
SANS DETOUR. Au ministère de la Santé, il semble que le feu du débat consume le code de l’administration au lieu de purifier. Depuis plusieurs mois, des nominations ou maintiens à des postes de direction hospitalière et de santé publique ont été observés au mépris de l’éthique et des règles administratives, le cas de la note de service n°0410/MSP-CAB.26 du 19 juin.
Ce désordre est à la base, d’une part du dysfonctionnement des services hospitaliers entraînant la recrudescence de plusieurs pathologies et faisant en moyenne 213 morts au quotidien, et d’autre part, de la démotivation des agents de santé. En conséquence, tout se fissure avec la complicité des services de la CID géré par Okassa et le mutisme d’Alexis Vincent Gomes qui ne dit mot à ses fraters impénitents.
Les faits – le métal qui n’a pas fondu
Après plusieurs plaintes des populations et du personnel du CHUB sur le management de son directeur général, on croyait que ce dernier serait relevé de ses fonctions et les émoluments des agents payés. Au contraire, le ministre Jean Rosaire Ibara par note citée plus haut, a préféré saborder l’attelage institutionnel du laboratoire national en procédant à des nominations à des postes qui ne figurent même pas dans l’organigramme du LNSP. Il s’agit de Miguel Landry Martial, directeur de Biologie moléculaire; Bissala Nkounkou Roch Bredin, directeur de la maintenance de la qualité et de la certification; Mananga Boungou, directeur économique et financier.
La nomination de Gnabang Georcil Pross titulaire d’un master en remplacement du docteurLouis Régis Dossou Yovou maître assistant à l’université et professionnel reconnu pour ses compétences et sa longue expérience, suscite également des interrogations. Le seul mérite de Gnabang, c’est d’être le beau fils de Mounkassa, directeur de cabinet de lBara Rosaire. Faut-il le rappeler, le parallélisme des formes oblige, Dossou nommé par arrêté du premier ministre contresigné par deux ministres, ne peut être relevé que par le premier ministre par un arrêté sauf pour faute lourde.
Le cas de Bredin Roch Bissala Nkounkou est plus grave : en quatorze mois, il a été recruté à l’université Marien Ngouabi en tant qu’enseignant, très peu de temps après sa soutenance de thèse au Cameroun; dans le même temps bombardé chef de service du laboratoire de l’hôpital de Nkombo, puis directeur d’un poste fantôme au laboratoire national. À ces fonctions s’ajoutent celles du conseiller de Premier ministre, chargé de prélever tous les matins des signes vitaux du PM et des missions occultes et entre deux avions. Avec ce cumul de fonctions, on est en droit de s’interroger si ses charges d’enseignement sont véritablement assurées. Le doute est encore plus grand quant à l’exécution des autres tâches auxquelles il est astreint. Il faut le dire, M. Bissala Nkounkou aurait pu se faire de l’étoffe dans l’enseignement supérieur avant de vouloir cumuler autant de postes, cumul, d’ailleurs, que son parti proscrit.
Comment Anatole Collinet Makosso (ACM) est-il devenu léger au point de tolérer des énormités ? C’est de cette manière qu’il redressera le Congo ? Certes, ACM a coutume de protéger les incompétents et les voyous, mais ne pas annuler la note de Rosaire Ibara antidatée et truffée de vices de forme et de fond, c’est tirer le Congo vers le bas.
Le décret n° 2018 – 350 du 10 septembre 2018 est clair, le pouvoir de nomination aux postes de directeurs centraux est dévolu au premier ministre. Les récentes nominations au LNSP, si elles ne sont pas annulées, constituent une faute. Il nous souvient des décisions prises sous le gouvernement Clément Mouamba qui avait fait annuler plusieurs décisions administratives jugées irrégulières. Parmi celles-ci, figuraient la note qui révoquait, Yves Castanou de l’Arpce, les notes de nominations des directeurs centraux à la télévision congolaise par Thierry Moungalla, ainsi qu’une note relative aux examens prise par ACM lorsqu’il occupait les fonctions de ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation.
Complicité passive ou directe ?
Selon nos informations, Ibara aurait agi en concertation avec les services de la CID d’Okassa. Ces derniers avaient auparavant interpellé des agents du laboratoire national de santé publique sur des bases subjectives et contestables. Il nous est revenu que certains agents auraient été interpellés pour avoir sollicité 2 rouleaux de papier toilette. Pire encore, le cas du docteur Guenol licencié pour faute lourde, suscite maintes interrogations. Les incompétents de la CID ont outrepassé leurs prérogatives alors que, l’affaire était déjà devant les Tribunaux . Certes, King Obami-Itou n’est pas directement concerné, mais il lui est reproché de ne pas convoquer le docteur Guenol qui va créer constamment des troubles au LNSP. Ses éléments lui en rendent-ils compte? Le cas échéant, ils seraient tous rendus complices. En scrutant ce magma du désordre, on aperçoit quelques pieds nickelés de la “Fraternité” dont répond Alexis Vincent Gomes nommé Pro-Grand-Maître (PGM) par le Très Respectable Grand Maître ( TRGM) Denis Sassou Nguesso, (PGM), pour mettre de l’ordre auprès de la loge et discipliner les frères. Ne pas, donc, ramener à l’ordre, le Directeur général du CHU, le ministre Ibara et autres, c’est trahir M. Sassou et la franc-maçonnerie. De même, le silence de Claude Alphonse N’Silou qui assure l’intérim de ACM laisse perplexe.
Bref, le LNSP constitue un maillon essentiel du système sanitaire national. A ce titre les nominations à des postes devraient obéir à des critères de compétences, de transparence et de stricte conformité aux textes en vigueur.
Vivre ensemble = soigner ensemble, avec les bons outils. C’est dommage que Jean Rosaire Ibara, après avoir créé le désordre à l’université Marien Ngouabi et fait main basse sur les deniers publics, tienne à piller le LNSP.
Au lieu de courir derrière les miettes, Ibara gagnerait en faisant focus sur la Likouala où le choléra a encore tué à Impfondo et Liranga (source DDSSS). Nous y reviendrons après le dossier sur les hydrocarbures et celui des déplacements d’une délégation de haut niveau de Brazzaville à la recherche d’argent.
Ghys Fortune BEMBA DOMBE
Journaliste engagé, fondateur du groupe de médias Talassa.



