
TRIBUNE. Cette semaine qui vient de s’achever a été riche en actualité politique sur l’ensemble du continent africain. Deux événements sortent du lot parce que provoquant un tournant géopolitique majeur.
D’abord au Sénégal où le président Bassirou Diomaye Faye a déclaré dans un entretien à l’AFP jeudi 29 novembre que la France allait devoir fermer ses bases militaires au Sénégal, dont la présence est, selon lui, incompatible avec la souveraineté de son pays. «Le Sénégal est un pays indépendant et souverain. La souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires dans le pays», a-t-il précisé.
Ce tournant dans mes relations francafricaines a Dakar va de pair avec l’orientation nouvelle de la politique étrangère au Tchad où a été te annoncée la fin de l’accord de défense entre la France et le Tchad.
Deux nouveaux pays emboîtent le pas au Mali, Byurkina Faso et au Niger. Une première et un évènement historique en Afrique Centrale et dans ce qui était considéré, depuis les années 60, comme le pré carré français. L’heure du bilan a manifestement sonné.
Dans tous les cas, une nouvelle ère s’ouvre dans un monde en pleine mutation et chaque État doit pouvoir assumer, seul, son propre destin en s’appuyant sur ses propres ressources et sur la liberté souveraine de se choisir ses propres partenaires.
Comme je l’écrivais il y a deux mois, la guerre de l’OTAN en Ukraine a affaibli notoirement les anciens maîtres de pays africains et beaucoup de leaders africains sont en train de saisir cette faille pour s’affranchir de ces chaînes néocoloniales.
Que cette volonté souverainiste fasse boule de neige en RDC, en Côte-d’Ivoire et au Gabon etc. et toute l’Afrique s’ouvrira à une nouvelle ère… Avec la grande force d’information des réseaux sociaux, l’effet domino sera inévitable sur l’ensemble de l’opinion publique africaine et tout chef de l’Etat qui s’acharnera à diriger avec le vieux schéma françafricain tombera inévitablement comme un fruit mûr. Un avenir meilleur est devant nous, il dépend désormais de la jeunesse africaine d’arracher opiniâtrement ce qui lui a été longtemps refusé, à savoir sa liberté de s’auto-déterminer.
Germain Nzinga