CONGO/RDC. 1962 – Retour du chanteur GANGA Edo et du bassiste LOUBELO De la lune dans l’OK JAZZ

REGARD SUR LE PASSE. En effet, le 11 Août 1962 , les musiciens GANGA Edo et Daniel LOUBELO « De la lune » donnent leur dernier concert dans les Bantous, avant de réintégrer clandestinement l’OK JAZZ à Kinshasa, contre toute attente. Et surtout à un moment où l’orchestre carburait à plein. La relève est prompte, notamment par : – Joseph Bukasa « Jojo « , chanteur venu du Congo jazz de Kinshasa – Francis Bitsoumanou, bassiste venu du Negro Band de Brazzaville. On adjoint par la même occasion un percussionniste à Saturnin Pandi, le kinois Henri Wateto « Micorason ». Il serait temps de re-découvrir GANGA Edo et LOUBELO de la lune, deux musiciens exceptionnels que les puristes ont toujours eu tendance à les considérer comme les spécialistes de la refolkorisation, notamment Ganga Edo , comme en témoigne cette œuvre « Bué na kusa », sur disque Cefa Clément Ossinondé
Congo. L’avènement de l’orchestre TEMBO en 1965

RETRO. C’est à la faveur de l’expulsion des ressortissants congolais de Brazzaville, du Congo Kinshasa qu’est né le 17 avril 1965 au Bar-dancing « Super Jazz » à Poto-poto, l’orchestre TEMBO, de ses fondateurs : Daniel Loubelo « De la lune » et Ganga Edo, tous les deux en provenance de l’Ok jazz de Kinshasa. Quelques séances de répétitions ont suffi pour Ganga Edo de quitter l’orchestre avant même sa sortie solennelle, pour rejoindre les Bantous. Ce coup de théâtre inaugure une ère dans les rapports entre les Orchestres Congolais, celle des grands conflits entre TEMBO et BANTOUS. Il naît une rivalité sans merci entre les deux formations. Avec la présence de Ange Linaud Nzendo, Jean Seidou et autres excellents musiciens, Daniel Loubelo « de la lune », nantis des grandes qualités de chef d’orchestre, réussira à passer le cap difficile – où la faveur du grand public n’allait qu’aux Bantous – pour se frayer une place de choix et déchaîner l’enthousiasme des publics les plus froids. La musique de l’orchestre TEMBO était empreinte d’une grande chaleur dont les éléments rythmiques et dynamiques étaient proches de l’Ok jazz. Les années 1965 à 1968 qui désignent les temps forts de TEMBO ont été marquées par une discographie adaptée au milieu qui l’entourait. On peut citer plusieurs titres des chansons qui ont été d’une facture musicale très appréciable, comme dans « Liwa ya Tembo » de Ange Linaud qu’on écoute : Clément Ossinondé
Congo. Une vedette et une chanson : Ganga Edo dans « Taxi Avalon »

1957 – « Taxi Avalon » compte parmi les plus grands succès du légendaire chanteur compositeur Edouard Ganga « Edo » dans l’OK Jazz (où il a évolué de décembre 1956 en Août 1959 et de 1962 à 1964). Dans l’OK Jazz et après « Aimée wa bolingo », la chanson «Taxi Avalon» est sans conteste celle qui a connu énormément de popularité, pour avoir été vendue à plusieurs milliers d’exemplaires. « Taxi Avalon « est le nom de la célèbre Société des taxis kinois dans les années 50. Elle a inspiré la chanson de Ganga Edo, notamment dans ses relations intimes avec une certaine « Valérie « . Clément OSSINONDE
Après GANGA Edo, le chanteur kinois Jeannot BOMBENGA est désormais le musicien congolais le plus âgé et à la plus longue carrière

Né le 25 août 1934 à Wanga dans la région de l’Equateur (RDC), Jeannot BOMBENGA, est ce musicien emblématique de la chanson congolaise qui peut se vanter de la plus longue longévité dans la pratique de la musique congolaise moderne : un talent immense, reconnu unanimement. A 86 ans d’âge et 65 ans de carrière musicale, Jeannot BOMBENGA a marqué l’histoire de la rumba des soixante dernières années, notamment sa capacité à s’entourer des jeunes talents. Avec son groupe « Vox Africa », Il a surtout collaboré efficacement avec les plus grands, de la famille African Jazz. Il était temps de redécouvrir cet admirable vocaliste, qui a mis depuis 65 ans, un talent original, un goût et une compétence rares, au service d’une musique qu’il a aimé avec passion. Il s’est caractérisé dans le processus de la revalorisation du patrimoine musical national. La dislocation en 1959 de l’orchestre Jazz Africain du clarinettiste Edo Clary Lutula, dont faisait partie le chanteur Jeannot Bombenga, lui donne l’opportunité de créer son propre orchestre dénommé Vox-Africa (« La Voix de l’Afrique »). Il se fait entourer, naturellement des dissidents de Jazz Africain, parmi lesquels : Casimir Mitshipule « Casino », Franklin Boukaka qui constituaient le noyau dur du groupe. Au fil des années, Vox Africa qui est devenu un des groupes favoris des kinois, va marquer sa présence par la sortie régulière des chansons à succès. Plein d’ardeur et de motivation Vox Africa remporte au mois d’Août 1967, le 2eme prix du concours national de la chanson dédiée à la Conférence de l’OUA (organisation de l’unité africaine) qui se tenait cette année-là à Kinshasa à partir du 14 Septembre 1967. La composition de Bombenga intitulée « Congo nouveau, Afrique nouvelle » sera l’évènement congolais de cette année 1967. Elle sera, en effet, retenue comme générique du journal télévisé de la RNTC (Radiotélévision nationale congolaise) et apportera une note particulière à la réussite des manifestations organisées en marge de la conférence. Appartenant à « l’école African Jazz », Bombenga fait considérablement évoluer la « Rumba-Rock » classique, d’une part en la prêtant aux différentes variantes du rythme African Jazz élaborées et d’autre part, en ouvrant la porte à la Rumba originale de l’OK Jazz des années 1956/57. Bombenga est considéré en fait comme le premier à faire la symbiose des deux genres de la Rumba. Il est aidé en cela par une pléiade des musiciens qui se sont relayés au fil des années, parmi lesquels : Franklin Boukaka, Samule « Sam » Daniel « Dalias » (chanteur) André Damoiseau, Casimir Mitshipule « Casino », Nedule « Papa Noël »,Jacques Mambau « Jacky » (guitaristes) Jean-Pierre Kurayum (bassiste) Bonseme « Bosmet », Ruben Nsiku (saxophonistes), « Jean Trompette », Jean de la croix Tshibambe, (trompettiste), Antoine Kaya, Makirimbia (percussionnistes), Benjamin Tambu (harmoniste), Michaux (drumiste), Germain « Franco » (marcassite), Sumbukeni , Biolo, Samule « Sam », Sylis Makwamu, etc. Vox Africa et Joseph Kabaselle = African Jazz (Nouvelle formule) Ces musiciens et leur chef Jeannot Bombenga ont apporté beaucoup à Joseph Kabaselle, lorsqu’en 1964, ils volent à son secours, après l’éclatement de l’African Jazz en 1963, pour fusionner Vox-Africa/Joseph Kabaselle et donner à cette fusion l’appellation : African Jazz (nouvelle formule) ; Notons que c’est à cette occasion qu’Antoine Nedule « Papa Noël », Jacques Mambau, Jojo Bukasa, ont claqué la porte des Bantous pour rejoindre Kabaselle. La collaboration Kabaselle et Bombenga n’ira pas très loin, car la séparation des deux amis intervient le 3 Juin 1967 et met fin à l’existence définitive de l’African Jazz. Jeannot Bombenga, qui a toujours la maîtrise de ses musiciens, redonne naissance à son groupe Vox-Africa. Toutefois, en dépit de cette séparation, on peut dire que l’African Jazz (nouvelle formule) avec le duo chant Kabaselle-Bobenga, avait agréablement marqué sa présence par les recherches sonores, et la fabrication des chansons de très bonne qualité accessible au grand public, et où l’accent était mis sur les harmonies vocales des deux ténors. Citons, quelques-unes parmi les grands succès : « Nzambe Mungu », « Soki nabanzi Bobenga », « Ilunga Zephe », « Mokolo ba ko visé yo libanda» et « Jolie Nana ». Comme bon nombre de groupes des années 60, Vox Africa n’a pas survécu au-delà des années 70. Par contre Jeannot Bombenga, qui est encore en vie, peut être considéré comme le véritable héritier de « L’Ecole African Jazz ». Il a accumulé dans le domaine de la chanson des grandes richesses, que la jeunesse de l’heure devrait prendre comme acquis, les entreteniren les enrichissant. Car Jeannot Bombenga, on le sait a décidé de mettre fin à sa carrière. Jeannot Bombenga a mis un terme à sa carrière Fatigué par le poids de l’âge et surtout à cause de son mauvais état de santé Jeannot Bombenga a mis depuis l’année dernière, un terme à sa carrière musicale professionnelle, réservant, toutefois l’occasion de se produire occasionnellement, lorsque le besoin l’exige. Son intervention à l’occasion du concert d’adieu, se passe de commentaire : «J’ai fait mon temps dans la musique. Cet art noble a fait de moi une icône, personnalité dans mon pays. J’ai écrit et chanté des très belles chansons qui sont des références dans le répertoire de la rumba congolaise. Dieu m’a fait grâce de vivre jusqu’à cet âge. L’heure a sonné pour moi de laisser aussi la place aux enfants, aux jeunes de continuer ce travail-là où nous nous sommes arrêtés », a confié l’artiste à la presse. Une défection inattendue mais bien belle. « Nkolo azala na yo papa Jeannot, abakisela yo lisusu, mibu ebele » Clément Ossinondé
Congo. Le géant de la chanson congolaise GANGA EDO s’est éteint

Il était le dernier géant de la chanson congolaise. GANGA Edo est décédé à l’âge de 86 ans, le 07 Juin 2020 à Brazzaville. Il souhaitait franchir le cap de 87 ans le 27 octobre 2020. L’infatigable GANGA Edo a fini par s’éteindre, à l’âge de 86 ans. Cette disparition, survenue entre son domicile de Mfilou et l’hôpital du CHU de Brazzaville, à la suite d’un malaise. Edo GANGA, on le sait, était souffrant depuis plusieurs années. Un SOS de votre serviteur il y a quelques mois pour sensibiliser l’opinion nationale sur l’état critique de sa santé est resté sans suite. Donc l’on ne doit pas s’en étonner. Edo GANGA, le Patriache Patriarche, Icône de la Rumba, Ganga Edo incarnait à lui seul l’histoire de la musique congolaise moderne. Star de grand talent (chanteur, compositeur, arrangeur ), il a su s’adapter aux tendances des époques qu’il a traversées en multipliant les succès, particulièrement dans les orchestres Negro-Jazz, OK Jazz et Les Bantous de la capitale. Le grand « Edo » est bien ce chanteur ténor d’une originalité exceptionnelle qui est parvenu à créer un univers extraordinairement lyrique, où comme dans les grandes œuvres superbement structurées se sont mêlés avec beaucoup d’harmonies des arrangements constamment inspirés. Dans sa recherche un peu folle d’une musique universelle et d’un art qui parle à tous, Edo avait intégré à son chant les musiques populaires qui lui semblaient le mieux opérer au premier degré : celles qui font danser. Ses chefs d’œuvres enregistrées avec l’OK Jazz, aux éditions Loningisa entre 1956-1958 et dans Les Bantous de la capitale, sont aujourd’hui des véritables classiques. 1 – Le plus grand mérite de la carrière de Ganga Edo La cerise sur le gâteau du 59ème anniversaire de la République du Congo, a été son élévation au grade de commandeur dans l’ordre du mérite congolais (le seul à être décoré par le président de la république Denis Sassou Nguesso au cours du défilé marquant le 59ème anniversaire de l’indépendance du Congo qui s’était déroulé le 15 août 2019, au boulevard Alfred-Raoul à Brazzaville.) Par cette décoration, Ganga Edo un artiste populaire, connu à travers le monde et aimé de millions de fans de toutes générations, ses centaines de chansons composées, aux dizaines d’albums vendus dans le monde entier, venait ainsi d’être solennellement glorifié par les ordres nationaux de son pays, en lui accordant des marques symboliques d’honneur et d’estime en reconnaissance de services rendus à la culture congolaise ! Mais le plus grand souhait du patriarche après sa décoration, était l’obtention d’une prise en charge médicale à l’étranger. 2 – Un film documentaire dédié à Ganga Edo Il a été projeté le 12 Août 2019 à Brazzaville un film documentaire dédié à Ganga Edo, en présence de l’artiste et bien d’autres personnalités des deux rives du fleuve Congo. Produit par la chaine Digitale Radio et Télévision (DRTV), sous la supervision de Paul Sony Benga son initiateur, le long métrage d’une heure vingt minute retrace le parcours du seul survivant des Bantous de la capitale. 3 – L’Arrondissement 07 Mfilou en question ! Ganga Edo habitait à Mfilou, dans le 7ème arrondissement de Brazzaville, où il était chef d’un quartier qui porte le nom de ”Mpiéré Mpiéré”. Pour récompenser son charisme et son dynamisme, le “Peuple” de Mfilou avait longtemps souhaité qu’une rue soit débaptisée pour porter le nom de l’artiste emblématique, mais le Conseil d’arrondissement n’a toujours pas examiné la question. Peut-être qu’avec sa mort, la question sera revue. 4 – Kinshasa, une pensée pour Ganga Edo La famille musicale congolaise de Kinshasa et de Brazzaville avait souhaité fêter le 27 octobre 2020, avec beaucoup d’éclat les 87 ans de l’inamovible chanteur Edo Ganga, l’un des meilleurs de la musique congolaise de tous les temps, mais toutes les conditions ne seront plus réunies. Edo le méritait bien amplement, pour avoir longtemps évolué sur les deux rives du fleuve Congo. Tout, comme il a animé avec beaucoup de brio plusieurs organisations culturelles et syndicales des deux capitales les plus rapprochées au monde. 5 – La petite histoire d’Edouard Ganga « Edo », un géant de la rumba venu du Negro Jazz de Brazzaville A 86 ans (né le 27 octobre 1933), Edouard Ganga Edo etait devenu le 27 octobre 2019, le chanteur de la musique congolaise le plus âgé, laissant derrière lui le chanteur Jeannot Bobenga, 85 ans, qui désormais occupe la première place. Son secret de longévité Mince et toujours souriant, Ganga Edo a toujours eu une hygiène de vie “saine” d’après ses proches. Il ne fumait pas mais ne disait pas non à un petit verre de vin à table ou un verre de bière, de temps en temps ! Toutefois, l’homme était réputé être travailleur, doux et gentil. A 86 ans et écartant toute idée de retraite, Edo continuait à chanter momentanément avec son orchestre “Les Bantous de capitale” qui a totalisé 60 ans le 15 Août 2019. Ganga Edo successeur du chanteur Philippe Lando « Rossignol » Dès sa présence dans l’OK Jazz en Décembre 1956, Edo Ganga, s’etait attiré une réputation de chanteur de charme, par son élégante tenue sur scène et surtout par son timbre vocal, qui se révèlait d’une grande ferveur pour le successeur de Philippe Lando « Rossignol » qui peu après la création de l’OK Jazz, le 6 Juin 1956 a chanté en duo avec Vicky Longomba avant d’intégrer les Editions « Esengo » et cofondateur de l’orchestre Rock-A-Mambo en 1957. Qui est Ganga Edo ? Né sous le signe du scorpion, le 27 octobre 1933 à Léopoldville (alors Congo Belge), il fait des brillantes études à la célèbre école professionnelle de Brazzaville (aujourd’hui Lycée du 1er Mai) où il en sort en 1953 avec un CAP de menuiserie industrielle. Ganga Edo, percussionniste d’occasion dans « Para Fifi » de Joseph Kabaselle en 1953 Edo, il faut le noter côtoyait déjà à cette époque des grands musiciens kinois dont il en était fervent admirateur, notamment Joseph Kabaselle. En effet, Edo qui savait si bien jouer à la percussion, va participer comme percussionniste à l’enregistrement en 1953 au studio Opika de la célèbre chanson « Para Fifi ». Un concours de circonstance, car
Culture : Ganga Edo, Commandeur dans l’ordre du Mérite congolais

Le patriarche de la musique congolaise et co-fondateur de l’orchestre «Les Bantous de la capitale», Edouard Ganga ou Edo Ganga, a été élevé, le 15 août 2019, à l’occasion de la célébration du 59e anniversaire de l’indépendance de la République du Congo et des 60 ans d’existence de cet orchestre, au grade de commandeur dans l’ordre du Mérite congolais. Cette élévation est le signe à travers lequel la république du Congo lui marque sa reconnaissance pour tous les services rendus à la culture congolaise. Âgé de 86 ans et 65 ans de carrière musicale, Ganga Edo est aujourd’hui le plus vieux chanteur de la musique congolaise. Un film documentaire pour saluer l’œuvre du patriarche Edo Ganga Un film documentaire sur la vie et l’œuvre de l’artiste-musicien Edo Ganga, patriarche de l’orchestre Les Bantous de la capitale, à l’occasion de ses 60 ans, a été présenté au public, le 12 août 2019 à Brazzaville, en présence de l’artiste et de plusieurs invités. Ce film est une compilation de témoignages qui fait vibrer les cœurs des Congolais par sa mélodie, selon plusieurs artistes des deux Congo de son époque comme Michel Boyibanda, des artistes congolais qui l’ont succédé et qui le connaissent, des écrivains, des membres de sa famille, notamment l’une de ses filles, l’un de ses fils et son épouse. Il s’est agi d’un film documentaire d’une heure et vingt minutes intitulé, « Les Bantous de la capitale : 60 ans, anthologie de la musique congolaise », produit par la Digitale Radio et Télévision (DRTV), sous la supervision de Paul Sony Benga, initiateur et réalisateur du projet. Ce film retrace en effet le parcours du dernier des fondateurs des Bantous de la capitale. Fils unique de sa mère, Edouard Nganga dit Edo Nganga est marié et père de plusieurs enfants. A 86 ans, il tient encore sur ses deux jambes. Il a fait ses premiers pas musicaux en 1954, avant de rejoindre le groupe Negro jazz. Membre et leader du célèbre groupe créé une année avant l’indépendance du Congo, plus précisément le 15 août 1959, les Bantous de la capitale, Edo Nganga est le seul encore vivant du mouvement lancé avec ses compatriotes Nino Malapet, Célestin Nkouka, Saturnin Pandi, Jean-Serge Essous…). Justifiant sa longévité, Edo Nganga explique qu’il la doit à une alimentation saine associée à une bonne dose de générosité, d’humour, de modestie, de tempérance, de tolérance et de respect. Edo Nganga s’est dit très ému de l’honneur qui lui est rendu. Il estime par contre qu’il serait judicieux de vivre son hommage plutôt que de s’imaginer que cela arrivera certainement après sa mort, repoussant toute idée d’hommages à titre posthume. «Reconnaissez mes œuvres pendant que je suis encore en vie, aimez-moi et aidez-moi aujourd’hui pendant que j’en ai besoin et que je peux m’en réjouir voire vous en gratifier », a-t-il clamé. Florent Sogni Zaou
Ganga Edo : le chanteur le plus vieux de la musique congolaise moderne a 85 ans

Agé de 85 ans, (né le 27 octobre 1933) Edouard Ganga Edo est devenu le 27 octobre 2018 le chanteur de la musique congolaise le plus âgé, laissant derrière lui le chanteur Jeannot Bobenga et le guitariste-bassiste Mwango Armando Brazzos, 84 ans. L’Arrondissement 07 Mfilou en question ! Ganga Edo habite à Mfilou dans le 7ème arrondissement de Brazzaville, où il est chef d’un quartier qui porte le nom de » Mpiéré Mpiéré ». Pour récompenser son charisme et son dynamisme, le « Peuple » de Mfilou à longtemps souhaité qu’une rue soit débaptisée pour porter le nom de l’artiste emblématique, mais le Conseil d’arrondissement n’a toujours pas examiné la question. Ganga Edo un artiste populaire connu à travers le monde et aimé de millions de fans de toutes générations, ses centaines de chansons composées, aux dizaines d’albums vendus dans le monde entier, est curieusement oublié par les ordres nationaux du mérite de son pays. N’est ce pas le moment qu’il faut pour lui accorder des marques symboliques d’honneur et d’estime en reconnaissance de services rendus à la culture congolaise ! Sur qui compter, au bout d’une si satisfaisante carrière, pour que l’œuvre de cette icône reçoive bientôt et de son vivant un incroyable honneur? La famille musicale congolaise sur les deux rives du fleuve Congo aimerait fêter cette année, avec beaucoup d’éclat les 85 ans de l’inamovible chanteur Edo Ganga, l’un des meilleurs de la musique congolaise de tous les temps… Edo le mérite bien amplement, pour avoir animé avec beaucoup de brio plusieurs organisations culturelles et syndicales de son pays. Son secret de longévité Mince et toujours souriant, Ganga Edo a toujours eu une hygiène de vie « saine » d’après ses proches. Il ne fume pas mais ne dit pas non à un petit verre de vin à table ou un verre de bière, de temps en temps! Toutefois, l’homme est réputé être travailleur, doux et gentil. A 85 ans et écartant toute idée de retraite, Edo continue à chanter momentanément avec son orchestre “Les Bantous de capitale” qui totalisera 60 ans le 15 Août 2019. Edouard Ganga « Edo », un géant de la rumba venu du Negro Jazz de Brazzaville Le grand « Edo» est bien ce chanteur ténor d’une originalité exceptionnelle, qui est parvenu à créer un univers extraordinairement lyrique, où comme dans les grandes œuvres superbement structurées se sont mêlés avec beaucoup d’harmonies des arrangements constamment inspirés. Dans sa recherche un peu folle d’une musique universelle et d’un art qui parle à tous. Edo avait intégré à son chant les musiques populaires qui lui semblaient le mieux opérer au premier degré : celles qui font danser. Ses chefs d’œuvres enregistrées aux éditions Loningisa entre 1956-1958 sont aujourd’hui des véritables classiques. Edo Ganga Successeur de Lando « Rossignol » dans l’OK Jazz Dès sa présence dans l’OK Jazz le 27 Décembre 1956, Edo Ganga s’est attiré une réputation de chanteur de charme, par son élégante tenue sur scène et surtout par son timbre vocal, qui se révèle d’une grande ferveur pour le successeur de Philippe Lando « Rossignol » qui peu après la création de l’OK Jazz, le 6 Juin 1956 a chanté en duo avec Vicky Longomba Qui est Ganga Edo ? Né sous le signe du scorpion, le 27 octobre 1933 à Léopoldville (alors Congo Belge), il fait des brillantes études à la célèbre école professionnelle de Brazzaville (aujourd’hui Lycée du 1er Mai) où il en sort en 1953 avec un CAP de menuiserie industrielle. Edo, il faut le noter côtoyait déjà à cette époque des grands musiciens kinois dont il en était fervent admirateur, notamment Joseph Kabaselle. En effet, Edo qui savait si bien jouer à la percussion, va participer comme percussionniste à l’enregistrement en 1953 au studio Opika de la célèbre chanson « Para Fifi ». Un concours de circonstance, car Antoine Kaya « De Puissant » percussionniste titulaire était absent. En 1954, Ganga Edo rentre dans le monde du travail, comme dessinateur-traceur dans une industrie de bois au port de Mpila. à Brazzaville. Parallèlement, il donne le meilleur de lui-même dans la pratique du Football au Racing Club de Brazzaville sous la licence de la FIFA. Mais, c’est en musique qu’Edo Ganga manifeste le plus grand goût. Il s’essaie déjà à la composition et se confirme à la chanson dans laquelle on retiendra surtout le lyrisme chaleureux et plein d’élégance. 1954 – Année des grands enjeux – Naissance du Negro Jazz. L’année 1954 est très déterminante et riche en évènements. Edo manifeste peu d’enthousiasme pour son premier emploi industriel, au point où il le quitte pour accepter un travail de bureau à la Société pétrolière SHELL de Brazzaville. C’est à ce moment qu’il rencontre les guitaristes Joseph Kaba et Nino Malapet (qui n’embauche pas encore le saxo). Une rencontre extrêmement fructueuse, car les trois musiciens plus le chanteur Bienvenu Beniamino (journaliste) vont effectuer le déplacement aux éditions Ngoma à Léopoldville (Kinshasa) pour l’enregistrement de deux disques sous l’appellation d’Atomic Jazz, dont les chansons «Vivita» de Ganga Edo, « Wapi Gigi » et « Atomic Jazz » de Nino Malapet et « Vergina mabé » de Joseph Kaba obtiennent un succès mérité. Cette petite formation a constitué en son temps, l’embryon de l’orchestre Negro Jazz de Brazzaville qui voit le jour dans la même année. C’est-à-dire en 1954 au dancing-bar « Chez Faignond ». 1954 – La navette Brazzaville – Kinshasa. Toujours en 1954, et après avoir démissionné de la société SHELL, Edo partage désormais son activité entre Léopoldville où il a obtenu un nouvel emploi à la société Métallo, et Brazzaville où il occupe une place éminente dans l’orchestre Negro Jazz qui en Janvier 1955 – sous la houlette du musicien et impresario Henri Bowane – quitte Brazzaville pour s’installer à Kinshasa où il a l’occasion de perpétuer sa forme de musique que nombre de mélomanes kinois aimaient déjà profondément. 1955 – L’Orchestre Negro Jazz s’impose à Kinshasa. Depuis lors le Negro Jazz s’est imposé à Kinshasa où sa renommée est devenue grande