Congo-Brazzaville : Qui de l’enfant prodige ou du Père sera le maitre attendu ?

Congo-Brazzaville : Qui de l’enfant prodige ou du Père sera le maitre attendu ?

DECRYPTAGE. L’arrivée de Christian Yoka au Ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille Public entraine des bouleversements lourds de conséquences dans la structure de dévolution du pouvoir au sein du Clan d’Oyo. Décryptage chaud avec une ouverture à 45°. Passer maitre des secrets dans la vie fait que ce sont les devoirs qui s’imposent à vous, le jour comme la nuit. Dans le tumulte de la cité, dans la solitude du désert, le devoir est avec vous toujours impératif comme la Destinée ! Christian Yoka, Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, arrive ainsi à la croisée des chemins. Les rivalités entre les deux principaux clans rivaux de Bokouelé-Tchikapika d’une part (Jean Jacques Bouya) et Ondébé-Kona Kona d’autre part (Jean Dominique Okemba) le font osciller entre fidélité à ses sources et devoirs à accomplir pour s’accomplir. C’est une déchirure qui traverse l’affectif parental mais exige de s’élever au-delà des contingences profanes. Cette marche doit passer par-dessus l’abîme pour entrevoir une possible lumière. C’est ainsi. Si des mauvais compagnons, qui vont toujours par trois, et sont avancés et vous ont frappé indistinctement à l’épaule ou à la tête pour vous faire sombrer dans un coma profond, Le Tout-Puissant vous relèvera toujours pour vous laisser contempler l’indicible lumière de l’Être. Ainsi donc, quand on est du bon bois sec et dur, on s’en relève toujours au centre des choses pour garantir l’équilibre des forces, seul gage de la pérennité des choses en ce monde. Le Clan porté par Jean Jacques Bouya va devoir se résoudre à laisser Christian filer vers sa destinée du côté paternel par Jean Dominique Okemba, qui par son rôle lumineux, revient sans coup férir, au centre du jeu politique, économique et même social. Il ne peut en être qu’ainsi pour ceux qui savent paitre. Son fidèle Assistant à l’Energie parrainera cette démarche. Mais c’est au Ministre des finances, du budget et du portefeuille public, Christian Yoka de se souvenir que la bâtisse précédente s’est effondrée sur elle-même et qu’il lui faut rebâtir tout au second plan pour s’acheminer vers la loi d’amour et envisager réunir tout et tous avec le troisième plan. Malheur à celui qui s’écartera de cette voie. Parti de très loin d’un certain orient français, le Chevalier Christian sombre en occident avec la pagaille laissée dans ce département. C’est un chemin Christique dans lequel il doit s’engager et dont la loi suprême sera celle de l’amour de son pays. Rose et rouge, elle sera la clé pour l’avantage de tous ceux qui espèrent que la bonne volonté finie toujours par triompher. L’ouverture de ces 33ème REHFRAM à Oyo est symbolique à plus d’un titre et marque, pour ceux qui veulent lire les signes, la fin d’un cycle dont nous avions déjà parlé dans nos précédentes livraisons. C’est le temps du Jubilé ! À trente-trois, « Tout est accompli » selon l’écriture de Jean 19 :30. Seul le cœur de feu qui se saigne pour tous les petits peut apporter la réponse : Aimons-nous les uns les autres et rebâtissons car nul ne sait quand viendra ce jour ou cette heure, pas mêmes les anges dans les cieux, ni même le Fils; le Père Seul le sait (Mathieu 24 :36). Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Congo-Brazzaville : Happé dans le brouillard de la guerre à son insu !

Congo-Brazzaville : Happé dans le brouillard de la guerre à son insu !

TRIBUNE. Dans une situation plus que confuse, les informations les plus contradictoires circulent à propos de la RDC. Mais le mal est fait. Le brouillard de la guerre s’entend déjà jusqu’à dans la région des Grands lacs via Brazzaville. Lorsqu’en avril 2022 Denis Christel Sassou Nguesso finalise les accords de coopération couvrant divers domaines entre la République du Congo et le Rwanda, le ver est déjà dans le fruit. Mais la naïveté du fils prodige lui fait croire dans le remplacement de son Père. En empruntant le langage psychologique on peut dire, que, ses origines d’enfant naturel le situent dans une position de frustration perverse et narcissique par rapport aux autres enfants des clans tels que : les Dirat, les Nguesso, etc. Certaines sources affirment que tous les enfants de M.Sassou (plus d’une vingtaine ) ne sont revenus vers le Père qu’à la faveur de trois personnes engagées : Aîmé Emmanuel Yoka, Jean Dominique Okemba, Maurice Nguesso et Edith Lucie Bongo Ondimba. Le parcours de Denis Christel né un 14 janvier 1975 aura été particulièrement difficile dans les années 80-90 : les brimades à l’École militaire des cadets de la révolution redevenue École Général Leclerc ont valu la dissolution en conseil de ministre de l’antique et prestigieuse « Brigade de Discipline » BD qui a pourtant forgé tous les AET avant lui ; les vies successives chez des personnes de bonne volonté, au plateau des quinze ans, à Abidjan, en France, à Londres ont développé chez lui une fragilité émotive, affective et psychologique. Il n’aura jamais fini son parcours d’AET (sorti en seconde) ; il n’aura jamais fini son parcours de Notariat à Bordeaux, son immersion aux métiers de pétrole à Londres où il a été reçu par Caüs Paul de la Croix Ebélébé (cadet de Bruno Jean Richard Itoua) sur lequel ils ont craché avec Denis Gokana… Autant de cicatrices qui lui donnent une opiniâtreté tenace et perverse de revanche sur sa destinée. Son intronisation en tant que Grand Maître Provincial au sein de la Grande Loge du Congo en franc-maçonnerie a été marquée par les auspices du Très Respectable Grand Maître Denis Sassou Nguesso lui-même lors d’une tenue mémorable devenue profane et bling-bling à souhait ! Christel aura gravi les marches vers la perfection par cinq par sept pour dépasser le vénérable âge de 100 ans non pas au RE2A mais au RY de Prince Hall Congo grâce à des « équivalences » qui ont ouvert sans coup férir une vision d’aigle à deux têtes ! Mais la quête effrénée des lauriers de la gloire ou des pseudo chrétiens masque toujours des blessures qui violent le cœur d’enfant : lubricité libidinale féminine ; voracité dans les possessions matérielles ; perversité dans les relations avec les siens : Fylla-Obita, Elenga, Moussodia, Malonga… ont pavé le sentier que Christel arpente résolument vers le très saint Graal du Pouvoir Suprême. C’est ce profil psychologique qui explique la plongée dans l’abîme Rwandais, notamment à travers Crystal Ventures Ltd dont il serait actionnaire. Cette société, véritable vitrine légale des services opérations des renseignements de Paul Kagamé, s’est vu attribuer quasi-gracieusement la concession du parc industriel et commercial de Maloukou village établi par Louis Tréchot en 1899 avec la Compagnie Française du Haut Congo dont il était administrateur. Macefield Ventures Congo Holding SASU (actionnaire unique !) pour la conception, la construction et l’exploitation du port sec de Dolisie vient parachever le maillage tactique et opérationnel des services d’actions de Paul Kagamé pour le compte de Christel. Ce rôle particulier a été établi avec d’autres pays par le Rwanda en matière de sécurité et de défense comme en République centrafricaine en 2019 ; au Mozambique depuis juillet 2021, où des troupes ont été déployées dans la province de Cabo Delgado pour lutter contre une insurrection djihadiste, dans le cadre d’un accord bilatéral de défense ; en Pologne depuis le 5 décembre 2022, dans le domaine de l’industrie de la défense (entré en vigueur le 18 avril 2023). La Pologne d’ailleurs est aujourd’hui la première armée d’Europe en appui de l’OTAN, ceci expliquant sans doute l’origine du matériel performant rwandais comme les drones ou des brouilleurs de fréquences radio tactiques. L’avenir peu radieux L’argent non mérité fait souvent le malheur. L’évolution de la crise met ainsi en péril non seulement les ambitions présidentielles, mais surtout stratégiquement met à dos la RDC qui représentait un bénéfice politique pour Christel qui y a une épouse, des enfants et des parents biologiques. Un gâchis qui appelle une équation à somme nulle : Ou Kagamé gagne et son impérium va aller au-delà de ses premières ambitions affichées pour asseoir une véritable hégémonie tyrannique sur le Congo et Christel lui-même ; ou Kagamé perd et la RDC règlera ses comptes tôt ou tard. Dans les deux alternatives, il n’y aura aucun gagnant au Congo-Brazzaville. Un troisième larron, plus puissant d’entre tous, attend tapit dans l’ombre, le sens que l’histoire va dessiner pour débouler dans cette arène qui est en réalité la sienne : l’Angola de Joao Lourenço. Forte de son armée, de ses ressources et de ses alliances stratégiques, elle n’a personne qui peut la challenger dans toute la CEEAC. Le ton martial de la requête de son gouvernement à l’endroit de Kagamé qui n’est pas à Oyo mais à Kigali où il dirige les opérations est de « Quitter immédiatement la RDC ». Ce qui en langage diplomatique est un ultimatum. L’adresse des USA a ses ressortissants de quitter la RDC, les appels incessants des tiers au calme dont celui du plus grand espion (informé) du monde, le Pape François, sont des signes avant coureur du désordre. Sauf une intervention hautement spirituelle, les cartes sont entièrement rebattues. Les deux Congo semblent repartir en 1997 avec un Lissouba jusqu’au-boutiste et un Mobutu obstiné dans son orgueil. Ils ont été balayés par le vent de l’histoire à moins de six mois d’intervalle. Les congolais du nord au sud doivent s’unir et penser au Congo et non à la tribu. Certes, le

Congo-Brazzaville : Isaac Ngata sur un siège éjectable, sans salaire ni contrat

Congo-Brazzaville : Isaac Ngata sur un siège éjectable, sans salaire ni contrat

INDISCRETION. Nommé sélectionneur des Diables Rouges en novembre 2023, Isaac Ngata fait face à une situation ubuesque : il n’a toujours pas perçu son salaire, faute de contrat officiellement signé avec l’État congolais. Aujourd’hui, l’entraîneur menace de saisir la FIFA pour obtenir justice, alors que les autorités semblent déjà chercher son remplaçant. Une crise administrative et sportive Le football congolais, déjà fragilisé par une profonde crise interne au sein de la Fédération congolaise de football (Fecofoot), se retrouve à nouveau dans la tourmente. Chargé de relancer une équipe nationale en difficulté après l’éviction du Belge Paul Put, Isaac Ngata, 59 ans, n’a toujours pas reçu la rémunération prévue pour ses fonctions. Si ses primes de match et per diem lui ont été versés, son salaire annuel de 416 000 euros, négocié et validé par la Fecofoot, reste bloqué en raison de l’absence de signature officielle de son contrat par les autorités congolaises. « Depuis novembre, je n’ai pas touché un seul euro. J’ai fait preuve de patience, mais cette situation devient intenable », a confié Ngata à des proches, dénonçant une précarité inattendue pour un poste de cette envergure. Une menace de FIFA et des sanctions potentielles Exaspéré par l’inertie des responsables congolais, le technicien envisage désormais de porter l’affaire devant la FIFA. Une telle démarche pourrait entraîner des sanctions sévères contre la Fédération congolaise, notamment une exclusion des sélections et clubs nationaux des compétitions internationales. Cette menace place les autorités sportives face à une double impasse : régler une crise contractuelle qu’elles ont contribué à créer ou risquer de nouvelles tensions avec l’instance dirigeante du football mondial. Vers un remplacement anticipé ? Malgré cette situation, les instances congolaises semblent avoir déjà tiré un trait sur Isaac Ngata. Selon des sources proches du ministère des Sports, des démarches seraient en cours pour trouver un successeur « plus expérimenté ». Des agents d’entraîneurs ont été approchés pour identifier un profil capable de donner un nouveau souffle à une équipe qui peine à performer. Ce choix peut toutefois surprendre, étant donné que Ngata n’a jamais eu l’occasion d’exercer pleinement ses fonctions, en raison de l’absence de conditions contractuelles claires. Une gestion décriée Cette affaire illustre une fois de plus les dysfonctionnements structurels qui gangrènent le football congolais, entre crises de gouvernance et manque de vision à long terme. Après l’échec des Diables Rouges à se qualifier pour la CAN 2025, les tensions entre les supporters, les autorités sportives et la Fecofoot n’ont cessé de s’intensifier. À l’heure où le football congolais a besoin de stabilité et de cohésion, l’avenir d’Isaac Ngata symbolise une gestion chaotique, loin de rassurer les amateurs du ballon rond. Ya Willy.

Congo-Brazzaville : Isaac Ngata, le naufrage d’un sélectionneur sous le feu des critiques

Congo-Brazzaville : Isaac Ngata, le naufrage d’un sélectionneur sous le feu des critiques

FOOTBALL. Isaac Ngata, sélectionneur des Diables Rouges, a vu son mandat se solder par un échec cuisant lors des qualifications pour la CAN 2025. Après cette désillusion, la grogne enfle autour de sa gestion, et nombreux sont ceux qui réclament son départ. « J’ai trouvé un entraîneur congolais moins coûteux, qui nous qualifiera pour la CAN », déclarait avec enthousiasme le ministre des Sports au moment de la nomination d’Isaac Ngata à la tête de l’équipe nationale. Mais quelques mois plus tard, l’espoir s’est mué en désillusion. Le bilan est sans appel : en neuf rencontres sous sa direction, les Diables Rouges n’ont enregistré qu’une seule victoire, deux matchs nuls, et six défaites. Avec seulement quatre points récoltés sur 27 possibles, le Congo figure parmi les lanternes rouges du continent africain. À ces résultats calamiteux s’ajoutent des statistiques offensives et défensives inquiétantes : quatre buts marqués contre douze encaissés. Des chiffres qui traduisent l’étendue du fiasco et alimentent la colère des supporters et analystes du football congolais. Des choix tactiques incompris et une équipe en perdition Au-delà des résultats, les choix tactiques d’Isaac Ngata ont cristallisé les critiques. Souvent jugées incohérentes, ses décisions ont contribué à aggraver une situation déjà fragile. Entre une défense perméable, des ajustements approximatifs et une attaque amorphe, les Diables Rouges n’ont jamais trouvé leur rythme. Ngata, qui avait annoncé son intention de « reconstruire » l’équipe, semble l’avoir menée à une implosion encore plus profonde. Cette débâcle sportive s’est également doublée d’une crise institutionnelle. Les tensions entre la fédération et le ministère des Sports ont pesé lourdement sur l’atmosphère au sein de l’équipe. Des choix contestés ont démotivé les joueurs, certains allant jusqu’à boycotter la sélection pendant la campagne de qualification. Une situation chaotique qui révèle les failles structurelles du football congolais. Un départ inévitable ? Face à cet échec retentissant, les appels au départ d’Isaac Ngata se multiplient. L’argument financier avancé lors de sa nomination semble aujourd’hui bien dérisoire au vu des conséquences sportives et symboliques de cet échec. Supporters, joueurs et figures du football congolais réclament un changement rapide à la tête des Diables Rouges. Isaac Ngata démissionnera-t-il de lui-même, ou les autorités sportives congolaises mettront-elles fin à son mandat pour sauver les meubles ? Une chose est sûre : son avenir à la tête de la sélection nationale semble de plus en plus incertain. Le temps presse pour tirer les leçons de ce fiasco et relancer une équipe en quête de rédemption. Ya Willy.

Congo-Brazzaville : concert de Jessy B, lauréate du Prix Découvertes RFI 2023, le jeudi 13 juin à l’Institut français

Congo-Brazzaville : concert de Jessy B, lauréate du Prix Découvertes RFI 2023, le jeudi 13 juin à l’Institut français

RFI organise le concert de JESSY B, lauréate congolaise du Prix Découvertes RFI 2023, à l’Institut français du Congo-Brazzaville le jeudi 13 juin prochain. Dans une grande soirée festive animée par Juliette Fievet, en présence de Jean-Marc Four, directeur de RFI qui remettra officiellement son prix à la lauréate, RFI fait entendre la vitalité de la musique et du rap congolais. A la suite du concert, annonce un communiqué parvenu à notre Rédaction, la journaliste et animatrice Juliette Fievet enregistrera en public 2 épisodes de l’émission « Légendes Urbaines » dédiés à la scène du rap congolais, qui seront diffusées sur RFI et France 24 : 1ère émission : JESSY B & les amazones : le rap au féminin au Congo 2ème émission : Place aux rappeurs du Congo Ce concert sera diffusé sur l’antenne de RFI à l’occasion d’une soirée spéciale le jeudi 27 juin, précise la même source. Cet événement est organisé en partenariat avec l’Institut français du Congo-Brazzaville

Congo-Brazzaville: cinq jours sans électricité dans la capitale

De longues coupures d’électricité pendant des jours entiers, notamment dans les quartiers nord de Brazzaville où les citoyens ne peuvent pas regarder la télévision, charger leurs téléphones ou mener leurs activités liées à la fourniture d’électricité… voilà une situation qui rend le quotidien des habitants très difficile. Juste après le Centre national de radio et de télévision (CNRTV), tous les quartiers de la capitale du Congo-Brazzaville sont devenus des zones fantômes à la nuit tombée. On n’y voit aucune étincelle comme dans cette boulangerie, pourtant très  fréquentée, où fabriquer du pain n’est plus chose facile. Darel est un des gérants de cette entreprise : « Pendant cinq jours d’affilée nous n’avons pas eu le courant et cela a été difficile pour nous. Hier, nous n’avons pas pu travailler par manque d’électricité. Et, le groupe électrogène consomme trop de gasoil par rapport à nos bénéfices, ça n’a pas marché », a-t-il déploré… Lire la suite sur RFI

La question morale, la gangrène de la corruption et la moralisation de la vie politique et de la vie publique au Congo-Brazzaville

Une société humaine, quelle qu’elle soit, est toujours régie par des normes : normes juridiques, normes sociales, normes morales. Les pères fondateurs de la République rêvaient d’institutions fondées sur la vertu, et partant, d’une République immaculée, c’est-à-dire, irréprochable, fondée sur l’intégrité morale, l’obligation de désintéressement, le dévouement à l’intérêt général, l’honnêteté et le respect scrupuleux de la loi. Comme l’écrivait Fred KUPFERMAN dans un article publié en 1984 dans le n° 31 de la Revue Pouvoirs « LaRépublique s’est tracé un devoir moral. Elle exige des citoyens, vertu et engagement. Elle demande à ses magistrats d’être purs, à ses fonctionnaires d’être intègres, inaccessibles aux influences, incorruptibles. Elle engage tous ses serviteurs à exercer un sacerdoce ». On le voit, la République commande une gouvernance vertueuse. Dans une République, les acteurs politiques sont d’abord et avant tout, des militants d’une cause. Le désintéressement est leur principale qualité. Ils sont voués à l’intérêt général et au sacrifice. Ils sont guidés par l’éthique de la conviction ; leur conception de la politique repose sur un idéal moral. Ils entrent en politique pour servir l’intérêt général et non pas pour se servir et servir les intérêts de leurs familles, clans, ethnies ou régions d’appartenance. Les valeurs moralesfont les nations. Au Congo-Brazzaville, à contre-courant de cette tendance générale, beaucoup d’acteurs politiques manquent trop souvent de civisme et sont peu enclins au dévouement à l’intérêt collectif. Ils sont hantés par le goût du pouvoir pour le pouvoir. Ils ne pensent qu’à une chose : le pouvoir, les avantages et les privilèges du pouvoir. Ils n’ont qu’une seule idée en tête : se servir. Ils entrent en politique par souci alimentaire, pour faire carrière ets’enrichir à des fins personnelles. Uniquement préoccupés par la recherche du confort matériel et de l’argent facile, ils sont la proie de tentations auxquelles un très grand nombre d’entre eux cèdent facilement. Ils mangent à tous les râteliers et pratiquent la « politique du ventre ». On assiste à un effondrement de l’intérêt général. Là est la principale cause de l’explosion des comportements déviants dans notre pays. Il faut aussi signaler que denombreux Congolais à la conscience fragile, victimes de la conception vénale de la politique véhiculée par le pouvoir congolais, ont succombé à l’appel de l’argent facile et se laissent entraîner par les eaux nauséabondes de la corruption. En effet, aujourd’hui, le Congo-Brazzaville est plombé par plusieurs maux colossaux dont l’explosion exponentielle des comportements déviants, que par euphémisme, l’Etat/PCT et ses idéologues désignent sous le vocable « d’antivaleurs », ce, pour éviter de parler du cancer de la corruption qui gangrène la société congolaise globale et dont les principaux entrepreneurs et bénéficiaires sont les milieux politiques et économiques. La présente communication se propose, d’une part, de remettre à l’endroit ce que le pouvoir a délibérément mis à l’envers, et d’autre part, d’esquisser une définition de la corruption, décrypter ses effets pervers et suggérer quelques actions prioritaires à mettre en œuvre, pour limiter au maximum la corruption dans notre pays, car, il n’existe pas de degré zéro de la corruption. I- De la définition des concepts de morale et de corruption :1-1 : Du concept de moraleLe sens du concept de morale varie avec les auteurs et leur vision du monde. Cependant, par delà les nuances, la morale peut être définie comme étant, l’ensemble des règles de conduite, des relations sociales, qu’une société se donne et qui varient selon la culture, les croyances, les conditions de vie et les besoins de la société. C’est dire qu’il n’y a pas une morale, mais des morales. A chaque vision du monde, correspond une morale spécifique. En français facile, la morale est l’obligation de faire le bien et l’interdiction de faire le mal. Plus largement, la morale est l’ensemble des obligations qui édictent les bonnes conduites à tenir dans une société donnée, obligations ayant pour but, le bien des membres de cette société. La morale renvoie donc à l’ensemble des règles ou normes dont chaque membre d’une société ou d’un groupe humain doit avoir conscience et a le devoir de respecter, en vue du bon fonctionnement de la société à laquelle il appartient. 1-2 : La corruption : essai de définitionDans les lignes qui précèdent, nous avons indiqué qu’une société humaine est toujours régie par des règles juridiques, des règles sociales et des règles morales. Dans cette optique, la corruption peut être définie comme un écart, c’est-à-dire, une déviance par rapport aux règles qui gouvernent une société. Plus concrètement, la corruption désigne toute situation où des moyens illicites et occultes sont utilisés pour obtenir un résultat que les procédures légales ne garantissent pas. Un acte est considéré comme corrompu, s’il n’est pas conforme aux normes juridiques, sociales et morales en vigueur. En un mot, s’il enfreint la loi. 2 Les voies et moyens de la corruptionLa corruption se manifeste à travers plusieurs voies et moyens dont voici quelques-uns : La fraude fiscale, la fraude douanière, la fraude électorale ; – les détournements des deniers publics ; -l’appropriation personnelle des biens de l’Etat ; – l’enrichissement illicite ; -l’embauche privilégiée par un dirigeant de ses parents proches, des membres de son clan, de son ethnie, de sa région d’appartenance, de ses clients ; – l’utilisation politique ou personnelle d’employés publics ; – le détournement du matériel de l’Etat (véhicules, médicaments des hôpitaux, logements de fonction, terrains non-bâtis de l’Etat) ; – la perception des commissions occultes sur les marchés publics ; – les rétrocommissions versées aux intermédiaires dans les transactions financières ; – le placement des fonds publics dans des comptes privés ; – l’attribution d’adjudications faussées (marchés de gré à gré) ; – la prise illégale d’intérêts ; – le trafic d’influences ; – les factures majorées (surfacturations) ; – les fausses factures ; – les faux frais d’études ; – les faux en écriture publique ; – la falsification de documents ; – l’auto-attribution des marchés publics, d’indemnités et avantages divers dans l’exercice de ses fonctions ; – la distribution d’enveloppes ou de mallettes

Congo-Brazzaville : les vraies raisons de l’empressement de M. Sassou et Cie de voter nuitamment une loi

Congo-Brazzaville : les vraies raisons de l’empressement de M. Sassou et Cie de voter nuitamment une loi

LIBRES PROPOS. La nuit du 24 janvier 2024 a été épouvantable pour des députés congolais, sommés de se présenter au parlement le 25 janvier 2024 à 9h00 pour une réunion extraordinaire curieusement, sans ordre du jour. Tous étaient en vacances quand ils ont été joints par téléphones entre 18 et 22 heures. Nombreux ont cru au guet à pan. Connaissant les pratiques tordues du président Sassou et sa bande de véreux, plusieurs députés ont eu des insomnies jusqu’à l’arrivée au parlement. A l’Assemblée nationale, les députés ont reçu les documents du projet de loi portant modification de la loi n°39-2023 du 29 décembre 2023 portant la loi de finances pour l’année 2024. L’exposé des motifs dudit projet demandait aux députés de corriger ou réécrire l’article trente sixième, en intégrant « l’émission de bons et d’obligations sur le marché régional ». Cette mention avait été oubliée dans la première version de ladite loi. Une telle omission avait l’inconvénient de paralyser le ministre des finances dans les négociations des «…termes de la dette en vue d’obtenir les différents aménagements possibles ( annulation, rééchelonnements, refinancements, répofilage, etc.) et les appuis budgétaires et tout don, legs et fonds de concours ». Il faut être naïf de croire que le gouvernement et le Parlement puissent commettre une erreur de ce genre car, une démarche similaire a été adoptée dans le bradage de cent vingt un mille hectares aux Rwandais. Admettons que cela soit une erreur, y avait-il péril en la demeure au point de tenir une session extraordinaire avec 2/3 des députés pour analyser les documents et tout valider en une journée ? Les raisons profondes de ce travail à la hâte Il y a quelques temps, nous avons alerté que le Congo était sous les projecteurs et ses montages financiers en Europe via la Deutsche bank, Rothschild et autres devraient échouer parce que suspecté de blanchiment. Malheureusement, peu de gouvernants ont pris ces révélations au sérieux. Pourtant, les interventions des lobbyistes et autorités congolaises à coup de millions d’euros auprès des institutions bancaires européennes, pour l’émission obligataire depuis bientôt une année se sont soldées largement par un échec. Selon nos informations, la République du Congo espérait obtenir un milliard et demi à trois milliards et demi d’euros d’émission obligataire après les deux dernières revues positives du FMI et nonobstant l’élévation par Standard & Poor’s de la note de B- à B sur le court terme et de CCC+ à C sur le long terme, avec une perspective stable sur la base d’une amélioration notable de sa production pétrolière, le Congo n’a pu obtenir gain de cause sur l’émission obligataire. Déboutés en Europe et pris de cours par la date butoir de mars pour changer les anciens billets, les mafieux sont obligés de se tourner vers la sous-région où règne l’opacité couplé à la crainte des saisies des avoirs par Hojeij et autres créanciers douteux; d’où la convocation en urgence des députés. La République du Congo retardait le remplacement intégrale des billets de FCFA dans la CEMAC du fait d’un important stock de billets entre les mains des autorités mafieuses; il s’agirait d’un montant de 750 milliards de FCFA injustifiables. L’émission aurait eu pour but également de blanchir ce stock de vieux billets dans les banques locales : les actuels possesseurs, en les échangeant contre des titres, deviendraient des créanciers officiels et rémunérés de la République du Congo. Ces titres pourraient également être cédés, échangés ou revendus dès lors qu’ils seront côtés dans les bourses internationales… Dernier intérêt de cette opération, l’argent recueilli devrait permettre une énième restructuration de la dette congolaise. Les créanciers du Congo après décote, échelonnement des règlements, percevront une infime partie de ce qu’il leur est dû ; d’autres créanciers « bidon » de la République seront à 100% gagnants dans cette opération. Voilà la vraie raison qui taraude les esprits des gouvernants mafieux et incompétents du Congo qui ont peur d’être rattrapés. S’il est vrai que le président de l’assemblée, Isidore Mvouba encourageait la thésaurisation des fonds en reconnaissant à l’époque, « qu’ils cachaient l’argent » mais il sied de dire haut et fort, que les parlementaires qui accompagnent les mafieux sont indirectement complices des malheurs des congolais et de la politique de la terre brûlée que M. Sassou et son gouvernement perpétuent depuis des lustres. Le bilan positif de la gouvernance de certains leaders africains est légion. Même celui des putschistes comme Brice Oligui Nguema révèle qu’on peut mieux faire sans s’endetter. Les gouvernants doivent savoir qu’ils ne peuvent pas mentir tous les jours à leur peuple. Démosthène, penseur grec du IVè siècle l’avait déjà prévu : « il n’est rien qui vous fasse plus grand tort qu’un homme qui ment. Car, ceux dont la constitution réside dans les paroles, comment peuvent-ils, si les paroles sont mensongères, conduire une politique en toute sûreté ? ». Jusqu’à quand les congolais continueront-ils de rester dans une prison à ciel ouvert ou vivre dans la précarité quotidiennement alors que le sous-sol de leur pays est très riche ? Accepteront-ils d’être dirigés par des méchants gouvernants et inconscients et sans cœur ? En tout cas, l’opprimé ne doit pas s’attendre qu’on l’affranchisse, il doit arracher sa liberté et lutter par tous les moyens pour la conserver. Les ministres de cultes, les jeunes, les enseignants, les professionnels des médias bref les intellectuels sont appelés à la rescousse de la population. Ghys Fortune BEMBA DOMBE