Passy « Mermans », le premier à jouer le rôle de guitariste mi-solo dans la nouvelle section rythmique des Bantous en 1964

Le départ des Bantous, en juillet 1963 du guitariste-soliste Antoine Nedule « Papa Noël », est un coup de poignard qui paralyse sérieusement l’orchestre. Une semaine durant, l’orchestre, si fort quelques semaines auparavant, devient la risée de tous : Les Bantous avaient misé une partie de leur style sur ce guitariste-soliste talentueux. La chute est d’autant plus douloureuse que dans cette foulée, « Papa Noël » entraîne avec lui le guitariste rythmique Jacques Mambau « Jacky ». Ils sont immédiatement remplacés par le guitariste soliste Alphonse Passy Ngongo « Mermans » (en provenance de Mando Negro) et par le guitariste d’accompagnement Joseph Samba « Mascott » (venu de Novelty). Un mois après « l’atterrissement » de Mujos dans les Bantous (6 janvier 1964 en provenance de l’African Fiesta), Gerry Gérard Biyela est engagé comme guitariste soliste titulaire (le 3 février 1964 venant du groupe Le Festival Select de Brazzaville). De par sa qualité technique, ses improvisations et son doigté, on lui préfère à Passy « Mermans » qui pour autant n’a pas démérité, et pour lequel on a d’ailleurs, rendu un hommage pour son courage et sa volonté de mieux faire en dépit de sa moyenne expérience à cette époque. Une place de guitare mi-solo dans la section rythmique. Si la venue de Gerry Gérard est saluée, la question s’est posée pour situer la place de Passy « Mermans » dans la nouvelle section rythmique du groupe. Après une longue réflexion suivie d’une étude appropriée, on lui attribue un rôle tout à fait particulier. Une innovation inédite des Bantous dans la musique congolaise : La création d’un poste de guitariste « mi- solo » (qui signifie « demi-solo »), jouant des motifs d’arpèges et remplissant un rôle « entre » les guitares lead et rythmiques. C’est-à-dire, de jouer des notes individuelles dans un accord séparément. Il s’agit en fait d’une section rythmique dans laquelle, les guitaristes peuvent échanger ou même dupliquer des rôles pour différentes chansons ou plusieurs sections d’une chanson. Une vraie révolution. Alphonse Passy Ngongo « Mermans » est donc responsable en 1964 de la mise en œuvre de ce coffret de « mi-solo » qui a une importance historique considérable. Il constitue depuis un maillon indispensable de la guitare dans la musique congolaise. Citons parmi les premières œuvres réalisées sur ce style dont la qualité technique de reproduction fut extrêmement à la hauteur de la musique : « Comité Bantou », « Camitina », « Tantina », « Club Bantou », etc… Enfin, plusieurs années après, l’artiste musicien émérite Crispin-Régis Lukoki, attribue au « mi-solo », la notation musicale ci-après : « l’utilisation de la Tonique et la Dominante (en Do Majeur, Do et Sol ou Sol 7), bien que parfois on utilise le mot Fondamental pour désigner l’accord qui détermine le Ton » (un peu relatif aux harmonies de jazz). Qui est Alphonse Passy Ngongo « Mermans » ? Il est né le 25 novembre 1942 à Madzia en République du Congo-Brazzaville. Durant ses études à l’école protestante de Bacongo, il découvre son intérêt pour la musique grâce a des cours de musique de solfège enseignés par le professeur Sébastien Matingou. Ce dernier va initier le jeune Passy à la mandoline, un instrument qu’il va maîtriser ainsi que la guitare. Tout jeune, il évolue comme musicien instrumentiste de la chorale « Echo du ciel de Bacongo » à Brazzaville. Dés 1957, Passy Mermans devient le leader du groupe « Syncope jazz » au bar de Monsieur NERE à Baratier, (Département du Pool) suivi d’un autre groupe du nom d’ « Elengui Jazz ». Deux ans plus tard, en 1960, « Elengui Jazz » devient Mando Negro (Mando = Mandoline ; Negro = Nègre) toujours sous la houlette de Passy Mermans. -1963 à 1972- Orchestre Les Bantous de la capitale (en remplacement d’Antoine Nedule « Papa Noël » puis guitariste mi-solo suite à l’intégration de Gerry Gérard comme soliste titulaire. -1972 à 1973- Orchestre « Les Nzoï » (co-fondateur) -1973 à 1976- Chef de l’orchestre Lisolo (fondateur) et membre de l’orchestre national du Congo. -1977 à 1988- Retour dans Les Bantous de la capitale. -1990 à 1997- Orchestre Bantous Monument – 1997 à ce jour – Orchestre Les Bantous de la capitale Auteur compositeur de grand talent, Mpassi Mermans compte à son actif des œuvres à grands succès, comme « Lemba », » Badetty », « Bani-bani », « Buboté mona pélé », « Cest sérieux tantine », « Fifi, Ton ami n’est pas ton ami », « Momimama », … Avec la disparition des illustres co-fondateurs des Bantous en 1959, Passy Ngongo Mermans 1er, demeure actuellement un des vétérans de l’orchestre Bantous, après le patriarche Edo Ganga (l’unique survivant brazzavillois de l’orchestre à ce jour). Clément Ossinondé
Le patriarche Edo Ganga a soufflé ses 85 ans d’âge le 27 octobre 2017 et 64 ans de carrière musicale

Edouard Ganga « Edo », un géant de la rumba venu du Negro Jazz de Brazzaville. Né le 27 octobre 1933 à Léopoldville, le grand « Edo» est bien ce chanteur ténor d’une originalité exceptionnelle, qui est parvenu à créer un univers extraordinairement lyrique, où comme dans les grandes œuvres superbement structurées se sont mêlés avec beaucoup d’harmonies des arrangements constamment inspirés. Dans sa recherche un peu folle d’une musique universelle et d’un art qui parle à tous. Edo avait intégré à son chant les musiques populaires qui lui semblaient le mieux opérer au premier degré : celles qui font danser. Ses chefs d’œuvres enregistrées aux éditions Loningisa entre 1956-1958 sont aujourd’hui des véritables classiques. Sur son parcours musical, on peut noter : 1954 – Il rencontre les guitaristes Joseph Kaba, Nino Malapet (qui n’embauche pas encore le saxo), le chanteur Bienvenu Beniamino, (journaliste) ensemble ils vont effectuer le déplacement aux éditions Ngoma à Léopoldville (Kinshasa) pour l’enregistrement de deux disques sous l’appellation d’Atomic Jazz, dont les chansons «Vivita » d’Edo Ganga, « Wapi Gigi » et « Atomic Jazz » de Nino Malapet et « Vergina mabe » de Joseph Kaba obtiennent un succès mérité. Cette petite formation a constitué en son temps, l’embryon de l’orchestre Negro Jazz de Brazzaville qui voit le jour dans la même année. C’est-à-dire en 1954 au dancing-bar «Chez Faignond». 1956 – Après la dissolution du Negro Jazz, Edo intègre l’OK Jazz en Décembre 1956; il succède à Lando « Rossignol » Dès sa présence dans l’OK Jazz le 27 Décembre 1956, Edo Ganga s’est attiré une réputation de chanteur de charme, par son élégante tenue sur scène et surtout par son timbre vocal, qui se révèle d’une grande ferveur pour le successeur de Philippe Lando « Rossignol » qui depuis la création de l’OK Jazz, le 6 Juin 1956 a chanté en duo avec Vicky Longomba. Notons que la nouvelle formation de l’OK JAZZ qui a fait sa sortie dans la nuit de la Saint Sylvestre (31/12/1956) était composée comme suit : LUAMBO Franco (guitare solo) – Antoine ARMANDO « Brazzos » (guitare rythmique) LOUBELO « De la lune » (guitare basse) – Nicolas BOSUMA « Dessoin » (percussion) – Nino MALAPET (saxo) – Edo GANGA, Vicky LONGOMBA et Célestin KOUKA (chant) L’Avènement de l’Orchestre Bantous – Retour dans l’OK Jazz. Avril 1959, quatre ans après une carrière bien méritée au sein de l’OK Jazz, Edo GANGA retourne au bercail et avec lui les anciens musiciens du Rock-A-Mambo et de l’OK Jazz originaires du Congo-Brazzaville, pour former le 15 Août 1959, au bar-dancing « Chez Faignond », l’Orchestre Bantous. Chantant en duo avec Célestin Kouka, tous les deux anciens de l’OK Jazz, Il faut attendre le 11 Août 1962, pour voir Edo Ganga et Daniel Loubelo « De la Lune » repartir dans l’OK Jazz. Une réintégration qui ne durera que deux ans, car en 1964, suite à l’expulsion des ressortissants du Congo Brazzaville, par Moïse Tchombe, premier ministre du Congo-Kinshasa, Edo et Loubélo « De la Lune » sont de nouveau à Brazzaville. Loubélo « De la Lune » crée l’orchestre Tembo, tandis qu’Edo rejoint Les Bantous de la capitale Orchestres Les Nzoys, le Peuple (du Trio Cepakos), et Bantous Monument Nonobstant l’instabilité manifeste, observée entre 1972 et 1999 en évoluant successivement dans les orchestres « Les Nzoys », « Le Peuple » et Bantous Monument, Edo a réintégré Les Bantous de la capitale en 2006, à la suite de la grande réconciliation obtenue par Maitre Martin Mbemba, laquelle a permis à l’orchestre de redoré son blason. A 85 ans d’âge et 64 ans de carrière musicale, Edo Ganga est demeuré toujours une valeur sûre de la musique congolaise. Très dynamique, sa contribution à l’épanouissement de plusieurs organisations socio-culturelles, comme l’UNEAC (Union Nationale des Ecrivains et des artistes Congolais), l’U.M.C. (Union des Musiciens Congolais) et le CESYCA (Syndicat des artistes congolais) a longtemps été d’une efficacité extraordinaire. Enfin, Edo est chef d’un quartier dans l’Arrondissement 07 Nfilou à Brazzaville. Edo Ganga et le guitariste kinois Dicky Baroza (78 ans) sont actuellement les deux survivants de l’orchestre Bantous du 15 Août 1959. Pensée sincère à l’artiste. Que Dieu le remplisse d’amour et de bénédictions, pour aujourd’hui et pour toujours.
Les Bantous de la capitale cap sur l’Italie pour « La Journée Mondiale de l’Afrique » à Rome

Le concept « La nuit du Congo à … » du promoteur-manager du Groupe Pella Yombo (GPY), Beethoven-Henri-Germain Pella-Yombo, s’invite cette année à Rome, le 25 Mai 2017 et sera consacrée exceptionnellement à la Journée Mondiale de l’Afrique. Ce sera en présence du corps diplomatique, de représentants d’organisations internationales , de plusieurs autres invités de marque, ainsi que du public mélomane. La journée mondiale de l’Afrique commémore la création en 1963, à Addis-Abeba, en Éthiopie, de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), à laquelle a succédé l’Union africaine (UA) en 2002. C’est donc l’occasion pour le Groupe Pella Yombo (GPY) de contribuer à l’organisation de cet événement dans le but de «rapprocher les peuples africains, raffermir leur foi en l’intégration et populariser l’idéal d’union du continent ». Cette journée est aujourd’hui devenue une tradition fortement enracinée dans l’ensemble des pays africains, et elle représente le symbole du combat de tout le continent africain pour la libération, le développement et le progrès économique. Au programme de cette manifestation ; des numéros de danse, chant, musique assurés par une palette de différentes vedettes de scène dont l’Orchestre Les Bantous de la capitale. Au-delà des performances artistiques, c’est aussi un objectif patrimonial pour faire la promotion et la vulgarisation de l’identité culturelle africaine dans le monde ; d’aller témoigner aux citoyens du monde de la richesse culturelle de l’Afrique. Notons que, depuis 2006 à ce jour, le bilan de l’action de Beethoven-Henri-Germain Pella-Yombo sur l’organisation des manifestations artistiques à travers le monde est absolument positif. le concept a gardé le même engouement et il le tiens avec la même ferveur. Les Bantous de la capitale Après le passage de l’orchestre à l’Olympia de Paris le 12 Avril 2009, ce nouveau voyage des Bantous à Rome aura comme thème principal « la mémoire vive des pères fondateurs de l’orchestre », tout un programme des classiques réservés aux mélomanes du monde présents à Rome. L’ensemble, dirigé par Simon Mangouani et dans lequel se trouve le doyen Edo Ganga, sera composé pour la circonstance de douze musiciens qui ne manqueront pas d’éblouir de leur talent les spectateurs et adeptes de la musique africaine. Le hall des spectacles romains devrait afficher complet pour la Journée de l’Afrique. Nous n’avons pas encore le programme complet, mais parmi les nombreux morceaux qui seront offerts au cours de cette soirée, comment ne pas souligner une sélection du répertoire mémorable des années 1959 à 2000. Toutefois, depuis plusieurs mois, l’orchestre a travaillé pour être au top pour cette soirée. Tout a été méticuleusement répété, rien ne doit clocher.
In Memoriam: Jean-Serge Essous

Il y a sept ans s’est éteint le 25 Novembre 2009 à Brazzaville, à l’âge de 74 ans le légendaire saxophoniste Jean-Serge Essous. Retour sur ce qu’on sait de lui avec plus de précisions. Il était l’un des interprètes les plus populaires de la chanson congolaise Le dernier survivant des créateurs de l’OK JAZZ, le 6 Juin 1956 et premier chef de cet orchestre, est parti et avec lui toute une partie de l’histoire de la musique congolaise sur les deux rives du fleuve Congo. Musicien d’expérience, de souvenir, de synthèse, en un mot musicien de grand talent, Jean Serge ESSOUS occupe une place importante dans l’histoire de la musique congolaise. Arrangeur à la plume alerte et inspirée, il est demeuré un clarinettiste, flûtiste, saxophoniste et chanteur dont on appréciait le goût très sûr, la pensée remarquablement organisée et surtout la maîtrise instrumentale qui lui permettait d’improviser avec désinvolture dans le registre divertissant. Mossendjo Cité historique Jean Serge ESSOUS est né le 15 Janvier 1935 à Mossendjo (département du Niari, Congo). De père François Kitsoukou (un des premiers infirmiers de la fonction publique coloniale) et de mère Adelaïde Matsanga « Mama Adèle »(griotte). ESSOUS est l’ainé d’un cadet né en 1937 à Brazzaville : Jean-François ESSOUS (plus tard clarinettiste et cofondateur du groupe Ryco-Jazz d’Henri Bowane en 1958, puis musicien au Sénégal et en Gambie où il a trouvé la mort en 2001. Cursus scolaire De l’école Saint Vincent de Poto-Poto (CP1/CP2), il passe à l’école primaire de Mvounvou à Pointe-Noire, avant de revenir à Brazzaville et à l’école officielle de ouénzé (actuellement Leheyet Gaboka). C’est dans cette école qu’ESSOUS fait la connaissance de Marie-Isidore DIABOUA « Lièvre », chef de « Scout de France » et flutiste. ESSOUS est son adjoint. Tous les deux obtiennent le Certificat d’études primaires en 1949. De l’école officielle de Ouénzé, Essous est admis au concours d’entrée au Collège Raymond Paillet de Dolisie (MBounda) où il fréquente jusqu’en classe de 4ème. Evolution professionnelle De retour à Brazzaville en 1953, sa mère est répudiée par son père. Essous est contraint d’abandonner ses études et trouver du travail pour venir en aide à sa mère. Il est embauché à la CCSO (Compagnie Commerciale Sangha-Oubangui) et affecté dans le département Electricité et Froid, ce qui lui vaudra la formation d’électricien. Mais pas pour longtemps, car il obtient un très bon contrat à la Société IBM France (une des premières sociétés de mécanographie installée à Brazzaville) Il n’a donc pas beaucoup de peine a exercer ce métier en 1953 où il y trouve Marie Isidore DIABOUA et Jacques PELLA « Lamontha », tous deux grands mécanographes. Ces derniers sont également des musiciens de ballet et comme les musiciens l‘ont toujours attiré, ESSOUS, tient à tout pris d’être des leurs avant de s’initier à la flûte. Carrière musicale C’est donc grâce à Marie Isidore Diaboua que Jean Serge ESSOUS est plongé très tôt et à partir de 1949 dans l’univers de la musique folk-rumba. Il suivra depuis Dolisie la création en 1951 du Ballet « Kongo dia Ntotela » (plus tard Ballets Diaboua) avec comme musiciens : Liberlin de SHORIBA DIOP, Jacques PELLA « Lamontha », Albert LOUBELO « Beaufort », MBOTO Jocker, Yves MPOUA et tant d’autres. Les actions du groupe traditionnel rentrent en perpétuelle mutation. C’est ainsi que le mouvement des ballets était né au Congo. Janvier 1952, DIABOUA qui tient toujours à l’éclosion des nouveaux talents apporte un sang nouveau à son œuvre, par la création d’une nouvelle formation musicale moderne « C.D.J. » (les compagnons de joie). Cette formation fait appel à des chanteurs, percussionnistes, sansistes, mais surtout aux flûtistes : PELLA « Lamontha », MBOTO « Jocker » qui constitueront avec l’arrivée d’ESSOUS en 1953, le trio choc. Le CDJ aura surtout le mérite de graver son premier disque en 1953 aux éditions CEFA de Léopoldville. : « Kinialala tsula » et « Z’entendis la nuit » 1954. C’est encore Marie Isidore DIABOUA qui donne l’occasion à Jean Serge ESSOUS de passer de la flûte à la clarinette. En très peu de temps ESSOUS maîtrise déjà si bien la clarinette que des sollicitations de quelques groupes lui sont destinées. Il choisi le NEGRO JAZZ dont il fait partie sous la direction du guitariste Joseph KABA et avec qui il fait en Janvier 1955 le voyage à Léopoldville. Voyage au cours duquel Henri BOWANE (ce grand impresario, de père congolais de Brazzaville-Sibiti- et de mère congolaise de Kinshasa-Bandaka -) assure donc au NEGRO JAZZ la gloire au Parc de Boeck et au grand dancing kinois « Air France ». ESSOUS y déploie une grande vitalité, car il se révèle dans une forme éblouissante, faisant scintiller les nombreuses facettes de son art. En 1956, ESSOUS est devenu un des musiciens des éditions Loningisa qu’on ne présente plus. Son départ du NEGRO JAZZ au cours de l’année 1955, le place parmi les grands requins de studio, qui avec LUAMBO MAKIADI Franco et LANDO « Rossignol » vont travailler sur la recherche des sensibilités musicales dans le cadre d’un groupe expérimental basé dans le célèbre bar-dancing OK BAR de son propriétaire Oscar CASSIEN (plus tard Oscar KASHAMA), lequel donne naissance le 6 juin 1956 à la formation de l’OK JAZZ..- ESSOUS en devient facilement le chef d’orchestre, et sous lui LUAMBO « Franco », LANDO « Rossignol », Augustin MONIANIA « Roitelet », LOUBELO « De la lune », Saturnin PANDI et un peu après BOSUMA « Dessoin » et Victor LONGOMBA « Vicky » (pour ne pas citer DIABOUA, PELLA « Lamontha », Liberlin De SHORIBA DIOP, percussionnistes aux éditions Loningisa et qui ont pris une part active à la création de l’OK Jazz). Dans l’OK Jazz, on compte ESSOUS parmi les meilleurs compositeurs dont l’inspiration principale est demeurée sans conteste. Prodigieuses, des chansons comme « Alice », « Chérie akei atiki ngai » « Se pamba », « Lina », etc qui ont défrayé la chronique à cette époque. Décembre 1956, le travail de l’impresario et talentueux musicien Henri BOWANE aux éditions Loningisa, ne correspond plus à ses conceptions. Il pense
Une grande voix s’est tue, Célestin Kouka « Célio » ne chantera plus jamais.

Célestin Kouka « Célio » est mort le samedi 20 Août 2016, à 01 h du matin au CHU de Brazzaville, à l’âge de 81 ans. Une grande voix s’est tue, mais elle continuera de chuchoter à nos oreilles. Nous avions longtemps alerté l’opinion nationale, et encore, il y a moins d’une semaine à l’occasion des 57 ans des Bantous de la Capitale, sur l’état de santé préoccupante de Célestin Kouka qui plus que jamais avais besoin des solutions médicales immédiates et urgentes. Hélas ! le destin a tranché. Une carrière mémorable. La carrière musicale de Célestin Kouka débute en 1952 dans l’orchestre du Cercle culturel de Bacongo, cumulativement avec sa fonction de secrétaire au Consulat britannique de Brazzaville. En 1953, il fait partie du groupe Les compagnons de joie (CDJ) de Marie-Isidore Diaboua, suivi de la création en 1954 de l’orchestre Negro Jazz. Décembre 1956, Célestin Kouka intègre l’Ok Jazz, en même temps qu’Edo Ganga et Nino Malapet. Notamment à la suite du départ d’Essous, Pandi et Lando Rossignol aux éditions Esengo. Le 15 Août 1959, Célestin Kouka participe à la création de l’orchestre Bantou, Chez Faignond à Brazzaville En 1972, suite à l’implosion des Bantous, il crée, avec Pamelo et Kosmos le Trio Cepakos puis l’orchestre Le Peuple. Les défections de Pamelo en 1978 et de Kosmos en 1984 mettent un terme à cette belle expérience musicale. Son retour, en 1987, dans les Bantous de la capitale n’est pas concluant. Il claque la porte une nouvelle fois. En 1990, il crée Bantous Monument en compagnie de Ganga Edo et Passi Mermans. Une courte expérience qui ne fera pas long feu. Puis encore, l’orchestre Le peuple en 2000, mais sans succès. En 2004, Célestin Kouka est de retour dans les Bantous. Retour historique, car il sera suivi de deux séjours triomphaux des Bantous en Europe, dont le passage à L’Olympia de Paris. Mort à l’âge de 81 ans, Célestin Kouka est né le 5 février 1935 à Brazzaville, fils de Bitambiki Benoît et de Talantsi Madeleine. Célestin ne se produisait plus sur scène avec son groupe Les Bantous, depuis 2011. Sa vue avait sérieusement baissé, outre le véritable mal qui le rongeait depuis plusieurs années. Compositeur de grand talent, il laisse à la postérité des compositions légendaires, telles, « Mawa ya Hotelet », « Georgina wa bolingo » (OK Jazz), « Comité Bantou », « Rosalie Diop » (Bantous), « Kouka ba dia ntseke », « Caprices », « L’heure de la vérité » (Trio Cepakos) etc. Adieu l’artiste !
Bantous de la capitale: 57 ans de parcours musical

Le 15 août 2016, le plus vieux orchestre du continent, Bantous de la capitale a totalisé ses cinquante sept ans d’existence. En dépit des difficultés de tous ordres rencontrées, il a été la fierté et le porte-étendard pendant plusieurs années, de la musique congolaise à travers l’Afrique et le monde. Cet ensemble est demeuré l’une des fondations les plus sûres de la musique congolaise et s’est imposé comme une véritable « école » de musique pratique d’où sont sortis presque tous les grands noms de la musique congolaise, en marge du fait d’avoir réussi à exporter son genre et ses danses. L’idée de la création prend forme au début de l’année 1959, à Léopoldville (Kinshasa), par une rencontre des musiciens congolais de Brazzaville qui évoluaient dans les orchestres léopoldvillois : OK Jazz et Rock-A-Mambo. Elle se concrétise le 15 août 1959 au dancing « Chez Faignond ». Un concert y réunit huit enfants prodigues, à l’exception de Jean-Dieudonné Nino Malapet (resté jusqu’en 1961 aux éditions Esengo et à la tête du Rock-A-Mambo). Ils se révèlent éblouissants de forme, faisant scintiller les nombreuses facettes de leur art basé sur l’étendue de la maîtrise instrumentale et l’originalité de la pensée mélodique. Ils s’appellent : Jean-Serge Essous (chef d’orchestre, clarinettiste), Edouard Ganga « Edo » et Célestin Nkouka (chanteurs), Daniel Loubélo « De la lune » (bassiste), Saturnin Pandi (percussionniste), Damien Evongo (marcassiste) et deux congolais de Kinshasa : Dicky Baroza (guitariste solo), Jacques Dignos (guitariste accompagnateur). Le drummer capverdien André Aribot se joindra au groupe, quelques mois après. De son côté, le marcassite Damien Evongo se retirera quelques semaines après. Tout au long de son histoire, l’orchestre Bantous de la capitale a tenu contre vents et marées à perpétuer sa forme de musique que nombre de mélomanes apprécient profondément. L’orchestre le plus connu du Congo-Brazzaville a pratiqué depuis sa création, outre la musique congolaise, la musique du monde dans tous ses contours et a acquis une grande réputation qui fait que l’orchestre reste toujours un groupe de référence pour de nombreuses générations. Ce qui lui a permis d’ailleurs: 1 – d’être présent depuis plus de cinq décennies à plusieurs, manifestations continentales et internationales, allant des manifestations diverses de sport et de musique, aux festivals de tous genres, tels les plus importants ; 1966 : 1er Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar, 1969 : 1er Festival Culturel Panafricain d’Alger, 1974/1975 : Tournée artistique à Cuba, 1978 : 11ème Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants à Cuba, 1977 : 2ème Festival culturel panafricain de Lagos. 2 – de se produire dans plus d’une soixantaine de pays du monde, redorant partout son blason de porte étendard de la musique congolaise et africaine et de parvenir à imposer sa personnalité. Coup de chapeau surtout pour le passage à l’Olympia de Paris, le dimanche 12 avril 2009. 3 – de marquer fortement, depuis 1960, sa présence à travers une discographie très fournie, et dont le dernier opus en date est l’album « Explosion » (Bantous de la capitale « Bakolo mboka ») paru en Avril 2012 et qui constitue le dernier enregistrement du stratège chef d’orchestre, Nino Malapet, avant de s’en aller. 4 – d’obtenir à titre de reconnaissance pour sa contribution forte au rayonnement de la musique africaine, de nombreux titres honorifiques, des médailles et diplômes d’honneur du Congo et de l’étranger. La plus récente reconnaissance étant, la décoration à titre exceptionnel, au grade de Commandeur dans l’ordre du mérite congolais, attribuée par le Chef de l’Etat Denis Sassou Nguesso, à l’occasion de la 7ème édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM), le 1er Août 2009. Conclusion : On peut cependant affirmer que depuis ces temps difficiles marqués par les décès de Jean-Serge Essous, le 25 Novembre 2009, Nino Malapet, le 29 janvier 2012, le mauvais état de santé de Célestin Kouka, Lambert Kabako et Passi-Ngongo « Mermans »; l’orchestre Bantous de la capitale n’a plus redoré son blason de porte-étendard de la musique congolaise et n’est plus parvenu à imposer sa personnalité. Son absence sur la scène internationale et sur le marché du disque a suscité un sentiment de frustration chez ses admirateurs. Toutefois, au regard de l’obtention des nouveaux instruments de musique, de la régularité des activités au dancing « La Détente » à Bacongo-Brazzaville et surtout de l’oeuvre d’une nouvelle organisation administrative et financière, dirigée par un homme fort et intègre qui tient à mettre définitivement de l’ordre dans la bergerie : Dieudonné LOUSSAKOU, (président du bureau exécutif des Bantous). On s’attend à l’émergence d’une musique toujours créative et originale, avec comme perspectives : – de stimuler le travail des jeunes musiciens en exigeant d’eux un minimum de technique. Il est indispensable de définir concrètement un plan de travail visant à développer le mouvement populaire musical, sur la base des objectifs du Ministère de la culture et avec son concours. – de relancer la production discographique pour un nombre plus grand des nouvelles créations. – revoir le nombre des musiciens qui composent le groupe. 22 musiciens c’est excessif (10 ou 12 musiciens est le nombre idéal pour prétendre à des contrats à l’étranger, et surtout par les temps qui courent) Le 57ème anniversaire des Bantous de la capitale constitue donc un moment d’émotion et de souvenir dans l’histoire de la République du Congo. Pour donner la mesure de l’importance du travail accompli par ce groupe, il faut signaler qu’il serait impossible de comprendre les aspects les plus spécifiques de notre musique tout au long des 57 dernières années, sans évaluer ce qu’a représenté et représente l’orchestre Les Bantous de la Capitale. Enfin, Honneur aux deux rescapés de la première génération, Edouard Ganga « Edo » (83 ans) et Célestin Kouka (81 ans), fondateurs depuis 1959. Mais, plus que jamais l’état de santé de Célestin Kouka à besoin des solutions médicales immédiates et urgentes. Bon Anniversaire, Les Bantous de la capitale. Clément Ossinondé clementossinonde@starducongo.com Pratique. Ossature actuelle du groupe – Président d’honneur : Dieudonné Loussakou – Commission d’orientation : Celestin Nkouka, Nganga Edo, Passi Mermans et Ricky Siméon – Chef d’orchestre : Simon Mangouani – Directeur artistique :