RDC. Les Congolais et Paul Kagame : un même combat ?

SANS DETOUR. Les Congolais regardent leur pays avec la même convoitise que Paul Kagame porte, depuis des années, sur les richesses du Grand-Kivu. Pour beaucoup d’entre eux, à commencer par les tenants du régime Tshisekedi, la RD Congo n’est pas une nation à reconstruire et à servir, mais un morceau de viande juteux qu’il faut dépecer, chacun cherchant à en arracher sa part pour la jouissance immédiate de ses papilles.

À Kinshasa, comme partout ailleurs en RDC, les deniers publics sont pillés avec une telle ardeur, une telle désinvolture et une telle gourmandise prédatrice qu’on en vient presque à se demander si Paul Kagame n’est pas, en réalité, l’élève de ces Congolais qui saignent leur propre pays avec une délectation méthodique. La prédation extérieure trouve ainsi son pendant dans une prédation intérieure tout aussi ravageuse.

Le paradoxe congolais est là : l’ennemi n’est pas seulement à la frontière, il siège aussi au cœur de l’État et dans le pays. Si Paul Kagame nourrit une obsession pour les minerais du Kivu, nombre de Congolais, à commencer par leurs dirigeants, semblent, eux, n’aimer le Congo que pour ce qu’il leur rapporte. Leur attachement n’est pas celui que l’on porte à une nation, à une histoire commune ou à un destin collectif ; c’est l’attachement intéressé de ceux qui voient dans l’État une rente, dans le pouvoir un butin, et dans la République une mangeoire. Bien entendu, les tenants du régime de Kinshasa et leurs relais congolais et étrangers ne vous le diront pas. Ils se contentent de souligner à longueur de journée le rôle du Rwanda et de Paul Kagame, occultant sciemment celui joué par tous ces Congolais censés protéger les intérêts de la République et de son peuple.

En réalité, la RDC est confrontée à une double prédation : celle de l’étranger qui convoite et pille ses richesses, et celle de ses propres fils qui les dilapident sans scrupule. Entre l’appétit du petit Rwanda pour les minerais du Kivu et la voracité des Congolais pour les ressources publiques (y compris les minerais du pays), le Congo de Lumumba se retrouve pris en étau, livré à ceux qui le dépècent de l’extérieur comme à ceux qui le vident de l’intérieur. Il faut le dire : le premier ennemi du Congo, c’est souvent le Congolais lui-même. Je ne parle pas ici du peuple dans sa souffrance, mais de cette partie des Congolais qui a cessé de voir dans ce pays qui nous est si cher une terre à protéger pour n’y voir qu’un plat savoureux à consommer. Très peu d’entre nous aiment réellement ce pays d’un amour exigeant, désintéressé, voire sacrificiel.

Je bois mon lait nsambarisé.

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