Maroc. Des défis restent à relever dans le secteur industriel automobile

Maroc. Des défis restent à relever dans le secteur industriel automobile

Les écosystèmes industriels, la restructuration du secteur et la contribution aux travaux sectoriels et approches multidisciplinaires dans l’industrie automobile au Maroc ont connu des succès, selon le Centre marocain de conjoncture (CMC). Mais en dépit des perspectives de développement prometteuses qu’offre ce secteur, l’observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine estime dans sa récente publication mensuelle « Maroc Conjoncture » que des défis restent encore à relever. « Certaines mises en garde restent de mise », constate le CMC dans ce spécial intitulé « Les investissements étrangers au Maroc: Atouts et mesures incitatives » soulignant d’emblée les risques liés à la dépendance vis-à-vis des acteurs internationaux. « Les décisions et les orientations stratégiques peuvent être influencées par les politiques et les priorités des entreprises étrangères », indique le Centre dans sa publication. Ce qui, à son entendement, « limite la souveraineté et l’autonomie du secteur ». Dans un second temps, l’observateur spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact souligne le besoin pressant d’une grande diversification de la chaîne de valeur. A ce propos, et dans le souci d’assurer la résilience  et la pérennité du secteur automobile au Maroc, le Centre préconise de « développer davantage de capacité de conception, d’ingénierie et de recherche et développement (R&D) au sein du pays, pour surpasser la concentration actuelle des activités autour de l’assemblage et la production de composants spécifiques ». L’autre recommandation contenue dans sa publication est liée à l’impact environnemental pour lequel des efforts supplémentaires doivent être fournis afin de réduire davantage l’impact des nuisances du milieu. Le CMC propose ainsi, entre autres : l’adoption de véhicules électriques, le développement d’une infrastructure de recharge adéquate, la promotion de l’utilisation de sources d’énergie renouvelable ainsi que l’encouragement à des pratiques de fabrication plus respectueuses de l’environnement. Le Centre marocain de conjoncture estime, par ailleurs, que « la coordination doit être améliorée, dans le sens d’un renforcement de la gouvernance des écosystèmes industriels ». Pour y parvenir, il préconise une meilleure collaboration entre les acteurs publics et privés, une communication plus fluide et une prise de décisions plus efficace. Une autre recommandation tout aussi importante consiste à améliorer la formation et les compétences qui restent des points clés de la réussite dans ce secteur. Afin de répondre aux besoins évolutifs de l’industrie automobile au Maroc, d’encourager l’innovation et de garantir une main-d’œuvre qualifiée et adaptable, le CMC estime qu’« il est impératif de continuer à investir dans la formation et le développement des talents ». Il est à souligner qu’en dépit des perspectives positives, le passage à l’électrification et à la décarbonation exige que des défis soient relevés. Le Centre préconise ainsi « de développer davantage l’autonomie des véhicules électriques, de réduire les coûts des batteries, de renforcer l’infrastructure de recharge  et de promouvoir une utilisation plus large des énergies renouvelables pour alimenter les véhicules électriques ». Sur ce sujet, le Centre constate que le Maroc a déployé des efforts notamment dans le développement de l’infrastructure de recharge, mis en place des incitations gouvernementales, encouragé les investissements dans la production de véhicules électriques et la sensibilisation du public. Ce qui ne peut que contribuer à « créer les conditions nécessaires pour réussir cette transition vers une mobilité plus propre et plus durable », a-t-il conclu. Pour rappel, le Maroc a déployé depuis quelques années des actions combinées pour traiter son secteur industriel automobile de manière significative et attirer des investissements substantiels. Comme le souligne le CMC dans sa publication, ces actions se résument dans six axes stratégiques principaux à savoir  le Plan d’accélération industrielle (PAI), la création d’écosystèmes industriels, les partenariats avec les constructeurs automobiles et les équipementiers, la formation de main-d’œuvre qualifiée, les incitations fiscales et les avantages compétitifs ainsi que le développement des infrastructures. Alain Bouithy

Maroc. L’espoir d’une croissance à 4,1% s’évapore

Maroc. L’espoir d’une croissance à 4,1% s’évapore

Douche froide en vue, voire en cours, pour le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et son équipe qui vont devoir affronter les dures réalités de la gouvernance nationale. Après l’euphorie des prévisions économiques globalement optimistes pour 2022, l’espoir d’une solide reprise de l’économie nationale semble peu à peu se dissiper. Il serait compromis, d’après le Centre marocain de conjoncture (CMC) dont les dernières projections ne laissent place à aucun doute : «La reprise économique projetée pour 2022 ne se réaliserait pas», souligne-t-il dans sa dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture» (n° 346). «Le taux de 4,1% de croissance pronostiqué en juillet dernier sous des hypothèses passablement optimistes ne pourrait aucunement se concrétiser tant les aléas de la conjoncture sont importants», affirme le Centre qui reprend et corrige ainsi ses projections exploratoires des performances de l’économie nationale. «L’évolution ajustée du produit intérieur brut aux prix de 2014 est seulement de 1,8% présentant ainsi un écart d’environ 2,3 points par rapport à la prévision du premier scénario exploratoire», note le CMC qui s’appuie sur les orientations politiques retenues dans la loi de Finances et sur les directives monétaires de la Banque centrale. Le Centre, qui se également base sur les statistiques et les indices précurseurs de conjoncture fraîchement recueillis au cours des premiers mois de l’année, est ainsi formel : l’économie nationale aux termes de 2022 n’emprunterait pas la trajectoire ascendante de pré-pandémique comme il l’avait anticipé, sous de bons augures, dans son premier scénario prospectif. Dans sa publication, un spécial portant sur l’économie marocaine : Quelles approches pour la stabilité des prix?,  le CMC estime en conséquence que «le PIB n’évoluerait que modestement de 1,8% pour atteindre le niveau de 1.335 milliards de dirhams aux prix courants correspondant à 4.050 dollars environ par tête». Le Centre marocain de conjoncture justifie le ralentissement de la cadence de croissance en prévision pour l’année en cours pour l’essentiel à la baisse prononcée de la valeur agricole qui se chiffrerait à environ -14%, au retard des pluies automnales et aux fortes chaleurs qui ont marqué le début de l’exercice. L’observatoire privé, qui tablait sur un dénouement rapide de la crise sanitaire et sur une campagne agricole moyenne, reconnaît que «l’apparition du nouveau variant du coronavirus Omicron, avec les facteurs de forte nuisance pour la santé publique qui l’ont caractérisé, a brouillé les cartes, a détourné la bonne orientation de l’activité abordée en 2021 et a contrarié les anticipations d’une éventuelle reprise ». Dans un des axes de sa publication, intitulé « L’année 2022 : Une croissance déviée », le Centre ajoute, en outre, que le retour aux restrictions sanitaires, décrété de par le monde pour se prémunir contre la propagation de la maladie a provoqué « des dégâts économiques et sociaux préjudiciables ». Pour l’organisme marocain, spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, tout porte à croire que « la croissance  de 2022 devrait ainsi subir les effets négatifs de la vague du virus Omicron comme elle est en train de pâtir profondément des mauvaises conditions climatiques qui ont caractérisé la campagne agricole». Comme si cela ne suffisait pas, «la guerre en Ukraine est venue accentuer l’affaiblissement du potentiel de la production nationale à travers les principaux canaux de transmission des effets du choc qui sont les prix et l’approvisionnement en produits». A propos des prix, le CMC prévoit que les perspectives de croissance de l’économie nationale devraient s’accompagner d’une flambée de l’inflation estimée à 4% sur toute l’année. Selon l’observatoire privé, la rupture avec le calme des prix devrait se poursuivre avec plus de ténacité. Il en veut pour preuve : «L’indice des prix à la consommation relevé au mois de mars 2022 a affiché une hausse notable de l’ordre de 5,3% par rapport au niveau du mois de mars de l’année écoulée». Au-delà, le CMC prévient que «le marché du travail ne réagirait pas à l’acquis de croissance de l’économie nationale tant il est peu convaincant». Ainsi, le taux de chômage au niveau national se stabiliserait autour de 12%. Par ailleurs et à titre de rappel, l’indice de confiance des ménages a enregistré son niveau le plus bas depuis le lancement de l’enquête permanente de conjoncture du Haut-commissariat au plan (HCP), rappelle le Centre relevant qu’il a affiché 53,7 au cours du premier trimestre de cette année contre 61,2 le trimestre précédent. Le CMC note précisement que «la Formation brute de capital fixe ne connaîtrait pas non plus l’excellente performance qui lui a été prédestinée dans le scénario exploratoire». Alors que les exportations de biens et services connaîtraient une évolution plus vigoureuse, le Centre s’attend à une hausse des importations de 37% provoquée par le renchérissement des produits pétroliers et dans une moindre mesure par un accroissement des acquisitions de biens d’équipement». Alain Bouithy

Maroc. Les initiatives prises pour stimuler l’essor des start-up n’ont eu que des impacts limités

Maroc. Les initiatives prises pour stimuler l’essor des start-up n’ont eu que des impacts limités

Les nombreuses initiatives annoncées pour accompagner le développement des start-up n’auraient eu qu’un effet limité, si l’on en croit le Centre marocain de conjoncture (CMC). «Même conçues déjà pour stimuler l’essor des start-up», toutes ces initiatives dont certaines ont même été mises en place «n’ont eu que des impacts limités», a estimé l’observateur privé de l’économie marocaine dans sa dernière publication mensuelle «Maroc conjoncture» (mars, N°344). Pour le Centre spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture au Maroc, le problème trouve sa source dans la frilosité des parties prenantes et l’amalgame encore persistant entre une entreprise classique et une start-up. La confusion est telle que la start-up fait aujourd’hui face à une pluralité des difficultés que le CMC relève dans un article intitulé «La start-up au Maroc. Quelle politique de développement». Sur le plan juridique et fiscal, le centre note l’«absence  d’une définition juridique de la start-up ; lourdeur de la procédure de la loi sur les OPCC pour les fonds dédiés à l’amorçage». Autre difficulté importante : le financement limité dû à l’aversion au risque des bailleurs de fonds. Outre l’insuffisance de la culture entrepreneuriale, le Centre constate également que le capital humain manque des softs skills nécessaires au développement des projets. Sans oublier  la problématique de l’accès aux marchés national et international. Pour corriger les insuffisances des politiques et stratégies mises en place pour ce segment d’avenir de la TPME, le CMC note tout de même que le gouvernement a récemment mis en place un ambitieux programme de promotion de l’entrepreneuriat innovant, FORSA. Comme le rappelle le Centre dans sa publication, ce programme, doté d’une enveloppe budgétaire de 1,25 milliard de DH au titre de l’année 2022, cible l’accompagnement de 10.000 porteurs de projets incluant tous les secteurs de l’économie, tout en assurant les principes d’équité régionale et de genre». Le CMC estime que dans la continuité du programme FORSA, il serait souhaitable que soit mise en place une politique spécifique à la TPE et à la start-up. Sous la forme d’un  «Start-up Innovant Act», cette politique devrait englober cinq principaux axes. Dans le premier axe, qui porte sur le juridique, il sera question de rédiger un cadre juridique spécifique aux start-up, y compris les dispositions relatives à la liquidation de celles-ci, réglementer le statut des incubateurs, adapter la réglementation des changes et de l’export pour l’internationalisation des start-up et adapter le système fiscal à la start-up et au fondateur. Le deuxième axe porte sur l’amélioration de l’accès aux marchés. Dans ce cas, il s’agit de créer un Label start-up, accordé par un comité composé de représentants de fonds, des pouvoirs publics et d’experts ; intégrer les start-up au quota des appels d’offres publics et alléger les conditions d’accès des start-up aux marchés stratégiques (banque, assurances, services financiers). Cet axe prévoit aussi d’inciter les grandes entreprises marocaines ou les multinationales locales à accompagner les start-up dans l’accès aux marchés internationaux sous forme de contrats de sous-traitance à titre d’exemple et mettre en place un système de certification des mentors et experts dans l’accompagnement des start-up. Le troisième axe concerne la promotion de l’investissement.  Il est question dans cet axe de considérer les start-up comme des «opérateurs économiques agréés» au sens douanier et les exempter des procédures d’homologation à l’import ; créer une charte autour de la start-up marocaine pour lui permettre d’une part de bénéficier d’aides, de subventions, et d’avantages fiscaux mais également pour faire profiter l’écosystème des synergies de groupes ainsi que réformer la SAS, statut OPCC (conditions, flexibilité, capital, procédure et autres) et/ou créer des véhicules dédiés Concernant le quatrième axe, qui vise à faciliter l’accès au financement, le Centre souligne l’importance de mettre en place des financements bancaires pour l’exportation des start-up et un système d’encouragement financier des chercheurs sur la base du nombre de publications et de dépôts de brevet (subvention des coûts de dépôts de brevets) Enfin, le cinquième axe consiste à mettre en place un accompagnement spécifique de l’Etat aux start-up. Ce qui nécessite de renforcer le soutien public aux structures d’accompagnement et d’accélération des porteurs de projets (financier, technique, mise en  relation et autres), et centraliser l’information relative aux aides publiques adressées aux porteurs de projets innovants. Dans le cadre de cet accompagnement, il sera aussi question d’élaborer un programme national pour le développement de l’esprit entrepreneurial dans les établissements d’enseignement et de réformer l’éducation nationale et introduire le statut de «chercheur» pour promouvoir l’innovation. Alain Bouithy

Maroc. Les performances économiques de 2021 ne sont qu’un rattrapage qui est par sa nature temporaire

Maroc. Les performances économiques de 2021 ne sont qu’un rattrapage qui est par sa nature temporaire

ECONOMIE. «Les performances (économiques) enregistrées en 2021 ne sont qu’un rattrapage qui est par sa nature temporaire», a affirmé le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture» n° 344 précisant qu’elles interviennent après des résultats médiocres observés en 2020. «Elles ne peuvent être en aucun cas considérées comme des résultats qui peuvent se prolonger dans le temps», a estimé le CMC dans ce spécial portant sur «L’instabilité des marchés : Quel programme de soutien au pouvoir d’achat?». Aussi, selon l’Observatoire privé et indépendant, «l’économie marocaine pourrait-elle connaître une décélération de son rythme de croissance au cours des prochaines années pour retourner progressivement à la normale», a-t-il prévenu dans ce nouveau numéro. Selon le Centre spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, «ce ralentissement prévisible contribuera à atténuer les tensions sur l’offre et les pressions inflationnistes, notamment avec un reflux des prix des produits alimentaires, qui ont atteint des niveaux élevés en 2021». Rappelons que la crise et ses effets négatifs n’ont pas épargné l’économie marocaine qui a en effet été frappée par un choc récessif sans précédent en 2020. Fort heureusement que «la reprise a été au rendez-vous l’année suivante», comme l’a relevé le CMC dans sa publication. Un retour qu’on a pu observer dans d’autres économies du monde touchée également par cette crise. Si l’accélération de la croissance en 2021 a pu bénéficier du ralentissement de la pandémie, de la bonne campagne agricole et de la relance de la demande extérieure, force est de constater qu’elle est restée fragile et inégale, a fait remarquer le CMC de même source. Aussi, bien que cette tendance à l’amélioration ait permis au marché de travail de se ressaisir, force est de constater qu’elle n’a pas été «en mesure de réduire substantiellement le chômage», a fait savoir le Centre qui note, en outre, que cette même «dynamique n’a pas été suffisante également pour réduire la pauvreté». Par ailleurs, même si elle reste modérée, l’inflation a connu une nette accélération par rapport à 2020, a poursuivi le CMC. Qu’à cela ne tienne, l’Observatoire privé et indépendant a toutefois noté que «l’économie marocaine a, aussi, réalisé d’autres résultats positifs» au cours de cette période. Le Centre en veut pour preuve qu’«elle est parvenue, grâce à une gestion judicieuse de ses finances, à contenir le déficit budgétaire dans des proportions modérées comparativement à d’autres pays semblables et à ne pas recourir aux marchés internationaux pour couvrir ses besoins de financement depuis décembre 2020». Quoi qu’il en soit, pour les experts du CMC, « ces résultats sont un révélateur de la capacité de l’économie marocaine à s’adapter aux changements qui s’opèrent dans son environnement et à saisir les opportunités qui s’offrent à elle pour améliorer ses performances, ses structures productives et éviter à la population marocaine de voir son niveau de vie se détériorer». Dans sa publication «Maroc conjoncture», le Centre marocain de conjoncture a toutefois estimé que les pouvoirs publics doivent s’efforcer de développer à l’avenir davantage les piliers de la compétitivité future. «C’est dans ce sens qu’une attention particulière doit être accordée au développement des investissements internationaux, à l’amélioration de la productivité ou encore aux termes de l’échange entre le Maroc et le reste du monde en vue de préserver les acquis d’avant la crise et de faire de la crise une opportunité pour améliorer sa compétitivité», a-t-il expliqué. Selon toujours le CMC, «les pouvoirs publics doivent également faire en sorte que l’inflation reste à un niveau bas, stable et prévisible pour préserver la valeur de la monnaie nationale et le pouvoir d’achat des ménages», a-t-il conclu. Alain Bouithy

Maroc. Embellie précaire et fléchissement tenace

Maroc. Embellie précaire et fléchissement tenace

En dépit de la multiplicité des réformes engagées au cours des deux dernières décennies, les prémices d’un décollage économique soutenu tardent à se manifester durablement, constate le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa publication mensuelle « Maroc Conjoncture » du mois de novembre (N°340). En effet, souligne l’observatoire privé, « l’embellie constatée au cours de la première décennie de ce siècle n’a pas tardé à connaître  un fléchissement pendant la décennie qui a suivi ». Les signes de décélération de l’activité seront rapidement décelés. Ils se traduiront par le ralentissement observé dans la création des richesses et une recrudescence du chômage, la détérioration du nombre de postes d’emplois créés et l’incapacité manifeste d’absorber les cohortes des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Pour mieux apprécier cette dégradation, rappelons à ce propos qu’en 2020, l’économie nationale a perdu 432.000 postes d’emploi contre une création de 165.000 postes en 2019. Tandis que le taux de chômage grimpait de 9,2% à 11,9%, au niveau national, selon le Haut-commissariat au plan (HCP). Plus récemment, entre le troisième trimestre de 2020 et la même période de 2021, l’économie nationale a perdu 581.000 postes d’emploi, a noté l’institution publique. Et bien qu’en légère baisse, le taux de chômage (qui est  passé de 12,7% à 11,8% au niveau national) demeure élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (31%), les diplômés (18,7%) et les femmes (16,5%). Il est à noter que l’avènement de la crise du Covid-19 a aggravé de plus belle la situation en consacrant la paralysie du processus de transformation structurelle entamée par le Royaume, selon le CMC. Le CMC pour la consolidation des acquis et le parachèvement des réformes fondamentales L’attractivité et le climat des affaires au Maroc s’en trouveront touchées, la pandémie coronarienne ayant impacté négativement des entreprises qui affichaient des perspectives prometteuses. Cela s’en ressentira notamment au niveau de l’industrie automobile et de l’aéronautique qui n’ont pas encore atteint la maturité suffisante, à même de les préserver d’une détérioration », relève le Centre dans un article qu’il a intitulé « Les réformes stratégiques en instance ». Ce, malgré une progression des exportations (respectivement +12,4% et +16,4%) au titre des dix premiers mois de l’année 2021, comme l’a relevé récemment l’Office des changes dans ses indicateurs mensuels des échanges extérieurs du mois d’octobre dernier. Pour les économistes de l’observatoire privé, il ne fait aucun doute que ce phénomène « a mis en évidence la fragilité du modèle de développement appliqué, jusqu’alors, et son incapacité à consolider la position du Maroc en tant que hub africain et continental des affaires ». Il est important de rappeler qu’au sortir du Programme d’ajustement structurel des années 80, le Maroc s’était employé à mettre en place une série de réformes susceptibles d’améliorer son environnement des affaires et partant, mobiliser l’épargne nationale et attirer l’investissement direct étranger. Quelques décennies plus tard, le pays était même parvenu à s’affirmer comme un séreux prétendant à l’émergence. Comme le rappelle si bien le CMC dans sa publication, « des réalisations tous azimuts importantes avaient été enregistrées dont le renforcement des infrastructures d’accueil et de communication, la réduction des coûts de création de l’entreprise, la facilitation du transfert de propriété et autres opérations d’import-export. Toutes ces avancées et bien d’autres prendront plus tard un sérieux coup, comme le relève le Centre dans ce spécial portant sur le programme de relance économique : Choix et défis.Pour le  Centre, les raisons du recul des acquis qui ont autrefois permis au Maroc d’occuper des positions remarquables au sein de la communauté internationale en matière d’attractivité et de climat des affaires, sont bien connues. Pour expliquer ce rendez-vous manqué, le Centre marocain de conjoncture avance l’insuffisance en protection par la justice en termes de liberté et de sécurité, la prolifération du secteur  informel, les faiblesses intrinsèques à l’entreprise elle-même. En pointant du doigt l’entreprise, le CMC entend sans doute dénoncer « sa dynamique étriquée, inhérente à sa faible capacité à assumer les risques d’exploration et de valorisation de nouvelles opportunités », comme il le souligne dans son analyse. Le Centre reproche également à l’entreprise sa faible capacité « à affirmer sa volonté face à la compétitivité internationale, pour s’imposer dans la conquête de nouveaux marchés ». Pour mieux apprécier les carences de l’économie nationale, il faut peut-être aussi s’en remettre à l’analyse faite dans le cadre du nouveau modèle de développement (NMDD) qui a estimé que l’économie marocaine montre des lacunes symptomatiques dans ses fonctions entrepreneuriales en termes de prouesses de ses activités productives et de sa propension à l’innovation. Tout en se référant à la même source, le Centre estime que le défi à relever  réside dans la préparation d’un environnement économique plus enclin à l’initiative privée. Ces initiatives doivent être appuyées par des politiques publiques qui prônent l’efficience du système productif, a poursuivi la publication notant que la commande publique doit servir de stimulant. Qu’elles viennent du NMDD, du CNEA (Comité national de l’environnement des affaires) ou encore du patronat, le Centre marocain de conjoncture insiste dans son analyse sur le fait que toutes les orientations mises sur la table appellent à la consolidation des acquis et au parachèvement des réformes fondamentales. Sur ce, le CMC invite à préserver d’urgence l’ancrage du Maroc et son positionnement dans la mouvance internationale des chaînes de valeur mondiale, parachever la globalité des réformes du système judiciaire, consolider la dynamique du secteur privé en le dotant des moyens d’affronter les risques et d’entreprendre des prospections. Pour gagner la confiance des prometteurs et favoriser leur adhésion à des partenariats ave l’Etat, la publication rappelle que « l’option de sécurisation, de l’initiative privée, fait référence à l’importance de l’instauration et au respect d’une réglementation stable et non discriminatrice ». Alain Bouithy

Maroc. Les choix budgétaires pour 2022 devront s’articuler autour des objectifs prioritaires, selon le CMC

Maroc. Les choix budgétaires pour 2022 devront s’articuler autour des objectifs prioritaires, selon le CMC

«Les choix budgétaires pour l’année 2022 devront s’articuler autour des objectifs prioritaires de redynamisation des secteurs productifs», selon le Centre marocain de conjoncture (CMC). Ils devront également se focaliser sur ceux « du développement des mécanismes de protection sociale, de la réforme du secteur public et du renforcement du capital humain», estime le CMC dans sa dernière publication mensuelle, «Maroc Conjoncture» n° 339. «La réalisation de ces objectifs nécessitera la mobilisation d’importantes ressources dans le cadre de la nouvelle approche du modèle de développement», souligne l’Observatoire privé dans ce spécial consacré aux perspectives de croissance pour 2022. Pour le CMC, tout porte à croire que  «le cadrage budgétaire envisagé pour l’exercice à venir semble opter pour un programme de relance», lequel bénéficie du redressement progressif de l’activité après la forte contraction liée à la crise sanitaire, précise-t-il dans sa publication mensuelle («Quelles perspectives de croissance pour 2022 ?»). Notons que «ce programme vise le renforcement de la dynamique de croissance à la lumière des orientations consignées dans le nouveau modèle de développement », comme le rappelle cette institution spécialisée dans l’analyse et le suivi de la conjoncture au Maroc, la prévision et l’évaluation d’impact. Dans ce spécial, paru récemment, le CMC aborde également plusieurs autres sujets d’actualité. Parmi ceux-ci figure la hausse des cours de l’énergie qui a fait exploser le prix du gaz naturel à l’échelle mondiale et entraîne dans son sillage les prix de l’électricité. « Les cours du pétrole ont nettement progressé. Des coupures d’électricité massives frappent la Chine. Le Royaume-Uni renoue avec les ruptures d’approvisionnement énergétique, mettant en avant l’importance des politiques publiques énergétiques. Et, à l’approche de l’hiver, les stocks de gaz naturel et de charbon sont au plus bas dans plusieurs pays  », constate le CMC. La hausse des cours serait due aux «déséquilibres entre une demande boostée par la reprise économique et une offre sous contraintes», explique-t-il estimant que cette tendance devrait se poursuivre au cours des mois à venir selon les prévisions. Dans ce numéro, le Centre braque aussi ses projecteurs sur le record attendu des transferts des MRE qui culmineraient à 87 milliards de dirhams au terme de cette année selon la Banque Centrale. Soit une hausse de presque 28% comparativement à 2020. Mais pour le CMC, ce dynamisme est quelque peu éclipsé par une réalité : le chômage. En effet, «même s’il intervient dans un contexte de hausse généralisée de l’ensemble des rubriques des échanges extérieurs, ce record des transferts est paradoxal en raison de la hausse du chômage pour cause de pandémie qui affecterait en premier lieu la diaspora immigrée dans les pays de l’Union Européenne ». Deux autres sujets sont au cœur de ce spécial : les attentes post-pandémiques des opérateurs économiques et les Relations Maroc-Union Européenne. Concernant le premier point, le CMC estime que «l’entreprise, dans sa vocation investissement, représente la clé de voûte de toute aspiration de mise en place des conditionnalités du développement économique et social», assurant que le climat des affaires amélioré favoriserait, de façon concomitante, le recours aux nouvelles technologies et la valorisation du capital tant humain que matériel. S’agissant du second, celui des Relations Maroc-Union Européenne, le CMC rappelle que le Maroc est progressivement devenu un partenaire privilégié de l’UE en matière de coopération politique, économique, commerciale et technique. Selon l’Observateur privé, « ce partenariat a permis au Maroc de s’engager dans une dynamique de réformes qui lui ont ouvert la voie d’accès au statut avancé ». Le Centre estime cependant que « cette alliance n’a pas tenu toutes ses promesses en dépit des avancées réalisées par le Maroc à différents niveaux ». Selon le CMC, les contraintes internes et externes ont été très fortes au cours de cette dernière décennie ; ce qui a freiné l’élan des réformes entamées par le pays pour s’aligner sur l’acquis communautaire. Ce ne sont pas les seuls griefs. Pour l’Observateur privé, il ne fait aucun doute que « la crise financière 2008-2009 et la récente crise sanitaire ont pesé négativement sur la dynamique positive qui a caractérisé l’économie marocaine ». Quoi qu’il en soit, le CMC estime « l’impulsion d’un nouveau souffle aux relations liant le Maroc à l’union européenne est impératif compte tenu des changements qui s’opèrent un peu partout dans le monde ». Alain Bouithy

Maroc. Le tourisme national reprend peu à peu des couleurs

Maroc. Le tourisme national reprend peu à peu des couleurs

Le tourisme national se remet peu à peu sur les rails, si l’on en croit les dernières données publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) faisant état d’un accroissement à deux chiffres du nombre des arrivées touristiques à fin août 2021. Selon ce département relevant du ministère de l’Economie et des Finances dans sa note de conjoncture du mois d’octobre (N°296), le flux des arrivées à la destination Maroc s’est accru de 16,2%, pour s’élever à près de 2,5 millions d’arrivées, après 2,1 millions à fin août 2020 et 9,3 millions à fin août 2019. Quoi qu’encore insuffisante, cette performance a permis de faire passer la baisse des arrivées par rapport à leur niveau pré-crise de -77% à fin août 2020 à -73,3% à fin août 2021. Comme le précise la DEPF dans sa note, « au titre de la période de juin à août, le nombre de ces arrivées a cumulé un total de près de 2 millions d’arrivées, après 165 mille un an auparavant, pour une part des touristes étrangers de 28%, après 10,8% un an plus tôt ». D’après la même source,  en comparaison avec la même période de 2019, le recul de ces arrivées s’est ainsi réduit à -60,2%, après -97% un an auparavant. Plusieurs facteurs dont la réouverture des frontières nationales à partir de mi-juin 2021 (combinée aux mesures exceptionnelles de l’opération Marhaba 2021), expliquent cette évolution qui intervient après plus d’une année d’évolution négative sous l’impact de la crise Covid-19. Il faut dire, en effet, que « la mise en place des dispositifs sanitaires pour accueillir les ressortissants marocains à l’étranger a, quelque peu, ravivé ce secteur pratiquement en arrêt depuis plusieurs mois », comme l’a constaté le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa publication trimestrielle « Maroc Entreprise » (N°101) de septembre dernier. Soulignons qu’après l’analyse des données publiées par la DEPF, il ressort également qu’au terme des huit premiers mois de l’année en cours, le volume des nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés a atteint  près de 5,6 millions. Il est ainsi ressorti en légère baisse de 0,5% par rapport à fin août 2020 et de 67,2% par rapport à fin août 2019. Il est à préciser que « pour la période de juin à août 2021, leur nombre s’est boosté de 218,6% comparativement à la même période de 2020 et a reculé de 52,3% comparativement à celle de 2019 », a souligné la DEPF. Des améliorations ont été aussi constatées au niveau des recettes touristiques qui se sont appréciées de 223,3% au titre des deux premiers mois du troisième trimestre 2021, selon la DEPF. « Consolidées à une hausse de 15,2% au mois de juin 2021, ces recettes ont atteint 12,9 milliards durant la période de juin à août 2021, après 4,8 milliards un an plus tôt et 24,1 milliards à la même période de 2019 », a indiqué la Direction. Ainsi, au terme des huit premiers mois de 2021, ces recettes se sont repliées de 17,6% en une année à 20,3 milliards de dirhams et de 61,5% par rapport à fin août 2019 après-74,1% à fin mai 2021, a-t-elle souligné. Comme le relève le CMC dans sa publication trimestrielle, rappelons que « les recettes touristiques ont augmenté au terme du mois de juillet de l’année en cours de 45,6% en  comparaison avec la même période de l’année précédente. En revanche, les recettes voyages ont diminué de 42,8% au cours de la même période ». A l’échelle mondiale, tout porte à croire que les vaccinations et la réouverture des frontières ont favorisé la reprise de ce secteur. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), « le tourisme international a montré des signes de rebond en juin et en juillet 2021 avec l’assouplissement des restrictions sur les voyages dans certaines destinations et la progression générale des vaccinations dans de nombreuses régions du monde ». Comme le souligne cette institution spécialisée des Nations unies, il y aurait eu 54 millions de touristes internationaux en juillet 2021 : c’est 67% de moins qu’en juillet 2019, mais c’est le meilleur résultat enregistré depuis avril 2020. Et de préciser que « ce chiffre est à rapporter aux 34 millions d’arrivées internationales estimées au mois de juillet 2020, tout en étant bien en dessous des 164 millions de 2019 ». Si la plupart des destinations ont connu durant la même période un rebond modéré des arrivées internationales par rapport à 2020, force est de constater que « 2021 reste une année difficile pour le tourisme mondial », selon l’organisation chargée de promouvoir et de développer le tourisme international. Et pour cause : les arrivées internationales de janvier à juillet étant de 80% inférieures à leur niveau de 2019, a-t-elle expliqué.  Alain Bouithy

Maroc: La politique économique post-crise devrait œuvrer prioritairement au redressement de l’activité

Maroc: La politique économique post-crise devrait œuvrer prioritairement au redressement de l’activité

«La récession profonde de l’économie internationale renforcée par une détérioration rarement égalée des conditions sociales laisse présager une détresse sur le long terme», a prévenu le Centre marocain de conjoncture (CMC). «L’incidence de l’extrême pauvreté augmentera pour la première fois depuis plus de deux décennies et les inégalités vont s’accentuer», a souligné l’observatoire privé dans sa dernière publication mensuelle (N°330) faisant savoir que le caractère inégal de la reprise assombrit considérablement les perspectives de convergence mondiale des niveaux de revenu interpays. Si les voies de la reprise paraissent incertaines à l’échelle mondiale, force est de constater que «la persistance de la crise sanitaire déteint fortement sur l’équilibre économique et social», a-t-il constaté. Comme l’a relevé l’institution spécialisée dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, les projections les plus prudentes prédisent pour la fin de l’exercice une contraction de la production globale de 7%. «Cette destruction de richesse inégalée depuis de longues années devrait par ailleurs être aggravée par la perspective d’une perte massive d’emplois dans les secteurs les plus vulnérables», a-t-elle poursuivi dans cette publication intitulée «La pandémie : Quels mécanismes pour la protection sociale ?». A ce propos, et pour mieux apprécier la gravité de la situation, le Centre a rappelé dans sa publication que les données relatives au troisième trimestre de l’année font état d’une destruction nette de 581 milliers de postes d’emplois. Ce qui induit une hausse du taux de chômage moyen de 3,3 points en une année. Dans ces conditions, l’institution a estimé que «la politique économique post-crise devrait œuvrer prioritairement au redressement de l’activité à travers l’intensification de l’effort d’investissement. Elle devrait également mettre à profit le nouvel élan de solidarité pour le développement de facteurs de résilience au plan social». Outre le redressement de l’activité et la consolidation du progrès social à inscrire dans la politique économique post-crise, la publication porte également une attention particulière à la protection sociale et la préservation de l’emploi considérées comme «une aspiration à l’universel». Pour le Centre marocain de conjoncture, la protection sociale est entendue, dans son acception générale, comme une prévoyance collective consentie par une société dont le but est de protéger ses membres des risques et autres aléas susceptibles de nuire à la sécurité économique des individus ou des ménages. Selon le CMC, «elle a pour objectif d’enraciner un esprit de solidarité entre les différentes composantes de la société dans sa lutte contre la pauvreté et la précarité». Ainsi que le précise le Centre, la protection sociale se déploie selon trois mécanismes. Il s’agit de : l’assurance sociale réservée à la prévention des risques de pertes de revenus sous l’effet du chômage, de l’accident du travail, de la maladie ou de la vieillesse…; l’assistance qui repose sur la solidarité entre individus pour garantir un revenu minimum sans exigence de cotisations préalables ainsi que la protection universelle qui n’est pas liée à une conditionnalité de ressources ou de cotisations et qui couvre l’ensemble des individus. Rappelons qu’au cours des deux dernières décennies, le Maroc a réalisé des progrès considérables dans de nombreux domaines. Selon l’observatoire, «ces améliorations ont été obtenues grâce à la mise en œuvre par les autorités marocaines de nombreuses réformes visant à accélérer la transition économique et sociale du pays». C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’un programme ambitieux de réformes sectorielles a été mis en œuvre dont «l’objectif majeur est l’accélération du développement des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’industrie, le tourisme, l’énergie et les mines». Considérées comme les principaux moteurs de la croissance de l’économie marocaine, «ces différentes activités ont connu des transformations tangibles à même de leurs permettre de contribuer plus efficacement à la dynamique de la croissance et à l’amélioration des conditions sociales dans le pays», affirme le CMC notant que les résultats obtenus depuis 2005 sont dans l’ensemble globalement positifs. Revenant sur la crise sanitaire, le CMC note qu’elle «creuse la fracture numérique et ses effets, l’écart de richesse entre pays, les fossés entre riches et pauvres, entre employés des secteurs informel et formel, entre hommes et femmes, entre ceux qui peuvent s’endetter et les autres… ». Outre «L’économie mondiale : les voies incertaines de la reprise», la « Politique économique postcrise : redressement de l’activité et consolidation du progrès social», la «Stratégie sectorielle : une démarche de conduite du changement» et la «Protection sociale et préservation de l’emploi : une aspiration à l’universel», le CMC aborde également deux autres axes. A savoir : la «Perspective d’une politique nationale intégrée du climat des affaires : une stratégie d’approfondissement des réformes» et les «Politiques budgétaires : «…le temps est à la dépense publique»». Alain Bouithy