
INDISCRETION. Le mariage est une très bonne chose, et on ne peut que féliciter celles et ceux qui décident de s’unir pour la vie devant les hommes, l’État et… le Très Haut, pour les croyants. Mais dans un pays en guerre, où la grande majorité de la population vit dans la misère la plus abjecte, et où tirer le diable par la queue est même devenu le « rêve » de millions de gens, les dirigeants devraient se garder d’étaler une certaine opulence.
En France, un ancien président de l’Assemblée nationale et ministre sous Emmanuel Macron (François de Rugy) a été contraint à la démission à cause d’une affaire de homards géants et de champagne dans un resto parisien. En période de disette budgétaire, beaucoup en France ont du mal à accepter que l’élu dépense les fonds publics (quelques milliers d’euros) pour des affaires sans lien apparent avec ses fonctions, et la polémique a fait des vagues au sein même du parti présidentiel.
Comparaison n’est pas raison, diront certains. Mais la situation désastreuse dans laquelle se trouve la République à démocratiser du Congo n’autorise pas le genre de spectacle auquel le couple Tshisekedi et la présidence se livrent pour assouvir leurs désirs.
On ne peut aborder un tel problème sans se poser des questions sur le professionnalisme et la rigueur de l’équipe de communication de la présidence de la République. À quoi sert-elle finalement ? À faire découvrir aux Congolais clochardisés les frasques du clan Tshisekedi ?
Le mariage de la fille Tshisekedi aurait dû être organisé dans la discrétion et la sobriété. Faire l’économie de frasques inutiles, se garder d’étaler une certaine opulence dans l’océan de la misère qui nous entoure, se comporter comme monsieur et madame tout le monde… sont autant de façons de communiquer [à privilégier], de faire comprendre au peuple que le pouvoir est conscient de la situation dramatique dans laquelle se trouve le pays. Bref. Un mariage de plus, une occasion ratée de faire mieux de plus…
Félicitations aux mariés…
Par Patrick Mbeko