Sécurité alimentaire : les États-Unis et le PAM explorent de nouvelles pistes de coopération au Congo

Sécurité alimentaire : les États-Unis et le PAM explorent de nouvelles pistes de coopération au Congo

La Chargée d’Affaires de l’Ambassade des États-Unis en République du Congo (Brazzaville), Amanda Jacobsen, a rencontré, le mardi 7 avril, le Représentant et Directeur pays du Programme alimentaire mondial (PAM), Gon Myers. Cette rencontre a permis de discuter de la collaboration en cours et des priorités communes en matière de sécurité alimentaire et d’éducation en République du Congo, indique un communiqué de l’ambassade. La discussion a mis en lumière l’importance des programmes d’alimentation scolaire pour améliorer l’accès à l’éducation, soutenir le bien-être des élèves et renforcer la résilience des communautés, souligne la même source ajoutant que les deux parties ont échangé leurs points de vue sur la pérennisation de l’impact et l’exploration de nouvelles voies de partenariat. Martin Kam

À Munich, les États-Unis assument leur projet de domination mondiale

À Munich, les États-Unis assument leur projet de domination mondiale

TRIBUNE. Le discours de Marco Rubio à la Munich Security Conference marque un basculement idéologique clair et net. Beaucoup d’entre nous avaient déjà compris cette trajectoire, et l’avaient annoncée, avertissant que le retour de Trump signifierait une hégémonie occidentale assumée, moins masquée teplus frontale. Cette fois, l’aveu est public. Les États-Unis affirment leur volonté de restaurer la domination occidentale et de placer leur hégémonie au-dessus des valeurs proclamées et du multilatéralisme, sans excuse, sans retenue, avec une assurance glaciale. La souveraineté, le contrôle des frontières, la puissance industrielle et la continuité civilisationnelle forment le socle de cette vision. Le ton était assumé et sans embages. À certains moments, il portait même une nostalgie pour la grandeur impériale perdue de l’Europe, accompagnée d’un appel à reprendre force et direction aux côtés des États-Unis, comme si la perte des colonies relevait d’une tragédie historique qu’il faudrait corriger par une nouvelle reconquête. La période qui a suivi la fin de la guerre froide est décrite comme une phase d’illusion. Le commerce aurait été érigé en garant de stabilité mondiale. Les institutions internationales auraient été perçues comme des arbitres suffisants. L’interdépendance globale aurait été considérée comme un substitut à la puissance stratégique. Cette confiance est aujourd’hui jugée coûteuse pour l’occident occasionnant selon lui, la désindustrialisation qui aurait affaibli les économies occidentales. Marc Rubio affirme que la souvenirté et l’hégémonie occidentale a été diluée au nom de la coopération. Et leur nouvelle doctrine replace les intérêts et le contrôle du monde par l’occident au centre de leur politique militaire et étrangère. Il parle même de la défense de la civilisation occidentale jugée supérieure. La réindustrialisation, la domination technologique, la maîtrise des minerais stratégiques et le contrôle ferme des frontières sont présentés comme les instruments d’un renouveau. Dans cette perspective, l’Occident se considère comme supérieur sur le plan civilisationnel et appelé à dominer le reste du monde. L’Europe est invitée à s’aligner sous peine de marginalisation. Son message est explicite : reprendre le contrôle du monde. Pour ceux d’entre nous qui vivent dans le Sud global, ce moment exige une forte clairvoyance. Les États-Unis et l’Occident poursuivront richesse et puissance avec détermination et sans aucune retenue sentimentale ou morale. Les minerais stratégiques, les chaînes d’approvisionnement, les marchés du Sud constituent des enjeux centraux de cette ambition. Ils ne viennent pas négocier mais arracher. La vulnérabilité la plus grave se situe pourtant en Afrique même. Nombre de nos nations sont dirigées par des élites qui abandonnent leur marge de manœuvre avant même toute pression extérieure. Elles échangent terres, ressources et souveraineté de long terme contre la garantie de rester au pouvoir et de préserver des maigres privileges. Ce que nous observons aujourd’hui ressemble à une nouvelle conférence de Berlin bis. En 1884, les puissances européennes invoquaient une mission civilisatrice pour légitimer le partage et la conquête. Aujourd’hui, aucun vernis moral n’est nécessaire. Les objectifs sont énoncés clairement: richesse, contrôle, domination. L’Afrique est déjà prise dans des systèmes qui extraient ses richesses et limitent ses choix. La dépendance financière, la dépendance technologique et la fragmentation politique renforcent cet état. Et si nous restons passifs et divisés, ces mécanismes se durciront. Le discours de Munich retire enfin le masque de l’Occident. L’époque des langages prudents et politiquement corrects est révolue. L’Afrique doit choisir si elle restera parmi les dominés ou si elle veut se soustraire à cette domination. Le danger ne nous guette plus : il est déjà là, et il nous revient de nous organiser pour ne pas revoir nos enfants se faire fouetter dans les champs de canne à sucre dans quelques décennies. Réveillons-nous, peuple africain. Par Farida Bemba Nabourema Citoyenne Africaine Désabusée!

Les Européens pigiés et ridiculisés par les Américains

Les Européens pigiés et ridiculisés par les Américains

LIBRES PROPOS. L’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis est venue sonner le glas des ambitions de puissance de l’Europe. La guerre en Ukraine, combinée à l’utilisation des droits de douane comme instruments de coercition, a considérablement fragilisé le continent européen. Le monde entier a désormais pris conscience de la vulnérabilité de l’Union européenne, longtemps persuadée que l’OTAN assurerait sa protection en cas de conflit majeur face à la Russie ou à la Chine. Dès son retour à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump n’a laissé aucune place à l’ambiguïté dans ses relations avec l’Europe et l’OTAN. Il a affirmé sans détour que les pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord devaient porter leurs dépenses militaires à 5 % de leur PIB. « Ils peuvent tous se le permettre », a-t-il assuré, ajoutant : « Ils devraient être à 5 %, pas à 2 %. » Face à ces exigences, les Européens n’ont guère d’autre choix que d’obtempérer. Donald Trump entend pousser encore plus loin sa stratégie de contrainte, notamment par le levier des droits de douane. Parallèlement, la guerre en Ukraine, qui s’éternise depuis désormais quatre ans, a rappelé aux Européens que la paix n’est plus acquise sur le continent. Elle a mis en lumière de profondes faiblesses militaires et énergétiques. L’architecture de sécurité fondée sur l’OTAN s’est fissurée, et la prétendue solidarité transatlantique apparaît désormais comme un leurre. La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine a agi comme un révélateur brutal des vulnérabilités structurelles du modèle énergétique européen : dépendance excessive aux importations de combustibles fossiles, insuffisante intégration des réseaux, incohérences fiscales et tarification inadaptée. Elle a entraîné une flambée sans précédent des prix du gaz et de l’électricité, frappant durement les ménages comme les entreprises européennes, tout en exposant l’incapacité de l’Union à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. L’Allemagne est le premier pays à en payer le prix fort. Le sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l’Allemagne sous la mer Baltique, a profondément fragilisé une économie largement dépendante du gaz russe. La mise hors service de ces infrastructures a provoqué une hausse spectaculaire des prix du gaz naturel en Europe. Privée brutalement de cette ressource stratégique, l’Allemagne s’est retrouvée confrontée à une explosion des coûts énergétiques, affectant la compétitivité globale de son industrie. Première puissance économique européenne, Berlin voit aujourd’hui son moteur économique s’essouffler. Un autre pays durement touché par les conséquences du conflit est la Finlande, depuis son adhésion à l’OTAN et l’abandon de sa neutralité historique. Le pays affiche désormais le deuxième taux de chômage le plus élevé d’Europe et a connu deux années consécutives de récession, en 2023 et 2024, notamment en raison de l’arrêt brutal de ses échanges commerciaux avec la Russie. La Finlande, étroitement dépendante des importations russes de pétrole, de gaz, de charbon, d’électricité, de bois, de métaux et de produits chimiques, est aujourd’hui enlisé dans une stagnation économique persistante. L’Union européenne surveille de près l’évolution de la situation, en raison des risques croissants d’inégalités sociales. Le gaz fossile américain pèse désormais lourdement dans les importations françaises. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la France a accueilli 177 méthaniers de gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis, représentant 25 % de ses importations et pouvant couvrir jusqu’à 37 % de la consommation nationale. Or, ce gaz « made in USA » est composé à 87 % de gaz de schiste. Derrière ces cargos traversant l’Atlantique se cache une dépendance énergétique préoccupante, qui enferme la France dans la consommation d’énergies fossiles et la conduit droit dans une impasse écologique, en totale contradiction avec le discours officiel affiché. Avant l’éclatement du conflit, le gaz russe représentait encore 45 % de l’approvisionnement européen. Pour s’en affranchir, l’Europe s’est précipitamment tournée vers les États-Unis, allant jusqu’à contractualiser massivement des importations de gaz naturel liquéfié. Sur le plan militaire, l’Europe accuse un retard flagrant face aux États-Unis et à la Russie. La guerre en Ukraine a servi d’électrochoc. Après plus de trois décennies de désarmement au nom des supposés « dividendes de la paix » post-guerre froide, les budgets militaires européens repartent à la hausse, accompagnés d’annonces de commandes de chars, d’avions de combat et de missiles. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires européennes ont bondi de 17 % en 2024, atteignant 693 milliards de dollars. Tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de Malte, ont augmenté leurs budgets de défense. L’Allemagne, longtemps en retrait, a enregistré une hausse spectaculaire de 28 %, atteignant 88,5 milliards de dollars, devenant ainsi le quatrième investisseur militaire mondial — un scénario inimaginable il y a encore quelques années. La Pologne consacre désormais la plus grande part de son PIB à la défense : 4,2 % aujourd’hui, contre 2 % en 2021, illustrant un effort militaire colossal. In fine, la Russie a démontré sa capacité à discipliner l’Occident par le bombardement de l’Ukraine à l’aide du missile Orechnik. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France ont dénoncé cette attaque, qualifiée d’« escalade inacceptable ». Ce sont les caractéristiques mêmes de ce missile qui inquiètent les Occidentaux. L’Orechnik est un missile balistique hypersonique à capacité duale, pouvant emporter une charge conventionnelle ou nucléaire. Il atteint une vitesse estimée à 13 000 km/h, rendant son interception extrêmement complexe. Sa trajectoire le propulse hors de l’atmosphère avant une retombée rapide, ses ogives pouvant viser des cibles distinctes. La déclaration du président Emmanuel Macron, prononcée le 15 janvier 2026 à la base aérienne 125 d’Istres-le-Tubé, est sans équivoque : « Cette initiative, dite ELSA, prend tout son sens après le tir, pour la deuxième fois, du missile de très longue portée ORECHNIK par la Russie. Ce message est clair : nous sommes à portée de ces tirs. Si nous voulons rester crédibles, nous, Européens, et en particulier la France, devons nous saisir de ces nouvelles capacités qui changeront la donne à court terme et renforceront notre dissuasion nucléaire. » L’Europe

États-Unis : la croissance freine, pénalisée par l’incertitude et les chocs tarifaires

États-Unis : la croissance freine, pénalisée par l’incertitude et les chocs tarifaires

L’économie américaine a progressé de 3% en rythme annualisé au deuxième trimestre 2025 (après -0,5% au premier, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère marocain de l’Économie et des Finances. « Le commerce extérieur a contribué pour 5 points à la croissance grâce à la chute des importations (-30% après +38%), tandis que les stocks l’ont amputée de 3,2 points. La consommation des ménages a accéléré (1,4% après 0,5%) et les dépenses publiques ont rebondi (0,4% après -0,6%), alors que l’investissement fixe a ralenti (0,4% après 7,6%) », indique la DEPF dans sa note de conjoncture du mois d’août 2025 (N°342). Citant le FMI, la DEPF rappelle que le PIB américain devrait croître de 1,9% en 2025 et de 2% en 2026, après une solide expansion de 2,8% en 2024 portée par la consommation et un marché du travail dynamique. Les tensions commerciales et géopolitiques sapent la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs. Face à une inflation persistante, la Fed maintient des taux élevés. L’aggravation des déficits publics et une dette fédérale record soulignent la persistance des défis budgétaires, poursuit-t-elle. D’après la note, les données à haute fréquence restent contrastées. L’indice PMI flash composite (55,4 en août après 55,1 en juillet) signale la plus forte expansion de l’année, portée par un rebond du secteur manufacturier (53,3 après 49,8), malgré une légère modération des services (55,4 après 55,7). En ce qui concerne les ventes de détail, elles ont marqué une reprise (+0,5% en juillet après +0,9% en juin). Néanmoins, la confiance des ménages (indice Michigan) a reculé en août (58,6 après 61,7 en juillet), sur fond de craintes accrues d’inflation. Quant au marché de l’emploi, il montre des signes de ralentissement. « Le taux de chômage a rebondi à4,2% en juillet, après 4,1% en juin. L’économie n’a créé que 73k postes nets en juillet, bien en dessous des attentes (110k). Les chiffres de mai et juin ont été fortement révisés à la baisse (-258k au total) », peut-on lire. La DEPF précise que les gains d’emplois se sont concentrés dans la santé (+55k) et l’assistance sociale (+18k), tandis que les autres secteurs ont peu évolué. L’emploi fédéral a continué de reculer (-12k, -84k depuis janvier). Quant à l’inflation globale, elle est restée stable à 2,7% en juillet, tandis que l’inflation sous-jacente a accéléré à 3,1%, son plus haut taux en cinq mois (après 2,9% en juin). Dans ce contexte, la Fed a maintenu ses taux à 4,25%-4,5% en juillet, pour la 5ème fois consécutive,restant prudente face aux risques tarifaires et géopolitiques. Le « dot plot » prévoit deux baissesd’ici fin 2025, tandis que les marchés en anticipent 2 à 3, la première dès septembre. Selon la Fed,toute révision dépendra des données à venir, des perspectives et des risques. Martin Kam avec DEPF

Russie/USA. Et si Trump et Poutine avaient conclu un accord en Alaska ?

Russie/USA. Et si Trump et Poutine avaient conclu un accord en Alaska ?

TRIBUNE. Les trois heures d’échange entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur une base militaire en Alaska n’ont abouti à aucun « deal » ou avancée concrète. C’est en tout cas ce qu’a affirmé le président américain au sortir de la réunion avec son homologue russe. « Il n’y a pas d’accord », a-t-il déclaré. Volodymyr Zelensky et ses soutiens européens, qui craignaient que Russes et Américains décident du sort de l’Ukraine sans eux, ont poussé un ouf de soulagement. « C’est une très bonne nouvelle qu’il n’y ait pas eu d’accord, pour l’Ukraine et pour les Européens », estime Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris. De mon point de vue, il y a eu accord de principe entre Trump et Poutine sur la question ukrainienne. C’est dans l’ambiguïté du langage diplomatique utilisé par les deux présidents (surtout Donald Trump) que niche le diable. Eh oui ! En diplomatie, il ne suffit pas d’écouter ce qui est dit pour comprendre. Il est crucial d’examiner ce qui n’est pas dit dans les propos afin d’identifier les sous-entendus et les implicites. L’utilisation des termes volontairement vagues, polysémiques ou ouverts à interprétation multiple est essentielle quand on veut transmettre des messages délicats ou critiques. Deux aspects sont à considérer dans l’examen de la position russe : 1) la détermination de la Russie à conserver les territoires partiellement ou totalement conquis ; 2) les raisons profondes du conflit. Selon le Kremlin, il n’y aura pas d’accord avec les États-Unis sur la fin du conflit si les parties ne s’accordent pas sur ces questions fondamentales. Or à en croire Vladimir Poutine, Donald Trump désire « contribuer à la résolution du conflit ukrainien » et affiche « son désir d’en comprendre l’essence et d’en saisir les origines ». Autrement dit, Trump comprend mieux la position de la Russie, sans nécessairement la partager. Mais le meilleur est à venir. Dans son allocution, Poutine a également dit espérer que «L’ENTENTE» trouvée, selon lui, avec Trump puisse ouvrir « la voie à la paix en Ukraine », sans en préciser la teneur. « Nous espérons que Kiev et les capitales européennes prendront tout cela avec un esprit constructif et ne créeront pas d’obstacles ni ne tenteront de saper les progrès escomptés par des provocations ou des intrigues en coulisse », a poursuivi le président russe. Mais de quelle «entente» parle-t-il ? En tout cas, on comprend mieux les propos de Poutine en écoutant Donald Trump. Ce dernier a déclaré lors de la même conférence de presse : « Nous n’y sommes pas, mais nous avons fait des progrès », avant d’ajouter vaguement : « Il n’y a pas d’accord jusqu’à ce qu’il y ait un accord ». Cette phrase, à elle seule, dit tout et rien. L’ambiguïté du langage diplomatique n’est pas un simple défaut de communication, mais bien une stratégie délibérée qui permet de préserver des marges de manœuvre, d’éviter des ruptures brutales et de maintenir le dialogue entre acteurs dont les intérêts sont parfois irréconciliables. Mais le président américain ne s’arrête pas là. Il ajoute qu’ils (Poutine et lui) se sont « mis d’accord sur de nombreux points » sans livrer plus de détails. « Il n’en reste que très peu, certains ne sont pas très importants, mais l’un d’entre eux est probablement le plus important », a-t-il ajouté, tout aussi énigmatique. Pour couronner le tout, il a mis la pression sur Volodymyr Zelensky en déclarant sur Fox News qu’un accord pour mettre fin à la guerre « dépendait vraiment du président » ukrainien. Autrement dit, ce n’est plus Poutine le problème, mais Zelensky qui est invité à la Maison-Blanche ce lundi. Voilà pourquoi les principaux dirigeants de l’Union européenne sont en panique et ont décidé d’accompagner « bébé » Zelensky à Washington. Une «panique» qui en dit long sur la réalité de ce qui se passe en coulisse. Pour Donald Trump, qui est accusé injustement de tout concéder à la Russie, à défaut d’être un «agent russe», annoncer l’existence d’une entente ou même d’un accord de principe, au sortir de la réunion avec Poutine, aurait été imprudent, voire improductif. Il fallait donc montrer que les États-Unis n’ont rien cédé et entendent mêler l’Ukraine aux discussions. Ce lundi, on en saura davantage. Petite réflexion pour conclure : quand on est petit, voire insignifiant, on ne se mêle pas des linges sales des deux grandes puissances en jouant le sous-traitant de l’une au détriment de l’autre. Par Patrick Mbeko

LU POUR VOUS : cinq confessions de Steve Bannon pour comprendre la psychoologie profonde de Trump

LU POUR VOUS : cinq confessions de Steve Bannon pour comprendre la psychoologie profonde de Trump

BON A SAVOIR. Je viens de terminer la lecture du livre de F. Wenner intitulé « Steve Bannon, l’homme qui voulait le chaos » publié en 2020 aux éditions Grasset décrit de nombreuses facettes de la personnalité du président Trump grâce au témoignage qu’en fait Steve Bannon, l’alors très proche de Donald Trump, son stratège lors de sa première campagne présidentielle tout comme durant son premier mandat à la Maison Blanche. Des confessions croustillantes qui nous permettent de cerner la personnalité de l’actuel locataire de la Maison Blanche et son modus operandi d’imposer sa vision et ses intérêts politiques à ses interlocuteurs. Les points numéros 1, 4 et 5 ci-dessous nous éclairent davantage sur la méthode de Trump et de ses accointances avec les officiels de la RD Congo. 1.“Steve Bannon décrit Trump comme une machine relativement simple. Son bouton “ON” délivre un déluge de flatteries. Son bouton “OFF” un torrent de calomnies Les flatteries coulent nombreuses, pleines de superlatifs et entièrement déconnectées de la réalité. Après tout, les flatteries n’ont pas d’effet, les calomnies peuvent se révéler payantes. Bannon pense que Trump peut passer facilement de ON” au “OFF”. ( page 60) 2.“Qui avez-vous autour de vous? l’interroge un jour Joe Scarborough sur un ton inquiet. En qui avez-vous confiance? Jared? Qui peut vous aider à analyser cette question avant que vous ne décidiez d’agir? Eh bien, répond le président Trump, vous n’allez pas aimer ma réponse, mais c’est moi. Je me parle.” ( page 78) 3.“ On peut lui dire tout ce qu’on veut, il sait ce qu’il sait. Et si vous cherchez à le contredire, c’est très simple, il ne vous croit pas” ( page 79) 4.Sa nature de comploteur/ conspirateur est bien connue : Attaquer avant d’être attaqué. Anticiper les mouvements des autres, les contrer avant qu’ils ne puissent agir. Il faut voir loin, se focaliser sur un ensemble d’objectifs “ 5.Trump se définit par les réactions de ses adversaires. Pour lui, le conflit c’est l’appât des médias. Sa nouvelle politique n’est pas l’art du compromis mais celui de conflit. Le but c’est d’exposer au grand jour l’hypocrisie de l’adversaire. Ici les armes du pouvoir sont le choc et l’effroi.Dominer plutôt que négocier. (Page 102). Germain Nzinga

Bombardements américains de l’Iran : une partie de poker menteur géopolitique à trois ?

Bombardements américains de l’Iran : une partie de poker menteur géopolitique à trois ?

TRIBUNE. Après moults hésitations ou semblant d’hésitation, les États-Unis de Donald Trump ont finalement décidé de bombarder l’Iran, contredisant les prévisions et analyses de celles et ceux qui affirment que Donald Trump n’est pas un va-t-en-guerre. De mon point de vue, les choses paraissent beaucoup plus complexes qu’on ne l’imagine. Voici mes deux hypothèses : Première hypothèse : mis sous pression par les puissants groupes d’intérêt pro-israéliens aux États-Unis, Donald Trump s’est finalement décidé à frapper l’Iran. Dans cette optique, sa décision de bombarder les sites nucléaires iraniens ne semble répondre à aucune stratégie prédéfinie. Il s’agirait plutôt de répondre aux exigences et inquiétudes du lobby pro-israélien, qui, au regard des difficultés auxquelles est confronté Israël sur le champ de bataille, voudrait voir les États-Unis s’impliquer directement dans le conflit avec l’Iran. Pour Donald Trump, qui partage sûrement le même projet que son ami Benjamin Netanyahu, il s’agirait avant tout de desserrer l’étau du lobby pro-israélien autour de sa personne et de son administration. De cette première hypothèse découle la deuxième : le bombardement des sites nucléaires iraniens s’inscrirait dans une partie de poker menteur géopolitique à trois. Pour être plus clair : les États-Unis auraient agi en mettant au parfum la Russie, voire même indirectement l’Iran. Trois éléments confortent cette hypothèse. Le premier est que les Américains se sont « limités », du moins pour le moment, à bombarder les sites nucléaires iraniens sans nécessairement entrer en conflit avec l’Iran. Le vice-président américain JD Vance vient d’ailleurs de déclarer que les États-Unis « ne sont pas en guerre contre l’Iran » mais contre « son programme nucléaire ». Belle fuite en avant. Deuxième élément : ce n’est la première fois que Donald Trump agisse ainsi. En avril 2017, le président américain avait déjà fait bombarder une base militaire syrienne, en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au gouvernement de Bachar el-Assad, soutenu par la Russie. On apprit par la suite que Trump, qui était mis sous pression par ses alliés européens et au Congrès américain, avait prévenu Moscou, qui avait à son tour prévenu Damas, qui avait alors fait déplacer ses avions de combat. Troisième élément : les bombardements américains ne semblent pas avoir sérieusement entamé les sites nucléaires visés, enfouis plus de 800 mètres sous terre, et encore moins le programme nucléaire iranien. D’où la réaction relativement molle des Mollahs. En analysant l’allocution lunaire de Donald Trump, on voit bien que le président américain souffle le chaud et le froid, déclarant d’une part que les bombardements ont été «une réussite totale», tout en appelant l’Iran à privilégier le dialogue avec Israël pour mettre fin au conflit. Mais pourquoi continuer à exiger un «dialogue» si on est sûr d’avoir affaibli l’Iran ou son programme nucléaire ? À l’évidence, les États-Unis semblent avoir tiré trois leçons du conflit israélo-iranien : 1) le projet israélien d’affaiblir l’Iran a échoué; 2) Israël est plus vulnérable que jamais aux tirs de missiles iraniens; 3) une guerre régionale totale pourrait causer des dommages irréparables à Israël et aux intérêts américains dans la région. Au regard de tout ceci, les bombardements américains contre l’Iran pourraient constituer une porte de sortie pour tout le monde : l’administration Trump, qui est mise sous pression par le lobby pro-israélien ; Israël, qui est aujourd’hui placé dans une situation de vulnérabilité comme on n’en avait jamais vu depuis la guerre de Kippour; et l’Iran qui est dans une situation socio-économique peu enviable et n’a donc pas besoin de cette guerre inutile. Ceci dit, le risque d’une guerre régionale totale impliquant les États-Unis est bien réel… Par Patrick Mbeko

Trump attaque l’Iran pour sauver la face

Trump attaque l’Iran pour sauver la face

TRIBUNE. Contrairement aux prévisions de mes analyses d’hier, Trump mis sous pressions de puissants lobbies a poussé les États-Unis à lancerune attaque directe contre l’Iran : Fordow, Ispahan, Natanz. Tout est classique : d’abord, des déclarations audacieuses sur les tueurs de bunkers, les tomahawks, « le tyran du Moyen-Orient ». Puis, il s’avère que les superbombes ont percé des trous à l’entrée et à la sortie, mais que la cible elle-même est intacte. Téhéran considère les attaques américaines comme une entrée directe de Washington dans la guerre, et que la décision d’une riposte ultérieure « reviendra à Téhéran lui-même ». Les États-Unis assumeront la responsabilité des conséquences des frappes contre l’Iran, a déclaré un membre de la direction houthie au Yémen. L’Iran n’étant pas tombé, Fordow tenant bon : le programme nucléaire deviendra désormais une idée nationale. Les Iraniens ne se contentent plus de construire des réacteurs : ils se vengent des martyrs du nucléaire, d’une génération qui a grandi sous les sanctions et a appris à ne pas avoir peur. Que retenir? Les États-Unis sont officiellement entrés en guerre, et il ne s’agit plus d’un conflit israélo-iranien, mais d’une guerre directe entre les États-Unis et l’Iran, avec tous les effets collatéraux énumérés dans mon analyse d’hier. Israël se replie dans l’ombre. Mais les risques potentiels sont là : Les Houthis, les chiites irakiens, les Yéménites et leurs alliés en Syrie et au Liban risquent d’entrer en scène. Le détroit d’Ormuz risque d’être menacé de fermeture. Et les bases du Koweït et de Bahreïn devenir des cibles faciles. Le marché mondial risque d’entrer en arrêt maladie et la paix mondiale ne tient plus qu’à un petit fil.. Par Germain Nzinga