Congo-Miscellanées : MM. Ondongo, Ntsiba, Okemba, dans le viseur de Tracfin, tandis que Collinet, Bouya, Kiki et Cie multiplient les déplacements à la recherche des liquidités ; Ibara dans le tourbillon ( lecture en 4 minutes )

SANS DETOUR. Nous avions été les premiers à révéler plusieurs informations majeures : les tensions au sein de la Grande Loge du Congo (GLC) et la nomination d’Alexis Vincent Gomes au poste de Pro-Grand Maître de la GLC au détriment d’Émile Ouosso présenté par Jean-Dominique Okemba (JDO) ; le rebondissement de l’affaire Commisimpex (Hojeij) ainsi que les déplacements de hauts dignitaires congolais en Occident, dans la recherche effrénée des financements.

Au lieu de démentir nos révélations, certains ont préféré nous qualifier de « tous les noms d’oiseaux » ou tenté, par divers moyens, de nous faire taire. D’autres nous ont conseillé d’abandonner les dossiers liés à Claudio Descalzi, Burkhalter, Anatole Collinet Makosso (ACM), à la franc-maçonnerie et autres. Pourtant, les faits continuent d’alimenter l’actualité :
Dans son édition du 25 juin 2026, Africa Intelligence revient sur le dossier Hojeij, sans toutefois en dévoiler tous les contours. Dans le même temps, la correspondance n°171/2026/GLC-GM, datée du 23 juin et attribuée au TRF Denis Sassou Nguesso, annonce la démission de Jean-Dominique Okemba (JDO) de la GLC.

Le 18 octobre 2025, dès le début du Convent d’octobre, nous évoquions les profondes contradictions qui minaient la GLC ainsi que l’ascension d’Alexis Vincent Gomes. ( Nous y reviendrons ). Nous étions loin d’imaginer que la guerre des clans autour de la succession de M. Sassou et des finances allait s’accélérer avec une telle intensité. Des événements concordants révèlent la frénésie des pugilats. Les dates des 22 et 23 juin revêtent une portée symbolique. Le 22 juin 2024, M. Sassou mettait fin aux fonctions de Jean François Ndenguet. Le 23 juin 2026, une correspondance officialise le départ de JDO de la GLC, document aussitôt relayé sur les réseaux sociaux par ses adversaires. Ce document n’est pas démenti jusqu’à ce jour par le concerné. Toutefois, il convient de rester prudent sur un éventuel affaiblissement de JDO sauf s’il arrête d’accompagner M. Sassou dans ses voyages. Il est vrai que son nom est associé à plusieurs dossiers, notamment dans les accusations de vouloir renverser son mentor et dans les affaires de Bgfibank. Il est de notoriété publique que durant vingt-six années d’influence, JDO a placé des proches à des postes stratégiques, tant au sein de l’administration civile que militaire, ainsi qu’au gouvernement. Une partie importante de l’appareil d’État et trois ministres actuels lui demeurent encore fidèles. S’il est souvent accusé à tort, il n’en demeure pas moins que l’affaire Commisimpex, actuellement entre les mains des services américains, Libanais et français comme Tracfin, lui colle à la peau. Selon les informations recueillies, si Issa et Mohamed Attyé ont été blanchis ( écartés ) dans cette affaire où le Hezbollah s’invite, d’autres personnalités sont encore dans le collimateur à la suite du dernier arbitrage. Il s’agit de Gilbert Ondongo qui joue double, Florent Ntsiba, Wilfried Bininga ainsi que l’avocat Kevin Grossman désavoué précédemment en Guinée équatoriale par le président Obiang Nguema. ACM est également cité dans certaines indiscrétions. Il est suspecté d’avoir favorisé son ami français, l’avocat Caulier, en le faisant bénéficier d’honoraires très importants. Quant à Aimé Wilfried Bininga, reconduit au gouvernement de justesse pour une raison aussi curieuse que ambiguë. Il serait le point focal des discussions relatives au renouvellement des accords judiciaires entre le Congo et la France avec le ministre Gérald Darmanin. Sans lui, dit-on, ces négociations devraient patiner. Une autre raison de son maintien : il réfléchit sur la modification de la constitution. Mais, dans le même temps, des sources affirment qu’il serait l’objet d’une attention particulière de la part des autorités françaises, américaines, de l’ex ministre du département américain de la Justice, des cabinets d’avocats américains ainsi que des services spécialisés. Les services spéciaux et judiciaires de la France, des USA sont déterminés à aller jusqu’au bout de l’affaire Commisimpex.
L’exequatur au Liban, demandé le 26/02/2026 dont la décision a été rendue le 03/03/2026 et l’accord de ladite décision le 04/03/2026, remet cette affaire sur la sellette.

Tensions au Laboratoire national de santé publique

À la promesse que nous aborderons en profondeur, dans nos prochaines publications, les derniers déplacements en Europe de la délégation conduite par ACM et les vingt points qu’il a déroulés devant le parlement du Congo, nous nous devons de dire que le Ministère de la santé et le Laboratoire national de santé publique continuent de retenir l’attention : le LNSP a récemment été le théâtre de vives tensions provoquées par des tentatives d’imposer de nouveaux agents au mépris des textes réglementaires par Rosaire Ibara et Donatien Mounkassa.

Les syndicalistes contestent ces nominations par leur correspondance adressée au premier ministre le 24 juin 2026. Selon plusieurs indiscrétions, le ministre Rosaire Ibara et son directeur de cabinet, Donatien Mounkassa, se seraient illustrés dans les détournements de l’argent destiné à la lutte contre les épidémies. La boulimie, qui caractérise ces deux mousquetaires, se voit dans le suintement des caisses du LNSP et du ministère alors que le Congo compte des centaines de morts chaque jour.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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