Ma réaction après la rencontre entre Anatole Collinet Makosso et les Évêques du Congo!

Ma réaction après la rencontre entre Anatole Collinet Makosso et les Évêques du Congo!

TRIBUNE. Il faut réagir à ce genre d’actes par des arguments et des faits bien bâtis. Cette démarche a surpris plusieurs congolais, d’autant que le Premier ministre aurait depuis fort longtemps été interpellé au Parlement. Quoiqu’il en soit, Collinet Makosso doit venir expliquer aux Congolais : 1-le contenu réel de la rencontre du 27 juillet 2021 entre son ministre des affaires foncières et l’ambassadeur du Rwanda au Congo, qui selon ses déclarations reprises par plusieurs médias, était venu chercher les titres fonciers des terres que le gouvernement congolais avaient offertes à l’Etat rwandais dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Le ministre aurait réagi en déclarant que ce dossier sera présenté au Conseil des ministres. Ce qui veut dire, si l’institution gouvernement fonctionne bien que le Premier ministre et le Président de la République étaient et sont bien informés de la situation.Par ailleurs, Pierre Mabiala avait ajouté selon les médias que le Congo voulait travailler avec le Rwanda dans le cadre de l’agriculture et l’élevage. 2-les Congolais attendent que Collinet Makosso s’explique sur les déclarations faites sur une chaîne de Télévision rwandaise, selon lesquelles du 4 au 8 mars 2024, des membres du secteur privé rwandais ont visité le Congo pour visiter les terres que le Congo a offertes au Rwanda, plus grandes que la ville de Kigali. Ils ont découvert les deux terrains qui appartiennent désormais au Rwanda, avec une superficie combinée de 980km2. Des deux gouvernements ( Congolais et Rwandais), il y’en a un qui ment. Lequel? Collinet Makosso n’a qu’à le dire franchement. Mais ma ferme conviction est que le gouvernement congolais tergiverse sur la question tant il est coincé. 3-pourquoi Collinet Makosso n’a pas parlé aux Évêques du manque du courage et de volonté politique de son équipe pour lutter contre la corruption et du choix délibérément fait de protéger les responsables des scandaleux crimes économiques et financiers ( 14.000 milliards des excédents budgétaires, malversations financières au Fonds de soutien à l’agriculture, les révélations, révélations des Panama Papers selon lesquelles 6 congolais détiendraient près de 5.500 milliards de FCFA dans les paradis fiscaux, le dossier Figa, 160 milliards de FCFA auraient été détournés entre 2020 et 2022 selon l’ONG Tournons la page dans le secteur de la Santé, des fonds auraient été débloqués pour une route imaginaire de 137 kilomètres et autres). Tellement, ces dossiers sont nombreux. Le faisant, les gouvernants actuels ont plongé les congolais dans la souffrance. 4-l’occasion était à mon sens belle d’informer l’église catholique sur les faits suivants:a) le Parti congolais du travail n’est pas en conformité avec la loi depuis de nombreuses années;b)le Président de la République est en situation délicate et manifeste d’incompatibilité constitutionnelle. Si cela avait été fait, on aurait considéré cela pour de la transparence. Incapable de le faire, le gouvernement Collinet Makosso a perdu toute crédibilité. Je crois que lui-même s’en est rendu compte parce que les Congolais ont constaté que le Porte-parole du gouvernement est devenu inexistant. Ce qui semble traduire l’illustration d’un malaise. 5-les Congolais ont dit Non aux Accords entre le Rwanda et le Congo et Non à la vente ou à la cession de leurs terres aux rwandais. Ils demandent leur annulation totale pure et simple. Ils considèrent cela pour leur droit.Le gouvernement de Collinet Makosso doit le comprendre et éviter d’aller dans la confusion. Cela est de mon point de vue très clair. Par Clément MIERASSA

Dieudonné Antoine Ganga: « Non, l’église catholique n’est pas sortie de son champ d’action »

Dieudonné Antoine Ganga: « Non, l’église catholique n’est pas sortie de son champ d’action »

Réagissant au message des évêques du Congo-Brazzaville, rendu public le 9 mai dernier, Dieudonné Antoine Ganga a affirmé « l’épiscopat congolais n’a fait que le constat de la situation actuelle du pays ». L’ancien ambassadeur de la République du Congo à Washington (USA) sous le régime du Président Pascal Lissouba estime que « toute personne de bonne volonté ou tout Congolais aimant le Congo ne peut qu’apprécier ce qu’ont dit nos évêques ». Dans un entretien accordé à notre confrère Congo-liberty, il soutient que « le temps de l’évangile est toujours présent, et il se fait plus pressant, eu égard aux souffrances du peuple congolais ». Dieudonné Antoine Ganga, qui fut ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de la Transition démocratique du Premier Ministre André Milongo (1991-1992), assure que « l’église catholique n’est pas sortie de son champ d’action, car elle ne doit pas s’exclure du débat politique qui s’engage dans la cité ». Et pour cause, explique-t-il: « parler ou faire de la politique, c’est parler de la vie de la cité dont personne, croyant ou athée, ne doit se retrancher ». Par ailleurs, il estime qu’« il faut oser la foi que Jésus, Fondateur de l’Église, nous a donnée. La foi ne se limite pas à la prière. Elle est une action constructive en faveur de l’épanouissement humain. L’humain qui prie est aussi l’humain qui vit et veut vivre dans des conditions adéquates qui permettent son développement intégral ». Citant le Pape Jean XXIII qui avait dit, en ouvrant le Concile Vatican II : « Nous ne sommes pas sur la terre pour garder un musée, mais pour cultiver un jardin où la vie fleurit, et fleurit en abondance », le ministre Ganga affirme que l’action des évêques catholiques répond de cette exigence de faire fleurir la vie en stigmatisant les conditions destructives de la vie. Pour Dieudonné Antoine Ganga, il ne fait ainsi aucun doute que le message des évêques constitue une invitation à la nation entière de se prendre en charge de façon responsable et si la question du Pool y est relevée, c’est parce qu’«il serait inhumain de faire abstraction d’une situation si grave ». Il pense que ainsi que « lorsqu’on se limite à interpréter ce message comme une critique, (ce qu’il n’est réellement pas), on refuse d’assumer sa responsabilité de citoyen ou de responsable national ». D’autant plus que, explique-t-il, ledit message « est un regard sur l’humain, celui qui souffre et celui qui fait souffrir, et une invitation à faire de la gestion du pouvoir public et du bien commun une ressource de communion des énergies pour l’épanouissement de tous ». En outre, il précise que dans ce même message, « les évêques ne disent pas que seul le Pool souffre. C’est toute la nation qui aspire au bonheur qui lui est interdit ». Par conséquent, il appelle à sortir « des méandres de la politique politicienne pour voir qu’un autre regard s’impose sur ce message des évêques; celui d’un cri prophétique qui inspire de bâtir une nation nouvelle dans laquelle règneront la paix, la dignité, le respect pour autrui et pour le bien commun et une nouvelle dynamique qui incite au travail pour le développement national ». Pour cet humaniste, la foi est un acte qui se vit dans les conditions réelles d’existence et non dans l’illusion d’une prière vague. Il rappelle que Jésus a guéri des malades, nourri des affamés, ressuscité des morts, posé des regards bienveillants sur ceux qui souffraient. A ses yeux, c’est cela la dextérité avec laquelle la foi des évêques catholiques s’est exprimée dans le message de l’épiscopat congolais. C’est-à-dire, précise-t-il, « un regard bienveillant et une main tendue pour construire et guérir ensemble le Congo qui est souffrant, qui est agonisant et dont le peuple sombre dans la clochardisation voire dans le dénuement ». Le ministre Dieudonné Antoine Ganga assure qu’« il y a de la délicatesse dans ce message, une bonté qui n’exclut personne et qui permet de regarder autrement le Congo, notre cher pays », affirmant que personne n’ignore que le Congo tout entier souffre et que « la souffrance ne se limite pas à telle ou telle autre région du pays. Voir autrement ce message n’est rien d’autre que de la mauvaise foi ». Ainsi, « ce message interpelle et notre mission chrétienne ne nous appelle nullement à un quelconque répit. Plutôt notre sollicitude doit s’étendre à toute cette humanité à la recherche de l’amour, de la fraternité, de la paix, de la justice et enfin d’un vrai sens de la vie ». Se référant au pape Benoit XVI, qui déclarait que « nos sociétés sont des sociétés où ne règnent que l’arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injustice et l’exploitation, la violence dans chacune de ses expressions », il s’interroge en ces termes: les évêques doivent-ils se croiser les bras et ne jouer qu’aux thuriféraires benis oui-oui pour les beaux yeux de ceux qui nous gouvernent ? Adrien Thyg

Des réflexions autour de la construction d’une société civile dynamique et entreprenante au Congo.

Des réflexions autour de la construction d’une société civile dynamique et entreprenante au Congo.

La deuxième édition de la Semaine Sociale de l’église catholique a eu lieu du 6 au 9 juin 2017, à Brazzaville sur le thème: «Construisons la société civile à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise!» et autour de la compréhension de la notion de société civile. Cette semaine sociale a été le fruit du partenariat entre la Commission épiscopale Justice et Paix et du bihebdomadaire catholique La Semaine Africaine. Autour de ce thème central, se sont articulés la conférence inaugurale et neuf sous-thèmes développés par des travaux des experts, des acteurs et des cadres de l’Eglise, de la Société Civile et de l’administration publique. Ces assises qui ont été ouvertes par Mgr Anatole Milandou, ont eu lieu grâce à l’appui financier des organismes partenaires notamment Misereor et Secours Catholique. Environ 200 participants dont quatre Évêques membres de la Conférence épiscopale du Congo (C.e.c), en l’occurrence, Anatole Milandou, Archevêque métropolitain de Brazzaville et Vice-président de la Commission épiscopale des moyens de communication sociale; Miguel Angel Olaverri Arronniz, Évêque de Pointe-Noire, Président des Commissions épiscopales Justice et Paix et des moyens de communication sociale; Urbain Ngassongo, Évêque de Gamboma et Bienvenu Manamika Bafouakouahou, Évêque de Dolisie; les prêtres, religieux et religieuses, les représentants des pouvoirs publics, les universitaires et experts, les représentants d’autres confessions religieuses et de nombreux fidèles laïcs du Christ. La conférence inaugurale a été faite par le Père Christian de la Bretesche, Fondateur du Forum des jeunes entreprises du Congo, expert désigné par les Évêques du Congo pour préparer cette Semaine Sociale. Sa conférence inaugurale a servi d’introduction à la fois au premier thème intitulé «Les institutions de la société civile éducatrice des citoyens», mais aussi à l’ensemble des travaux. Pour ce premier thème, trois experts ont respectivement exposé sur «La famille congolaise entre tradition et modernité» par M. Jean Bruno Bayette, Enseignant chercheur en sociologie à l’Université Marien Ngouabi, «Les institutions du cycle primaire (public, privé et confessionnel). Les premiers pas du passage de l’enfant de la famille à la cité» par M. Frédéric Ouamba, Chercheur en sciences de l’éducation, «Les institutions d’enseignement supérieur (public, privé et confessionnel) où se forment les élites de notre pays» par le Dr Firmin Kinzounza Kitsoro, Enseignant chercheur à l’Université Marien Ngouabi. Le deuxième jour a lui aussi connu trois exposés, qui ont permis de débattre du second thème intitulé «Les institutions scolaires et économiques des libres citoyens». Ce thème a été décortiqué tour à tour par M. Gildas Ndala, Consultant, qui a parlé du premier sous-thème: «L’entreprise, lieu de l’insertion économique par l’initiative, de la solidarité, du contrat et de la responsabilité citoyenne», suivi de Me Yvon Eric Ibouanga , Avocat au Barreau de Brazzaville, sur «Le rôle des fonctions de conseil juridique (avocat, notaire, expert-comptable), économique, médical, social dans l’instauration de la démocratie et de l’État de droit» et par M. Anatole Kondho, Ancien syndicaliste qui a exposé sur «Le rôle des fonctions de représentation des intérêts collectifs: Les syndicats (de patrons ou d’employés), les plateformes, les collectifs et autres corps intermédiaires». Comme les deux précédents jours, le troisième jour consacré au troisième thème: «L’aspiration et le droit des peuples à se gouverner. La collectivité locale brique de base de la démocratie dans un monde qui se mondialise» a également connu trois exposés. Trois conférenciers se sont livrés au dépouillement de ce thème à savoir: M. Auguste Mouniaka, Préfet directeur général des collectivités locales, en lieu et place de M. Charles Nganfouomo, Ministre délégué auprès du Ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local, chargé de la décentralisation et du développement local; Jean-Pierre Bitémo, Animateur social/Consultant et M. Pascal Gayama, Ministre plénipotentiaire, Ambassadeur itinérant auprès du Président de la République. Le premier a parlé du sous-thème intitulé «La collectivité locale échelle spécifique de la gouvernance (La subsidiarité active)», le second a entretenu l’auditoire sur «La participation des acteurs locaux au développement local (le «capital social» des collectivités locales)», et le dernier a développé le sous-thème: «L’ouverture des collectivités locales sur le monde (La coopération décentralisée)». Au terme de la rencontre, le quatrième jour, les participants ont également eu droit à trois exposés, s’articulant autour du quatrième et dernier thème: «Le diocèse avec ses paroisses (L’Eglise au milieu des maisons); ferment au cœur de la société civile en formation». Ainsi, il y a eu d’abord: «La paroisse structure d’éducation populaire. L’évangile à la disposition du peuple», par l’Abbé Barthel Christel Ganao, Directeur des études au Grand séminaire de théologie de Kinsoundi (Brazzaville), ensuite «Paroisse lieu de la réconciliation… initiation à la non-violence», par le Père Georges Loemba-Ndende, Responsable du Foyer de charité le Thabor de Liambou (Pointe-Noire) et enfin, «Justice moderne, justice traditionnelle, justice évangélique: trois perspectives entre dispersion et convergence», par l’Abbé Jonas Koudissa, Curé de la paroisse Saint François d’Assise (Brazzaville), Directeur de l’Académie catholique de Brazzaville pour l’éthique (Accabe). Un plaidoyer pour La semaine Africaine La cérémonie de clôture a été marquée essentiellement par le mot de remerciements de l’Abbé Félicien Mavoungou qui a entre autres fait un plaidoyer pour le journal La Semaine Africaine vieux de 65 ans, le tout premier en Afrique centrale, fondé le 4 septembre 1952 par le Père Jean LeGall, missionnaire spiritain d’heureuse mémoire, suivi de celle du Père Christian qui, a, à la fois étayé le plaidoyer pour la sauvegarde de La Semaine Africaine, précieux outil patrimonial de l’Église et du pays et annoncé la publication imminente des actes de la Semaine Sociale. En dernier, Mgr Miguel qui a clôturé les travaux, a dans son discours annoncé la tenue de la prochaine Semaine Sociale pour la troisième semaine de Pâques en mai 2018. Elle aura pour thème: «L’économie sociale et solidaire». Le concept de Société civile Cette année, l’Eglise catholique qui est au Congo a donc voulu passer au crible le concept de société civile dont on parle tant, parfois à tort ou à raison, à travers une réflexion centrale mais aussi transversale et profonde, afin d’aider les uns et les autres à cerner, voire à s’autosaisir