Gabon. Noureddin Bongo Valentin : « à aucun moment, je n’ai pris une décision à la place de mon père »

Fils de l’ancien chef de l’Etat gabonais Ali Bongo, Noureddin Bongo Valentin a affirmé n’avoir « à aucun moment pris une décision à la place de son père » pendant le règne de ce dernier. Bien qu’« il y a eu l’AVC et, physiquement, mon père a été affaibli, mais il a toute sa tête. On peut le voir dans les vidéos aujourd’hui, il est même encore très combatif. Tout était décidé par lui », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au magazine d’actualité hebdomadaire français Le Point. « C’était lui le chef de l’État, lui qui a été élu, lui qui un mandat électif. À aucun moment, je n’ai pris une décision à la place de mon père ou donné des instructions en faisant croire que ça venait de lui », a-t-il insisté. Le fils de l’ancien président gabonais reconnait toutefois avoir « été son assistant durant un an et demi, dans une situation très précise qui était celle du Covid », affirmant que la politique n’a jamais été son ambition. Evoquant sa part de responsabilité dans le fonctionnement du régime dirigé par son père et la nature de ses missions, Noureddin Bongo Valentin a précisé que son « rôle était administratif, très technique. Je n’étais pas un politique. À la base, je suis chef de projet, et mon père souhaitait simplement que je le soutienne pendant une courte période ». Revenant sur la fin de cette expérience, il confie avoir a démissionné un an et demi après sa nomination, « parce que ce n’était pas un domaine dans lequel je me sentais à l’aise. Mon travail se limitait à un appui technique aux décisions du président. À aucun moment, ni ma mère ni moi n’avons constitué un centre de décision parallèle. Martin Kam
Gabon. Arrivée d’Ali Bongo à Luanda…

PARLONS-EN. La présidence angolaise a annoncé dans un communiqué officiel : « la famille Bongo a été libérée et vient d’arriver à Luanda ». Et comme on le voit en photo, Ali Bongo vient de fouler la terre angolaise. Cette libération fait suite à des contacts secrets entre le président angolais Joao Lourenço et Brice Oligui Nguema, précise le communiqué, sans donner de détails. L’épouse d’Ali Bongo, Sylvia Bongo, 62 ans, et son fils Noureddin, 33 ans, en détention dans l’attente de leur procès pour détournement de fonds publics, avaient été récemment libérés et également placés sous résidence surveillée, selon plusieurs médias gabonais. Ce qui est dit entre les lignes, c’est que l’ex-président gabonais est donc en exil doré à Luanda, sans aucun procès préalable et sans remboursement des millions volés au peuple gabonais. On assiste là au cycle des dictateurs : il y en a qui tombent au moment où émergent les nouvelles têtes. Et les puissances impérialistes qui les ont utilisés ne manifestent aucun état d’âme. Au contraire elles s’emploient à leur refuser le visa d’entrée sur leurs territoires et à les déposséder de leurs biens immobiliers et de leurs comptes bancaires en centaines de millions d’euros qui ne seront jamais restitués au peuple qui en est le véritable propriétaire. Les nouveaux apprentis sorciers arrivés tout récemment à cette académie des autocrates répètent les mêmes erreurs sans jamais tirer leçon du passé. Rien n’est plus gratifiant dans l’exercice du pouvoir présidentiel que d’avoir travaillé pour l’intérêt supérieur de son peuple, d’avoir gagné l’estime de ses administrés et de pouvoir, comme les ex-présidents nigérians, ghanéens ou tanzaniens, vivre en PAIX chez soi, sur sa terre natale. Y en a-t-il en Afrique centrale des dirigeants capables d’écouter cette voix de la raison? Y en a-t-il un seul? Par Germain Nzinga
Gabon : l’ex-président Ali Bongo et sa famille sont arrivés en Angola

L’ancien président du Gabon Ali Bongo Ondimba, en résidence surveillée depuis le coup d’Etat d’août 2023, est arrivé vendredi en Angola avec son épouse et son fils, a annoncé la présidence angolaise dans un communiqué publié sur Facebook. « La famille Bongo a été libérée et vient d’arriver à Luanda », indique le texte. Ali Bongo, dont la famille a dirigé le Gabon pendant 55 ans, avait été renversé le 30 août 2023 par le général Brice Clotaire Oligui Nguema et était depuis assigné à résidence dans la capitale Libreville. La présidence angolaise a également publié des photographies montrant l’ancien dirigeant accueilli à l’aéroport de Luanda. Cette libération fait suite à des contacts entre le président angolais Joao Lourenço et Brice Oligui Nguema, élu président du Gabon en avril avec près de 95% des voix, précise le communiqué, sans donner de détails. L’épouse d’Ali Bongo, Sylvia Bongo, 62 ans, et son fils Noureddin, 33 ans, en détention dans l’attente de leur procès pour détournement de fonds publics, avaient été récemment libérés et également placés sous résidence surveillée selon plusieurs médias gabonais. AFP
Rentrée politique au Congo-Brazzaville, quoi de neuf ?

TRIBUNE. Au Congo-Brazzaville, la misère et la pauvreté continuent inexorablement leur progression, laissant derrière elles une population totalement démunie, qui rêvasse tous les jours sur les réseaux sociaux, d’un homme providentiel qui mettrait fin à son calvaire. Même si par l’intermédiaire de ses séides le pouvoir essaie de faire passer le message selon lequel, le Congo-Brazzaville ne serait pas le Gabon, on a bien vu qu’au lendemain du coup d’Etat qui a envoyé à la retraite le Président Ali Bongo du Gabon, le Président Sassou Nguesso a envoyé un jet privé à Pointe-Noire, embringuer le Premier Ministre Collinet Makosso qui s’y trouvait pour un voyage privé, afin qu’il participe au point sécurité boutiqué le vendredi dernier à Oyo. Sur le plan politique, le mois d’août a été marqué par l’immonde mascarade électorale qui s’est soldée par le plébiscite du parti au pouvoir, qui ne s’est pas gêné pour transformer le Sénat en un vaste hospice pour vieux muscles du système. Lors de cette comédie électorale, la comateuse opposition congolaise était conduite par M. Pascal Tsaty Mabiala secrétaire général de l’Upads, un quidam dont la passion pour le Congo serait versatile au gré du numéraire. Pour ce troupier du PCT pour lequel la banalisation de l’humiliation du politique congolais est une aubaine, montrer aux yeux de ses accipiens que son sort est étroitement lié à celui de son condisciple Denis Sassou Nguesso, est un apostolat. Il y a du Titanic dans la descente aux enfers du sublime parti que fût l’Upads. M. Pascal Tsaty Mabiala est bien malgré lui, depuis un moment déjà, quelqu’un qui liquide pour toujours l’image de Pascal Lissouba, un homme d’exception qui gagnât toutes les élections au début du processus démocratique au Congo-Brazzaville. Il est vrai qu’au lendemain de la chute du pouvoir, conduire une gigantesque machine comme l’Upads était à priori difficile, notamment pour un type arrimé à une culture politique qui soit chronique comme celle du PCT. Tout homme politique lucide privilégiant le discernement aurait compris que Pascal Lissouba chaque fois magnifié était la clé. Malheureusement, avoir constitué un petit groupe de profito-situationnistes et se commettre avec le parti majoritaire, c’était perpétuer le cycle de bérézinas. Pour installer le discrédit cruellement durant ce « Mboulou Comédie Show », le parti de M. Sassou Nguesso a donc facilité l’élection d’une dame issue des rangs de l’Upads, à qui on a exigé le remboursement des frais de campagne de son adversaire. C’était la condition pour s’adjuger le seul strapontin prévu pour les laquais au Sénat. Drôle de démocratie dans laquelle on trouve un parti comme l’Upads qui compte dans ses rangs, une sénatrice estampillée opposition et un Ministre au gouvernement estampillé majorité présidentielle. Même le Grec Solon qui a inventé la démocratie n’avait imaginé un tel schéma. Quoi qu’il en soit, le sort de l’Upads est entre les mains des cadres de ce parti, si cadres responsables il y a encore là-bas. Que Dieu délivre le Congo-Brazzaville. Laurent DZABAPrésident du Mouvement Panafricain et Citoyen
Gabon. L’Angola voulait-elle répondre favorablement au « make noise » d’Ali Bongo?

INDISCRETION. En réponse au « make noise » dont a parlé Ali Bongo aux premiers moments ayant suivi sa mise en résidence surveillée par les putschistes, l’Angola, première puissance militaire de la Ceeac, aurait-elle voulu sauver Ali? Difficile de vérifier cette information lachée par un ami angolais généralement bien informé. En effet, les présidents Ali Bongo Ondimba et João Lourenço entretiennent de bonnes relations. Sauf qu’une opération militaire angolaise au Gabon ne pouvait être menée sans l’offre d’une base arrière assurée par un pays qui fait frontière avec Gabon. Le Cameroun, le Congo, la Guinée Équatoriale et Sao Tome et Principe( pays lusophone comme l’Angola) étaient-ils prêts à assurer cette responsabilité, surtout que même la France et l’Union Européenne approuvent ce coup d’Etat au Gabon? Par A. Ndongo Journaliste économique et financier, Brazzaville Congo.
Quelles retombées politiques après le coup d’État au Gabon?

TRIBUNE. Le coup d’état militaire gabonais, du moins s’il n’est pas un montage endogène ou exogène pour précéder les événements, provoquera irrémédiablement une onde de choc dans la sous-région de l’Afrique centrale et dans les relations du Gabon et de l’Afrique tout entière avec leurs anciennes métropoles et les puissances étrangères. Il se met en place cette réalité géopolitique qui tend à se dessiner en quatre points suivants. 1.Toute cette succession des putschs militaires observés ça et là en Afrique est avant tout l’expression parfaite de la faillite manifeste du Discours de la Baule (1990) qui prétendait porter un vent de démocratie en Afrique par l’organisation des scrutins électoraux. Trois décennies plus tard, l’on constate une espèce de « tropicalisation » de la démocratie avec la souveraineté bafouée du peuple qui n’a plus rien à dire sur ses mandataires. Tropicalisation également de l’exercice du pouvoir avec l’absence d’égalité devant la loi, avec le bâillonnement de la liberté d’expression et avec un déficit criant de la séparation des trois pouvoirs tous concentrés dans les mains d’un seul autocrate. À cela il faut ajouter le fonctionnement imparfait du suffrage universel qui aboutit au viol et le vol des urnes par le pouvoir en place. Le 33 e anniversaire du Discours de la Baule se solde ainsi par un échec cuisant tant est si vrai que la démocratie a été pervertie par les dirigeants africains qui en ont fait leur arme redoutable contre la soif collective de liberté et de bien-être des africains. Ce pouvoir qui est conféré au régime en place, organisateur des élections, de nommer le bureau de la centrale électorale censée faire le comptage des voix et de la Cour Constitutionnelle censée proclamer le résultat final du scrutin est tombé dans une grande perversion dans la plupart des pays de l’Afrique noire où les résultats proclamés ne reflètent guère la vérité des urnes. Ali Bongo qui est présentement en fuite au Maroc ( là où l’ont précédé le congolais Mobutu et le burkinabé Blaise Compaoré) n’a pas pu déroger à la règle de succomber à la grande tentation du pouvoir illimité dans le temps. Et mal lui en a pris! La démocratie censée être le meilleur des régimes politiques parce qu’il favorise la justice, l’égalité, la liberté, les droits de l’homme s’est transformée au Gabon comme ailleurs en Afrique en une machine huilée d’oppression et de viol de la souveraineté des peuples. Désormais grands sont les soupçons des populations africaines vis-à-vis des élections démocratiques. Soupçons et doutes qui mettent et les électeurs et l’armée prête à prendre ses responsabilités comme on a pu le voir ce matin de mercredi. 2.Ce qui vient de se passer ce matin à la présidence gabonaise est la preuve que le vent de changement qui secoue l’Afrique de l’Ouest s’est désormais étendu en Afrique centrale. La chute du clan Bongo annonce la décadence de beaucoup des régimes obsolètes qui se sont maintenus au pouvoir soit par la force des armes ou encore par l’instauration de ces dynasties formées par des présidents parvenus au pouvoir par l’étoile de leurs géniteurs. Visiblement cette sinistre époque est en train de finir. Et au cas où ce coup d’état serait l’œuvre de l’Hexagone consistant à nommer un homme-lige, Brice Oligui Nguema, à la succession de Bongo, il lui sera très difficile de résister à cette volonté panafricaniste des populations africaines à reprendre le contrôle de leur destin. Lui aussi finira par tomber comme un fruit pourri. 3.Le Gabon de Bongo est, à côté de la Côte-d’Ivoire et du Tchad, un des verrous de la Francafrique sur le plan économique avec le monopole de Total et sur le plan sécuritaire avec son importante base militaire où stationnent des compagnies de régiments d’élite – comme le 6e Bataillon d’Infanterie de Marine (6e BIMa), Troupes de Marine. Si le nouveau régime au Gabon se comporte comme au Niger et au Burkina Faso, il est fort à craindre que la France perde le monopole d’extraction du pétrole et surtout la position stratégique des pôles opérationnels de coopération sur la façade ouest-africaine. Au final, après avoir perdu successivement le contrôle de la Centrafrique, du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la France voit en ce qui advient au Gabon, son pré-carré africain se réduire en peau de chagrin. 4.Ce putsch au Gabon est également un signal fort envoyé aux autres casernes militaires de pays de l’Afrique centrale où règnent en maîtres des dictatures sanguinaires ou encore où se programment des fraudes électorales. Des militaires de nombreux pays risquent bien d’y trouver une source d’inspiration pour remettre de l’ordre dans leurs pays respectifs. Désormais les dirigeants africains savent à quoi peut mener le tripatouillage du processus électoral. En effet, la mise au ban à Libreville des médias internationaux et des observateurs, la coupure d’internet et le couvre-feu n’ont pas suffi à mater la volonté du souverain primaire. L’impétueux vent de changement qui secoue l’Ouest de l’Afrique a franchi la ligne équatoriale et c’est là un très sévère avertissement aux nombreux potentats de l’Afrique centrale qui ont brillé pendant un demi-siècle par leur gestion patrimoniale et autocratique du pouvoir. Ce printemps panafricain est loin d’être un cas isolé au Sahel et il faudra désormais s’attendre à des raz-de-marée politiques dans d’autres pays de la sous-région de l’Afrique centrale. Par Germain Nzinga
Gabon : Ali Bongo renversé après sa victoire à l’élection présidentielle
Promotion de l’investissement : le Togo et le Gabon renforcent leur partenariat

Le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé a achevé ce 31 janvier 2023 sa visite officielle au Gabon, marquée par des échanges avec son homologue Ali Bongo Ondimba et des visites de terrain pour des partages d’expérience. Après la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok et l’Africa View Natural Ressources, les deux dirigeants étaient ce jour à Owendo minéral port (OMP), premier transporteur ferroviaire de manganèse au Gabon. A cette occasion, ils ont procédé à l’inauguration de quatre ateliers de maintenance du matériel ferroviaires. Ces ateliers de pointe permettront d’assurer une exploitation ferroviaire continue, une meilleure maintenance des équipements, la réparation mineures ou lourdes des locomotives et wagons, le reprofilage des roues ainsi que la réduction du temps de manutention. En tant qu’acteur du secteur portuaire au Gabon, Owendo minéral port (OMP) accompagne la démarche de l’État gabonais dans l’implémentation du Plan d’accélération de la transformation (PAT) dans les secteurs ferroviaires et portuaires. Le chef togolais et son homologue gabonais ont suivi avec intérêt la présentation des structures et installations de cette plateforme portuaire, sa contribution au développement socio-économique du pays ainsi que ses performances en Afrique. Owendo minéral port (OMP) nourrit l’espoir de nouer un partenariat avec l’Afrique de l’ouest pour un partage d’expériences et bien d’autres projets. Le chef de l’État et son homologue gabonais se sont également rendus à la Palmeraie et à l’usine d’extraction et de transformation de palme brute de Kango, pour apprécier les atouts qu’offre ce principal pôle de transformation agro-alimentaire.