Congo-Brazzaville : Une campagne lancée, une nation toujours en débat

Congo-Brazzaville : Une campagne lancée, une nation toujours en débat

Les Congolais restent dans l’attente des consignes des non-participants à l’élection présidentielle. SANS DETOUR. Le 28 février, la République du Congo a officiellement ouvert la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 15 mars. Pendant deux semaines, sept candidats sont appelés à convaincre les électeurs. Parmi eux, le président sortant Denis Sassou Nguesso, face à Gavet Elengo Melaine Destin ; Kignoumbi Kia-Mboungou Joseph ; Mafoula Uphrem Dave ; Manangou Vivien Romain ; Mavoungou-Zinga Mabio ; et Nganguia Engambe Anguios. La machine électorale est en marche. Mais la nation, elle, demeure traversée par un débat fondamental : faut-il participer ou non à cette élection ? Un débat persistant en pleine campagne électorale Alors que les candidats déclarés ont choisi d’entrer pleinement dans la compétition électorale, une frange importante de la classe politique observe encore une posture d’attente, voire de réserve stratégique. Le débat entre participation et non-participation demeure ouvert et continue de structurer en profondeur l’espace politique congolais. Mais une question s’impose désormais : ce débat sert-il encore véritablement la cause démocratique, ou risque-t-il de s’enfermer dans une répétition stérile, sans impact réel sur l’issue du processus électoral ? Au cœur de cette attente se trouve le Rassemblement des forces du changement, dirigé par Clément Mierassa. Lors d’une tribune télévisée réunissant l’ensemble de ses responsables, cette plateforme avait annoncé qu’elle rendrait publiques des consignes claires concernant sa position face à l’élection. Par ailleurs, l’un de ses principaux leaders, Jean Jacques Serge Yhombi Opango, président du Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD), a confirmé que ces orientations seraient prochainement formulées. Cette annonce maintient l’attention et alimente l’attente d’une clarification politique susceptible d’influencer le positionnement d’une partie significative de l’opinion. À ce jour, de nombreux Congolais restent suspendus à ces consignes, espérant qu’elles viendront éclairer le débat national et préciser la posture à adopter dans le contexte électoral actuel. Les limites stratégiques de la non-participation Ainsi, si les participants ont marqué un premier pas dans le processus électoral, les non-participants — ou les indécis stratégiques — n’ont pas encore dit leur dernier mot. Le paysage politique demeure en tension, suspendu à des orientations susceptibles d’influencer une frange importante de l’opinion. Parmi ceux qui ont choisi de ne pas prendre part à l’élection figure Modeste Boukadia, président du CDRC, qui appelle à une transition cogérée. Une telle perspective soulève toutefois la question des moyens concrets de sa mise en œuvre. Sans leviers de pression structurés — notamment l’appui des organisations syndicales ou l’adhésion de segments de la force publique — cette option apparaît, à ce stade, difficile à traduire en dynamique politique effective. Une certitude institutionnelle Malgré l’intensité des débats, une évidence s’impose : au terme du processus électoral, un président sera proclamé et exercera le pouvoir pour un mandat de cinq ans. À l’instar de la Constitution, qui s’impose à tous — qu’on l’ait approuvée ou contestée —, le verdict des urnes produira un cadre institutionnel auquel la nation devra se conformer. Il semble peu probable que des acteurs politiques incapables de s’accorder en amont sur une stratégie commune puissent, en aval, constituer un front cohérent et efficace pour contester les résultats. D’autant plus qu’une contestation crédible suppose des preuves tangibles de fraudes ou d’irrégularités. Or, comment réunir de tels éléments lorsqu’on n’a pas pris part au processus, ni déployé de représentants dans les bureaux de vote, ni participé aux mécanismes de contrôle électoral ? Même les stratégies de lobbying évoquées par certains, notamment par Maître Brice Nzamba, risquent de se heurter à des limites pratiques et politiques si elles ne s’appuient pas sur des éléments factuels solides et vérifiables. L’histoire politique récente du pays invite ainsi à la prudence quant à l’hypothèse d’un front post-électoral unifié capable d’inverser ou de bloquer une dynamique institutionnelle déjà enclenchée. Mais au-delà de ces considérations stratégiques, un problème plus fondamental mérite d’être posé. L’angle mort de la campagne : le projet de société La campagne est lancée. Les meetings se multiplient. Les discours s’enchaînent. Pourtant, le débat sur les projets de société demeure étonnamment discret. Le président sortant prône « la continuité de la marche ». Mais quelle marche ? Il existe plusieurs types de marche : la marche nordique, structurée et méthodique ; la marche sportive, rythmée et performante ; la marche d’endurance, collective et disciplinée ; la marche urbaine, culturelle et pédagogique ; ou encore la randonnée, exigeante et orientée vers un objectif clairement défini. Parler de continuité sans préciser la nature, le cap et les indicateurs de cette marche revient à entretenir une ambiguïté stratégique. Continuer, oui — mais vers quoi ? Selon quel modèle de développement ? Avec quelles priorités nationales clairement hiérarchisées ? Quant aux autres candidats, leur discours s’articule principalement autour de la critique du mandat sortant. L’attaque supplée la proposition. La dénonciation tient lieu de programme. L’opposition semble davantage structurée contre un homme que pour une vision alternative structurée. Une responsabilité collective Plus préoccupant encore : l’exigence citoyenne d’un projet de société formalisé ne s’impose pas comme thème central du débat public. Le risque est alors de réduire l’élection à un choix de personnes, d’alliances ou de stratégies, plutôt qu’à un choix de trajectoire nationale. La question fondamentale n’est pas seulement de savoir qui participera, qui appellera au boycott, ou qui donnera des consignes. Elle est de savoir quel projet commun portera la nation au-delà du scrutin. Vers un projet commun institutionnalisé Cette situation offre l’occasion de réitérer une proposition formulée dans l’ouvrage Kongo Ya Sika : Et, si nous créions notre démocratie ? : l’institutionnalisation d’un Dialogue national permanent — ou d’une Conférence nationale souveraine — comme cadre structurant de l’élaboration d’un projet commun de société. Un tel cadre permettrait d’identifier les priorités nationales consensuelles ; de définir des objectifs stratégiques clairs à moyen et long terme ; d’inscrire ces priorités dans une feuille de route que le président élu aurait l’obligation politique et morale d’exécuter. Dans cette perspective, l’élection présidentielle ne serait plus seulement la désignation d’un dirigeant, mais le choix d’un exécutant

Congo. Anatole Limbongo Ngoka : entre renoncement de sa candidature, indépendance et leçons politiques

Congo. Anatole Limbongo Ngoka : entre renoncement de sa candidature, indépendance et leçons politiques

Vous avez dit qu’il était accompagnateur de Sassou Nguesso… TRIBUNE. L’annonce du renoncement de la candidature d’Anatole Limbongo Ngoka a surpris, attristé, parfois désorienté. Anatole Limbongo Ngoka, candidat déclaré à l’élection présidentielle de mars prochain en République du Congo, a officiellement renoncé à sa candidature. La raison est aussi simple que lourde de signification : l’impossibilité de réunir la caution de participation fixée à 25 millions de francs CFA. Au-delà de l’émotion suscitée chez ceux qui croyaient en sa personnalité et en sa vision politique inspiree de la doctrine sociale de l’eglise, cette décision ouvre un débat de fond sur la démocratie, l’indépendance politique et les mécanismes d’exclusion indirecte dans les processus électoraux. Une caution électorale : droit ou barrière ? La première leçon est d’ordre institutionnel et démocratique. La participation à une élection présidentielle relève, en principe, de l’exercice d’un droit politique fondamental. Pourtant, l’exigence d’une caution de 25 millions de francs CFA pose une question centrale : à quel moment une mesure administrative devient-elle un obstacle social et politique ? Dans un contexte où les ressources financières sont inégalement réparties, un tel montant peut fonctionner comme un filtre économique. Il ne sélectionne pas seulement des projets politiques ; il sélectionne des capacités financières. Le fait qu’Anatole Limbongo Ngoka n’ait pas pu réunir cette somme révèle, paradoxalement, un élément essentiel : il ne bénéficiait ni d’un puissant réseau de sponsors, ni d’un soutien financier structuré, contrairement à ce que certaines langues fourchues et malveillantes ont propagé sur les réseaux sociaux. Cette incapacité objective vient contredire les accusations selon lesquelles il aurait été un pion ou un accompagnateur de Denis Sassou Nguesso ou du Parti Congolais du Travail (PCT). Si tel avait été le cas, la caution aurait été, sans difficulté, mobilisée. Son retrait, loin de confirmer une quelconque connivence, met plutôt en lumière une indépendance réelle — peut-être trop réelle dans un système où la politique reste fortement adossée aux moyens financiers. La parabole de l’ivraie : une lecture symbolique La situation rappelle une dimension biblique riche d’enseignement : la parabole de l’ivraie et du bon grain (Matthieu 13, 24-30). Dans cette parabole, un homme sème du bon grain, mais un ennemi vient semer de l’ivraie au milieu du champ. Les serviteurs proposent d’arracher l’ivraie immédiatement, mais le maître refuse, de peur d’arracher aussi le bon grain. Il décide d’attendre la moisson pour séparer les deux. Transposée au champ politique, cette parabole illustre la coexistence du vrai et du faux, de l’authentique et du soupçon, de la sincérité et de la manipulation. Le temps finit toujours par révéler les réalités. Dans le cas d’Anatole Limbongo Ngoka, les accusations le présentant comme un simple accompagnateur du pouvoir s’effritent d’elles-mêmes face à l’épreuve des faits. La « moisson » politique, ici, a révélé une vérité inattendue. Le dénigrement systématique des partisans de la participation électorale Au-delà du cas particulier d’Anatole Limbongo Ngoka, un phénomène plus large mérite d’être analysé : le dénigrement systématique de tous ceux qui appellent à la participation aux élections. Dans le débat politique congolais, une équation simpliste semble s’imposer : participer aux élections équivaudrait à cautionner le système en place. Ainsi, toute personnalité politique qui choisit la voie électorale est immédiatement soupçonnée d’être un « accompagnateur » de Denis Sassou Nguesso, voire un allié tacite du Parti Congolais du Travail. Or, ces accusations sont souvent formulées sans preuves tangibles. Elles reposent davantage sur des présomptions idéologiques que sur des faits établis. Cette logique enferme le débat public dans une opposition binaire : boycotter ou trahir. Une telle posture pose problème pour la vitalité démocratique. Dans toute démocratie, la participation électorale est un droit et un choix stratégique. Certains optent pour la confrontation institutionnelle par les urnes ; d’autres choisissent la contestation ou le boycott. Ces deux options relèvent de stratégies politiques différentes, mais aucune ne devrait être disqualifiée moralement par principe. Qualifier sans preuve tous les candidats ou sympathisants de la participation d’« accompagnateurs » revient à nier leur autonomie politique et à confisquer le pluralisme des stratégies. Le défi du lobbying et la question des preuves Un autre élément vient complexifier davantage le débat : l’initiative de lobbying que souhaite organiser Maître Brice Nzamba afin de dénoncer d’éventuelles fraudes et irrégularités électorales. L’intention peut apparaître légitime dans un contexte où la transparence électorale est régulièrement questionnée. Cependant, la principale difficulté résidera dans l’adhésion des candidats confirmés à cette dynamique. Sans leur participation active, sans leur engagement formel et sans la mise à disposition d’éléments concrets, l’action de lobbying risque de manquer de force et de crédibilité. Car pour bien mener sa mission, il ne suffira pas d’exprimer des soupçons ou des ressentis. Il faudra produire des preuves tangibles de fraude et d’irrégularités : procès-verbaux, témoignages vérifiés, incohérences documentées, écarts statistiques démontrables. En matière électorale, l’argumentation morale ne remplace pas l’argumentation factuelle. Si les candidats engagés dans la compétition ne participent pas à la collecte et à la consolidation de ces preuves, l’initiative pourrait se heurter à une limite structurelle : l’impossibilité de transformer une conviction politique en dossier juridiquement et diplomatiquement défendable. Les fausses accusations : le poison du débat public La vie politique congolaise — comme beaucoup d’autres — est marquée par une culture du soupçon. Des personnalités parfois peu connues sont rapidement cataloguées, assimilées, disqualifiées, souvent sans preuve. L’objectif est clair : décourager, semer le doute, fragiliser. Cette attitude rappelle l’épisode des disciples d’Emmaüs (Luc 24, 18-35). Après la résurrection, deux disciples marchent avec Jésus sans le reconnaître. Leur regard est obscurci par leurs attentes, leurs déceptions et leurs préjugés. De la même manière, en politique, le regard peut être biaisé par l’appartenance départementale, l’origine ethnique, l’affiliation partisane ou une divergence idéologique. On juge avant de comprendre. On condamne avant de connaître. Or, cette logique du dénigrement permanent appauvrit le débat démocratique. Elle transforme l’espace politique en terrain d’antipathie plutôt qu’en lieu de confrontation d’idées. Une démocratie à interroger L’affaire soulève donc plusieurs interrogations majeures : La question de l’accessibilité financière des candidatures

Le business lucratif des opposants à l’élection présidentielle au Congo Brazzaville

Le business lucratif des opposants à l’élection présidentielle au Congo Brazzaville

LIBRE EXPRESSION. À l’approche de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026, une interrogation fondamentale traverse la conscience collective congolaise : quelle trajectoire emprunte réellement notre nation ? Cette question traduit une inquiétude profonde face à une mutation progressive du champ politique, devenu non plus un espace de service public et de confrontation d’idées, mais un instrument privilégié d’ascension sociale et d’enrichissement individuel. Dans un contexte où les mécanismes classiques de mobilité sociale sont fragilisés, la politique apparaît désormais comme l’un des rares canaux d’accès à la reconnaissance, au pouvoir et aux ressources économiques. Elle tend ainsi à se transformer en un véritable « eldorado » pour des acteurs opportunistes en quête de visibilité et de rente symbolique ou matérielle. À la veille de l’échéance présidentielle, la multiplication des déclarations de candidatures, y compris au sein de la diaspora, semble moins relever d’un engagement programmatique structuré que d’une stratégie de positionnement. Certaines de ces candidatures donnent l’impression de constituer des signaux adressés au pouvoir en place, dans la perspective d’occuper un rôle de figurant au sein d’un processus électoral dont l’issue serait déjà anticipée. Cette dynamique soulève une question essentielle : celle des capacités réelles – financières, organisationnelles et politiques – des prétendants déclarés. Le dépôt de candidature, fixé à 25 millions de francs CFA (environ 38 000 euros), constitue un filtre économique significatif, non remboursable, à verser à la Direction des Affaires Électorales (DAE). Or, dans un pays où des catégories socioprofessionnelles telles que les professeurs de l’université Marien Ngouabi, connaissent des retards et arriérés de salaires, et où nombre d’opérateurs économiques évoluent dans un environnement économique fragile, il est légitime de s’interroger sur l’origine et la transparence des fonds mobilisés. La pratique croissante des appels aux dons, sans publication systématique des contributeurs ni mécanismes clairs de reddition de comptes, accentue ce déficit de transparence. Dans une démocratie mature, le financement de la vie politique constitue un enjeu central d’éthique publique. L’opacité financière fragilise la crédibilité des candidatures et nourrit le soupçon d’arrangements informels ou de dépendances inavouées. Au-delà du coût initial de la candidature, l’organisation d’une campagne présidentielle exige des ressources considérables : logistique, communication, déplacements, mobilisation de militants et d’observateurs. L’élection présidentielle, par sa nature même, demeure un exercice onéreux où l’argent constitue, de fait, un levier stratégique déterminant. Dès lors, l’absence d’assise électorale solide, de base militante structurée et de financement transparent rend difficilement crédible la prétention à incarner une alternative politique sérieuse. Le retrait ou l’affaiblissement de formations historiquement établies, telles que l’UPADS, qui a pourtant exercé le pouvoir par le passé, accentue ce contraste. Si des partis disposant d’une expérience gouvernementale peinent à s’inscrire durablement dans la compétition, comment des individus peu connus du corps électoral, sans implantation territoriale ni ressources identifiables, pourraient-ils prétendre incarner une alternative viable ? De manière plus structurelle, se dessine l’hypothèse d’une instrumentalisation de certaines figures se revendiquant de l’opposition. L’élection présidentielle risquerait alors de se réduire à une mise en scène pluraliste, où la présence de candidatures multiples servirait à conférer une légitimité formelle au scrutin, sans pour autant traduire une véritable compétition démocratique. Dans ce schéma, la participation à l’élection pourrait devenir, pour certains acteurs, une opportunité d’accès à des avantages financiers ou à des arrangements tacites, nourris par la rente pétrolière. Cette situation révèle une crise morale et institutionnelle plus profonde. Lorsque la réussite sociale semble réservée à la sphère politico-administrative, et que l’économie productive peine à offrir des perspectives, la politique devient un espace de ruée vers la rente plutôt qu’un lieu de construction collective. À chaque échéance présidentielle, le risque est alors de voir se répéter une forme de « loterie politique », où la compétition électorale se transforme en opportunité transactionnelle plutôt qu’en débat programmatique. Le défi posé au Congo-Brazzaville n’est donc pas seulement électoral ; il est éthique et structurel. Il appelle à une clarification des règles de financement, à une exigence accrue de transparence et à une réhabilitation de la politique comme engagement au service du bien commun. Sans cette refondation morale et institutionnelle, la défiance citoyenne continuera de s’accroître, et la démocratie demeurera fragile. Comme l’écrivait Jules Renard : « Quelque intégrité que nous ayons, on peut toujours nous classer dans une catégorie de voleurs. » Cette formule rappelle combien la suspicion prospère là où la transparence fait défaut. Restaurer la confiance suppose donc d’ériger l’intégrité et la responsabilité en principes non négociables de la vie publique. Fait à Paris, le 11 février 2026. Evrard NANGHO Le Patriote Engagé

Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

Congo. Le Pool : une crise fabriquée pour conserver le pouvoir

HAUT ET FORT. À l’approche de l’élection présidentielle de mars 2026, le régime de Sassou Nguesso recycle une méthode désormais bien connue : fabriquer la crise pour éliminer l’adversaire politique. Cette énième crise que le pouvoir de sassou entretient volontairement dans le département Pool a un objectif clair : Ntumi, en tant que citoyen congolais, dispose pleinement du droit constitutionnel de se porter candidat à l’élection présidentielle de mars 2026, s’il le souhaite. L’histoire politique récente du Congo montre une constante : 1) Une stratégie répétée depuis 1997 : Depuis son retour au pouvoir en 1997, Sassou Nguesso s’est systématiquement arrangé pour ne jamais affronter un adversaire de taille, capable de créer un véritable rapport de force politique. Entre 2007 et 2009, dans la même logique, plusieurs figures politiques majeures disparaissent successivement de la scène : Résultat : Sassou se présente à l’élection de 2029 sans adversaire crédible et se permet même de fanfaronner publiquement : « Je joue le penalty sans gardien ». En 2016, malgré le rendez-vous manqué de l’opposition, minée par les égos, les pressions et les intimidations, le pouvoir se retrouve en grande difficulté. Sassou était clairement battu par Parfait Kolélas et Jean-Marie Michel Mokoko. L’un finira en prison, l’autre sera contraint, sous pression, de reconnaître des résultats falsifiés, étouffant ainsi toute contestation sérieuse. Une disparition lourde de conséquences : Sassou se retrouve, une fois encore, sans adversaire. 2) Ntumi, la nouvelle cible : À la lumière de ces événements, une évidence s’impose : Sassou Nguesso craint l’adversité et le véritable challenge politique. Et la guerre actuelle contre Ntumi s’inscrit parfaitement dans cette logique. Dès lors que ce dernier manifeste son intention de se porter candidat à l’élection de mars 2026, il devient immédiatement un homme à abattre, afin de permettre au pouvoir en place de dérouler, une fois de plus, son tapis électoral sans opposition réelle. 3) Qui veut vraiment le changement ? Entre ceux qui refusent de participer aux élections par peur d’affronter le système et ceux qui accusent Ntumi sans établir le lien évident avec l’échéance de mars 2026, il devient facile de distinguer ceux qui veulent réellement le changement de ceux qui entretiennent le statu quo. Après 43 années de confiscation du pouvoir, le Congo reste pris en otage par un régime qui ne survit que par la peur, la manipulation et l’élimination méthodique de toute alternative crédible. Le changement ne viendra ni de la peur ni du silence, mais du courage de celles et ceux qui refusent de se soumettre à l’injustice. L’histoire nous observe, et chacun devra assumer sa position. « Les luttes que l’on évite aujourd’hui deviennent les chaînes que l’on portera demain. Le changement n’est jamais offert, il se conquiert. » Milos HEMILEMBOLO Secrétaire national aux relations extérieures de la Convergence Citoyenne

L’opposition congolaise : une opposition de cinéma

L’opposition congolaise : une opposition de cinéma

LIBRES PROPOS. À moins de deux mois de l’élection présidentielle, l’opposition congolaise s’agite soudainement, à l’image de molécules d’eau portées à ébullition. Après cinq longues années de silence, d’inaction et d’absence totale sur le terrain politique et social, la voilà qui refait surface. Le spectacle auquel nous assistons ressemble davantage à un film d’horreur politique : des acteurs que l’on croyait politiquement morts ressuscitent opportunément, surgissant des tombeaux du mutisme et de l’irresponsabilité. L’opposition congolaise donne l’image de cet oiseau de Minerve qui ne prend son envol qu’au crépuscule, lorsque l’échéance présidentielle approche. Le pays est plongé dans une cacophonie politique assourdissante. Il convient de rappeler, avec gravité, que nombre de ces acteurs de l’opposition ignorent fondamentalement ce que signifie être une opposition dans une démocratie, même si certains qualifient notre régime de « démocrature ». Or, dans toute démocratie, l’opposition — parlementaire ou non — a pour mission essentielle d’être un contre-pouvoir structuré, une force de propositions crédibles et une alternative politique sérieuse. L’opposition ne peut se réduire à une critique stérile et émotionnelle de l’action gouvernementale, sans vision, sans programme, ni projet cohérent pour la nation. Au Congo, l’opposition a largement perdu sa crédibilité. La confusion règne jusque dans les institutions. Une partie de ceux qui se réclament de l’opposition siège paradoxalement au sein du gouvernement, sans coalition formelle ni pacte républicain assumé. Cette dissonance permanente est profondément inquiétante : elle donne l’image d’une véritable tour de Babel politique, où chacun parle, mais personne ne s’entend. Pendant ce temps, le pouvoir publie son ouvrage bilan : « En toute transparence 2021-2026 : le bilan du quinquennat ». Une question s’impose alors avec acuité : où est le bilan du quinquennat de l’opposition congolaise ? Comment cette opposition peut-elle encore espérer un changement en comptant sur la Françafrique pour renverser le régime de Denis Sassou Nguesso, alors même que la France et l’Europe sont aujourd’hui bousculées sur l’échiquier international par les États-Unis, la Chine, la Russie, sans oublier les pays de l’AES ? La géopolitique mondiale redessine profondément les rapports de force. L’influence française en Afrique s’est considérablement érodée depuis l’arrivée du président Macron, au profit de nouveaux acteurs comme la Chine, la Russie ou la Turquie. Ce n’est ni Paris ni aucune capitale étrangère qui doit décider de l’avenir du Congo. Le renouvellement de la classe politique congolaise est devenu une urgence nationale. Les Congolais ont besoin d’une véritable opposition, et non d’une opposition de façade qui se donne en spectacle à la veille des élections. Les « tigrons » de l’opposition actuelle n’ont ni poids politique réel, ni crédibilité morale. Beaucoup manquent d’expériences professionnelles probantes et d’exemplarité éthique. Dans ces conditions, il est difficile, voire impossible, de convaincre un peuple lucide et éprouvé. Le vieillissement de l’opposition congolaise s’accompagne inexorablement du vieillissement des idées. Les mêmes discours, les mêmes stratégies obsolètes, les mêmes échecs se répètent. En définitive, certains appellent aujourd’hui à un rassemblement de l’opposition, sans véritable projet fédérateur ni enthousiasme populaire. La seule voie crédible, tant au niveau national qu’international, serait l’organisation d’une primaire démocratique ouverte à toutes les forces d’opposition au PCT. Des États généraux de l’opposition s’imposent, incluant également la diaspora congolaise. Il est impératif de dégager une ligne politique claire, lisible et cohérente. La morosité de l’opposition reflète tristement celle du pays et de son pouvoir. La politique au Congo a perdu ses lettres de noblesse. Elle est gangrenée par l’oisiveté, les acteurs fictifs et les aventuriers sans convictions. La politique étant devenue l’ascenseur social le plus rapide, elle attire toutes les convoitises : un véritable Eldorado pour ceux qui veulent réussir sans effort, y compris au sein de la diaspora. Les Congolais sont avertis et loin d’être dupes. L’opposition ne captive plus. Le bilan catastrophique du quinquennat en cours aurait dû ouvrir un boulevard politique à une opposition structurée et crédible. Hélas, ce boulevard reste désespérément vide. Dans ce contexte, un candidat véritablement indépendant, sans étiquette du pouvoir ni de l’opposition traditionnelle, pourrait fédérer les foules, susciter l’adhésion populaire et remporter l’élection présidentielle de mars 2026. « Tout le discours politique est fondé sur cette opposition entre ventres creux et ventres dorés. » Max Gallo « S’opposer, c’est proposer. Une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur. » Robert Sabatier « Nul gouvernement ne peut être longtemps solide sans une redoutable opposition. » Benjamin Disraeli Fait à Dijon, le 14 janvier 2026 Evrard NANGHO Le Patriote engagé

Clément Miérassa : Le Congo-Brazzaville s’achemine vers une présidentielle anticonstitutionnelle en 2026

Clément Miérassa : Le Congo-Brazzaville s’achemine vers une présidentielle anticonstitutionnelle en 2026

Le Congo-Brazzaville s’achemine tout droit vers une énième élection présidentielle qui contrevient à la loi, en flagrante violation de la Constitution, selon Clément Miérassa, président du Rassemblement des Forces du Changement (RFC). À l’orée de l’élection présidentielle prévue en mars 2026, le Parti congolais du travail (PCT) et son président, Denis Sassou N’Guesso, se trouvent dans une situation d’anticonstitutionnalité, ne respectant pas les dispositions constitutionnelles en vigueur, mettant ainsi en péril la légalité et la crédibilité du processus électoral à venir. Les Congolais sont appelés aux urnes en mars 2026 pour élire leur président. Face à cette échéance cruciale, l’opposition congolaise, par le biais du Rassemblement des Forces du Changement (RFC), exprime sa vive inquiétude et appelle le gouvernement à créer les conditions nécessaires à une élection inclusive, libre, crédible, apaisée et respectueuse de la Constitution. La démocratie commence par le respect des lois et des textes fondamentaux, au premier rang desquels figure la Constitution, norme juridique suprême. Comme le rappelait l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo : « Celui qui ne respecte pas la Constitution n’est pas un démocrate. » La Constitution du 20 janvier 2022, fruit d’un processus difficile ayant coûté la vie à de nombreux Congolais, visait à faire évoluer les institutions de la République. Ses articles 227 et 228 prévoient la création du Conseil national de dialogue, organe chargé de favoriser la réconciliation, l’apaisement et le consensus entre les forces vives de la nation sur les grandes questions d’intérêt national. Or, depuis 2015, cet organe essentiel n’a jamais été mis en place. Dans ses interviews du 14 octobre 2025 sur R7 et TV Podcast, Clément Miérassa a déclaré que le président de la République et le PCT ne sont pas en conformité avec la loi, en s’appuyant sur les arguments suivants : Tous les citoyens congolais sont égaux devant la loi et ont droit à la protection de l’État. La loi doit être appliquée à tous, sans exception. Aucun citoyen, fût-il président de la République ou membre d’un parti au pouvoir, n’est au-dessus d’elle. À ce titre, le Parti congolais du travail (PCT), au pouvoir depuis 2002, n’a jamais respecté l’obligation de déclaration du patrimoine de ses membres élus ou nommés à des fonctions publiques et devrait, par conséquent, être suspendu conformément à la Constitution. Il est important de rappeler qu’en 1992, alors qu’il était dans l’opposition, Denis Sassou N’Guesso déclarait, lors d’un meeting URD-PCT tenu le 29 novembre 1992 sur le boulevard des Armées :« J’insiste pour dire que lorsque la Constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l’accepter. Jamais, jamais, jamais nous n’accepterons qu’un gouvernement censuré organise des élections dans un pays, et nous prenons l’opinion internationale à témoin.Jamais, jamais nous n’accepterons que soient organisées des élections hors la loi. Là aussi, nous prenons l’opinion internationale à témoin.Je crois que tous les responsables de ce pays doivent penser aux intérêts du peuple, à la paix et à l’unité nationale. Partout ailleurs en Afrique, là où les dirigeants ont méprisé ces principes, ils ont plongé leur peuple dans des drames que nous connaissons.J’appelle tous les dirigeants de ce pays, ainsi que le président de la République, à ne pas mettre en danger la paix et l’unité nationale.J’appelle le président de la République à sauver la Constitution, à sauver la démocratie et à sauver la paix. » Dans la même veine, le président du Rassemblement des Forces du Changement (RFC) a appelé le peuple congolais à faire preuve de combativité, affirmant que rien ne s’obtient sans lutte :« Rien ne nous sera donné sur un plateau d’argent ; nous obtiendrons tout à travers le combat, et ce combat nécessite des sacrifices. » Aujourd’hui, le président Denis Sassou N’Guesso et le PCT doivent assumer pleinement leurs responsabilités afin de garantir aux Congolais une élection libre, transparente et pacifique, dans le respect de la paix durement acquise. Ils doivent s’abstenir de toute manœuvre susceptible d’attiser les tensions ou de compromettre la stabilité nationale, à un moment où l’Afrique et le monde sont déjà fragilisés par de multiples crises. Fredrich Gunther M’bemba

Faut-il s’attendre à un changement au Cameroun avec Issa Tchiroma Bakary ?

Faut-il s’attendre à un changement au Cameroun avec Issa Tchiroma Bakary ?

PRESIDENTIELLE DU 12. La réponse est : oui ! Au moins sur la forme. Ça fait du bien de sortir de plus de quatre décennies de gestion chaotique. Ça fait du bien de voir un autre visage. C’est psychologiquement apaisant. Y a-t-il un risque que nous sortions d’une dictature pour une autre ? La réponse est : oui, peut-être. Convenons-en : il est malheureusement très difficile de le savoir à l’avance. Mais nous pouvons être proactifs. Dès la première prise de parole d’Issa Tchiroma Bakary, nous devons faire deux choses essentielles : 1. Réorganiser d’urgence la société civile camerounaise pour qu’elle redevienne un véritable contrepoids. Il est impératif de renforcer son influence afin qu’elle puisse surveiller l’action de l’État et réagir au moindre dérapage. 2. Fragiliser le parti au pouvoir à l’Assemblée nationale. Nous devons œuvrer pour un équilibre des forces, voire une majorité absolue de l’opposition, afin d’éviter toute concentration ou centralisation excessive du pouvoir entre les mains du président de la République. Ces deux actions suffiraient à rétablir un rapport de forces plus sain, garant d’une gouvernance plus démocratique et plus inclusive. Mais ça, c’est pour le jour d’après. Pour l’instant, allons voter pour Issa Tchiroma Bakary. Le bulletin jaune. Par Teddy Patou Journaliste et animateur radio

Algérie: clôture des candidatures pour l’élection présidentielle

Algérie: clôture des candidatures pour l’élection présidentielle

Les candidats à l’élection présidentielle du 7 septembre 2024 en Algérie ont déposé jeudi 18 juillet 2024 leurs dossiers avec les formulaires de signatures soutenant leurs candidatures. Parmi les candidats, le président sortant Abdelmadjid Tebboune qui se représente pour un second mandat de cinq ans. Abdelaali Hassani Cherif, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a été le premier à déposer son dossier au niveau de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), au Palais des nations, à l’ouest Alger. L’élection présidentielle du 7 septembre 2024 est, pour ce leader islamiste, une opportunité pour « la réforme, le changement et le dépassement de toutes les contraintes qu’a connues l’Algérie par le passé »… Lire la suite sur RFI