États-Unis : la croissance freine, pénalisée par l’incertitude et les chocs tarifaires

L’économie américaine a progressé de 3% en rythme annualisé au deuxième trimestre 2025 (après -0,5% au premier, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère marocain de l’Économie et des Finances. « Le commerce extérieur a contribué pour 5 points à la croissance grâce à la chute des importations (-30% après +38%), tandis que les stocks l’ont amputée de 3,2 points. La consommation des ménages a accéléré (1,4% après 0,5%) et les dépenses publiques ont rebondi (0,4% après -0,6%), alors que l’investissement fixe a ralenti (0,4% après 7,6%) », indique la DEPF dans sa note de conjoncture du mois d’août 2025 (N°342). Citant le FMI, la DEPF rappelle que le PIB américain devrait croître de 1,9% en 2025 et de 2% en 2026, après une solide expansion de 2,8% en 2024 portée par la consommation et un marché du travail dynamique. Les tensions commerciales et géopolitiques sapent la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs. Face à une inflation persistante, la Fed maintient des taux élevés. L’aggravation des déficits publics et une dette fédérale record soulignent la persistance des défis budgétaires, poursuit-t-elle. D’après la note, les données à haute fréquence restent contrastées. L’indice PMI flash composite (55,4 en août après 55,1 en juillet) signale la plus forte expansion de l’année, portée par un rebond du secteur manufacturier (53,3 après 49,8), malgré une légère modération des services (55,4 après 55,7). En ce qui concerne les ventes de détail, elles ont marqué une reprise (+0,5% en juillet après +0,9% en juin). Néanmoins, la confiance des ménages (indice Michigan) a reculé en août (58,6 après 61,7 en juillet), sur fond de craintes accrues d’inflation. Quant au marché de l’emploi, il montre des signes de ralentissement. « Le taux de chômage a rebondi à4,2% en juillet, après 4,1% en juin. L’économie n’a créé que 73k postes nets en juillet, bien en dessous des attentes (110k). Les chiffres de mai et juin ont été fortement révisés à la baisse (-258k au total) », peut-on lire. La DEPF précise que les gains d’emplois se sont concentrés dans la santé (+55k) et l’assistance sociale (+18k), tandis que les autres secteurs ont peu évolué. L’emploi fédéral a continué de reculer (-12k, -84k depuis janvier). Quant à l’inflation globale, elle est restée stable à 2,7% en juillet, tandis que l’inflation sous-jacente a accéléré à 3,1%, son plus haut taux en cinq mois (après 2,9% en juin). Dans ce contexte, la Fed a maintenu ses taux à 4,25%-4,5% en juillet, pour la 5ème fois consécutive,restant prudente face aux risques tarifaires et géopolitiques. Le « dot plot » prévoit deux baissesd’ici fin 2025, tandis que les marchés en anticipent 2 à 3, la première dès septembre. Selon la Fed,toute révision dépendra des données à venir, des perspectives et des risques. Martin Kam avec DEPF
Russie/USA. Et si Trump et Poutine avaient conclu un accord en Alaska ?

TRIBUNE. Les trois heures d’échange entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur une base militaire en Alaska n’ont abouti à aucun « deal » ou avancée concrète. C’est en tout cas ce qu’a affirmé le président américain au sortir de la réunion avec son homologue russe. « Il n’y a pas d’accord », a-t-il déclaré. Volodymyr Zelensky et ses soutiens européens, qui craignaient que Russes et Américains décident du sort de l’Ukraine sans eux, ont poussé un ouf de soulagement. « C’est une très bonne nouvelle qu’il n’y ait pas eu d’accord, pour l’Ukraine et pour les Européens », estime Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris. De mon point de vue, il y a eu accord de principe entre Trump et Poutine sur la question ukrainienne. C’est dans l’ambiguïté du langage diplomatique utilisé par les deux présidents (surtout Donald Trump) que niche le diable. Eh oui ! En diplomatie, il ne suffit pas d’écouter ce qui est dit pour comprendre. Il est crucial d’examiner ce qui n’est pas dit dans les propos afin d’identifier les sous-entendus et les implicites. L’utilisation des termes volontairement vagues, polysémiques ou ouverts à interprétation multiple est essentielle quand on veut transmettre des messages délicats ou critiques. Deux aspects sont à considérer dans l’examen de la position russe : 1) la détermination de la Russie à conserver les territoires partiellement ou totalement conquis ; 2) les raisons profondes du conflit. Selon le Kremlin, il n’y aura pas d’accord avec les États-Unis sur la fin du conflit si les parties ne s’accordent pas sur ces questions fondamentales. Or à en croire Vladimir Poutine, Donald Trump désire « contribuer à la résolution du conflit ukrainien » et affiche « son désir d’en comprendre l’essence et d’en saisir les origines ». Autrement dit, Trump comprend mieux la position de la Russie, sans nécessairement la partager. Mais le meilleur est à venir. Dans son allocution, Poutine a également dit espérer que «L’ENTENTE» trouvée, selon lui, avec Trump puisse ouvrir « la voie à la paix en Ukraine », sans en préciser la teneur. « Nous espérons que Kiev et les capitales européennes prendront tout cela avec un esprit constructif et ne créeront pas d’obstacles ni ne tenteront de saper les progrès escomptés par des provocations ou des intrigues en coulisse », a poursuivi le président russe. Mais de quelle «entente» parle-t-il ? En tout cas, on comprend mieux les propos de Poutine en écoutant Donald Trump. Ce dernier a déclaré lors de la même conférence de presse : « Nous n’y sommes pas, mais nous avons fait des progrès », avant d’ajouter vaguement : « Il n’y a pas d’accord jusqu’à ce qu’il y ait un accord ». Cette phrase, à elle seule, dit tout et rien. L’ambiguïté du langage diplomatique n’est pas un simple défaut de communication, mais bien une stratégie délibérée qui permet de préserver des marges de manœuvre, d’éviter des ruptures brutales et de maintenir le dialogue entre acteurs dont les intérêts sont parfois irréconciliables. Mais le président américain ne s’arrête pas là. Il ajoute qu’ils (Poutine et lui) se sont « mis d’accord sur de nombreux points » sans livrer plus de détails. « Il n’en reste que très peu, certains ne sont pas très importants, mais l’un d’entre eux est probablement le plus important », a-t-il ajouté, tout aussi énigmatique. Pour couronner le tout, il a mis la pression sur Volodymyr Zelensky en déclarant sur Fox News qu’un accord pour mettre fin à la guerre « dépendait vraiment du président » ukrainien. Autrement dit, ce n’est plus Poutine le problème, mais Zelensky qui est invité à la Maison-Blanche ce lundi. Voilà pourquoi les principaux dirigeants de l’Union européenne sont en panique et ont décidé d’accompagner « bébé » Zelensky à Washington. Une «panique» qui en dit long sur la réalité de ce qui se passe en coulisse. Pour Donald Trump, qui est accusé injustement de tout concéder à la Russie, à défaut d’être un «agent russe», annoncer l’existence d’une entente ou même d’un accord de principe, au sortir de la réunion avec Poutine, aurait été imprudent, voire improductif. Il fallait donc montrer que les États-Unis n’ont rien cédé et entendent mêler l’Ukraine aux discussions. Ce lundi, on en saura davantage. Petite réflexion pour conclure : quand on est petit, voire insignifiant, on ne se mêle pas des linges sales des deux grandes puissances en jouant le sous-traitant de l’une au détriment de l’autre. Par Patrick Mbeko
LU POUR VOUS : cinq confessions de Steve Bannon pour comprendre la psychoologie profonde de Trump

BON A SAVOIR. Je viens de terminer la lecture du livre de F. Wenner intitulé « Steve Bannon, l’homme qui voulait le chaos » publié en 2020 aux éditions Grasset décrit de nombreuses facettes de la personnalité du président Trump grâce au témoignage qu’en fait Steve Bannon, l’alors très proche de Donald Trump, son stratège lors de sa première campagne présidentielle tout comme durant son premier mandat à la Maison Blanche. Des confessions croustillantes qui nous permettent de cerner la personnalité de l’actuel locataire de la Maison Blanche et son modus operandi d’imposer sa vision et ses intérêts politiques à ses interlocuteurs. Les points numéros 1, 4 et 5 ci-dessous nous éclairent davantage sur la méthode de Trump et de ses accointances avec les officiels de la RD Congo. 1.“Steve Bannon décrit Trump comme une machine relativement simple. Son bouton “ON” délivre un déluge de flatteries. Son bouton “OFF” un torrent de calomnies Les flatteries coulent nombreuses, pleines de superlatifs et entièrement déconnectées de la réalité. Après tout, les flatteries n’ont pas d’effet, les calomnies peuvent se révéler payantes. Bannon pense que Trump peut passer facilement de ON” au “OFF”. ( page 60) 2.“Qui avez-vous autour de vous? l’interroge un jour Joe Scarborough sur un ton inquiet. En qui avez-vous confiance? Jared? Qui peut vous aider à analyser cette question avant que vous ne décidiez d’agir? Eh bien, répond le président Trump, vous n’allez pas aimer ma réponse, mais c’est moi. Je me parle.” ( page 78) 3.“ On peut lui dire tout ce qu’on veut, il sait ce qu’il sait. Et si vous cherchez à le contredire, c’est très simple, il ne vous croit pas” ( page 79) 4.Sa nature de comploteur/ conspirateur est bien connue : Attaquer avant d’être attaqué. Anticiper les mouvements des autres, les contrer avant qu’ils ne puissent agir. Il faut voir loin, se focaliser sur un ensemble d’objectifs “ 5.Trump se définit par les réactions de ses adversaires. Pour lui, le conflit c’est l’appât des médias. Sa nouvelle politique n’est pas l’art du compromis mais celui de conflit. Le but c’est d’exposer au grand jour l’hypocrisie de l’adversaire. Ici les armes du pouvoir sont le choc et l’effroi.Dominer plutôt que négocier. (Page 102). Germain Nzinga
Bombardements américains de l’Iran : une partie de poker menteur géopolitique à trois ?

TRIBUNE. Après moults hésitations ou semblant d’hésitation, les États-Unis de Donald Trump ont finalement décidé de bombarder l’Iran, contredisant les prévisions et analyses de celles et ceux qui affirment que Donald Trump n’est pas un va-t-en-guerre. De mon point de vue, les choses paraissent beaucoup plus complexes qu’on ne l’imagine. Voici mes deux hypothèses : Première hypothèse : mis sous pression par les puissants groupes d’intérêt pro-israéliens aux États-Unis, Donald Trump s’est finalement décidé à frapper l’Iran. Dans cette optique, sa décision de bombarder les sites nucléaires iraniens ne semble répondre à aucune stratégie prédéfinie. Il s’agirait plutôt de répondre aux exigences et inquiétudes du lobby pro-israélien, qui, au regard des difficultés auxquelles est confronté Israël sur le champ de bataille, voudrait voir les États-Unis s’impliquer directement dans le conflit avec l’Iran. Pour Donald Trump, qui partage sûrement le même projet que son ami Benjamin Netanyahu, il s’agirait avant tout de desserrer l’étau du lobby pro-israélien autour de sa personne et de son administration. De cette première hypothèse découle la deuxième : le bombardement des sites nucléaires iraniens s’inscrirait dans une partie de poker menteur géopolitique à trois. Pour être plus clair : les États-Unis auraient agi en mettant au parfum la Russie, voire même indirectement l’Iran. Trois éléments confortent cette hypothèse. Le premier est que les Américains se sont « limités », du moins pour le moment, à bombarder les sites nucléaires iraniens sans nécessairement entrer en conflit avec l’Iran. Le vice-président américain JD Vance vient d’ailleurs de déclarer que les États-Unis « ne sont pas en guerre contre l’Iran » mais contre « son programme nucléaire ». Belle fuite en avant. Deuxième élément : ce n’est la première fois que Donald Trump agisse ainsi. En avril 2017, le président américain avait déjà fait bombarder une base militaire syrienne, en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au gouvernement de Bachar el-Assad, soutenu par la Russie. On apprit par la suite que Trump, qui était mis sous pression par ses alliés européens et au Congrès américain, avait prévenu Moscou, qui avait à son tour prévenu Damas, qui avait alors fait déplacer ses avions de combat. Troisième élément : les bombardements américains ne semblent pas avoir sérieusement entamé les sites nucléaires visés, enfouis plus de 800 mètres sous terre, et encore moins le programme nucléaire iranien. D’où la réaction relativement molle des Mollahs. En analysant l’allocution lunaire de Donald Trump, on voit bien que le président américain souffle le chaud et le froid, déclarant d’une part que les bombardements ont été «une réussite totale», tout en appelant l’Iran à privilégier le dialogue avec Israël pour mettre fin au conflit. Mais pourquoi continuer à exiger un «dialogue» si on est sûr d’avoir affaibli l’Iran ou son programme nucléaire ? À l’évidence, les États-Unis semblent avoir tiré trois leçons du conflit israélo-iranien : 1) le projet israélien d’affaiblir l’Iran a échoué; 2) Israël est plus vulnérable que jamais aux tirs de missiles iraniens; 3) une guerre régionale totale pourrait causer des dommages irréparables à Israël et aux intérêts américains dans la région. Au regard de tout ceci, les bombardements américains contre l’Iran pourraient constituer une porte de sortie pour tout le monde : l’administration Trump, qui est mise sous pression par le lobby pro-israélien ; Israël, qui est aujourd’hui placé dans une situation de vulnérabilité comme on n’en avait jamais vu depuis la guerre de Kippour; et l’Iran qui est dans une situation socio-économique peu enviable et n’a donc pas besoin de cette guerre inutile. Ceci dit, le risque d’une guerre régionale totale impliquant les États-Unis est bien réel… Par Patrick Mbeko
Trump attaque l’Iran pour sauver la face

TRIBUNE. Contrairement aux prévisions de mes analyses d’hier, Trump mis sous pressions de puissants lobbies a poussé les États-Unis à lancerune attaque directe contre l’Iran : Fordow, Ispahan, Natanz. Tout est classique : d’abord, des déclarations audacieuses sur les tueurs de bunkers, les tomahawks, « le tyran du Moyen-Orient ». Puis, il s’avère que les superbombes ont percé des trous à l’entrée et à la sortie, mais que la cible elle-même est intacte. Téhéran considère les attaques américaines comme une entrée directe de Washington dans la guerre, et que la décision d’une riposte ultérieure « reviendra à Téhéran lui-même ». Les États-Unis assumeront la responsabilité des conséquences des frappes contre l’Iran, a déclaré un membre de la direction houthie au Yémen. L’Iran n’étant pas tombé, Fordow tenant bon : le programme nucléaire deviendra désormais une idée nationale. Les Iraniens ne se contentent plus de construire des réacteurs : ils se vengent des martyrs du nucléaire, d’une génération qui a grandi sous les sanctions et a appris à ne pas avoir peur. Que retenir? Les États-Unis sont officiellement entrés en guerre, et il ne s’agit plus d’un conflit israélo-iranien, mais d’une guerre directe entre les États-Unis et l’Iran, avec tous les effets collatéraux énumérés dans mon analyse d’hier. Israël se replie dans l’ombre. Mais les risques potentiels sont là : Les Houthis, les chiites irakiens, les Yéménites et leurs alliés en Syrie et au Liban risquent d’entrer en scène. Le détroit d’Ormuz risque d’être menacé de fermeture. Et les bases du Koweït et de Bahreïn devenir des cibles faciles. Le marché mondial risque d’entrer en arrêt maladie et la paix mondiale ne tient plus qu’à un petit fil.. Par Germain Nzinga
Un nouveau rapport révèle que le Royaume-Uni et les États-Unis voient toujours l’Afrique sous l’angle de la pauvreté, de la corruption et de la nature

Un nouveau rapport novateur révèle que la perception quotidienne de l’Afrique au Royaume-Uni et aux États-Unis est encore largement façonnée par des stéréotypes dépassés et négatifs, ce qui a de profondes conséquences sur la façon dont les gens s’engagent avec le continent sur le plan culturel et économique. Intitulé « Les stéréotypes sur l’Afrique en Grande-Bretagne et aux États-Unis : une étude socio-psychologique de leur impact sur l’engagement avec l’Afrique, ce rapport est le fruit d’une collaboration entre Africa No Filter et le Dr Adam Hahn de l’Université de Bath, en collaboration avec des chercheurs des États-Unis et d’Allemagne Elle a interrogé 1 126 participants au Royaume-Uni et aux États-Unis pour savoir ce que les gens pensent de l’Afrique et dans quelle mesure ils souhaitent s’y intéresser. Plus précisément, les participants à l’étude ont été invités à noter trois idées qui leur venaient à l’esprit lorsqu’ils pensaient à l’Afrique ou à l’Europe continentale, ainsi qu’à évaluer l’intérêt qu’ils portent aux produits et aux cultures des deux continents. Une enquête supplémentaire a été menée auprès de 863 participants américains afin d’examiner comment les opinions négatives pouvaient être modifiées par des récits positifs. Notamment, plus de la moitié (57,9 %) des réponses concernant l’Afrique mentionnent la faune et la flore ou la nature, et beaucoup décrivent le continent comme chaud, dangereux ou inhabitable. En revanche, l’Europe est associée à la modernité, à l’architecture et à des paysages agréables. La société et l’économie africaines sont associées à la corruption, à l’instabilité et à la pauvreté, tandis que l’Europe est perçue comme stable et prospère. En outre, les stéréotypes associant l’Afrique à l’instabilité politique et à la pauvreté plutôt qu’à la culture et à la modernité expliquent directement le manque d’intérêt des personnes interrogées pour les produits et les expériences culturelles africains. « Ce rapport montre que l’Afrique reste pour beaucoup un concept abstrait, davantage défini par les animaux et les difficultés que par les gens, le progrès ou le potentiel », a déclaré Adam Hahn, chercheur principal et maître de conférences en psychologie sociale à l’université de Bath. Il ne s’agit pas seulement de ce que les gens pensent, mais aussi de la manière dont leurs pensées influencent leurs actions, y compris leur volonté d’acheter des produits africains ou de s’engager dans les cultures africaines. Cependant, le rapport présente également une idée puissante : l’introduction de récits positifs et exacts – et pas seulement la correction de récits erronés – peut faire évoluer les attitudes de manière significative et accroître l’intérêt pour les cultures, les voyages et les produits de l’Afrique. « Nous disposons désormais de données concrètes montrant que les histoires racontées sur l’Afrique – et celles qui ne le sont pas – ont des conséquences concrètes », a déclaré Moky Makura, directrice exécutive d’Africa No Filter. « Cette étude est un signal d’alarme et une feuille de route. Elle nous dit que nous devons aller au-delà des données économiques et des titres des médias – nous devons recadrer la façon dont nous parlons de l’Afrique pour véritablement libérer son potentiel et ses opportunités. » Le rapport complet peut être téléchargé ici : https://www.africanofilter.org/our-research/stereotypes-about-africa-us-uk-french
Ambassade des États-Unis au Congo : aucune décision prise sur une éventuelle fermeture des missions diplomatiques

DIPLOMATIE. « Aucune décision n’a été prise concernant la fermeture des missions diplomatiques américaines dans le monde », a annoncé Ambassade des Etats-Unis au Congo Brazzaville. Dans un communiqué publié jeudi 25, l’ambassade américaine a toutefois indiqué que « le gouvernement américain continue d’évaluer ses programmes et son dispositif à l’échelle mondiale afin de mieux relever les défis modernes au nom du peuple américain. A titre de rappel, mercredi 23 avril, le Secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé une réorganisation des bureaux du Département d’État aux États-Unis en vue de « promouvoir une coordination plus étroite entre notre siège à Washington et nos ambassades et consulats dans le monde entier ». En ce qui concerne l’ambassade américaine à Brazzaville, la représentation diplomatique américaine au Congo assure qu’elle « continue à fonctionner normalement pour assister les citoyens américains et promouvoir les intérêts américains à travers le renforcement des relations entre les Etats-Unis et la République du Congo ». Patricia Engali
Félix Tshisekedi livrera-t-il la RDC aux mercenariat américain ?

TRIBUNE. C’est une information qui est passée sous les radars : le gouvernement congolais a signé un protocole d’accord avec le mercenaire américain Erik Prince plusieurs semaines avant la prise de Goma par le M23. Réputé proche de Donald Trump, Prince est un personnage à la réputation sulfureuse. Il est le fondateur de la firme de mercenariat controversée anciennement connue sous le nom de Blackwater, impliquée dans des opérations de contre-insurrection en Irak et dans plusieurs zones troublées du monde. À l’instar du mercenaire russe Victor Bout, impliqué dans la région des Grands Lacs au début des années 2000, arrêté par les Américains puis libéré après une entente avec la Russie, il y a peu, Eric Prince travaille en Afrique depuis plusieurs années, fournissant de la logistique aux compagnies minières et pétrolières travaillant dans les coins les plus reculés du continent. Il aurait également déjà été impliqué en RDC, dit-on. Fera-t-il partie du « deal » global qui semble se négocier entre les États-Unis et la RD Congo sur les minerais critiques congolais ? S’il est trop tôt pour le dire, tout porte à croire que les États-Unis ne sont pas disposés à s’impliquer directement dans la défense et la sécurité de la RDC, comme le demande le gouvernement congolais. Selon mes informations, il y a des discussions de haut niveau entre le régime de Félix Tshisekedi, certaines compagnies minières dans lesquelles l’état est impliqué et des firmes nord-américaines. Ces discussions impliqueraient certains pays de la région et ne sont pas liées aux négociations en cours entre Kinshasa et Washington. Mais « la situation pourrait changer et il pourrait y avoir des ajustements » me confia une source bien informée. De mon point de vue, s’il y a accord entre la RDC et les États-Unis, il concernerait les ressources minières stratégiques mais pas la défense et la sécurité du Congo, qui pourraient être sous-traitées à des contracteurs privés américains comme Éric Prince. En effet, les Américains sont passés maîtres dans l’externalisation massive des opérations militaires. Cela a créé une dépendance à l’égard d’entreprises privées telles que Blackwater, ce qui a engendré de dangereuses vulnérabilités aussi bien pour les intérêts américains que pour les pays où ses « chiens de guerre » interviennent. On l’a vu en Irak, en Angola, en Afrique australe, mais aussi dans la région des Grands Lacs. Une entente USA-RDC, qui impliquerait non pas le ministère de la Défense américain mais une firme de mercenariat, est hasardeuse, pour ne pas dire dangereuse. Pour celles et ceux qui l’ignorent peut-être, Erik Prince a préconisé dans une interview récente la recolonisation de l’Afrique et des Africains… À bon entendeur, je bois mon lait nsambarisé… Par Patrick Mbeko