Rufin Mbou Mikima : «Le cinéma est unique, qu’il soit chinois, africain ou français»

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Rufin Mbou Mikima

Le cinéaste Rufin Mbou Mikima vit en France. Il a fait ses premiers pas dans ce monde sous la supervision du Docteur Jean Blaise Bilombo Samba grâce à qui il a fait son premier film fiction à Brazzaville. La rédaction de Pagesafrik (starducongo) l’a rencontré à Paris à l’occasion de la 35ème édition du Salon du livre de Paris au Stand Livres et Auteurs du Bassin du Congo où il venait de prendre part à une table ronde.

Pagesafrik/Starducongo : Qu’est-ce que cela vous fait de vous retrouver ici au Salon du livre de Paris ?

Rufin Mbou Mikima : C’est un immense plaisir et c’est la première fois que j’y viens d’ailleurs. C’est aussi la première fois que je trouve un cadre où on me donne la possibilité de réfléchir autour de ce métier que nous pratiquons, je veux parler du cinéma. Ce que j’ai très peu l’occasion de faire en milieu congolais.

Comment appréciez-vous à ce jour l’encadrement dont vous avez bénéficié auprès d’un homme comme le docteur Bilombo ?

Rufin Mbou Mikima : Je n’arrive pas à qualifier Jean Blaise Bilombo. J’ai eu une chance incroyable et je crois que je suis une exception parce qu’il y a eu plusieurs jeunes de ma génération qui ont commencé à ce moment là mais qui n’ont pas eu la même chance que moi. J’ai rencontré Jean Blaise Bilombo qui a cru en en moi et qui a parrainé mon premier court métrage de fiction. Il a ensuite accompagné mon documentaire et a fait la même chose lorsque j’ai commencé ma formation.
C’est un homme qui a beaucoup misé sur moi et peut-être parce qu’il pensait qu’avec l’expérience que j’allais prendre, que je pouvais entrainer d’autres personnes et c’est ce qui s’est fait. Après avoir travaillé avec Jean Blaise, j’ai monté ma propre structure de production, je me suis aussi mis dans cette dynamique d’accompagner d’autres personnes et j’ai commencé à animer des formations. Si je n’avais pas rencontré cette personne dans ma vie, je ne serais pas ce que je suis devenu aujourd’hui. C’est un grand merci que je dis au Dr Bilombo pour cela.

A combien de films êtes-vous aujourd’hui ?

Rufin Mbou Mikima : En ce qui me concerne, je dois en avoir fait sept ou huit. Je dois avoir produit une trentaine de productions.

Comment se porte le cinéma congolais vu de l’intérieur et de l’extérieur ?

Rufin Mbou Mikima : Commençons donc par l’intérieur, on sent déjà son existence, avec Claudia Haïdara qui fait de bons films, Amour Sauveur et bien sûr Jean Blaise Bilombo Samba qui a apporté ce côté professionnel du travail. Ce cinéma a commencé depuis l’an 2000 mais les gens ne le voyaient pas et ne le sentaient pas. Ce n’est un secret pour personne si je vous dis que le film congolais n’est exporté. Ce film existe aujourd’hui parce qu’il a fait ses preuves à l’extérieur. Il a été découvert et les gens le redécouvrent encore dans les années 2005, 2006 et 2010.
Le film congolais est entrain de monter parce qu’il y a une grande fracture entre 1981 avec le dernier film de Jean Michel Tchissoukou et l’année 2000 où il y a eu des initiatives un peu timides. Aujourd’hui, on a Amog Nemra qui était au Fespaco avec son film et bien d’autres réalisateurs qui sortent du lot du Congo et à l’étranger.

Pourquoi n’avez-vous pas fait allusion simplement au film africain sans trop vous référer au film congolais ?

Rufin Mbou Mikima : On ne peut pas donner une identité au film. La seule identité qu’on peut lui donner, c’est le lieu de tournage, la nationalité de son réalisateur ou celle de son producteur. Même si un film est fait au Congo, il peut être fait avec des étrangers vivant au Congo et il peut parler à d’autres. On ne peut pas cantonner un film à une identité quelconque, on ne peut pas catégoriser un film en disant que c’est un film congolais ou d’ailleurs. Le cinéma est unique. Il existe par lui-même, qu’il soit chinois, africain ou français.

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou

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