RDC : L’Etat de siège et la défaite permanente…

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Le président congolais Félix Tshisekedi

TRIBUNE. Le président Félix Tshisekedi a déclaré hier (mardi 21, dnr) à la 76e Assemblée de l’ONU entre autre ce qui suit : « L’état de siège ne sera levé que quand les circonstances qui l’ont motivé disparaîtront »

Mais de quelles circonstances veut parler le chef de l’état congolais? L’analyse des réalités du terrain nous enseigne la nature de ces circonstances aggravantes, crisogènes et confligènes, notamment:

– la continuité de tueries et viols à l’Est congolais par la présence de groupes armés. Déjà au compteur ce bilan macabre de plus de 600 victimes CIVILES et donc un recul net et manifeste de la sécurité des citoyens depuis le début de l’état de siège

– les infiltrations massives des militaires rwandais transformés soit en forces spéciales soit en groupes armés une fois sur le théâtre des opérations;

– les conséquences logiques de l’instrumentalisation des fausses rebellions rwandaises ( RCD, CNDP, M23 etc) avec comme principal objectif d’infiltrer toute la chaîne de commandement des FARDC et de nommer des officiers rwandais à la tête des bataillons Fardc positionnés dans le secteur opérationnel;

– les accords militaires bidons entre la RDC et le RWANDA permettant aux troupes de l’ennemi de se mouvoir librement sur le territoire adverse;

– la confusion délibérée et masquée des identités entre l’ENNEMI et l’ALLIÉ qui ne permet plus à l’état de siège d’identifier contre qui il faudra se battre. Et en voie de conséquence, toute confusion dans une armée donnée travaille à l’avantage de l’adversaire et aboutit inévitablement à la victoire de ce dernier.

Ne perdons donc pas de vue le précieux conseil militaire tiré de l’ouvrage ‘L’Art de la Guerre’ du général chinois Sun Tzu : “si vous êtes à la fois ignorant de l’ennemi et de vous-même, vous êtes sûr de vous trouver en péril et d’aller droit à la défaite dans chaque bataille”. En effet, pour le cas de l’armée congolaise, s’obstiner à ignorer ses propres erreurs stratégiques ou tactiques et continuer à se voiler la face devant la ruse et la stratégie de l’adversaire, c’est la meilleure façon d’aller droit à sa défaite et à la soumission permanente de son peuple.

En guise de conclusion au sujet de véritables circonstances de cet état de siège qui va de prolongation en prolongation, il faut retenir que le ver est dans le fruit. L’état de siège est venu renforcer les positions de l’ennemi et blanchir ses crimes passés en RDC.

En attribuant hier du haut de la Tribune de Nations Unies la responsabilité de la criminalité à l’Est du Congo “à l’intégrisme islamiste et aux djihadistes opérant sous couvert des FDLR et ADF”, le président congolais s’est mis à jouer le jeu de l’ennemi du Congo qui a inventé cette nouvelle rhétorique des prétendus groupes dits “terroristes”( imaginaires et fabriqués) pour pouvoir attribuer à autrui, la responsabilité de crimes pourtant commis par des troupes militaires tristement étrangères prises pour des partenaires.

Disons-le clairement : toutes ces circonstances énumérées plus haut ne sont pas prêtes à être éradiquées sitôt car elles servent de précieux prétexte pour alimenter la crise et le conflit dans la partie orientale du Congo. Et dans un tel contexte d’une guerre asymétrique, l’état de siège décrété par l’exécutif congolais sert juste à pérenniser et à officialiser la criminalité à l’Est du Congo. Ce n’est plus du tout une solution à la crise mais une nouvelle source de tous les problèmes…

Par Germain Nzinga

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