​Maroc: La croissance baisserait à -6,2% pour l’année en cours

​Maroc: La croissance baisserait à -6,2% pour l’année en cours

Le Centre marocain de conjoncture (CMC) a revu à la baisse sa prévision de croissance pour le Maroc pour cette année. Selon les économistes de l’Observatoire indépendant de l’économie marocaine, la croissance nationale devrait connaître finalement une baisse prononcée de – 6,2%. Rien de réjouissant donc. Il faut dire que la crise du Covid-19, l’une des plus sévères que le monde ait connues depuis de nombreuses décennies, a mis à l’épreuve toutes les économies de la planète. Comme l’a relevé le CMC dans sa dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture» (n° 327), «l’ampleur de ses conséquences économiques et sociales est considérable» et le Royaume n’y échappe pas. Le Maroc qui, dès l’apparition des premières contaminations par le virus, début mars 2020, a pris un ensemble de dispositions pour limiter les dégâts, potentiellement prévisibles du fait de la pandémie, a rappelé le Centre dans ce spécial portant sur «Post-Covid-19 : Stratégie et mesures pour la relance économique». Comme partout ailleurs, cette situation a nécessité de la part des pouvoirs publics des prises de décision dans l’urgence pour sauver des vies humaines, éviter l’effondrement de l’économie et empêcher une crise sociale qui plongerait le monde dans un chaos sans précédent, a souligné le CMC dans un communiqué publié récemment. Pour l’institution, spécialisée dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, «les dégâts auraient été incommensurables sans le confinement, rapidement mis en place et sans les mesures appropriées, prises au niveau des règles sanitaires de prévention et de traitement». Mais quand bien même ces agencements auraient permis d’éviter des pertes humaines importantes, comme celles observées par de nombreux pays, force est de constater qu’ils se sont avérés coûteux en termes de disponibilité de revenus et de préservation d’emplois. Ainsi que l’a fait remarquer le CMC dans sa publication, «le choc combiné de l’offre et de la demande a pesé lourd sur l’économie nationale, au point d’imposer l’urgence d’une rectification de la loi de Finances en vigueur pour l’exercice 2020». L’Observatoire a noté que, suite à l’éclatement de la pandémie du coronavirus et la forte perturbation ayant affecté le fonctionnement normal de l’ensemble des marchés dans leurs doubles dimensions d’offre et de demande, l’Etat a pris tout un train de mesures de nature à aider les entreprises à retrouver des niveaux d’activité d’avant la survenue de cette catastrophe sanitaire. A ce propos, il rappelle que la stratégie interventionniste de l’Etat comprend deux volets. Ainsi, «au dispositif de garanties musclé piloté par la Caisse centrale de garantie (CCG) pour le compte de l’Etat, Bank Al-Maghrib (BAM) a inauguré une nouvelle ère dans la conduite de la politique monétaire en phase avec la gravité de cette conjoncture inédite dans les annales économiques du pays». A travers cette double intervention, les autorités entendent préserver l’intégrité du tissu productif en limitant les fermetures et les faillites d’entreprises, et d’autre part d’assurer la disponibilité des financements nécessaires à toute relance des activités productives et au retour progressif à la normale, rappelle également le CMC. Si l’engagement des Etats s’avère sans précédent, au CMC on est persuadé qu’il est essentiel de veiller à «reconstruire en mieux», c’est-à-dire à favoriser une reprise respectueuse de l’environnement, soutenant le potentiel de croissance à long terme, qui améliore l’inclusivité et réduit les inégalités. Les économistes du Centre estiment ainsi que «la stratégie de développement agricole devrait à l’avenir œuvrer pour la convergence du monde rural vers les standards du milieu urbain en termes de revenus, d’emploi, de niveau de vie et d’inclusion». Ils estiment qu’«un tel objectif ne devrait pas perdre de vue, dans le nouveau contexte post-épidémique, l’impératif de sécurité alimentaire». Toujours à propos de cet axe, le Centre rappelle que le monde rural a souffert doublement tout au long de l’épisode épidémique notant qu’aux effets dévastateurs de la crise sanitaire qui a pratiquement paralysé les flux commerciaux dans les campagnes se sont ajoutées la sévérité du climat et son incidence sur les principales spéculations. Cela dit, « en dehors des cultures céréalières qui ont été durement affectées par la sécheresse, les évaluations de la production agricole au terme du premier semestre montrent une certaine résilience du secteur qui a permis d’approvisionner de façon régulière les marchés et de répondre à la demande intérieure en produits alimentaires de base. S’agissant du Système de santé publique, autre axe abordé dans ce spécial, le CMC constate que «l’électrochoc de la pandémie a été à l’origine d’une métamorphose du système de santé publique qui, sans transition, a vu s’estomper toutes les récriminations, pour faire la démonstration d’un engagement sans faille, d’un service de qualité vanté par les pays à haute infrastructure sanitaire et donné en exemple par l’Assemblée générale de l’OMS». Ainsi, a-t-il poursuivi, en réponse à sa faillite préalablement annoncée, l’hôpital public a fait preuve d’une résilience sans faille, résultat d’un effort de l’ensemble des parties concernées. Ce, malgré les «dysfonctionnements et autres insuffisances, à caractère structurel, qui n’ont pas disparu pour autant». Les déficits en ressources humaines, en équipements et en accès équitable aux soins restent latents. La question est désormais de savoir s’il est possible de transformer cette performance conjoncturelle en modèle d’efficacité durable. Enfin, pour le Centre marocain de conjoncture, «s’il est une leçon à tirer de l’épisode épidémique, c’est qu’il devient absolument nécessaire de se prévaloir à l’avenir d’un certain degré de résilience face aux chocs de toute nature». Alain Bouithy

La digitalisation joue un rôle prépondérant en matière d’impulsion de la croissance économique

La digitalisation joue un rôle prépondérant en matière d’impulsion de la croissance économique

La dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture » (n° 316) du Centre marocain de conjoncture (CMC) est disponible. Dans ce spécial consacré au numérique au Maroc et à sa stratégie de développement, le Centre note que le Maroc s’emploie à faire du numérique l’outil décisif du perfectionnement de sa compétitivité. « La volonté affichée par le Royaume laisse penser que les nouvelles technologies seraient à la base de la démocratisation de l’accès aux services financiers, de la réduction de l’ampleur du secteur informel et plus généralement d’une plus grande transparence dans l’implication des agents économiques et autres acteurs sociaux », souligne le CMC. Cependant, si l’accès à l’Internet et l’utilisation des réseaux sociaux enregistrent une évolution explosive, le Centre estime qu’il n’en demeure pas moins que des efforts importants restent à déployer pour permettre aux dispositifs numériques de jouer un rôle énergique dans la création d’emplois pour les jeunes et dans l’inclusion. Dans une note synthétisant les axes principaux de ce spécial, le Centre rappelle que le monde où nous vivons accorde une place de plus en plus large aux nouvelles technologies et soutient que « la digitalisation joue un rôle prépondérant en matière d’impulsion de la croissance économique dans ses différentes composantes sectorielles ». Pour le CMC, il ne fait aucun doute que la digitalisation s’impose désormais comme un atout incontournable de la valorisation des facteurs de production et un composant infaillible de l’attractivité des investissements dans le monde. « Le digital offre un immense potentiel qui peut rendre possibles de nouveaux modes de développement et aider les pays et les individus à accéder aux connaissances », poursuit le CMC. L’occasion de rappeler que les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont largement contribué à la modernisation de l’administration publique de par le monde où elles prennent toute leur place dans la réforme de l’Etat. Evoquant le cas du Maroc, le CMC rappelle que l’adoption des technologies numériques au sein de l’administration a déjà été amorcée depuis quelques années. Mais si d’importantes avancées ont depuis lors été réalisées, il n’en reste pas moins vrai qu’il a un retard à rattraper, fait-il savoir. Et de noter que « les entreprises comme les particuliers attendent de l’administration l’introduction de plus de cohérence, de souplesse dans leurs démarches administratives et plus d’efficacité et de transparence dans les services que l’administration leur offre et qu’elle s’adapte à leurs besoins qui s’accroissent et se diversifient à mesure que la société de l’information progresse. Des retards importants synonymes d’autant d’opportunités manquées, note également le Centre lorsqu’il évoque le haut débit dont la forte diffusion au Maroc « contribuerait à la réalisation des objectifs de développement visés : émergence, augmentation de la valeur ajoutée des exportations, emploi, etc., alors que la fracture du haut débit est pleine de menaces ». Si le haut débit apporte de multiples bienfaits à l’économie et à la société, force est de constater que « le pays souffre d’un sous-développement du secteur en comparaison avec des pays comparables et les pays de la région MENA », déplore le CMC. « La diffusion de l’Internet HD fixe est particulièrement faible, les services ADSL semblent pénalisés par la problématique du dégroupage de la boucle locale filaire majoritairement détenue par l’opérateur historique et les services de fibre optique sont encore sous-utilisés », constate-t-il. Qu’à cela ne tienne, le CMC note tout de même l’émergence d’une activité à fort potentiel de développement grâce au commerce électronique qui a enregistré ces dernières années une petite percée parallèlement au développement de l’activité monétique au Maroc. En effet, « la vente en ligne qui représente actuellement 1 % du montant global des paiements par carte bancaire est en progression au taux moyen de 35 % par an depuis 2015 », relève le CMC. En dépit d’un chiffre d’affaires encore limité, tout porte à croire que le commerce en ligne présente un potentiel de développement important qui ne cesse de se confirmer avec la progression des sites marchands ces dernières années. Il importe de soutenir ce mouvement à travers la levée des obstacles qui limitent encore l’offre et la demande sur ces sites à travers les réseaux du e-commerce et la mise en place de solutions de paiement en ligne adaptées aux besoins des consommateurs et entreprises. Alain Bouithy

Les échanges commerciaux du Maroc demeurent fortement concentrés sur l’Europe

Les échanges commerciaux du Maroc demeurent fortement concentrés sur l’Europe

Les échanges commerciaux du Maroc sont restés fortement concentrés sur le continent européen au terme de l’exercice 2018, a relevé le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans son rapport annuel intitulé « 2020 année de rattrapage?». Les flux des échanges globaux avec l’Europe ont connu un accroissement de 8,4% par rapport à l’exercice précédent pour s’établir à 502 milliards de DH, a indiqué le CMC dans ce document rendu public récemment. « Ces flux sont dominés par les importations qui, en valeur, représentent près des deux tiers de l’ensemble des échanges avec l’Europe. Il résulte d’un tel déséquilibre que, pour un volume d’exportations de marchandises s’élevant à 193 milliards de DH, le taux de couverture sur le marché européen se situe à peine à 62%, dégageant ainsi un déficit chronique en défaveur du Maroc sur ce continent », a-t-il souligné. Concernant les échanges avec le continent asiatique, deuxième partenaire du Maroc du point de vue du volume des transactions commerciales, il ressort qu’ils ont cumulé la valeur globale de 122 milliards de DH au titre de la même année, soit 16,3% des échanges globaux du pays. En détail, le volume des échanges a été dominé par des importations dont la valeur globale s’est élevée à 94,2 milliards de DH. Ce qui correspond à un accroissement de 15,8% par rapport à l’exercice précédent. S’agissant des exportations vers les marchés asiatiques, les données indiquent qu’elles ont atteint la valeur globale de 28,2 milliards de DH, soit à peine 23% du total des échanges avec ce continent en 2018. Poursuivant son analyse de l’évolution des transactions commerciales avec ce continent, le CMC a fait remarquer que «le commerce avec les pays asiatiques, concentré du côté des exportations sur les produits bruts et les demi-produits et plus particulièrement sur les phosphates et les produits dérivés, demeure largement déséquilibré pour le pays avec un taux de couverture ne dépassant guère 30%, soit le taux le plus bas enregistré dans les échanges avec les différents continents ». Du côté du continent américain, il ressort que le volume global de transactions sur les marchandises avec cette partie du monde a connu une hausse de 11,8% par rapport à l’exercice précédent atteignant 83,8 milliards de DH en 2018. Selon le Centre marocain de conjoncture, les flux commerciaux avec les différents pays de ce continent représentent désormais près de 11,2% des échanges globaux du Maroc. « La progression des exportations du Maroc sur ce marché, plus soutenue ces dernières années comparativement à celle des importations, a permis d’atténuer quelque peu le déséquilibre structurel du commerce avec le continent américain », a souligné le CMC notant que le taux de couverture des échanges a gagné près de 8 points depuis le début de la décennie en passant de 40,7% en 2010 à 48,8% en 2018. Il est à noter que les flux commerciaux avec les différents pays de ce continent ont fortement progressé ces dernières années à la faveur notamment de la conclusion de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis mais aussi de l’ouverture grandissante sur les marchés de l’Amérique latine. S’agissant du marché africain dont la faible part dans le volume global des échanges ne dépasse guère actuellement 5,4%, le Centre a estimé qu’il présente pour le Maroc de réelles possibilités pour le développement de ses exportations, notant que les échanges commerciaux avec les pays africains ont progressé de 8,6% en 2018 pour atteindre un volume global de 40,5 milliards de DH. A noter que les ventes sur les marchés africains ont enregistré au cours des dernières années les plus fortes progressions comparativement aux autres marchés, a fait savoir le CMC. « Les données portant sur la période 2010-2018 font état d’un accroissement régulier et soutenu du chiffre d’affaires à l’export sur ce marché avec une hausse de 4,5% en moyenne par an », a relevé le Centre. Et de préciser qu’à l’inverse des autres marchés, « la balance commerciale avec le continent africain fait état d’un excédent structurel largement en faveur du Maroc avec un taux de couverture se situant actuellement à 114%. Alain Bouithy

Perspectives prometteuses pour l’économie nationale en 2020 (Maroc)

Perspectives prometteuses pour l’économie nationale en 2020 (Maroc)

Le Centre marocain de conjoncture (CMC) a rendu publiques, jeudi dernier, ses principales conclusions sur la dynamique conjoncturelle en cours, à trois mois de la fin de l’exercice 2019, et ses perspectives de croissance pour l’année 2020. Sur la foi des différents indicateurs et des indices précurseurs avancés, il ressort que « les performances de l’économie nationale s’annoncent prometteuses pour l’année 2020», a-t-il été souligné lors d’un point de presse tenu à Casablanca, relevant que la performance de l’exercice prochain devrait remettre le curseur au bon endroit et permettre ainsi une relance vigoureuse de l’économie au cours de cette troisième décennie du millénaire. En effet, malgré les hypothèses moyennement bonnes retenues aussi bien pour l’environnement international que pour les principaux déterminants de l’économie nationale, «nous projetons un taux de croissance de 4,6% au titre de l’exercice 2020 contre 2,6% pour l’exercice en cours», a indiqué le directeur général du CMC, Ahmed Laaboudi. « Les signes précurseurs observés laissent présager un certain relâchement des tensions économiques et financières favorables à cette orientation soutenue », ont tour à tour soutenu Ahmed Laaboudi et M’Hammed Tahraoui (membre du CMC), à l’occasion de la présentation du rapport annuel dudit Centre (« Maroc Perspectives »), intitulé « 2020, année de rattrapage? ». Après une année 2019 relativement sèche où le secteur agricole a été affecté à travers la céréaliculture, le CMC a estimé que l’économie nationale devrait, avec toutes les précautions d’usage, enregistrer un bond notable l’année prochaine. Et le CMC de préciser que son scénario exploratoire se base sur une donne d’hypothèses moyennes, un relèvement de la production agricole et sur un prolongement suffisamment dynamique des tendances des autres secteurs. Quoi qu’il en soit, la croissance de 2020 dépendrait pour beaucoup de la campagne agricole prochaine dont les résultats seraient, selon toute probabilité, bien meilleure que ceux de la campagne qui vient de s’écouler, a affirmé le Centre, ajoutant que la campagne céréalière 2020 /2021 serait moyenne et déboucherait sur une évolution en volume de 10% de la valeur ajoutée agricole en 2020. Concernant les activités du secteur manufacturier, il ressort des premières projections du CMC qu’elles poursuivraient une trajectoire ascendante pour 2020. En effet, la valeur ajoutée en volume des industries manufacturières afficherait une progression de 3,4%; l’industrie extractive consoliderait les acquis réalisés durant les trois dernières années avec un taux de croissance de 5,5% ; le secteur du BTP trouverait le sentier de la croissance, sa valeur ajoutée évoluerait de 3%, a souligné M’Hammed Tahraoui. Pour leur part, les ventes de ciment et les crédits à l’immobilier attesteraient cette bonne orientation et le secteur tertiaire devrait enregistrer un taux de croissance global de 3,9%, a-t-il poursuivi relevant que le secteur tertiaire devrait enregistrer un taux de croissance global de 3%. Après avoir subi une érosion au cours de 2019, « la consommation des ménages devrait connaître un nivellement substantiel pour compenser la perte de pouvoir d’achat essuyée cette année », a-t-il estimé. Au chapitre emploi, le CMC parle d’une détente relative du marché du travail consécutive au relèvement attendu de la production agricole et à la reprise que connaîtrait le secteur du BTP. Ainsi, et à la faveur des recrutements que le secteur public pourrait effectuer, le taux de chômage devrait fléchir de 0,3 point par rapport à celui de l’exercice en cours ». A propos des prévisions de croissance pour l’année 2019, Tarik El Malki, membre du comité scientifique du CMC, a estimé qu’«elles sont modestes pour ne pas dire faibles. On prévoit 2,6% de croissance pour cette année. Ce qui nous interpelle, dans la mesure où pour véritablement pérenniser son développement économique le Maroc a besoin d’arriver à des taux de croissance de 6% à 7%. La mauvaise année agricole a donc engendré un taux de croissance assez modeste ». S’agissant du scénario de rattrape fixant le taux de croissance pour l’année 2020 à 4,6%, il a estimé que « ce n’est pas un exploit en soi dans la mesure où ce taux intervient après un 2,6%. Ce qui pose un certain nombre de questions de fond, notamment concernant le niveau de l’investissement par rapport au PIB, qui se situe autour de 30%, mais n’impacte pas réellement la croissance sur le plan quantitatif ou quantitatif», a-t-il commenté, notant que le chômage reste même alarmant, malgré les indicateurs donnés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Soulignons que l’objectif de cette rencontre était de présenter le bulletin spécial publié à l’instar de chaque année par le CMC qui consiste à exposer les prévisions de croissance pour l’année en cours et le cadrage pour l’année suivante. Ainsi que l’a fait remarquer Tarik El Malki, « pour cette année, cet exercice intervient dans un contexte particulier marqué par la réflexion nationale autour du nouveau modèle de développement dans ses multiples dimensions institutionnelle, économique et politique, financière, sociale et culturelle », notant que S.M le Roi a appelé dernièrement de ses vœux à la refonte du modèle qui a prévalu ces trente dernières années. A ce propos, a-t-il rappelé, le Centre a déjà élaboré un certain nombre de scénarii, à l’issue d’un bulletin spécial publié il y a une année où on proposait des voies d’émergence sur la base d’un certain nombre de scénarii de croissance. « L’hypothèse de base était que le modèle économique orienté vers la demande intérieure était arrivé à saturation et la meilleure preuve, c’est que le taux de croissance moyen de ces dix dernières années n’a pas dépassé les 3,5% de croissance par an », a-t-il rappelé. A noter que sur le plan international, le CMC est persuadé que les réunions et les négociations qui se sont succédé ces derniers temps augurent d’un armistice partiel de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et qu’elles «dégagent aussi des soupçons d’un dénouement favorable au problème du Brexit ». Il prévient toutefois que « des zones d’ombre persistent (encore) et pourraient parasiter la trajectoire des performances prévues voire inverser la vapeur de cette heureuse tendance ». Allusion aux situations assez chaudes

Le poids des contraintes étrangle les exportations marocaines

Le poids des contraintes étrangle les exportations marocaines

Le Maroc n’exporte pas suffisamment de produits et de services vers l’étranger, déplorent les opérateurs nationaux qui précisent que plusieurs contraintes entravent encore le développement des ventes marocaines sur les marchés extérieurs. Selon les résultats d’un sondage réalisé auprès de ces derniers au titre du premier trimestre 2019, par le Centre marocain de conjoncture (CMC), une large majorité d’entre eux (90%) estime que les ventes du pays sur les marchés extérieurs demeurent insuffisantes. En dépit des efforts déployés ces dernières années pour faire jouer aux exportations un rôle d’impulsion, les résultats obtenus restent en deçà des attentes, selon les conclusions de cette enquête consacrée au point de vue des opérateurs sur le poids des contraintes dans le développement des exportations marocaines. Les opérateurs nationaux sondés pointent du doigt plusieurs obstacles à la diversification de marchés d’exportation et à la compétitivité de leurs entreprises. En ce qui concerne la diversification du marché à l’exportation, les chefs d’entreprise marocains font état de nombreux obstacles, selon le CMC. En effet, plus d’un quart des opérateurs nationaux (27,3%) considère que les coûts liés au développement des marchés étrangers constituent l’un des principaux obstacles à cette diversification. Tout comme le manque d’information sur les différents marchés d’exportation potentiels qui, selon 23,9% d’entre eux, les empêche également d’être présents sur plusieurs marchés. Ce n’est pas tout. A en croire les patrons d’entreprises, d’autres contraintes constituent également des obstacles importants à une plus grande diversification des débouchés à l’international. En l’occurrence, la taille des entreprises marocaines (20,5%), la nécessité d’investir beaucoup en recherche et développement sur les produits ou services exportables (14,8%) et les difficultés légales et réglementaires à l’étranger (13,6%). A propos de la diversification des marchés à l’exportation, une large proportion des opérateurs (89,7%) affirment que les entreprises marocaines sont fortement dépendantes des échanges avec l’Union européenne du fait que les leurs produits sont destinés principalement à ce marché, selon l’enquête du CMC A noter que seuls 10,3% des sondés croient au contraire et soutiennent que d’autres marchés leur sont accessibles. Parmi les autres marchés qu’ils pourraient conquérir, plus d’un tiers des opérateurs nationaux (31,1%) mettent au premier rang le marché africain. « Les autres marchés potentiels cités par une proportion non négligeable des opérateurs sont le marché asiatique (17,6%) et le marché arabe (16,6%) », souligne le CMC, indiquant que les marchés américains et maghrébins ont été, également, reconnus comme espaces susceptibles d’être explorés par 14,3% des sondés. « Le marché européen semble être suffisamment exploré puisque seuls 5,9% des chefs d’entreprise pensent qu’il faut continuer à chercher à pénétrer d’autres marchés européens », rapporte-t-il également. Sur les obstacles qui pèsent sur la compétitivité des entreprises marocaines à l’international, l’enquête relève quatre facteurs dont le manque d’aide à la recherche et au développement, l’insuffisance des aides à l’exportation et le coût du transport que 16,7% des industriels marocains sondés considèrent comme importants. « Selon ces mêmes opérateurs le coût des composantes des produits (13%), les lois et les règlements à l’étranger (10,2%) et dans une moindre mesure les impôts et taxes au Maroc (8,3%) pèsent négativement sur la compétitivité à l’exportation de l’économie marocaine », souligne l’enquête. Parmi les autres facteurs qui influencent également la compétitivité des entreprises marocaines sur les marchés mondiaux, les opérateurs citent les barrières tarifaires à l’étranger (8,3%) et le coût de la main-d’œuvre locale (4,6%). « A ces différentes contraintes qui entravent le développement des ventes marocaines sur les marchés extérieurs viennent s’ajouter, selon ces mêmes enquêtés, les services publics de soutien au commerce international qui sont jugés inadéquats par 79,4% d’entre eux », note également le CMC. Afin de favoriser la compétitivité des entreprises marocaines, plus d’un tiers des opérateurs nationaux (37,7%) estime que des mesures de financement pour le développement des exportations sont nécessaires. « Les autres avis sont partagés entre des actions en faveur de programmes d’amélioration de la productivité (23,5%), des crédits fiscaux à la recherche et au développement (21,2%) et de l’appui au financement bancaire (17,6%) », conclut le CMC. Alain Bouithy

Nouvelle publication du CMC: « Agriculture : Quels enjeux pour l’économie marocaine ? »

Nouvelle publication du CMC: « Agriculture : Quels enjeux pour l’économie marocaine ? »

Le Centre marocain de conjoncture (CMC) a annoncé la parution de sa dernière publication mensuelle « Maroc Conjoncture » n° 309. Il s’agit d’un spécial portant sur l’Agriculture, dont voici les principaux axes : Expérience de Développement Rural : Quels enseignements ? Dans le monde entier, les efforts récents de lutte contre la pauvreté ont connu des progrès réguliers. Dans la plupart des régions, toutefois, les taux de pauvreté des zones rurales demeurent largement supérieurs à ceux des zones urbaines. La « ruralité » doit donc retrouver un rôle pivot dans les agendas nationaux et internationaux du développement. Dans son Rapport sur le développement rural de 2016, le Fonds international de développement agricole (FIDA) a appelé à une “transformation rurale inclusive”, un processus à travers lequel l’amélioration de la productivité agricole, l’augmentation des excédents commercialisables, l’élargissement des possibilités d’emploi en dehors des exploitations agricoles, un meilleur accès aux services et aux infrastructures, ainsi que la capacité à influencer les politiques conduiront à l’amélioration des moyens de subsistance en milieu rural et à une croissance inclusive. Partout dans le monde, et notamment dans les grands pays émergents, le développement rural est récemment érigé en priorité. Monde Rural : Des déficits persistants au plan économique et social Le monde rural souffre de déficits persistants qui l’éloignent du chemin de convergence vers le standard de vie dans les agglomérations urbaines. Que ce soit au plan de l’éducation, de la santé, de l’habitat ou encore des infrastructures de base, tous les indicateurs spécifiques au monde rural sont en retrait par rapport à leur équivalent dans le monde urbain. La convergence rapide des niveaux de vie dans les deux milieux nécessite l’adoption de politiques publiques axées sur le développement rural dans ses multiples dimensions. Les priorités devraient être accordées au renforcement des capacités de production spécifiques au monde rural, avec à leur tête les activités agricoles, au développement des infrastructures économiques et à l’amélioration des conditions d’accès à l’éducation, à la santé et aux services sociaux de base. Agriculture : Une croissance difficile à soutenir dans la durée Le secteur agricole est l’un des leviers les plus puissants sur lequel les responsables peuvent agir pour mettre fin à l’extrême pauvreté, renforcer le partage de la prospérité et nourrir une population de plus en plus importante. L’agriculture est aussi un facteur essentiel de la croissance. Cependant, le changement climatique risque d’entraver la capacité de l’agriculture à tirer la croissance et à assurer la sécurité alimentaire de l’ensemble des économies de par le monde. Le défi au cours des prochaines années est de développer davantage cette activité tout en préservant l’environnement. Plan Maroc Vert : Évaluation du pilier II Le secteur agricole joue un rôle important dans la croissance économique au Maroc. Avec une contribution autour de 12% au produit intérieur brut, le taux de croissance du pays est fortement lié à celui de la production agricole. De même, l’agriculture marocaine demeure le premier pourvoyeur d’emplois du pays avec près de 40% de l’emploi total et constitue donc un outil efficace de lutte contre la pauvreté notamment dans le milieu rural. Transition Stratégique de l’Agroalimentaire : Entre agropoles et contrats-programmes Le Plan Maroc Vert (PMV) a permis de confirmer que l’agriculture peut être un levier performant de la croissance économique. Toutefois, les insuffisances dans la mobilisation du potentiel de compétitivité demandent à être comblées s’agissant, particulièrement, de l’édification d’une offre de services logistiques performante, pour une meilleure organisation et optimisation des flux de production et de commercialisation. Une démarche qui s’impose de plus en plus, pour marquer une inflexion vers la génération de plus de synergies entre les différents acteurs et en faveur de la consolidation des chaînes de valeur compétitives, répondant aux exigences des marchés tant nationaux qu’internationaux. Cela passe par la genèse d’un écosystème agricole et agro-industrielle qui conduit à meilleure valorisation des filières d’Agro business. En ce début d’année 2019, le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) a développé la charte graphique de ses publications afin de garantir la meilleure satisfaction des besoins de ses fidèles clients. Une nouvelle charte graphique efficace, qui témoigne de l’engagement et de l’action, deux caractéristiques fondamentales du Centre Marocain de Conjoncture (CMC). Perspectives Agricoles : 70% de croissance en dix ans pour la variante haute Le secteur agricole, de par son importance économique et ses ramifications dans le tissu social, demeure le pilier central de l’économie marocaine et la base fondamentale de tout modèle visant un développement durable du pays. Avec toutes ses filières de la céréaliculture à la pêche en passant par l’arboriculture et l’élevage, le poids de l’agriculture transparait à travers la population qu’il touche d’une manière directe, celle du monde rural avec ses 13,5 millions d’habitants soit 40% de la population totale du Maroc.

Maroc: Les chefs d’entreprises désireux de sonner le glas de l’actuel modèle de développement

Maroc: Les chefs d’entreprises désireux de sonner le glas de l’actuel modèle de développement

Interrogés dans le cadre d’une enquête menée par le Centre marocain de conjoncture (CMC), les chefs d’entreprises marocains sont quasi-unanimes (97,5%) à penser que le modèle de développement actuel a atteint ses limites et qu’il doit nécessairement évoluer pour plus d’efficacité. Dans l’ordre, ils expliquent que l’essoufflement du modèle de développement actuel est dû à la persistance des inégalités sociales et territoriales, la faiblesse de la capacité de création d’emploi et l’aggravation du chômage, l’essoufflement de la croissance et la déficience du système de gouvernance. Selon l’enquête, réalisée au premier trimestre de l’année 2018, ces derniers pointent aussi du doigt la faible diversification productive, l’insuffisance de la compétitivité et la faiblesse du secteur exportateur, la faible convergence vers les standards des pays émergents, l’attractivité et la faiblesse des rendements des investissements et la détérioration des équilibres financiers. Pour juger de la pertinence du modèle de développement adopté au Maroc, les opérateurs économiques sondés se basent en première position sur la performance économique et financière (15,7%), la capacité à contribuer efficacement au développement social (14,9%), la qualité des institutions du pays (13,4%), les progrès au niveau de la répartition, de l’équité et de la justice sociale (13,3%) et la diversification de ses structures productives (12,6%), souligne le CMC dans une note rendue publique récemment. Bien qu’ils soient tout aussi intéressants, les chefs d’entreprise jugent moins prioritaires les facteurs d’évaluation tels que le niveau de la productivité et de la compétitivité (11,8%), la capacité à faire face aux changements du contexte (10,4%) et la protection de l’environnement de manière durable (7,5%). Dans le cas d’une éventuelle révision du modèle de développement de l’économie nationale, l’enquête a révélé qu’une majorité des patrons portent leurs choix sur «une stratégie combinant le développement du marché intérieur et l’intégration des marchés internationaux », a noté le CMC. Il ressort ainsi que « 85,7% des industriels sondés ont fait ce choix contre seulement 28,6% qui proposent aussi une stratégie de compétitivité, d’ouverture, d’intégration des marchés internationaux et d’exportation et 11,9% qui n’écartent pas une stratégie axée principalement sur le développement du marché intérieur », a précisé le Centre. Dans ce cas, la majorité des chefs d’entreprise (75%) sondés ont estimé que la réussite d’une telle stratégie doit s’appuyer en priorité sur le développement régional et la réduction des inégalités. Plus de la moitié (59,5%) ont placé en seconde position l’amélioration des performances économiques, et presque autant des enquêtés (54,8%) ont soutenu une stratégie portée sur la convergence vers les standards des pays émergents. Parmi les leviers sur lesquels il faudrait agir pour relever ce défi, les opérateurs économiques ont placé selon l’ordre de priorité : l’éducation, la formation et le renforcement des compétences et le développement du capital humain (18%), l’accélération des réformes visant notamment l’amélioration du climat des affaires, des performances de l’administration, du système fiscal, du système judiciaire et la décentralisation (16%), l’amélioration du système de gouvernance (14%), le développement des infrastructures de base (11%) ainsi que la promotion des activités de recherche et développement dans les secteurs public et privé (11%). D’autres leviers paraissent aussi importants aux yeux des chefs d’entreprise. Il s’agit de l’intensification de l’investissement et du processus d’accumulation du capital physique (9%), l’amélioration de la compétitivité et l’intégration plus poussée des marchés internationaux à travers les flux de biens, services et capitaux (9%) et la facilitation des moyens de financement de l’entreprise (8%). A noter que l’enquête a montré qu’une majorité des patrons marocains (66,7%) estime que l’Etat en tant que puissance publique doit jouer un rôle d’accompagnement dans le nouveau modèle de développement, précisément de facilitateur, de régulateur, de partenaire et d’accompagnateur des initiatives privées. « Un Etat intervenant par le truchement du secteur public dans l’économie (Etat développeur) n’est apprécié que par 23,8% des personnes sondées alors qu’un Etat fixant les choix stratégiques à long terme et les conditions de leur réalisation (Etat stratège) est souhaité par 50% des opérateurs », a relevé le CMC. Selon le Centre, les responsables du secteur privé se disent prêts dans cette perspective « à participer à une dynamique qu’impose la nécessaire évolution du modèle de développement de l’économie marocaine. Ils sont tous unanimes à le confirmer (100%) ». Pour tirer la croissance de l’économie marocaine dans le nouveau modèle de développement, les patrons ont estimé qu’il faut dynamiser davantage et en priorité le secteur industriel (27,3%) et les activités de service (21,3%). L’enquête a aussi révélé que l’agriculture (19,5%), l’énergie (18,6%) et le secteur touristique (13,4%) viennent dans l’ordre dans le classement des priorités. Soulignons enfin que pour les industriels, les grandes options stratégiques du nouveau modèle de développement devraient à l’avenir s’appuyer prioritairement sur le développement de l’économie sociale et solidaire (37,7%), le développement de l’économie numérique (35,3%) et le développement de l’économie verte (27,0%). Alain Bouithy

Maroc: Le modèle de croissance de ces 15 dernières années a atteint ses limites

Maroc: Le modèle de croissance de ces 15 dernières années a atteint ses limites

Le modèle économique en vigueur au Maroc depuis 15 ans, orienté notamment vers la demande intérieure, a-t-il atteint ses limites? Telle est la question principale qui était au centre des récents travaux réalisés par le Centre marocain de conjoncture (CMC) autour du thème «Maroc 2030 : quelles voies d’émergence ?». Un travail réalisé depuis plusieurs années pour mieux apprécier les potentialités avenir de l’économie nationale, faire des projections et développer des scénarios de croissance pour les treize prochaines années, et dont les conclusions ont été présentées lors d’une rencontre tenue mercredi 27 septembre à Casablanca. Pour développer ses scénarii, le CMC est parti d’un constat. C’est que malgré les progrès réalisés en matière de croissance notamment au cours de la décennie 2000 où le rythme de croissance était en moyenne de 5% par an, «force est de constater que depuis les cinq dernières années, le rythme de croissance s’amenuise pour se situer à un taux relativement faible de 3,3», a fait observer Tarik El Malki. Pour ce responsable du CMC, «le rôle des instituts de recherche tel que le nôtre c’est d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion, de recherches et de réfléchir sur l’avenir tout simplement». Car, a-t-il estimé, «on ne peut pas être juste des spectateurs, des contemplateurs de notre époque à la lumière des différents enjeux qui guettent notre société, notamment le chômage des jeunes, la pauvreté, les disparités sociales territoriales, et faire comme si tout ça n’existe pas». Mais avant, Pr. M’Hammed Tahraoui, autre responsable du CMC, a rappelé que «la notion d’émergence est sur la scène publique depuis quelque temps déjà. Elle a été soulevée, à différentes raisons et à diverses occasions, soit par les plus hautes autorités du pays, soit par les opérateurs économiques qui en ont souligné l’importance». C’est ainsi qu’il semble logique pour le CMC de se rapprocher de l’ensemble des opérateurs représentant l’économie nationale pour recueillir leurs opinions sur la question du développement au Maroc. Notons que plusieurs questions leur ont été posées dans le cadre d’un sondage dont les résultats ont été riches en enseignements. A la question, par exemple, «Est-ce que l’économie marocaine est une économie émergente ?», 75% d’entre eux ont répondu «non». Une réponse qui ne surprend guère au regard du rythme de croissance susmentionné et de bien d’autres éléments que s’est chargé de rappeler Ahmed Laaboudi, membre du CMC, en dressant un état des lieux qui fait que le Maroc se pose de multiples questions quant à ses perspectives de croissance. Si l’économie marocaine a fait montre d’une certaine résilience en maintenant un rythme d’activité assez soutenu, comparativement à de nombreux pays de la région, il faut cependant noter que ce résultat dissimule de nombreuses faiblesses. Selon les trois membres du comité scientifique du CMC, «le rythme de croissance manque de régularité et reste fortement dépendant des résultats des activités primaires. Au plan social, la croissance ne génère pas suffisamment d’emplois pour faire face à une population active qui connaîtra pour de nombreuses années encore une forte expansion». Lors de cette rencontre, ils ont, en outre, fait remarquer que les performances économiques ne contribuent que faiblement au recul de la pauvreté et à la réduction des inégalités, que la configuration sectorielle de la croissance présente des déséquilibres de plus en plus importants qui se manifestent depuis quelques années à travers le ralentissement de la valeur ajoutée industrielle, entre autres. Qu’à cela ne tienne, le CMC a indiqué que les résultats des simulations effectuées à l’horizon 2030 montrent que l’ économie nationale dispose d’un potentiel de croissance important si elle parvient à mobiliser chacun des facteurs agissant sur la dynamique productive à long terme. Mais pour Tarik El Malki, il va falloir penser à un mode de croissance orienté davantage vers l’export. «Nous avons tracé nos projections en proposant des scénarios de croissance potentiels qui peuvent s’avérer effectifs si les pouvoirs publics mettent en place des politiques économiques adaptées en matière de réforme du marché de travail, du système d’éducation, de renforcement et raffermissement de politiques sectorielles, en matière fiscale, d’assainissement de l’environnement des affaires et d’innovation». Sur l’intérêt du CMC de mener une telle étude, Tarik El Malki a expliqué que «notre mission est de réfléchir sur le présent et l’avenir à travers de pareils travaux de projection et d’interpeller les décideurs, qu’ils soient économiques ou politiques, pour justement les pousser à réfléchir et à prendre les mesures qui s’imposent afin de faire de ce Maroc souhaitable un Maroc possible. C’est le message principal qu’on veut faire passer», a-t-il conclu.