explosées. « La quantité énorme de bombes larguées sur Gaza depuis le 7 octobre signifie qu’il faudra des millions de dollars, et de nombreuses années, pour décontaminer l’enclave des munitions non explosées », avait dit dans cet entretien, Mungo Birch, le chef d’UNMAS en Palestine, à l’occasion de la Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines. Par ailleurs, le Centre satellitaire des Nations Unies (UNOSAT) a déclaré fin mars avoir constaté que 35% de tous les bâtiments à Gaza – 88.868 structures – ont été endommagés ou détruits, en comparant les images satellites haute résolution de Gaza recueillies le 29 février avec les images prises avant et après le début du dernier conflit. Parmi ceux-ci, le Centre a identifié 31.198 structures comme détruites, 16.908 comme gravement endommagées, et 40.762 comme modérément endommagées. Cela représente une augmentation de près de 20.000 structures endommagées par rapport à l’évaluation précédente basée sur des images prises en janvier, lorsque le chiffre total s’élevait à 30%.