RD Congo. Faut-il rembourser la dette ?

TRIBUNE. « La dette détenue par la République démocratique du Congo doit être annulée tout simplement parce qu’elle ne pourra jamais être payée. La seule question posée est de savoir si ce sera dans l’ordre et le calme ou dans la crise et la chienlit ».

« Une dette, ça se rembourse », assène la directrice générale de la Banque mondiale madame Kristalina Georgieva, à propos des milliards de dollars américains de dettes de l’Etat congolais et de beaucoup de pays africains.

De leur côté, les autorités de la République démocratique du Congo agitent la menace d’une sortie de système pour tancer les adversaires d’une annulation. Nouvelle bonne élève du système sont les pays africains, Pour Robert Triffin, les emprunts concédés par le FMI sont insuffisants pour permettre aux banques centrales en difficulté de maintenir la parité officielle de leur monnaie sur le marché des changes.

Le patron des FMI aussi nous explique dans une tribune : « Une dette doit être remboursée ». Il y voit même « un aspect moral essentiel ». Autant d’actes de foi aveuglée à la version la plus stricte de l’ordo-libéralisme : l’économie aurait des lois qu’aucune décision politique ne saurait modifier. Ridicule ! Et intenable.

La dette détenue par la République démocratique du Congo devrait être annulée tout simplement parce qu’elle ne pourra jamais être payée. La seule question posée est de savoir si ce sera dans l’ordre et le calme ou dans la crise et la chienlit. Car comment rembourser ? « Par la croissance » ? Aux conditions actuelles ? Conséquences de la crise sanitaire de la Covid, avec plus de 23 % de baisse du PIB par an depuis l’année passée 2020, il faudrait plus de 100 ans pour finir de la payer.

Avec un excédent budgétaire annuel ? Il faudrait toujours plus de 100 ans, au prix d’un excédent annuel de plusieurs milliards de dollars américains. Comment obtenir un tel résultat ? Forcément par un effort considérable dans la gestion de la chose publique, par la hausse de l’investissement privé, dans l’agriculture, dans la formation dans les métiers du futur, dans de nouvelles coupes dans les services publics et les allocations, d’une part, et des hausses d’impôts, d’autre part.

Dans l’histoire, de tels niveaux de dette n’ont été soldés que par la banqueroute, la guerre ou l’inflation. L’exemple qui nous revient vite dans nos mémoires, est celui de la deuxième guerre mondiale provoquée par Hitler pour sortir son pays du spirale que le traité de Versailles l’avait placé. Est-ce un bon exemple pour les pays africains ? Qui en veut? Qui a intérêt à un tel chaos? Personne que je sache .
Diminuer les prestations et les revenus ? Impossible. Ce serait agresser la classe moyenne de la République démocratique du Congo, sur qui repose l’essentiel de l’effort fiscal. Une autre option serait d’imposer les très grandes fortunes. Combien en avons-nous en RDC ? Mais pour quoi faire ? Pour le peu de millionnaires qui existe chez nous, nous avons plutôt besoin de leur argent pour d’autres choses. Pour participer par exemple au bien commun, à la reconstruction des hôpitaux public, des écoles , ou pour financer la bifurcation écologique.

Rembourser la dette ne peut être l’unique projet des deux prochains siècles pour un pays pauvre comme la RDC. Surtout pour maintenir une fiction comptable : l’équilibre du bilan de la banque centrale congolaise et du ministère des finances . Assez de bobards ! Dans l’histoire, de tels niveaux de dette n’ont été soldés que par la banqueroute, la guerre ou l’inflation.
Qui en veut ? Qui a intérêt à un tel chaos ? Pour l’éviter, moi Gustave de FocusRDCmonde je suis d’avis , comme divers économistes, qu’une solution immédiate, tranquille et sans perdant soit apporter.

Depuis plusieurs années , la République démocratique du Congo se bat pour diminuer ou faire annuler sa dette sur le marché . Ce contournement des règles des traités économiques et financiers que je conteste par ailleurs ne nous émancipe pas de devoir continuer à rembourser cette dette.
Et donc pour reconstruire la RDC, le pays sera dans l’obligation d’avoir l’audace à emprunter continuellement sur les marchés financiers . pour continuer à le faire , Il faut donc que les États-Unis d’Amérique, la Chine , les pays occidentaux, la banque mondiale et le fond monétaire international annulent cette dette de la RDC . Je vous assure qu’aucun investisseur ne sera lésé.

🟤 Projet idéologique.

Cette annulation de la dette peut prendre la forme d’une transformation en dette perpétuelle à taux nul comme beaucoup des défenseurs des pays du tiers-monde le plaident . Je lis que ces remboursements des dettes des pays pauvres reviennent ensuite aux Etats actionnaires de la Banque mondiale et du fonds monétaire international qui déjà appartiennent aux groupes des pays les plus riches de la planète . On peut pour autant penser que ce n’est pas un jeu à somme nulle puisque la République démocratique du Congo ne le publie pas. J’entends que les taux d’intérêt étant nuls ou négatifs, nous aurions avantage à rembourser par de nouveaux emprunts. Donc c’est déjà une dette perpétuelle. Mais quelle stupéfiante désinvolture ! Comme si les taux étaient désormais prévisibles sur dix ans par ceux-là mêmes qui ont été incapables de prédire quoi que ce soit un an avant quelque événement que ce soit comme par exemple la crise sanitaire de coronavirus ! Comme si les agences de notation avaient disparu, et aussi l’obligation faite aux banques d’aligner les taux sur leurs décrets !

A mes yeux de simple citoyen , le thème du remboursement de la dette est un prétexte pour reprendre le projet idéologique de démantèlement du secteur public d’un pays africains pauvre comme la RDC et d’extension de l’aire du secteur privé. C’est vraiment irresponsable de la part des dirigeants du monde de la finance . D’autant que s’y ajoute aujourd’hui pour mon pays la RDC, la guerre a l’Est du pays depuis plus de 20 ans , le problème de la dette privée et celle dénommée dette intérieure de la RDC.

La dette en général contient un effet domino d’effondrement brûlant surtout après l’épisode de la Covid. Il faut mettre en route le congélateur de dettes. Ou bien accepter de brûler avec.
Car pendant ce temps, nous entrons dans la décennie décisive pour la RDC et pour l’humanité. C’est notre dernière chance pour faire bifurquer le modèle de production, de consommation et d’échange, pour le rendre compatible avec les limites planétaires et les rythmes de la nature. Comment réaliser les investissements écologiques nécessaires si nous congolais et la République démocratique du Congo sommes soumis constamment au chantage à la dette ? S’en libérer est la condition préalable pour se développer et mener une politique économique en rupture avec les vieilles recettes de malheur des libéraux. Un projet réaliste pour le futur de la RDC n’est pas de rembourser la dette mais de reconstruire la société de l’entraide.

🟡 Ordolibéralisme

C’est une Philosophie politique allemande
L’ordolibéralisme ou (Ordoliberalismus en allemand) est un courant de pensée libéral, développé à la Freiburger Schule de Freiburg en Allemagne, selon lequel la mission économique de l’État est de créer et maintenir un cadre normatif permettant la « concurrence libre et non faussée » entre les entreprises.

L’ordolibéralisme naît à partir de 1932 de la rencontre d’un économiste, Walter Eucken et de deux juristes, Franz Böhm et Hans Grossmann-Doerth de l’université de Fribourg, l’école de Fribourg où l’ordolibéralisme allemand a commencé à élaborer des conceptions économiques qui rejettent le matérialisme hédoniste des libéraux, mais aussi l’évolutionnisme du marxisme. Il s’exprime également de manière critique vis-à-vis de la praxis économique du national-socialisme. Walter Eucken, Wilhelm Röpke et Alfred Müller-Armack, par exemple, s’expriment dans la revue ORDO. L’ordolilbéralisme a influencé la politique économique des divers chanceliers allemands de l’après Seconde Guerre mondiale, ce qui les a auréolés de la paternité intellectuelle du « miracle économique ouest-allemand ».

Selon la théorie ordolibérale, l’État a pour responsabilité de créer un cadre légal et institutionnel à l’économie, et de maintenir un niveau sain de « concurrence libre et non faussée » via des mesures en accord avec les lois du marché. En effet, si l’État ne prend pas des mesures anticipées pour encourager la concurrence, les entreprises donneront naissance à des monopoles, trusts ou oligopoles. Cela aura pour conséquence de détourner les avantages économiques offerts par le marché, et peut-être à terme de SAPER la démocratie, le pouvoir économique étant capable de se TRANSFORMER en pouvoir politique.

L’État intervient donc dans la vie économique de deux façons : en fixant des règles et en les faisant appliquer et respecter. Valorisant l’ordre (en référence à la théorie augustinienne de l’ordre) et la régulation par l’État (État-ordonnateur), l’ordolibéralisme se distingue nettement sur ce point du libéralisme classique fondé sur la dérégulation et le « laisser-faire ».

L’ordolibéralisme est cependant un libéralisme en ce que l’État doit se cantonner à la fixation et à l’application de ces règles, il ne doit pas mener de politiques économiques conjoncturelles, mais se tenir à l’écart de toute stimulation macro-économique et de tout dirigisme. Cela se manifeste par les aspects suivants : décentralisation, équilibre budgétaire (voire excédent) pour les finances publiques, refus du plan et de la politique industrielle (les entreprises devant s’auto-organiser), fixation des salaires par les partenaires sociaux (patronat et syndicats) ce qui revient à abandonner la politique publique des revenus.

Que les dieux de nos ancêtres bénissent la RDC.

Par Gustave
Influenceur lanceur d’alerte
(FOCUSRDCMONDE)

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