À Gaza, un cessez-le-feu de plus en plus fragile

À Gaza, un cessez-le-feu de plus en plus fragile

L’ONU a prévenu mardi que le cessez-le-feu à Gaza apparaît de plus en plus fragile, alors que se poursuivent les frappes israéliennes ainsi que les activités armées menées par le Hamas et d’autres groupes. « Loin des projecteurs, la situation à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ne cesse de se dégrader », a dit le Sous-Secrétaire général des Nations Unies chargé du Moyen-Orient, de l’Asie et du Pacifique, Khaled Khiari, lors d’un débat au Conseil de sécurité consacré à la question palestinienne, dans un contexte de fortes tensions régionales.  Bien que des efforts diplomatiques soient en cours afin de consolider le cessez-le-feu à Gaza et mettre en œuvre la phase II du Plan d’ensemble du Président américain Donald Trump visant à mettre fin au conflit dans l’enclave palestinienne, les pourparlers relatifs au désarmement du Hamas et des autres groupes armés n’ont, à ce jour, abouti à aucun accord, s’est-il inquiété, évoquant des craintes quant à un éventuel retour à des hostilités généralisées. Violence des colons en Cisjordanie Le haut responsable onusien a également signalé qu’en Cisjordanie, la fréquence et la gravité des agressions perpétrées par les colons continuent de s’intensifier.  Des communautés palestiniennes entières sont désormais régulièrement confrontées à des actes de violence meurtrière, de vandalisme et de harcèlement, souvent en présence de soldats israéliens, voire avec leur participation, a-t-il dénoncé, exhortant dans la foulée les autorités israéliennes à prendre des mesures immédiates pour y mettre un terme. Il a également indiqué que la situation dans les camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie demeure alarmante. Les opérations militaires israéliennes et les restrictions d’accès ont entraîné le déplacement prolongé de plus de 33 000 résidents issus des camps de réfugiés de Jénine, de Tulkarem et de Nour Chams.  Ces camps demeurent en grande partie désertés, marquant ainsi la crise de déplacement la plus vaste et la plus durable qu’ait connue la Cisjordanie depuis plusieurs décennies. Tony Blair met en avant des progrès L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, est intervenu en sa qualité de membre du Conseil exécutif du Conseil de la paix dans le cadre du Plan d’ensemble américain visant à mettre fin au conflit à Gaza.  Il a exhorté les membres du Conseil de sécurité de l’ONU à apporter un soutien politique « clair et constant » à la mise en œuvre du Plan d’ensemble, et à mobiliser des contributions financières en faveur de la réponse humanitaire et du relèvement à Gaza. « L’espoir réside dans les progrès substantiels réalisés dans la mise en œuvre du plan du Président [Trump] », a-t-il affirmé. Ces avancées se traduisent notamment par la création du Comité national pour l’administration de Gaza et par le déploiement progressif de la force internationale de stabilisation, qui a déjà achevé sa mission d’évaluation préalable.  L’ancien Premier ministre britannique a également mis en avant les efforts de mobilisation financière, indiquant que plus de 7 milliards de dollars d’engagements fermes avaient été réunis pour soutenir Gaza.  Opération dans le camp de Qalandiya De son côté, le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, a exprimé, mardi la préoccupation de l’ONU concernant des informations selon lesquelles l’armée israélienne a mené lundi une opération de 18 heures à l’intérieur et aux abords du camp de Qalandiya, situé dans le gouvernorat de Jérusalem, en Cisjordanie. « Cette opération a impliqué des fouilles à grande échelle, des détentions et des restrictions de mouvement, entraînant des blessures, des dégâts matériels et le déplacement temporaire de Palestiniens », a-t-il noté. Les forces israéliennes ont également fermé des barrages routiers existants et érigé des monticules de terre dans les zones avoisinantes, provoquant la fermeture temporaire d’écoles et de cliniques, tout en entravant l’accès des ambulances. Le porte-parole a souligné que cette opération s’inscrit « dans une tendance récurrente ayant entraîné des pertes humaines, des déplacements de population, des dommages aux biens civils et des restrictions d’accès, en particulier dans les camps de réfugiés ».  ONU

Gaza : 71 milliards pour survivre et reconstruire

Gaza : 71 milliards pour survivre et reconstruire

Après deux ans de guerre à Gaza, l’addition est vertigineuse : 71,4 milliards de dollars seront nécessaires sur dix ans pour relever l’enclave palestinienne, selon un rapport de l’Union européenne, de l’ONU et de la Banque mondiale.  L’urgence est immédiate : 26,3 milliards doivent être mobilisés dès les 18 prochains mois pour remettre en marche les services vitaux, rebâtir des infrastructures dévastées et relancer une économie à l’arrêt. Un chantier colossal, à la mesure de l’ampleur des destructions et de la crise humanitaire. Au-delà de l’estimation globale des besoins de reconstruction, le rapport détaille également l’ampleur des destructions causées par le conflit et qui sont estimées à 35,2 milliards de dollars. Les pertes économiques sont évaluées à 22,7 milliards de dollars, ce qui porte le montant total estimé des effets du conflit sur les biens matériels à 57,9 milliards de dollars. Le rapport ne se limite pas aux seules pertes financières globales et précise également les secteurs les plus gravement touchés, notamment le logement, la santé, l’éducation, le commerce et l’agriculture. Près de 372 000 logements ont été détruits ou endommagés, plus de la moitié des hôpitaux sont hors service, la quasi-totalité des écoles ont été détruites ou endommagées, et l’économie à Gaza s’est contractée de 85 %. Logement en tête des priorités de reconstruction Au-delà du constat des destructions, le rapport hiérarchise les besoins de reconstruction par secteur. Le logement arrive en tête avec 16,2 milliards de dollars. Suivent l’agriculture et le système alimentaire (10,5 milliards de dollars), la santé (10 milliards de dollars) ainsi que le commerce et l’industrie (9 milliards de dollars). Ces secteurs représentent ensemble près des trois tiers des besoins totaux de reconstruction et constituent les « priorités les plus urgentes », selon le document. Sur le plan géographique, ce sont les gouvernorats de Gaza et du Nord de Gaza qui ont subi les dégâts les plus importants. Par rapport aux conflits de 2014 et 2021, le niveau de destruction dans la bande de Gaza est d’une ampleur tout à fait différente. Emploi, sécurité alimentaire et services sociaux Si les destructions se concentrent dans certaines zones, le rapport élargit le constat aux effets humains dans l’ensemble de la bande de Gaza. Il met en évidence l’impact catastrophique sur le développement humain dans toute l’enclave palestinienne, dont le retard est estimé à 77 ans. Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises, et plus de 60 % de la population a perdu son logement. Près des trois quarts de la population active de Gaza avant le conflit ont perdu leur emploi, ce qui a entraîné un taux d’emploi de 9,3 %. Cette situation, combinée aux pertes d’emploi en Cisjordanie, a entraîné une baisse de treize points de pourcentage du taux combiné pour la Cisjordanie et Gaza, le plaçant parmi les plus bas de la base de données de la Banque mondiale. Face à l’effondrement de l’emploi, le document détaille les priorités immédiates de relèvement. La lutte contre l’insécurité alimentaire, les besoins en matière de protection sociale, les questions d’accès au logement, la reprise de l’éducation, ainsi que le soutien en santé mentale et psychosocial aux populations font ainsi partie des besoins à court terme. Nécessité d’un accès humanitaire sans entrave Le rapport identifie aussi plusieurs autres urgences immédiates, notamment la reprise des services de base tels que la santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) et le déblaiement des décombres. Les coûts de déblaiement et de gestion de plus de 68 millions de tonnes de débris s’élèvent à eux seuls à plus de 1,7 milliard de dollars. Ces priorités opérationnelles immédiates supposent toutefois des conditions sécuritaires et humanitaires minimales. Selon l’ONU et ses partenaires, un cessez-le-feu durable et une sécurité adéquate constituent des conditions minimales. « Un accès humanitaire sans entrave doit être le fondement du relèvement », insiste le rapport, relevant que la libre circulation des personnes et des biens à l’intérieur et entre Gaza et la Cisjordanie sont essentiels.  « La communauté internationale doit mobiliser des ressources de manière ciblée, séquentielle et coordonnée, et tous les obstacles au déploiement de l’expertise et des équipements doivent être levés rapidement », conclut le rapport. ONU

Gaza : selon la présidente du CICR, l’évacuation massive de la ville de Gaza est irréalisable et incompréhensible

Gaza : selon la présidente du CICR, l’évacuation massive de la ville de Gaza est irréalisable et incompréhensible

Le texte qui suit est une citation attribuée à la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric, concernant la situation humanitaire dans la ville de Gaza et les risques que les ordres d’évacuation massive font peser sur les civils :  Il est impossible que l’évacuation massive de la ville de Gaza puisse être menée à bien de manière sûre et digne dans les conditions actuelles. Une telle évacuation entraînerait un déplacement massif de population qu’aucune zone de la bande de Gaza ne serait en mesure d’absorber, compte tenu de la destruction généralisée des infrastructures civiles et de la pénurie extrême de nourriture, d’eau, d’abris et de soins médicaux. L’ordre serait imposé à des civils déjà traumatisés par des mois d’affrontements et terrifiés par ce que l’avenir leur réserve. Beaucoup sont dans l’incapacité de se conformer aux ordres d’évacuation parce qu’ils meurent de faim, sont malades, blessés ou physiquement handicapés. Tous les civils sont protégés par le droit international humanitaire (DIH), qu’ils partent ou restent sur place, et doivent pouvoir rentrer chez eux. Lorsqu’un ordre d’évacuation est donné, le DIH exige qu’Israël prenne toutes les mesures possibles pour que les personnes civiles jouissent de conditions de logement, d’hygiène, de salubrité, de sécurité et d’alimentation satisfaisantes, et pour que les membres d’une même famille ne soient pas séparés les uns des autres. Ces conditions ne peuvent actuellement pas être remplies à Gaza. Cela rend toute évacuation non seulement irréalisable, mais aussi incompréhensible dans les circonstances actuelles. Chaque minute sans accord de cessez-le-feu coûte des vies. Une aide humanitaire à la hauteur des besoins doit pouvoir être acheminée. Le Hamas doit libérer tous les otages encore retenus. Toute nouvelle escalade du conflit ne fera qu’entraîner davantage de morts, de destructions et de déplacements. CP

Maroc : le Roi Mohammed VI ordonne l’envoi d’une aide humanitaire supplémentaire à Gaza

Maroc : le Roi Mohammed VI ordonne l’envoi d’une aide humanitaire supplémentaire à Gaza

Le Souverain a donné ses très hautes instructions pour l’envoi d’une aide humanitaire supplémentaire au profit des habitants de Gaza, a annoncé le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. Composée d’environ 100 tonnes de denrées alimentaires et de médicaments, spécifiquement destinés aux catégories vulnérables, particulièrement les enfants et les nourrissons, cette assistance témoigne « du soutien permanent et de la solidarité tangible de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, envers le peuple palestinien frère », a souligné le ministère dans un communiqué publié récemment. Selon la même source, « Sa Majesté le Roi, Président du Comité Al Qods, a tenu à ce que cette aide humanitaire soit, comme les précédentes, acheminée par avions, et livrée de manière urgente et directe aux bénéficiaires parmi les frères palestiniens ». Le communiqué ajoute que « cette initiative royale généreuse reflète la préoccupation constante de Sa Majesté le Roi quant à la situation humanitaire critique que traverse la population de Gaza, ainsi que l’engagement indéfectible du Souverain à soulager ses souffrances ». Adrien Thyg

« Gaza est un champ de mort », dénonce le chef de l’ONU

« Gaza est un champ de mort », dénonce le chef de l’ONU

Depuis le 2 mars, aucun camion d’aide n’est entré dans Gaza en raison du blocage infligé par l’armée israélienne, laquelle poursuit en parallèle sa campagne militaire sanglante dans l’enclave palestinienne. Une situation insoutenable dénoncée, mardi, par le chef de l’ONU, lors d’une conférence de presse. D’un ton empreint d’urgence et de gravité, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, n’a pas masqué son indignation face à l’évolution de la situation sur le terrain. « Plus d’un mois s’est écoulé sans qu’une seule goutte d’aide ne parvienne à Gaza. Pas de nourriture. Pas de carburant. Pas de médicaments. Pas de fournitures commerciales. Alors que l’aide s’est tarie, les vannes de l’horreur se sont rouvertes », a-t-il déclaré aux journalistes, au siège des Nations Unies, à New York. Outre le blocage de l’aide, depuis le 18 mars, les forces israéliennes ont repris les raids et opérations militaires dans la bande, mettant ainsi un terme à plus d’un mois et demi de cessez-le-feu avec le Hamas. Depuis lors, plus de 1.200 Palestiniens ont été tués, dont au moins 320 enfants, et des centaines de milliers de résidents ont été déplacés par Tsahal, qui multiplie les ordres d’évacuation un peu partout dans le territoire palestinien. « Gaza est un champ de mort et les civils sont pris dans une boucle mortelle sans fin », a affirmé M. Guterres, dans une formule aussi saisissante qu’accusatrice. Alors que les hostilités et que les points de passage vers l’enclave restent fermés, le chef de l’ONU a tiré un constat de détresse : l’effondrement du cessez-le-feu a laissé place à un vide humanitaire quasi total. Le droit international bafoué António Guterres a jugé la situation actuelle « intolérable au regard du droit international et de l’histoire ». Il a notamment rappelé à Israël ses obligations en tant que puissance occupante, au titre de la quatrième Convention de Genève. « L’article 55 impose le devoir d’assurer les approvisionnements en nourriture et en médicaments. L’article 56 impose le maintien des services médicaux et de santé publique », a-t-il énuméré, avant de conclure : « Rien de tout cela ne se passe aujourd’hui ». Alors que le Secrétaire général s’exprimait à quelques mètres à peine de la chambre du Conseil de sécurité, lequel n’a pas adopté de résolution sur la question depuis le mois de mars 2024, des stocks entiers de vivres et de matériel médical étaient toujours bloqués aux points de passage vers Gaza, où les denrées alimentaires vont en s’amenuisant. Une déclaration conjointe des agences humanitaires de l’ONU, rendue publique la veille, appuyait ce constat : « Les affirmations selon lesquelles il y aurait suffisamment de nourriture pour nourrir tous les Palestiniens de Gaza sont loin de la réalité », peut-on y lire. L’espoir brisé du cessez-le-feu Pourtant, il y a quelques semaines à peine, le cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier, offrait encore une lueur d’espoir, la première depuis le début du conflit, à la suite de l’attaque meurtrière lancée par le Hamas contre des civils en Israël, le 7 octobre 2023. « Le cessez-le-feu a permis la libération d’otages, l’acheminement de secours vitaux, et prouvé que la communauté humanitaire peut livrer », a rappelé le Secrétaire général. Mais cette trêve n’a pas survécu aux tensions politiques. Sa rupture, selon M. Guterres, a plongé à nouveau les civils palestiniens et les familles d’otages israéliens dans une attente angoissée. « L’espoir a sombré », a constaté le chef de l’ONU, qui s’est récemment entretenu avec des proches des otages. Rejet des mécanismes proposés par Israël  L’une des annonces les plus fermes du Secrétaire général, lors de la conférence de presse, a eu trait à son rejet des nouveaux « mécanismes d’autorisation » proposés par les autorités israéliennes, accusées de vouloir filtrer l’aide « jusqu’à la dernière calorie et au dernier grain de farine ». « Soyons clairs : nous ne participerons à aucun arrangement qui ne respecte pas pleinement les principes humanitaires de neutralité, d’indépendance, d’impartialité et d’humanité », a martelé M. Guterres. Il a également appelé à une enquête indépendante sur les attaques ayant coûté la vie d’agents humanitaires, suite à la découverte des corps de 15 secouristes dans une fosse commune près de Rafah, dans le sud de Gaza, où ils ont été tués par l’armée israélienne alors qu’ils tentaient de porter secours à des blessés dans la zone. Inquiétudes en Cisjordanie Au-delà de Gaza, le Secrétaire général s’est alarmé de l’escalade de la violence en Cisjordanie occupée. « Le risque que la Cisjordanie ne devienne un autre Gaza rend la situation encore plus préoccupante », a-t-il averti. Face à ce qu’il qualifie de « voie sans issue », António Guterres a exhorté la communauté internationale à agir : « Il est temps de mettre fin à la déshumanisation, de protéger les civils, de libérer les otages, d’assurer l’aide vitale et de rétablir le cessez-le-feu ». ONU

Un nouveau rapport évalue les dommages, les pertes et les besoins à Gaza et en Cisjordanie

Un nouveau rapport évalue les dommages, les pertes et les besoins à Gaza et en Cisjordanie

Les besoins de reconstruction et de relèvement à Gaza sont estimés à 53 milliards de dollars, selon l’évaluation provisoire rapide des dommages et des besoins à Gaza et en Cisjordanie (IRDNA) publiée mardi 18 février. Le rapport analyse les dommages, les pertes et les besoins de relèvement et de reconstruction dans presque tous les secteurs de l’économie palestinienne, sur la base des données recueillies entre octobre 2023 et octobre 2024. Les évaluations rapides des dommages et des besoins reposent sur une méthodologie mondialement reconnue, appliquée dans divers contextes pour éclairer la planification du relèvement et de la reconstruction. Compte tenu des restrictions d’accès sur le terrain et de l’évolution rapide de la situation à Gaza, l’IRDNA fournit une estimation provisoire des impacts et des besoins. Les dommages aux structures physiques sont estimés à environ 30 milliards de dollars. Le logement est de loin le secteur le plus touché, concentrant 53 % des dommages, suivi par le commerce et l’industrie, qui en représentent 20 %. Les infrastructures essentielles (santé, eau, transports) concentrent plus de 15 % des dommages. Les pertes économiques dues à la baisse de la productivité, aux pertes de revenus et aux coûts d’exploitation sont évaluées à 19 milliards de dollars, les secteurs les plus touchés étant la santé, l’éducation et le commerce. Certains secteurs nécessitent des financements de reconstruction dépassant la valeur des destructions physiques, notamment pour la gestion des 41 à 47 millions de tonnes de gravats et de débris. À Gaza, la quasi-totalité des secteurs ont cessé toute activité économique. En un an, les prix ont bondi de plus de 300 %, avec une hausse de 450 % pour les denrées alimentaires. L’économie locale devrait se contracter de 83 % en 2024, ramenant sa contribution à l’économie palestinienne à seulement 3 %, alors que la ville abrite 40 % de la population. En Cisjordanie, une contraction de 16 % est également attendue en 2024. Le rapport, produit conjointement par le Groupe de la Banque mondiale, les Nations unies et l’Union européenne, propose une feuille de route pour échelonner les efforts de redressement et leurs coûts à court et moyen terme. Il souligne l’importance d’une réponse multisectorielle coordonnée, impliquant toutes les parties prenantes. Il note que la rapidité, l’ampleur et la portée du redressement et de la reconstruction dépendront de plusieurs facteurs, notamment les modalités de gouvernance, l’accès et la mobilité des personnes et des biens, ainsi que l’ordre public et la sécurité. BM

Gaza: le CICR appelle au respect du cessez-le-feu pour préserver la vie et la dignité humaines

Gaza: le CICR appelle au respect du cessez-le-feu pour préserver la vie et la dignité humaines

GAZA. « D’innombrables vies ont été sauvées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a trois semaines », affirme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Cette accalmie a eu un impact tangible sur le quotidien des gens, de ceux qui ont retrouvé la liberté aux familles qui ont enfin été réunies, en passant par toutes celles et ceux qui n’ont pas eu à subir les effets de nouveaux combats », note l’organisation dont le mandat strictement humanitaire découle des Conventions de Genève de 1949. Pour le CICR, le respect du cessez-le-feu ainsi observé à Gaza est une nécessité absolue pour préserver la vie et la dignité humaines. Car, tout retour en arrière risquerait de replonger les populations dans la misère et le désespoir qui ont été leur lot durant les 16 derniers mois, prévient-il dans un communiqué. L’organisation, qui appelle à la libération des personnes encore retenues en otage, rappelant que  si les habitants de Gaza ont besoin d’un répit face aux violences et d’un accès à l’aide humanitaire essentielle, « cela ne sera possible que si l’accord de cessez-le-feu est maintenu ». En conséquence, elle appelle les parties à préserver le cessez-le-feu afin que ces efforts cruciaux puissent se poursuivre. Car, des centaines de milliers de vies en dépendent. « Nous restons déterminés à agir en tant qu’intermédiaire humanitaire, à la demande des parties, pour soutenir la mise en œuvre de l’accord, faciliter la libération d’otages et de détenus dans le respect de leur dignité, ainsi qu’acheminer des secours vitaux à Gaza », assure-t-elle réitérant son appel de longue date à libérer tous les otages dans des conditions sûres et dignes. L’organisation insiste aussi sur la nécessité d’autoriser l’entrée de davantage d’aide humanitaire à Gaza et à permettre à ses équipes d’accéder à tous les otages et détenus. Adrien Thyg

Gaza : une reprise des hostilités doit être évitée à tout prix, insiste le chef de l’ONU

Gaza : une reprise des hostilités doit être évitée à tout prix, insiste le chef de l’ONU

Une reprise de la guerre à Gaza doit être évitée à tout prix, a insisté mardi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, alors que des menaces planent sur l’accord de cessez-le-feu conclu il y a trois semaines entre le Hamas et Israël. Le chef de l’ONU a donc appelé le Hamas à poursuivre la libération des otages, après la menace du mouvement palestinien de reporter la prochaine libération d’otages israéliens prévue samedi 15 février dans le cadre de l’accord de trêve entré en vigueur le 19 janvier dernier. « Nous devons éviter à tout prix une reprise des hostilités à Gaza qui conduirait à une immense tragédie. J’appelle le Hamas à procéder à la libération prévue des otages », a déclaré M. Guterres sur X. « Les deux parties doivent respecter leurs engagements dans l’accord de cessez-le-feu, et retourner à des négociations sérieuses ». Ce développement intervient alors que la branche militaire du Hamas a annoncé lundi le report « jusqu’à nouvel ordre » de la prochaine libération d’otages israéliens, au motif que des Palestiniens continuent d’être tués dans l’enclave déchirée par la guerre et que trop peu d’aide pénètre à Gaza. Poursuite des opérations de l’UNRWA Dans la foulée, l’armée israélienne a annoncé « renforcer fortement la zone » autour de la bande de Gaza, après avoir reçu l’ordre de se tenir prête « à tous les scénarios ». C’est dans ce contexte que le Hamas a fini par déclarer que la porte restait « ouverte » pour un nouvel échange d’otages et de prisonniers avec Israël samedi. Sur le terrain, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a déclaré mardi que ses opérations se poursuivaient sans interruption à Gaza et en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. « Nos cliniques à travers la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, sont ouvertes tandis que l’opération humanitaire à Gaza se poursuit. Nous nous engageons à rester et à fournir des services », a dit l’UNRWA sur le réseau social X. « L’UNRWA a atteint 1,2 million de personnes en leur fournissant des denrées alimentaires, délivré jusqu’à 17.000 consultations médicales par jour. L’UNRWA doit être soutenu pour continuer à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu fragile », a ajouté l’agence onusienne. Le cessez-le-feu a permis une hausse « significative » de l’aide Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a quant à lui souligné qu’une augmentation significative de l’aide à Gaza a été possible « dans les conditions générées par cet accord [de cessez-le-feu] » qui a débuté le 19 janvier. « Dans les conditions créées par cet accord, les Nations Unies ont été en mesure d’intensifier considérablement les opérations humanitaires, en acheminant notamment de la nourriture, des fournitures médicales et des matériaux pour la construction d’abris », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, Jens Laerke, porte-parole d’OCHA. Répondant aux questions des médias, Jens Laerke a dit que les garants de l’accord de cessez-le-feu devraient disposer d’une visibilité totale sur l’oléoduc et les indicateurs de respect du cessez-le-feu : l’Égypte, le Qatar et les États-Unis. « Il est impératif que le cessez-le-feu se poursuive, s’étende et se pérennise », a insisté M. Laerke. Des mouvements de retour dans les deux sens du corridor de Netzarim Depuis le début du cessez-le-feu, plus de 1,5 million de personnes ont reçu des colis alimentaires dans la bande de Gaza. Pour sa part, le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué des colis alimentaires, des repas chauds et de l’argent à plus de 860.000 personnes depuis le cessez-le-feu. Avec l’ouverture de cuisines communautaires dans de nouvelles zones, les partenaires fournissent davantage de repas. Parallèlement, les travaux de réparation des puits d’eau se poursuivent dans toute la bande de Gaza. Cependant, la destruction généralisée des infrastructures et la pénurie de pièces détachées, de générateurs et de panneaux solaires affectent les efforts visant à augmenter la production d’eau. Dans l’enclave palestinienne, les agences continuent d’ailleurs d’observer des mouvements dans les deux sens au niveau du corridor de Netzarim, une zone tampon établie par l’armée israélienne séparant en deux la bande de Gaza, alors que les gens retournent dans leurs quartiers. Dans le même temps, les humanitaires à Gaza continuent de rétablir leur présence dans les zones nouvellement accessibles de la bande de Gaza. ONU