Cameroun. Assassinat de notre confrère Martinez Zogo

PARLONS-EN. Sur fond de bataille successorale à la tête du Cameroun, l’éthique et la déontologie en journalisme ont foutu le camp! Acharnement, haine, instrumentalisation ou utilisation du journaliste par un camp des faucons contre l’autre, dans le cadre de la lutte successorale au sommet de l’Etat au Cameroun… À dire vrai, notre confrère, dont je condamne l’assassinat crapuleux commis par des assoiffés de sang qui distribuent gratuitement la mort, était loin de la déontologie et de l’éthique. Le journaliste doit savoir se mettre en levitation par rapport aux luttes politiques. Au Cameroun, en ces temps de crépuscule politique du locataire du Palais d’Etoudi à Yaoundé, journalistes, politiques au pouvoir, activistes de la société civile, intellectuels et universitaires, hommes d’affaires ont, chacun en ce qui le concerne, choisi leur camp. Pro Ferdinand Ngoh Ngoh(le puissant secrétaire général de la présidence de la République), pro Franck Biya(fils éponyme du président camerounais), pro Louis Paul Motaze(le puissant ministre des finances)…, se livrent, à visage couvert, une bataille successorale. Par A.Ndongo Journaliste économique et financier.
RDC/LU POUR VOUS. « La mort de Kabila: Ne nie pas c’était bien toi », Georges Mirindi

LIVRE. Le 16 janvier 2001, le président Laurent-Désiré Kabila trouve la mort alors qu’une fusillade éclate au Palais des Marbres à Kinshasa. Dans son livre « La mort de Kabila: Ne nie pas c’était bien toi », publié aux éditions Vérone en 2019, Georges Mirindi, un des gardes du corps de LD Kabila, donne la lumière sur ce qui s’était passé. Il livre un autre son de cloche, une version supplémentaire qui vient corriger la part de vérité de Mwenze Kongolo. Lisez attentivement ces extraits. Dans cet ouvrage, ayant loupé l’opportunité des enquêteurs, j’ai voulu tout simplement démontrer et prouver les mises en scène l’une après l’autre, d’abord en confrontant les versions initiales du GLM aux versions officielles médiatisées après le faux procès de Makala et plus tard la propagande médiatique par Mwenze Kongolo, présentant Rachid comme l’assassin de Mzee Kabila; au motif que Rachid vengeait l’assassinat de Masasu Nindaga. Puis, les célèbres contradictions d’Emile Mota qui, ayant nettoyé les lieux en ramassant les douilles et les ayant cachées chez lui, dit en différentes versions contradictoires avoir été présent lors de l’assassinat, ses contradictions avec la version d’Annie Kalumbu, et surtout le fait que si Chiribagula dit avoir déjà neutralisé Rachid et donné conseil. à Kapend de ne pas tuer Rachid pour la vérité; pourquoi le colonel Eddy Kapend l’avait-il achevé en hâte et vite caché son arme au lieu de suivre le sage conseil de Chiribabula pour permettre de connaître la vérité là-dessus? La vérité sur la mort de Mzee Kabila ne se trouve ailleurs que dans le régime qui a pris le pouvoir le 16 jan 2001. Une série de preuves en béton me permet de le confirmer, moi qui suis témoin des mises en scène que le nouveau régime a inventées et que vous lisez ici. Le 16 janvier 2001, comme nous avions 2 équipes à la sécurité rapprochée de Mzee, j’étais du groupe qui était de service le jour durant cette semaine. Le matin, j’étais arrivé au palais un peu plus tôt, comme nous étions avertis la veille de la réunion du Colonel Eddy Kapend Tous les officiers affectés à la sécurité du Président de la République étaient convoqués ce matin-là, pour la toute première fois depuis juillet 1998 quand le Général John Numbi avait amené et présenté Eddy Kapend à Mzee Kabila. Depuis son arrivé et sa prise de fonction comme aide de camp du chef de l’Etat, le Colonel Eddy Kapend n’avait jamais organisé une telle causerie, pas la moindre réunion avec le personnel de sécurité du Président de la République. Et cette réunion spéciale à cette date ne suscitait pas la moindre curiosité parmi nous, tellement Eddy Kapend, bien qu’il fut arrivé à côté du chef plus tard, était devenu non pas le fidèle des fidèles qu’il prétendait pour des raisons connues, mais l’homme le plus fort. Chacun des officiers présents était averti de ne plus oser penser à un autre chef qu’à lui seul, le colonel Kapend, qui, par cette parade du matin, demandait aux officiers de prêter allégeance à son autorité et de s’allier à lui seul, en exécutant ses ordres promptement. Après avoir dissous malignement la brigade du GSSP jadis commandé par le Colonel Jean Claude Kifwa fin 2000, la veille du 16 janvier, cependant, toute la garnison de la ville de Kinshasa avait été soumise à un désarmement stratégique. Les 2 hommes forts, Kapend-Joseph Kabila, agissaient sous couvert de ce qui était perçu comme une opération de routine, alors qu’en réalité le compte à rebours avait commencé, les étapes se succédant les unes après les autres vers la fin d’un roi et la naissance d’un autre. Ce 16 janvier à 9h. Mzee Kabila quittait son domicile pour la dernière fois au volant de sa jeep Mercedes noire, vers le bureau d’où il sortira mort. Nous nous hâtions derrière lui vers le bureau comme d’habitude pour lui ouvrir les portes et faire entrer les visiteurs. Laurent Désiré Kabila, en vrai rebelle toute sa vie, n’avait presque pas de protocole d’Etat, d’autant plus qu’il travaillait en dehors du Palais de la Nation. Il ne s’y rendait rarement que lors des réceptions avec ses pairs Présidents. Ce qui fait que nous servions à la fois comme son protocole et comme sa sécurité… […] Même Mwepu, qui était le directeur du Protocole, pouvait facilement faire tout un mois sans avoir rencontré le Président de la République. Le Président Laurent Désiré Kabila lui-même, ou via ses maîtresses Anny Kalumbu Lwengesa, ou Nelly Ngoy Twite, nous communiquait ses visiteurs et nous disait après combien de minutes nous devrions les faire sortir pour faire entrer les autres. […] Après quelques minutes dans son bureau le matin du 16 janvier, il se tint débout devant la porte; il me fit signe de venir auprès de lui, me disant de lui ramener ses lunettes et un petit carton de papiers mouchoirs laissés sur le siège arrière de sa jeep. C’était la dernière fois que j’ai vu et parlé au Président de la République. […] Ainsi, contrairement à la version qui dit que j’ai fait des aveux la veille et que je me serais évadé de la prison alors que je devais révéler et réaliser ma promesse, je n’ai jamais fait. des aveux de leur crime comme ils prétendent. J’ai plutôt été empêché de parler aux enquêteurs comme ils savaient que nous allions sûrement les démasquer, que nous ne pouvions pas louper l’occasion de dénoncer leurs mises en scène aux Angolais, Zimbabwéens et Namibiens. Il nous fut forcé de signer des papiers, et nombreux aveux de circonstances furent faits par nombreux parmi nous sous torture, notamment au GLM, par les déclarations lucratives des taupes glissées parmi nous et des récits truqués furent confectionnés avec de faux témoins. […] Une personne agressée ne peut jamais ne pas réagir. Lutter pour la vie est inné. Emile Mota doit nous dire la vérité. Une blessé réel doit au moins réagir, bouger à défaut de parler, une fois criblé des balles rien ne peut
Burkina Faso. Preuve à l’appui

TEMOIGNAGE. VALERE SOME était l’ami d’enfance, le condisciple, le ministre de l’enseignement et l’idéologue du régime du capitaine THOMAS SANKARA. Il était la dernière pièce manquante pour reconstituer le PUZZLE de la révolution d’août 1983. C’était un homme coriace, réservé, renfermé sur lui-même à la fin de sa vie, mais très AFFABLE. Il ne répondait presque plus au téléphone, sauf aux personnes qu’il jugeait dignes de confiance. Mes nombreux coups de fil furent sans succès. Le 16 mai 2016, alors que je terminai à peine un cours à l’UNIVERSITE JOSEPH KI-ZERBO de Ouagadougou, mon téléphone sonna, c’était l’aîné VALERE SOME au bout du fil. Il me demanda de passer à son domicile dans l’après-midi. Je demandai à mon étudiant KILAYE BATIONO de m’accompagner à Dasasgo pour me servir d’assistant pendant mon entrevue avec l’aîné qui dura jusqu’à la tombée de la nuit. 72 heures avant son assassinat, le Président THOMAS SANKARA devait se rendre à GAOUA en compagnie de son ami et ministre de l’enseignement où ils étaient attendus par des prêtres LOBI pour une cérémonie TRADITIONNELLE. Le capitaine-président était d’obédience marxiste et un peu détaché de certaines croyances de chez NOUS. C’est son ami d’enfance qui l’avait persuadé d’aller à la rencontre des PRETRES LOBI. L’atmosphère qui avait précédé le 15 OCTOBRE 1987 était tellement ELECTRIQUE que ce rendez-vous fut reporté ultérieurement. Lorsque nous évoquâmes cette DATE FATIDIQUE, l’aîné VALERE SOME se leva brusquement, le visage inondé de LARMES comme si j’avais remué le couteau dans la plaie. Voir une telle personnalité, qui avait pourtant échappé à plusieurs assassinats, éclater en SANGLOT devant MA caméra me donna le cafard. Je m’en étais voulu d’avoir posé une question aussi sensible. Avant de nous séparer, l’aîné VALERE SOME m’avoua les DEUX raisons qui m’avaient valu sa confiance : Primo : j’étais l’ami d’OSIRIS ISSOUF SAWADOGO, journaliste à la R.T.B (Radio Télévision Burkinabè), son confident (paix à son âme). Secundo : parce que le CONGO, mon pays natal, l’avait bien accueilli et lui avait accordé l’asile politique pendant qu’il était traqué comme une bête sauvage par le régime des « RECTIFICATEURS », celui de BLAISE COMPAORE. A cette époque, le CONGO-MFOA était dirigé par un régime marxiste et était l’arrière base de nombreux mouvements de libération (ANC, SWAPO, etc). VALERE SOME s’est éteint en 2017, quelques mois après m’avoir livré son témoignage sur le capitaine THOMAS SANKARA (paix à leurs âmes). Rendez-vous, demain lors de ma web conférence dédié au soldat et Président THOMAS SANKARA. Matondo ! Par Nysymb Lascony
Congo. Le drame de la Saint Cyrille

RETRO. En 1977 Marien était un chef contesté. Il avait créé l’EMSR et mis au silence le bureau politique, le comité central et les organisations de masse pour s’échapper de la critique et peut-être même de la mise en minorité, mais du coup, il s’était isolé. Le congrès extraordinaire promis le 12 décembre 1975 demeurait chimérique, à peine avait-il mis en place une commission préparatoire en novembre 1976 dirigée par Tchystère et qui était au point mort. La situation socioéconomique était critique. Le gouvernement tentait d’augmenter la part des royalties versées par Elf qui le lui refusait catégoriquement. Dans son discours du 31 décembre 1976, Marien NGOUABI avait fustigé ces compagnies étrangères qui ne jouaient pas le jeu, exposant le pouvoir à la colère populaire parce que l’Etat n’arrive pas à payer les salaires. Il s’en prenait toujours avec force à l’impérialisme, mais multipliait les contacts envers les Etats Unis (dont les relations étaient toujours coupées) et se plaignait de la coopération soviétique qui n’était pas financière. La ligne idéologique était des plus hasardeuses. Renforçant le flou, il avait pris contact avec des leaders des classes politiques antérieures. C’est dans cette optique qu’il s’était rendu discrètement à Boko, rencontrer MASSAMBA DEBAT. Quelques semaines plus tard, il le recevait de nouveau, le 3 mars 1977, avec son épouse, de façon officielle et notifié dans son agenda public. MASSAMBA DEBAT se faisait très discret depuis son départ du palais. Il résidait à Boko et n’apparaissait que rarement à Brazzaville pour de courtes visites. Or depuis la mi-76 il était de plus en plus fréquent dans la capital. Les mésententes au sein du parti avaient aussi réveillées l’opposition en exil, qui reprit des couleurs en 1976, s’organisant autour du dynamisme de MOUDILENO MASSENGO. Après la rencontre NGOUABI/DEBAT, le bruit courut – sans doute lâché par les débistes – que Marien voulait démissionner au profit de MASSAMBA DEBAT. Lors du congrès de l’URFC le 13 mars, le président dut s’en justifier… mais mal : « lorsque par une curieuse lettre le Président MASSAMBA DEBAT a demandé à me rencontrer, je l’ai reçu avec son épouse(…) S’il y a démission ou non, c’est à l’intérieur du parti que cela se décidera. Les changements s’opéreront dans le peuple et pour le peuple ». C’était ambigu. Certains le comprirent comme n’écartant pas l’idée de profonds changements. Pour d’autres, un rôle important allait être donné aux anciens dirigeants (Pierre GOURA, Victor SATHOUD, DEBAT, OPANGAULT) dont il avait rencontré plusieurs. Le 18 mars était un vendredi. Jour de la Saint Cyrille, c’était aussi le dernier jour de classe avant les vacances de pâques. Les Brazzavillois entendirent à 14h30 des crépitements de balles et des rumeurs s’ensuivirent pour les expliquer. La plus répandue disait que l’état major avait été attaqué par des assaillants venus du Zaïre mais que le président s’en était sorti comme d’habitude. La radio avait continué ses programmes habituels normalement jusqu’à la fin des émissions. Dans les coulisses, le responsable de tout le système de sécurité, le commandant SASSOU NGUESSO prenait les choses en main. C’est lui qui décida de l’arrestation des dissidents : NOUAMAZALAYE, LISSOUBA, NDALLA, KOLELAS, MOUNGOUNGA, ICKONGA, KONDHO, ONDZIEL, MOUZABAKANI, ABA-NGANDZION et de très nombreux inconnus du grand public. Seule celle de KIMBOUALA NKAYA se termina par sa mort immédiate. Si sa famille parla d’une exécution délibérée voire commanditée, EKONDZI AKALA présent au moment du rapport du lieutenant GARCIA au commandant SASSOU et passé depuis dans l’opposition, affirma à la conférence nationale que le lieutenant présenta l’affaire comme un accident : « mission accomplie mon commandant, mais il y a eu mort d’homme » dit-il à Sassou. « Qui ? » éructa SASSOU. « Le capitaine KIMBOUALA NKAYA mon commandant. Il est dans ma Jeep » répondit GARCIA en indiquant la fenêtre du bureau de SASSOU à l’état major. C’est toujours le commandant Sassou qui convoqua la réunion de l’EMSR dès le soir après avoir fait revenir TCHYSTERE et J.P. NGOMBE en mission à Pointe-Noire, où se décida la mise en place d’un comité militaire du parti sur sa proposition. Plus tard dans la nuit, SASSOU convoqua le comité central au Grand quartier général des forces armées d’où il coordonnait tout, pour le tenir informé de la mort du président et des dispositions prises. THYSTERE, devenu numéro un de l’EMSR signa la création dudit CMP sans établir une liste des membres. D’ailleurs jusqu’au 3 avril on ne savait vraiment pas qui en était membre mais les communiqués se lisaient en son nom. La population ne fut informé qu’au matin du 19 mars par un communiqué disant en substance que : « L’impérialisme aux aboies a, par un commando-suicide, attenté lâchement à la vie du chef de la révolution congolaise, mort au combat l’arme à la main ». Le texte annonçait également la mise en place un comité militaire du parti, organe provisoire, pour assurer la sécurité. Un deuil d’un mois était décrété, la journée du 19 chômée payée etc. La radio se mit ensuite à diffuser des chants guerriers et funèbres kouyous et mbochis. L’émotion fut réellement nationale. Ngouabi n’était pas un héros adulé partout, loin s’en faut, mais il n’eût aucune manifestation joyeuse. L’invincible était vaincu, mais par qui? Ceux qui communiquait avaient une attitude de continuateurs, de vengeurs même mais pas de successeurs pour un nouvel ordre. Cette fin était inhabituelle pour ce pays qui avait déjà renversé deux présidents sans une égratignure. Peu avant midi, c’est le premier ministre Louis Sylvain GOMA, se présentant comme membre du CMP, qui réunit les organisations de masse, des journalistes et des diplomates à l’hôtel de ville pour donner la version officielle. Selon celle-ci, l’ex-capitaine Kikadidi se faisant passer pour le capitaine Motando aurait conduit un commando-suicide pour exécuter le président. Des assaillants y auraient trouvé la mort tandis que deux autres personnes dont KIKADIDI lui même seraient en fuite. Plus tard dans la journée on annonça l’arrestation de MASSAMBA-DEBAT, proche de KIKADIDI, donc forcément commanditaire selon les explications du journaliste qui improvisait un
Les forces tigréennes assassinent, violent et pillent lors d’attaques contre des civil·e·s

Les combattants affiliés au Front populaire de libération du Tigré (FPLT) ont délibérément tué des dizaines de personnes, violé en réunion des dizaines de femmes et de jeunes filles – parfois âgées de 14 ans seulement – et pillé des biens publics et privés dans deux secteurs de la région Amhara, dans le nord de l’Éthiopie, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport. Ces atrocités ont été perpétrées à Chenna et Kobo et aux alentours, fin août et début septembre 2021, peu après que les forces tigréennes ont pris le contrôle de ces zones en juillet. Les attaques ont souvent été marquées par d’autres actes de violence et de cruauté, des menaces de mort, et des insultes et propos dénigrants à caractère ethnique. À Kobo, les forces tigréennes se seraient déchaînées contre la population civile à titre de représailles face à la résistance accrue de milices locales et d’habitants armés. « Les forces tigréennes font preuve d’un mépris flagrant à l’égard des règles fondamentales du droit international humanitaire, que tous les belligérants sont tenus de respecter. Les éléments de preuve pointent des pratiques des forces tigréennes consistant à commettre des crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité, dans les zones sous leur contrôle dans la région Amhara, dès juillet 2021. Cela inclut des faits répétés de viols, d’exécutions sommaires et de pillages généralisés, notamment dans les hôpitaux », a déclaré Sarah Jackson, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs à Amnesty International. Exécutions sommaires à Kobo À Kobo, ville du nord-est de la région Amhara, les combattants tigréens ont délibérément tué des civils non armés, semble-t-il pour se venger des pertes au sein de leurs rangs imputables aux milices et paysans armés Amharas. Amnesty International a interrogé 27 témoins et victimes, dont certains avaient aidé à aller chercher et enterrer les cadavres. Dix habitants de Kobo ont déclaré à Amnesty International que dans l’après-midi du 9 septembre 2021, les combattants tigréens ont tué sommairement leurs proches et leurs voisins, devant chez eux. « Ils ont commencé par tuer mon frère Taddese. Il est mort sur le coup. Mon autre frère et mon beau-frère ont tenté de s’enfuir et ont tous les deux été abattus d’une balle dans le dos. Ils m’ont touché à l’épaule gauche. Je suis resté à terre et j’ai fait le mort », a raconté un survivant. Douze autres habitant·e·s de Kobo ont déclaré avoir trouvé les cadavres d’habitants et de fermiers du coin, tués dans le cadre d’homicides apparentés à des exécutions : ils ont reçu une balle dans la tête, la poitrine ou le dos, parfois en ayant les mains liées derrière le dos. « Les premiers cadavres que nous avons vus se trouvaient le long de la palissade de l’école. Une vingtaine de corps, allongés en sous-vêtements, faisant face à la palissade, et trois autres dans l’enceinte de l’école. La plupart se sont fait tirer dans la nuque et quelques-uns dans le dos. Ceux qui avaient reçu une balle dans la nuque n’étaient pas identifiables, parce qu’une partie de leur visage avait été emporté », a déclaré un témoin. L’analyse des images satellite par le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises d’Amnesty International montre de nouveaux sites d’inhumation sur les terres des églises Saint George et Saint Michael, où les habitants ont déclaré avoir enterré les victimes le 9 septembre. Les homicides délibérés de civils, ou de combattants capturés, blessés ou qui se sont rendus, constituent des crimes de guerre et possiblement des crimes contre l’humanité. Violences sexuelles à Chenna À partir de juillet 2021, à Chenna, un village au nord de Bahir Dar, la capitale de la région Amhara, ainsi qu’aux alentours, les forces tigréennes ont violé des dizaines de femmes et de jeunes filles, parfois âgées de 14 ans seulement, souvent dans leur propre maison, après les avoir obligées à leur donner de la nourriture et à cuisiner pour eux. Les violences sexuelles s’accompagnaient de niveaux de cruauté choquants, notamment de coups, de menaces de mort et d’insultes à caractère ethnique. Sur les 30 victimes interrogées par Amnesty International, 14 ont déclaré avoir été violées collectivement par de multiples combattants tigréens, parfois sous les yeux de leurs enfants. Sept des victimes étaient des jeunes filles âgées de moins de 18 ans. Lucy, élève en cinquième âgée de 14 ans, et sa mère ont toutes deux été violées par des combattants tigréens dans leur maison, à Did-Bahr. Elle a raconté : « J’étais chez moi avec ma mère et ma grand-mère, lorsque deux jeunes hommes armés de fusils sont arrivés chez nous dans la matinée, vers 11 heures. L’un d’entre eux portait un uniforme militaire et l’autre des vêtements civils. Ils parlaient un mélange de tigrinya et un peu d’amharique. Ils ont dit : » Nos familles ont été violées, maintenant à notre tour de vous violer. » L’un d’eux m’a violée dans la cour, tandis que l’autre s’occupait de ma mère à l’intérieur de la maison. Ma mère est très malade depuis, elle est très déprimée et désespérée. Nous ne parlons pas de ce qui s’est passé, c’est impossible. » Salam, âgée de 29 ans, a raconté que quatre combattants tigréens ont enfermé ses parents âgés dans une pièce séparée et l’ont violée en réunion pendant 15 heures. La plupart des victimes ont subi des préjudices physiques et psychologiques graves et durables. Dix ont dû rester hospitalisées pendant trois mois après avoir été violées. Les médecins qui prodiguent des soins aux victimes de viols ont déclaré que deux d’entre elles ont dû être soignées pour des lacérations probablement causées par les baïonnettes de fusils insérées dans leurs parties génitales. Amnesty International a déjà recensé des pratiques similaires de combattants tigréens violant des femmes et des filles Amharas à Nifas Mewcha, et a reçu des informations crédibles sur des viols commis dans d’autres secteurs de la région Amhara. Ces atrocités constituent des crimes de guerre et, potentiellement, des crimes contre l’humanité. Pillage de biens civils À Kobo et dans le secteur de Chenna, les habitants ont déclaré que les combattants tigréens ont volé des biens dans
RD Congo. Assassinat de Chebeya : « Le général Numbi avait reçu l’ordre de Joseph Kabila », témoigne Paul Mwilambwe

ACTUALITE. « Le général John Numbi avait reçu l’ordre du Président de la République Joseph Kabila [de tuer Floribert Chebeya]. C’est Christian Kenga me l’a rapporté », a témoigné mercredi 8 décembre le policier Paul Mwilambwe. Devant la Haute cour militaire siégeant en foraine à la prison militaire de Ndolo, Il confirme ses révélations faites auparavant dans les médias. Paul Mwilambwe est l’un des témoins clés dans l’affaire sur le double meurtre de Foliribert Chebeya et Fidèle Bazana. Il est de retour à Kinshasa, après près de 10 ans d’exil. Lors de son audition, il a chargé plusieurs personnalités dont le Président honoraire de la République Joseph Kabila et le général John Numbi. « Quand le téléphone sonne, le général Mponde répond. Ça c’est le général John Numbi qui appelle. Il parle en swahili. Est-ce que tu as déjà reçu l’appel du Raïs ? Le général Mponde dit non. Et quand le Raïs appelle, il pose la question au général Mponde ‘’est-ce que Mwilambwe est là ? Passe-le-moi. Et quand il me passe le Président au téléphone, celui-ci me dit en swahili de ne pas révéler au général Mponde tout ce j’ai vécu. La personne qui m’a informé c’était le président Kabila lui-même », relate Paul Mwilambwe. Selon le ministère public, le prévenu cherche à se disculper comme s’il n’avait pas joué un rôle dans ce crime. Pour les parties civiles, il faut que toutes les personnes citées comparaissent dans une confrontation. « On a demandé que ceux qui ont été cités comparaissent. C’est maintenant à la Cour de voir », a déclaré Me Peter Ngomo. Condamné par défaut pour assassinat, meurtre, désertion simple, terrorisme et association de malfaiteurs, le major Paul Mwilambwe comparaitra dans une confrontation avec certaines personnes citées à l’audience de demain vendredi.
Burkina Faso : le procès de l’assassinat de Thomas Sankara débutera le 11 octobre

Le procès de l’assassinat de Thomas Sankara, icône panafricaine tuée avec douze autres personnes lors d’un coup d’Etat en 1987, débutera le 11 octobre à Ouagadougou, a annoncé, mardi 17 août, le procureur militaire du Burkina Faso. « Le procureur militaire près le tribunal militaire de Ouagadougou informe l’opinion nationale et internationale que le procès des personnes mises en cause dans l’affaire de l’assassinat du président Thomas Sankara et de ses douze compagnons s’ouvrira le lundi 11 octobre 2021 à partir de 9 heures », indique un communiqué transmis à l’AFP. Le procès sera délocalisé « dans la salle des banquets de Ouaga 2000 » et sera « public », précise le texte. Mi-avril, le dossier avait été renvoyé devant le tribunal militaire de Ouagadougou après la confirmation des charges contre les principaux accusés, dont l’ex-président Blaise Compaoré, trente-quatre ans après la mort du « père de la révolution » burkinabée. Outre M. Compaoré, douze autres accusés seront jugés pour « attentat à la sûreté de l’Etat », « complicité d’assassinats » et « complicité de recel de cadavres »… Lier la suite sur Le Monde Afrique
HAÏTI. Le revers de la médaille

TRIBUNE. Quand le souverain primaire s’empare constamment de la RUE, c’est qu’il est temps de retirer son écharpe présidentielle et de quitter le PALAIS. Le PIRE est encore arrivé en HAITI, première NATION NEGRE LIBRE ET INDEPENDANTE. Le CAUCHEMAR du 17 octobre 1806, date officielle de l’assassinat de l’empereur JACQUES, père de l’indépendance du pays, se poursuit. Le Président JOVENEL MOISE vient d’être assassiné à son tour dans sa résidence par un commando non encore identifié. Nous étions des promotionnaires et aurions pu aisément nous tutoyer du fait de l’attention qu’il portait à mes travaux sur le pays. J’aurais souhaité lui chuchoter à l’oreille de PARTIR, mais il m’était impossible de l’approcher. Depuis 3 ans, le pays vit au rythme de grèves générales, villes mortes, guerres de gangs, rackets… Un tableau SOMBRE qu’aucun peintre ne saurait esthétiser. Un si BEAU pays, une si GLORIEUSE histoire, un peuple aussi BRAVE, DIGNE et INVENTIF. Combien d’hommes et de femmes NOIRS enchaînés se sont sacrifiés pour ERIGER ce symbole de FIERTE et de LIBERTE ? HAITI CHERIE, chaque coup de poignard reçu plonge TOUTE une RACE dans le deuil. Pensée fraternelle. NGOMBULU YA SANGUI YA MINA BANTU LASCONY