Après un ralentissement en 2023, les envois de fonds devraient repartir à la hausse en 2024

Selon la dernière édition de la Note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, les remises migratoires vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont marqué le pas en 2023. Elles se seraient élevées à 656 milliards d’euros, alors qu’elles avaient fortement progressé sur la période 2021-2022. Cette modeste augmentation de 0,7 % reflète les grandes disparités de la croissance régionale, mais les envois de fonds demeurent une source essentielle de financement extérieur pour les pays en développement en 2023, car ils soutiennent le compte courant de plusieurs pays aux prises avec l’insécurité alimentaire et les problèmes d’endettement. En 2023, les envois de fonds ont excédé le montant des investissements étrangers directs et de l’aide publique au développement. Les prévisions indiquent que les remises migratoires vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient croître à un rythme plus rapide de 2,3 % en 2024, même si cette progression sera inégale selon les régions. Les risques potentiels de contraction des projections découleraient d’une croissance économique plus faible que prévu dans les pays à revenu élevé qui accueillent des migrants et de la volatilité des prix du pétrole et des taux de change. « Les migrations et les envois de fonds qui en découlent sont des moteurs essentiels du développement économique et humain, explique Iffath Sharif, directrice mondiale du pôle Protection sociale et emploi à la Banque mondiale. De nombreux pays cherchent à organiser les migrations compte tenu de déséquilibres démographiques mondiaux et de déficits de main-d’œuvre d’un côté et, de l’autre côté, de taux de chômage importants et de pénuries de compétences. Nous travaillons à la mise en place de partenariats entre pays d’origine et d’accueil des migrants pour faciliter la formation, en particulier celle des jeunes, afin qu’ils acquièrent les compétences nécessaires pour obtenir de meilleurs emplois et revenus dans leurs pays d’origine et de destination. » En 2023, les remises migratoires ont surtout progressé vers l’Amérique latine et les Caraïbes (7,7 %), l’Asie du Sud (5,2 %) et l’Asie de l’Est et le Pacifique (4,8 %, hors Chine). En revanche, les transferts d’argent vers l’Afrique subsaharienne ont connu une légère diminution de 0,3 %, tandis que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont enregistré une chute de près de 15 %, et l’Europe et l’Asie centrale une baisse de 10,3 %. « La résilience des envois de fonds souligne leur importance pour des millions de personnes, souligne Dilip Ratha, économiste et auteur principal du rapport. Tirer parti des remises migratoires pour favoriser l’inclusion financière et l’accès aux marchés de capitaux peut améliorer les perspectives de développement des pays bénéficiaires. C’est pourquoi la Banque mondiale cherche à réduire les coûts associés et à faciliter les flux officiels en atténuant les risques politiques et commerciaux, afin de promouvoir l’investissement privé dans ce secteur. » L’envoi de fonds coûte toujours trop cher. Au quatrième trimestre 2023, le coût moyen mondial de l’envoi de 200 dollars s’élevait à 6,4 %, soit une légère hausse par rapport aux 6,2 % de l’année précédente et bien au-delà de l’objectif de 3 % fixé par les ODD. Le coût des transferts numériques était plus faible : 5 %, contre 7 % pour les méthodes classiques, ce qui met en évidence les avantages des progrès technologiques dans la réduction de la charge financière des migrants. Compte tenu de l’importance croissante des envois de fonds, il est essentiel de recueillir des données précises pour soutenir les objectifs de développement durable des Nations Unies relatifs à la baisse des coûts et à l’augmentation des volumes. Toutefois, les données statistiques sont encore incohérentes et incomplètes. L’écart global entre les flux entrants et sortants s’est creusé, car les canaux informels sont un facteur majeur, les migrants transportant de l’argent liquide sur eux lorsqu’ils rentrent dans leur pays. Le groupe de travail international pour l’amélioration des données sur les flux de transferts de fonds (RemitStat) publiera dans le courant de l’année un rapport contenant des recommandations pour optimiser la qualité des données. Tendances régionales Les envois de fonds à destination de l’Asie de l’Est et du Pacifique, à l’exclusion de la Chine, ont augmenté de 4,8 % pour atteindre 85 milliards de dollars en 2023. Ces transferts d’argent sont essentiels pour les économies des îles du Pacifique comme Palau, Samoa, Tonga et Vanuatu. Ainsi, les Tonga sont les plus dépendantes au niveau mondial, avec des remises migratoires qui représentent 41 % du PIB. En 2024, les envois de fonds des travailleurs migrants à destination de cette région, hors Chine, devraient progresser de 3,2 %. Le coût de l’envoi de 200 dollars vers la région s’élevait à 5,8 % en moyenne fin 2023, un pourcentage qui grimpe à 17,1 % pour le canal le plus onéreux. Les remises migratoires à destination de l’Europe et de l’Asie centrale ont enregistré un recul de 10,3 %, soit 71 milliards de dollars en 2023. Cette baisse est due à la diminution des transferts de la Russie vers de nombreux pays d’Asie centrale. En outre, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a contribué à affaiblir les envois de fonds vers l’Ukraine et la Russie par rapport aux prévisions. Selon les projections pour 2024, les remises migratoires vers cette région devraient baisser de 1,9 %. En outre, le coût de l’envoi de 200 dollars vers la région (hors Russie) a augmenté pour atteindre 6,7 % en moyenne, contre 6,4 % un an plus tôt. En Amérique latine et dans les Caraïbes, la croissance des envois de fonds a ralenti à 7,7 % en 2023, atteignant toutefois 156 milliards de dollars grâce au dynamisme du marché du travail aux États-Unis. Le Mexique a reçu 66,2 milliards de dollars, soit une augmentation de 7,8 %, et conserve ainsi sa place de premier bénéficiaire dans la région. L’évolution a été très variable dans les autres pays, allant d’une augmentation de 44,5 % au Nicaragua à une baisse de 13,4 % en Argentine. Globalement, les flux vers la région devraient augmenter de 2,7 % en 2024. Le coût de l’envoi de 200 dollars s’y est élevé en moyenne à 5,9 %, soit un taux pratiquement inchangé par rapport à l’année précédente. Les transferts d’argent vers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ont diminué de 15 % pour atteindre
Les envois de fonds des migrants à destination du Moyen-Orient et Afrique du Nord continuent de chuter

Les remises migratoires vers les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord continuent de baisser, a annoncé récemment la Banque mondiale. L’analyse de l’évolution des données suggère un recul d’environ 5,3%, selon les estimations de la dernière note d’information sur les migrations et le développement publiée par l’institution financière internationale. En effet, d’après l’institution de Bretton Woods, « les envois de fonds des migrants à destination du Moyen-Orient et Afrique du Nord poursuivent leur tendance à la baisse et devraient s’établir à 61 milliards de dollars en 2023 ». La baisse des remises migratoires « est imputable principalement à une chute des flux vers l’Égypte, où un écart important entre le taux de change officiel et le marché parallèle s’est probablement traduit par la non-comptabilisation d’une grande partie des transferts d’argent », a-t-elle expliqué. L’organisation basée à Washington affirme cependant que «la hausse des envois de fonds vers les pays du Maghreb a en partie compensé cette baisse», précisant que les frais d’envoi pour un montant de 200 dollars s’élevaient à 5,9% en moyenne au deuxième trimestre de 2023. Elle assure par ailleurs que « les remises migratoires vers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord devraient renouer avec une croissance de 2,1% en 2024, à la faveur du redressement anticipé des flux vers l’Égypte». A l’échelle internationale, les envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire auraient augmenté de 3,8% en 2023. Ils marquent ainsi le pas par rapport aux fortes hausses enregistrées ces deux dernières années, a fait remarquer la Banque mondiale dans sa note alertant sur le risque d’une baisse des revenus réels des migrants en 2024 dans un contexte mondial marqué par l’inflation et de faibles perspectives de croissance économique. La résilience des marchés du travail dans les économies avancées et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ayant préservé la capacité des migrants à envoyer des fonds dans leur pays d’origine, les envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire auraient alors atteint 669 milliards de dollars en 2023, selon l’institution. Poursuivant son analyse de l’évolution des envois de fonds au niveau des régions de destination, la Banque mondiale rapporte « une hausse des remises migratoires vers l’Amérique latine et les Caraïbes (8 %), l’Asie du Sud (7,2 %), l’Asie de l’Est et le Pacifique (3 %), et l’Afrique subsaharienne (1,9 %) ». Les transferts d’argent vers l’Europe et Asie centrale ont de leur côté fléchi de 1,4%, alors qu’elles avaient connu un boom de plus de 18 % en 2022, a-t-elle noté. Selon la note d’information de l’institution, les Etats-Unis restent la principale source d’envois de fonds des migrants citant comme principaux pays bénéficiaires cette année : l’Inde (125 milliards de dollars), le Mexique (67 milliards de dollars), la Chine (50 milliards de dollars), les Philippines (40 milliards de dollars) et l’Égypte (24 milliards de dollars). La même source ajoute que « les pays dans lesquels le poids des remises migratoires en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) est particulièrement élevé – signe de l’importance de la contribution de ces fonds au financement des déficits du compte courant et des finances publiques – sont le Tadjikistan (48% du PIB), les Tonga (41%), le Samoa (32%), le Liban (28%) et le Nicaragua (27%). Enfin, tenant compte des tendances à la baisse de l’activité économique mondiale, la Banque mondiale s’attend à ce que la croissance des transferts d’argent vers les pays à revenu faible et intermédiaire ralentisse encore en 2024. Selon les projections de l’organisation, elle devrait s’établir à 3,1% en raison du ralentissement de la croissance économique et de l’essoufflement des marchés de l’emploi dans plusieurs pays à revenu élevé. A en croire l’institution, « la volatilité des prix du pétrole et des taux de change, ainsi qu’un coup de frein plus marqué que prévu dans les économies à revenu élevé sont autant de risques susceptibles de dégrader ces prévisions ». Alain Bouithy
Banque mondiale: recul des envois de fonds des migrants à destination du Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les envois de fonds des migrants à destination du Moyen-Orient et Afrique du Nord ont diminué de 3,8 % en 2022, a annoncé mardi 13 juin la Banque mondiale. Dans sa dernière note d’information sur les migrations et le développement, l’institution financière internationale indique qu’ils se sont établis à 64 milliards de dollars l’année dernière alors qu’ils avaient affiché une augmentation de 12,2 % en 2021. D’après les données publiées par la Banque mondiale, « certaines économies de la région, parmi lesquelles plusieurs pays du Maghreb, ont cependant enregistré des hausses légères ». Selon les pronostics de l’institution de Bretton Woods, « cette année »en 2023, les remises migratoires devraient augmenter de 1,7 %, avec des projections qui diffèrent selon les sous-groupes de la région, en fonction de leurs principaux pays d’accueil et de leur degré d’exposition à l’inflation et à la volatilité financière ». La note de la Banque indique par ailleurs que « le coût d’un transfert de 200 dollars vers la région était, en moyenne, de 6,2 % au quatrième trimestre de 2022, contre 6,4 % un an auparavant ». Martin Kam
Les envois de fonds des migrants résistent, mais marquent le pas

Selon la dernière note d’information sur les migrations et le développement publiée aujourd’hui (mardi 13, DNR) par la Banque mondiale, les remises migratoires à destination des pays à revenu faible et intermédiaire devraient s’accroître de 1,4 % pour s’établir à 656 milliards de dollars en 2023, dans la perspective probable d’un ralentissement de l’activité économique dans les pays d’origine de ces fonds qui limitera les possibilités d’emploi et de progression salariale chez les travailleurs migrants. Le nouveau rapport fait également état d’une révision à la hausse des envois de fonds enregistrés en 2022, qui ont augmenté de 8 % pour atteindre 647 milliards de dollars. En cette période d’après-COVID, qui se caractérise par un ralentissement de la croissance économique et une contraction des investissements directs étrangers, les envois de fonds des travailleurs à l’étranger revêtent une importance accrue pour les pays et les ménages ; ils sont en effet une source de financement extérieur résiliente, en particulier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui ont accumulé de lourdes dettes extérieures. « Les envois de fonds des travailleurs migrants complètent dans une très large mesure les transferts monétaires de l’État et revêtent une importance cruciale pour les ménages durant les périodes difficiles, explique Michal Rutkowski, directeur du pôle mondial d’expertise en Protection sociale et emploi de la Banque mondiale. À travers ses travaux d’analyse et ses opérations dans le domaine migratoire, la Banque mondiale s’attache à faciliter les transferts d’argent et à en réduire le coût. » En 2022, ces envois de fonds ont bénéficié du niveau élevé des cours du pétrole dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe, qui a entraîné une augmentation des revenus des migrants, des importants transferts de fonds de la Fédération de Russie à des pays d’Asie centrale, et de la robustesse du marché du travail aux États-Unis et dans les économies avancées où vont travailler les migrants. Au niveau des régions de destination, les remises migratoires ont augmenté de 0,7 % en Asie de l’Est et Pacifique, de 19 % en Europe et Asie centrale, de 11,3 % en Amérique latine-Caraïbes, de 12,2 % en Asie du Sud et de 6,1 % en Afrique subsaharienne. Elles ont diminué de 3,8 % dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Les cinq principaux bénéficiaires de ces envois de fonds étaient, en 2022, l’Inde (111 milliards de dollars), le Mexique (61 milliards de dollars), la Chine (51 milliards de dollars), les Philippines (38 milliards de dollars) et le Pakistan (30 milliards de dollars). Les pays dans lesquels le poids des remises migratoires en pourcentage du PIB est particulièrement élevé — signe de l’importance de la contribution de ces fonds au financement des déficits du compte courant et des finances publiques — sont le Tadjikistan (51 % du PIB), les Tonga (44 %), le Liban (36 %), le Samoa (34 %) et la République kirghize (31 %). « Les envois de fonds des travailleurs migrants sont devenus une bouée de sauvetage pour de nombreux pays en difficulté durant la pandémie, et seront encore plus nécessaires au cours des périodes à venir, fait observer Dilip Ratha, principal auteur du rapport et directeur de KNOMAD. Nous collaborons plus étroitement avec les pays d’origine et avec les pays bénéficiaires dans le but d’améliorer les données et de tirer parti des envois de fonds pour mobiliser des capitaux du secteur privé grâce à l’émission d’“obligations diaspora” et au rehaussement des notes souveraines. » À l’échelle mondiale, le coût du transfert de 200 dollars était, en moyenne, de 6,2 % au quatrième trimestre de 2022, soit légèrement plus que les 6 % enregistrés un an auparavant, et plus du double de la cible de 3 % fixée par les Objectifs de développement durable, selon la base de données de la Banque mondiale sur le coût des transferts d’argent dans le monde. Les banques sont les intermédiaires les plus coûteux (11,8 % en moyenne), suivis par les bureaux de poste (6,3 %), les opérateurs de transfert de fonds (5,4 %) et les opérateurs de services mobiles (4,5 %). Bien que ces derniers offrent les services les moins onéreux, ils ne traitent que moins de 1 % du volume total des transactions.
Hausse de 40% des envois de fonds vers le Maroc en 2021

Les envois de fonds vers les pays en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) ont augmenté de 7,6% au titre de l’année 2021 pour atteindre 61 milliards de dollars, a annoncé la Banque mondiale. Cetteévolution est due aux fortes hausses des transferts d’argent vers le Maroc et l’Egypte qui ont capté respectivement 40 et 6,4% au cours de l’année écoulée, a indiqué l’institution financière internationale. La progression des remises migratoires vers la région «s’explique par la croissance économique enregistrée dans les pays d’accueil de l’Union européenne, ainsi que par les migrations de transit, qui ont contribué à une hausse des envois vers des pays d’accueil temporaire comme l’Egypte, le Maroc et la Tunisie», a expliqué la Banque mondiale dans une note d’information sur les migrations et le développement. La Banque mondiale a cependant prévenu que les remises migratoires vers la région MENA devraient connaître un repli au terme de l’année en cours. L’institution de Bretton Woods «s’attend à un ralentissement de la croissance des remises migratoires vers la région, qui devrait s’établir à 6%», a-t-elle souligné. Dans sa note d’information, rendue publique récemment, la Banque mondiale a également rappelé que les envois de fonds des migrants constituent depuis longtemps la principale source de ressources extérieures (61 % en 2021) pour les pays en développement de la région MENA. Selon l’institution internationale, les transferts d’argent arrivent devant l’aide publique au développement, l’investissement direct étranger (IDE) et les flux de placement et d’endettement. La Banque mondiale note, par ailleurs que « le coût d’envoi de 200 dollars vers la région a diminué au quatrième trimestre 2021, à 6,4%, contre 6,6% un an auparavant ». A l’échelle mondiale, «les envois de fonds officiellement enregistrés vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient augmenter de 4,2% et s’élever à 630 milliards de dollars cette année», a indiqué l’institution financière dans sa note. Selon toujours les estimations de la Banque mondiale, «on s’attend en 2022 à un boom de plus de 20% des envois de fonds vers l’Ukraine, principal pays bénéficiaire des remises migratoires en Europe et Asie centrale». Dans sa note, l’institution précise toutefois que «les transferts d’argent des migrants vers de nombreux pays d’Asie centrale, dont la principale source est la Russie, vont probablement chuter de manière spectaculaire». Selon la même source, « ces baisses, combinées à la hausse des prix des denrées alimentaires, des engrais et du pétrole, sont susceptibles d’accroître les risques d’insécurité alimentaire et d’exacerber la pauvreté dans bon nombre de ces pays». Quoi qu’il en soit, et selon les explications des experts de la Banque mondiale, la hausse attendue des remises migratoires vers les pays à revenu faible et intermédiaire fait suite à une reprise presque record de 8,6% observée en 2021. Comme l’a rappelé la Banque, les remises migratoires ont considérablement augmenté au cours de l’année écoulée, en Amérique latine et Caraïbes (25,3%), en Afrique subsaharienne (14,1%), en Europe et Asie centrale (7,87%), au Moyen-Orient et Afrique du Nord (7,6%) et en Asie du Sud (6,9%). En revanche, cela n’a pas été le cas en Asie de l’Est et Pacifique où les envois de fonds ont accusé une baisse de 3,3%, a-t-elle fait savoir indiquant toutefois la région a tout de même enregistré une hausse de 2,5% si l’on exclut la Chine. Il est important de rappeler également qu’«à l’exclusion de la Chine, les remises migratoires représentent la plus grande source de financement extérieur pour les pays à revenu faible et intermédiaire depuis 2015», selon la Banque mondiale. Il est à noter, par ailleurs, que «les cinq principaux pays bénéficiaires des envois de fonds en 2021 étaient l’Inde, le Mexique (qui a supplanté la Chine), la Chine, les Philippines et l’Egypte» et que «parmi les pays où le volume des remises migratoires en pourcentage du PIB est très élevé figurent le Liban (54%), les Tonga (44%), le Tadjikistan (34%), la République kirghize (33%) et le Samoa (32%)». Globalement, la note d’information de la Banque mondiale révèle que «le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars était de 6% au quatrième trimestre de 2021, soit le double de la cible fixée par les Objectifs de développement durable (ODD), à savoir 3%». Selon la base de données de l’institution, «c’est vers l’Asie du Sud qu’il est le moins coûteux d’envoyer de l’argent (4,3%) et vers l’Afrique subsaharienne que les frais sont au contraire les plus onéreux (plus de 7,8%)». Alain Bouithy
Banque Mondiale: Forte progression des envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire en 2018

Selon la dernière édition de la note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, publiée dernièrement les envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont connu une croissance rapide en 2018 et devraient établir un nouveau record. La Banque mondiale estime que les envois de fonds officiellement enregistrés vers les pays en développement augmenteront de 10,8 % en 2018, pour atteindre 528 milliards de dollars. Ce nouveau record fait suite aux bonnes performances de 2017, avec une progression de 7,8 %. En comptabilisant également les envois à destination des pays à revenu élevé, les transferts dans le monde devraient ressortir à 689 milliards de dollars en 2018, soit une hausse de 10,3 %. En progression dans toutes les régions, les transferts d’argent ont particulièrement augmenté en Europe et en Asie centrale (20 %) et en Asie du Sud (13,5 %), devant l’Afrique subsaharienne (9,8 %), l’Amérique latine et les Caraïbes (9,3 %), le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (9,1 %) et l’Asie de l’Est et le Pacifique (6,6 %). Le redressement de l’économie et du marché de l’emploi aux États-Unis et le rebond des flux en provenance des pays du Conseil de coopération du Golfe et de la Fédération de Russie sous-tendent cette progression. L’Inde reste le premier bénéficiaire de ces transferts, avec 80 milliards de dollars cette année, suivie par la Chine (67 milliards), le Mexique et les Philippines (34 milliards chacun) et l’Égypte (26 milliards). Avec le ralentissement attendu de la croissance mondiale, le rythme des envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire devrait ralentir en 2019, à 4 %, pour un volume total de 549 milliards de dollars. À l’échelle mondiale, ces transferts devraient s’établir à 715 milliards de dollars en 2019, soit une hausse de 3,7 %. La note d’information rappelle que le coût moyen d’un transfert de 200 dollars reste élevé, à 6,9 % pour le troisième trimestre 2018, loin de la cible de 3 % à l’horizon 2030 fixée dans les Objectifs de développement durable (ODD 10.7). La hausse du volume des envois de fonds dans le monde fait également partie des objectifs internationaux, pour financer la réalisation des ODD. « Malgré les progrès techniques, le coût des transferts reste trop élevé, puisqu’il est deux fois supérieur à la cible de 3 % fixée par les ODD. L’ouverture des marchés à la concurrence et la promotion de technologies à bas coût allégeront la facture pour les clients les plus démunis », souligne Mahmoud Mohieldin, premier vice-président de la Banque mondiale pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030, les relations avec les Nations Unies et les partenariats. L’Asie du Sud affiche le coût de transferts le plus faible, à 5,4 %, l’Afrique subsaharienne se situant à l’autre extrême, avec un taux de 9 %. Aucune solution ne semble se profiler pour compenser les pratiques qui renchérissent les coûts, comme les mesures d’atténuation des risques des banques qui entraînent la clôture des comptes bancaires des intermédiaires. En permettant à l’opérateur de taxer plus lourdement les clients pauvres obligés de passer par les bureaux de poste, les contrats d’exclusivité entre établissements postaux nationaux et opérateurs de transfert d’argent interdisent eux aussi la baisse des coûts. « Le repli des cours du pétrole, des politiques migratoires restrictives et un ralentissement global de la croissance économique sont autant de facteurs qui pèsent sur l’avenir des envois de fonds. Pour de nombreux ménages, ces transferts contribuent directement à atténuer leur pauvreté et la Banque mondiale est parfaitement outillée pour aider les pays à les faciliter », explique Michal Rutkowski, directeur principal du pôle mondial d’expertise en Protection sociale et emplois à la Banque mondiale. La note d’information rend également compte du suivi de la cible des ODD visant à réduire les frais de recrutement payés par les travailleurs migrants, qui ont tendance à être importants, surtout pour les personnes peu qualifiées. « Les frais de recrutement payés par les travailleurs migrants peu qualifiés constituent une ponction considérable sur les envois de fonds. Ils représentent parfois plus de deux années de revenu de ces travailleurs. L’amélioration des pratiques de recrutement pourrait, en faisant baisser ces coûts, augmenter les envois de fonds aux familles démunies », fait observer Dilip Ratha, auteur principal de la note et chef du programme KNOMAD. La réduction de ces coûts fait partie des objectifs énoncés dans l’ODD 10.7 visant à faciliter la migration et la mobilité de façon ordonnée, sans danger, régulière et responsable (…) Avec BM
Journée internationale des envois de fonds à la famille: travailler pour construire la prospérité des communautés d’origine

Dans la perspective de la Journée internationale des envois de fonds à la famille, qui sera célébrée le 16 juin, Gilbert F. Houngbo, Président du Fonds international de développement agricole (FIDA), appelle à poursuivre la mobilisation pour que les familles recevant des fonds de travailleurs émigrés construisent, pour elles-mêmes et leur communauté, un avenir durable. Ce message de M. Houngbo salue la résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, ce mardi, officialisant cette Journée internationale, dont l’initiative revient au Conseil des gouverneurs du FIDA. La résolution met en lumière le fait que les envois de fonds jouent un rôle essentiel dans le développement durable. En 2017, 200 millions de travailleurs émigrés ont envoyé 481 milliards d’USD vers des pays tributaires de ces transferts, dont 466 milliards d’USD en direction de pays en développement, contribuant ainsi à soutenir quelque 800 millions de personnes dans le monde. Ce volume représente plus de trois fois le montant annuel de l’aide publique au développement fournie par les pays donateurs. Selon les estimations du FIDA, 6 500 milliards d’USD seront ainsi envoyés vers les pays en développement entre 2015 et 2030, et le nombre d’expéditeurs et de destinataires concernés dépassera un milliard. Près de la moitié de ces fonds seront envoyés vers des zones rurales, où la pauvreté et la faim sont les plus aiguës. « Les envois de fonds sont essentiels pour des millions de familles dans le monde, car ils les aident à atteindre leurs propres objectifs de développement, mais nous pouvons les aider à en tirer meilleur parti pour construire leur avenir à long terme », a déclaré M. Houngbo. D’après l’analyse du FIDA, les familles bénéficiaires dépensent environ 75% des fonds envoyés pour satisfaire des besoins élémentaires – alimentation, logement, éducation et santé. Les envois de fonds contribuent à réduire la faim et la malnutrition, à élever les niveaux d’éducation et de santé, et à libérer les populations de la pauvreté. Ce faisant, ils contribuent directement à la réalisation des Objectifs de développement durable fixés par la communauté internationale il y a trois ans. D’après le FIDA, les 25% restants, soit plus de 100 milliards d’USD, pourraient être investis dans des actifs financiers et physiques comme de l’épargne ou la création de petites entreprises qui aideraient ces familles à construire leur avenir. En effet, ces activités productives peuvent aussi créer des emplois et transformer l’économie, surtout en milieu rural. « Si elles disposent d’options de placement appropriées, adaptées à leurs circonstances et objectifs, les familles destinataires investiront davantage et deviendront des agents du changement au sein de leur communauté », a encore expliqué M. Houngbo. En mai, à Kuala Lumpur, plus de 400 décideurs, représentant les secteurs public et privé, la société civile et le FIDA, ont assisté au Forum mondial sur les transferts d’argent, l’investissement et le développement. Ils ont endossé un ensemble de recommandations visant à faire des envois de fonds un véritable moteur de développement. Ces recommandations proposent en particulier des moyens de développer l’accès aux services financiers de base, comme l’épargne et le crédit, qui sont fondamentaux pour que les familles puissent faire un usage productif de leur argent. Aujourd’hui, la majeure partie de ces fonds sont encore reçus en espèces et dépensés immédiatement. Les recommandations ont également porté sur la création de mécanismes et de possibilités d’investissement mieux adaptés aux besoins des diasporas désireuses d’investir dans leur pays d’origine. Reconnaissant le coût élevé de ces transferts d’argent, le FIDA appelle, en cette Journée internationale, à réduire encore les frais de transfert. Si le coût de ces envois a été divisé par deux au cours des cinq dernières années, il représente encore, en moyenne, 7,13% des montants envoyés. Et dans de nombreux endroits, ce coût est beaucoup plus élevé: en Afrique subsaharienne, par exemple, les expéditeurs peuvent dépenser jusqu’à 9,3% de frais. On estime que 20 milliards d’USD supplémentaires seraient disponibles pour les familles dans les pays en développement si la cible de 3% de frais fixée par la communauté internationale dans l’objectif de développement durable n°10, réduire les inégalités, était atteinte. Selon Pedro De Vasconcelos, spécialiste supérieur des envois de fonds au FIDA, les technologies mobiles et les monnaies numériques pourraient radicalement transformer ces marchés en réduisant le coût et le temps exigés par les envois de fonds, en particulier vers les zones rurales. Cependant, le développement de ces technologies reste freiné par le manque d’harmonisation de la réglementation entre les pays. « La promesse des technologies numériques reste à concrétiser: il est impératif que l’environnement réglementaire autorise la mise en œuvre de solutions de transfert sûres, abordables et rapides, au bénéfice des familles », a déclaré M. De Vasconcelos. Voilà plus d’une dizaine d’années que le FIDA s’emploie à accroître l’incidence des envois de fonds sur le développement. Son programme consacré à ce thème compte plus d’une soixantaine de projets innovants dans plus de 45 pays. Les projets achevés se sont traduits par un renforcement de la concurrence et un abaissement des coûts de transaction grâce aux technologies mobiles, et ont encouragé l’inclusion financière et l’acquisition de notions élémentaires dans ce domaine.
Les envois de fonds des migrants vers l’Afrique subsaharienne devraient bondir de 10 % cette année

« Étant donné la croissance économique dans les pays de l’OCDE à revenu élevé, les envois de fonds en direction de l’Afrique subsaharienne devraient faire un bond de 10 %, à 38 milliards de dollars, cette année », a annoncé récemment la Banque mondiale. Selon l’institution financière internationale, les principaux pays destinataires des fonds que sont le Nigéria, le Sénégal et le Ghana devraient tous en bénéficier. Dans une note d’information sur les migrations et le développement, publiée le 3 octobre dernier, la BM a affirmé que la région compte aussi un certain nombre d’autres pays où les envois de fonds représentent une part significative du produit intérieur brut (PIB). « C’est notamment le cas pour le Nigéria (26 % du PIB), les Comores (21 %) et la Gambie (20 %). En 2018, la hausse des transferts de fonds devrait se limiter à 3,8 % (39 milliards de dollars) », a-t-elle précisé. D’après la Banque mondiale, les envois de fonds officiellement enregistrés vers les pays en développement ont atteint globalement 450 milliards de dollars, soit une progression de 4,8 %. « Si l’on comptabilise également les envois à destination des pays à revenu élevé, le montant total des transferts dans le monde devrait atteindre 596 milliards de dollars (+3,9 %) », a indiqué l’institution sur son site officiel, précisant que cette reprise des envois de fonds s’explique par une croissance plus vigoureuse au sein de l’Union européenne, dans la Fédération de Russie et aux États-Unis. Par conséquent, la BM a soutenu que « cette année, trois régions devraient bénéficier de la plus forte hausse de ces flux : l’Afrique subsaharienne, l’Europe et l’Asie centrale, et l’Amérique latine et les Caraïbes ».