Maroc. Des défis restent à relever dans le secteur industriel automobile

Les écosystèmes industriels, la restructuration du secteur et la contribution aux travaux sectoriels et approches multidisciplinaires dans l’industrie automobile au Maroc ont connu des succès, selon le Centre marocain de conjoncture (CMC).

Mais en dépit des perspectives de développement prometteuses qu’offre ce secteur, l’observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine estime dans sa récente publication mensuelle « Maroc Conjoncture » que des défis restent encore à relever.

« Certaines mises en garde restent de mise », constate le CMC dans ce spécial intitulé « Les investissements étrangers au Maroc: Atouts et mesures incitatives » soulignant d’emblée les risques liés à la dépendance vis-à-vis des acteurs internationaux.

« Les décisions et les orientations stratégiques peuvent être influencées par les politiques et les priorités des entreprises étrangères », indique le Centre dans sa publication. Ce qui, à son entendement, « limite la souveraineté et l’autonomie du secteur ».

Dans un second temps, l’observateur spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact souligne le besoin pressant d’une grande diversification de la chaîne de valeur.

A ce propos, et dans le souci d’assurer la résilience  et la pérennité du secteur automobile au Maroc, le Centre préconise de « développer davantage de capacité de conception, d’ingénierie et de recherche et développement (R&D) au sein du pays, pour surpasser la concentration actuelle des activités autour de l’assemblage et la production de composants spécifiques ».

L’autre recommandation contenue dans sa publication est liée à l’impact environnemental pour lequel des efforts supplémentaires doivent être fournis afin de réduire davantage l’impact des nuisances du milieu.

Le CMC propose ainsi, entre autres : l’adoption de véhicules électriques, le développement d’une infrastructure de recharge adéquate, la promotion de l’utilisation de sources d’énergie renouvelable ainsi que l’encouragement à des pratiques de fabrication plus respectueuses de l’environnement.

Le Centre marocain de conjoncture estime, par ailleurs, que « la coordination doit être améliorée, dans le sens d’un renforcement de la gouvernance des écosystèmes industriels ».

Pour y parvenir, il préconise une meilleure collaboration entre les acteurs publics et privés, une communication plus fluide et une prise de décisions plus efficace.

Une autre recommandation tout aussi importante consiste à améliorer la formation et les compétences qui restent des points clés de la réussite dans ce secteur.

Afin de répondre aux besoins évolutifs de l’industrie automobile au Maroc, d’encourager l’innovation et de garantir une main-d’œuvre qualifiée et adaptable, le CMC estime qu’« il est impératif de continuer à investir dans la formation et le développement des talents ».

Il est à souligner qu’en dépit des perspectives positives, le passage à l’électrification et à la décarbonation exige que des défis soient relevés. Le Centre préconise ainsi « de développer davantage l’autonomie des véhicules électriques, de réduire les coûts des batteries, de renforcer l’infrastructure de recharge  et de promouvoir une utilisation plus large des énergies renouvelables pour alimenter les véhicules électriques ».

Sur ce sujet, le Centre constate que le Maroc a déployé des efforts notamment dans le développement de l’infrastructure de recharge, mis en place des incitations gouvernementales, encouragé les investissements dans la production de véhicules électriques et la sensibilisation du public. Ce qui ne peut que contribuer à « créer les conditions nécessaires pour réussir cette transition vers une mobilité plus propre et plus durable », a-t-il conclu.

Pour rappel, le Maroc a déployé depuis quelques années des actions combinées pour traiter son secteur industriel automobile de manière significative et attirer des investissements substantiels.

Comme le souligne le CMC dans sa publication, ces actions se résument dans six axes stratégiques principaux à savoir  le Plan d’accélération industrielle (PAI), la création d’écosystèmes industriels, les partenariats avec les constructeurs automobiles et les équipementiers, la formation de main-d’œuvre qualifiée, les incitations fiscales et les avantages compétitifs ainsi que le développement des infrastructures.

Alain Bouithy

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